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Full text of "Les pseaumes de David mis en rime françoise"

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PROFESSORJ.S.WILL 







Library 

of the 

University of Toronto 




A 



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LES 

PSEAVMES 

D A V I D 

Mis en rime Françoife. 

Par Clément Marot, Se Théo- 
dore de Beze. 



gWfàt-a 




{ A CASTRES, 

; Par Bernard Barcouda, \66o\ 



tgf flr "3f <ir , 4f A Vk ^ ^fc *& 4r ♦ ^r A ^fr A ^ • >& & & 'Sf 

LES DIX 
CO MM ANDEMENS 

de la loy de Dieu. 
EXODE XX. 

TREF ACE. 

E Scoute Ifraé'l, le fuis l'Eternel 
ton Dieu, qui t'ai tiré du pays 
d'Egypte, de la maifon de ferui- 
tude. 

LA PREMIERE TABLE. 

I. 

TV n'auras point d'autres 
Dieux deuant moy. 



a 2 



II. 

Tu ne te feras image taillée, ne 
reflemblance aucune des chofes 
qui font là haut es Cieux, ni cy bas 
en la terre, ni es eaux deflfous la ter- 
re. Tu ne te profterneras point de- 
uant icelles, ôcne les feruiras. Car 
je fuis le Seigneur ton Dieu, le 
Dieu fort, qui eft jaloux, vifitant 
l'iniquité des pères fur les enfans, 
jufques en la troifiéme 6c quatriè- 
me génération de ceux qui me 
hayifent, ôcfaifant mifericorde en 
mille générations à ceux qui m'ay- 
ment & gardent mes comman- 
demens. 

( 



III. 

Tu ne prendras point le Nom 
du Seigneur ton Dieu en vain : car 
le Seigneur ne tiendra point pour 
innocent celuy qui aura pris fon 
Nom en vain. 

IIII. 

Aye fouuenance du jour du re- 
pos pourlefanétifier. Six jours tu 
trauai lieras, ôc feras toute ton œu- 
ure , mais le fepciéme jour eft le 
repos du Seigneur ton Dieu. Tu 
ne feras aucune œuure en iceluy, 
ne toy, ne ton fils, ne ta fille, ne 
ton feruiteur, ne ta feruante,ne ton 
beftail , ne ton effranger qui eft 



; 



dedans tes portes : car en fix jours 
le Seigneur a fait le ciel & la terre, 
& la mer, & toutes chofesqui font 
en iceux, ôc s'eft repofé le feptié- 
mejour. Et pourtant le Seigneur 
a béni le jour du repos, & la 
fanétifîé. 



LA SECONDE TABLE. 

V. 



H 



Onore ton père & ta mère, 
afin que tes jours foient pro- 
a terre, laquelle l'Eter- 



longés fur 

rtel ton Dieu te donne. 

VI. 

Tu ne tueras point. 






VII. 

Tune paillarderas point. 

VIII. 
Tu ne defroberas point. 

IX. 
Tu ne diras point faux témoi- 
gnage contre ton prochain. 

X. 
Tu ne conuoiteras point la 
maifon de ton prochain : tu ne 
conuoiteras point la femme de 
ton prochain , ni fon feruiteur , 
ni fa feruante , ni fon bœuf , 
ni fon afne , ni aucune chofe qui 
foit à luy. 



Le fimmaire de toute la Loy. 
M ATTHIEV XXII. 

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu 
de tout ton cœur , de toute ton 
ame, de toute ta penfeé. Cettuy- 
ci eft le premier & legrand com- 
mandement. Et le fécond fem- 
blable à iceluy , eft, Tu aimeras 
ton prochain comme toi mê- 
me. 

De ces deux commandemens 
dépendent toute la Loy &• les 
Prophètes. 



! 



LES 






LES 



■ 



PSEAVMES 

DE 



Ï 



D A 






PSEAVME I. CM. 

VI au confeil des ma- 

lins n a elte, 
Qui neffc au train des 
pécheurs arrefté* 
Qui des mocqueurs au banc 

place n'a prife. 
Mais nuicl: & jour la Loi con- 
temple fie prife. ù l 






t PSEAVMEI. 

De l'Eternel , ôc en. efl defireux, 

Certainemët cefhii-là eft heureux 

Et femblera yn arbre grand 

ôc beau, 

Planté au long d'vn clair courant 

ruhTeau, 

Et qui sb fruicl: en fa faifo apporte 

Duquel aufsi la fueille ne chet 

morte: f 

Si quvn tel Homme & tout ce 

qu'il ferai ( fera. 

Toufiours heureux & profpere 

Mais les peruers n'auront telles 

vertus : 

Ains ils feront femblables aux 

W» .si r i • i<j ' ■ 




PS E V A V M E I. 5 

Et à la poudre au gré du vent 
chailée, 
Partât fera leur caufe renuerfée 
En jugemét > Se tous cds reprouués 
Au rang des bons ne feront point 
trouuez. 
Car l'Eternel les iufbes conôifc 
bien, (bien: 

Et eft foigneux & d'eux &: de leur 
Pourtant auront félicité qui dure, 
Quat aux mefehans qui n'ont ni 
foin ni cure, 
De s'amender, le chemin qu'ils 

tiendront, 
Eux $c leurs faits en ruine vien- 
dront. 



G 



4 PSEAVME II. 

P S E A V M E II. C. M. 

POurquoi font bruit & s'af- 
femblent les gens ? 
Quelle folie à murmurer les me- 
né ? ( diligens 
Pourquoi font tant les peuples 
A mettre fus vne entreprife vaine? 
Bandez fe font les grands Rois 
de la terre, 
Et les Primats ont bien tat prefu- 
mé, (guerre 
De confpirer Se vouloir faire 
Tous contre Dieu oc fon Roi biê 
aimé. (brifons 
Difans entr'eux > dérompons &; 
Tous les liés dot liernouspretédét 

Va 



PSEAVME II. y 

Au loin de nous jettons 6c mefpri- 

fons (s'attendent 

Le joug lequel mettre fur nous 

Mais cettui-là qui les hauts cieux 

habite 

Ne s'en fera que rire de la haut: 

Le Tout puilîant de leur façon 

defpite ( chaut. 

Se mocquerà,car d'eux il ne lui 

Lors, s'il lui plaift parler à eux 

viendra + ( efpouuantable: 

En (on courroux plus qu'autre 

Et tous enféble eftonnez les rêdra 

En fa fureur terrible ôc redoutable 

Rois, dira-il, d'où vient cette en* 

treprife ? 



6 P S E A V M E II. 

De mon vrai Roi l'ayfaitele&io 
le l'ai facré fa couronne il aprife 
Sur mon tres-fain£t & haut mont 
de Sion. PavSE. 
Et moi qui fuis le Roi qui lui ai 
pieu, 
Raconterai fa fentence donnée: 
C'efl qu'il m'a dit, Tu es mon 
Fils éleu, (iournée: 

Engendré t'ai cette heureufe 
Demande moi, ô^pour ton hé- 
ritage drai, 
Sujets à toi tous peuples je ren- 
Et ton Empire aura cet auatage, 
Que jufqu'aux hords du monde 
l'eflendrai, 



i 



PSEAVME II. 7 

Verge de fer en ta main porte- 
ras (ferre: 
Pour les dompter ôc les tenir en 
Et s'il teplaift menu les briferas, 
Aufsi aifé comme vnvaifïèau de 
terre. ( Rois ôc Princes 
Maintenant donc, ô, vous ôc 
Plus entendus ôc fages deuenez: 
luges aufsi de terres ôc Prouinces, 
Inftruclrion à cette heure prenez. 
< Du Seigneur Dieu feruiteurs 

« rendez vous, 

Craignez fon ire, ôc lui vueillez 

complaire ( tous, 

Et d'eftre à lui vous réjou'ùTez: 

Ayans toufiours crainte de lut 

oefplaire. 



g PSEAVMEIL 

Faites homage au fils qu'il vous 

enuoye 
Que courroucé ne foït ameremét 
Afin aufsi que de vie Ôc de voye 
Ne perifsiez trop malheureufe- 

ment. (rigoureux 

Car tout à coup fon courroux 

S'embrafera qu'on ne s'en donra 

garde. (heureux 

O combien lors ceux-là feront 
Qui fe ferot mis en fa fauuegarde.' 

PSEAVME IIL G. M. 

O Seigneur que de gens 
A nuire diligens. 
Qui me troublent ôc greuent ! 
Mon Dieu, que d'ennemis 

Qui 



PSEAV M E III. 9 

Qui aux champs ie font mis, 
Et contre moy s'éleuent. 

Certes plufieurs i envoi, 
Qui vont di Tant de moy , 
Sa force eft abolie, i 

Plus ne trouue en fon Dieu 
Secours en aucun lieu : md 

Mais ceft à eux folie. 

Car tu es mon trefleur À 
Bouclier &: defenfeur, iG inr.iA 
Et ma gloire efprouuée : 
Oeft to y, à bref parler, , J 

Qoi fais que puis aller 
Haut la tefte leuée. 

I ay crié de ma vok> 
Au Seigneur maiDtçfois» . ■ .< ■ . 



k> PSE.AVME III, 

Lui faiiant ma complainte : 
Et ne ma repoufîé, 
Mais toufiours exaucé 
De fa montagne fain&e. 

Dont coucher m'en irai» 
En feurté dormirai , 
Sans crainte de mefgarde : 
Puis me reueillerai, . 
Et fans peur veillerai, 
Aiant Dieu pour ma garde. 

Cent mille hommes de front 
Craindre ne me feront, 
Encor qu'ils FentrepriniTent C Q 
Et que pourm'eflonner, 
Clorre & enuironner. .. I 
De tous coftés me vinilent. 



^ 



P'S E A VU E III. n 

Viendonc declare-toi 
Pour moi, mon Dieumon Roi, 
Qui d'vn foufHet renuerfes 
Mes ennemis mordens : 
Et qui leur romps les dens 
En leurs gueules petfperfes, 

C'eft de toi Dieu très-haut 
De qui attendre faut 
Vfai fecours & defenfe : 
Car fur ton peuple cftens 
Toufiours en lieu & temps 
Ta grand' ben efîcence. 

PSEAVME IV. C. M. 

Vand ie t'inuoque, Helasi 
efcouee, 
O Dieu dema caufe & nifon : 

B 2. 




ix P S E A V M E IV. 

Mon cœur ferré au large boute, 
De ta pitié ne me reboute : 
Mais exauce mon oraifon. 

Iufquesàquadges inhumaines^ 
Ma gloire abatte tafcherez? , 3 
Iufqu'à quand entreprifes vai- 
nes, D 
Sans fruit, & d'abufio pleines, 
Aimerez- vous & chercherez ? V 

Sachés,puis qu'il le eouiet dire, 
Que Dieu pour fo. Roy gracieux 
Entre tous m'a voulu eflire : I" 
Et fi a lui crie & foufpire, 
Il m'entendra de fes hauts .cicxtxj 

Tréblez doques de telle çlixofe, 

Sans plus cotre fon vueil p.echerî 

■ 



>> S E A V M E IV. ij 

Pcnfe? en vous ce que propofe, 
DeiîuS vos li<5b, en ehabre elofe, 
Et celiez de plus me fafcher, 

Puis'offrez iufte facrifice 
De cœur contrit,, bien humble- 

r 

p 

ment, 
Pour repentencedVn tel vice: 
Mettans au Seigneur Dieu pro- 
pice 
Vos fiances entièrement. 

Piufieurs gens difentj Qui 
fera-ee, 
Oui nous fera voir force biens > 
O Seigneur, par ta faincte grâce, 
Cueilles la clarté de ta face 
Efleuer fur moi & les miens. 



i 4 PS É A VM E î V. 

Car plus de joyemefr. donnée 
Par ce moyen, o Diéù tfëS-ftàut, 
Que n ot ceux qiii ont grad'annêe 
De froment ôé bonne vinée, — 
D'huiles, & tout cequ'tl leur faut. 

Si qu'en paix êc en feurté bcfnne, 
Coucherai Ôc rëpoferài : 
Car Seigneur ta bonté l'ordonne, 
Et elle feule efpoir me donne, 
Que feiir &' feul régnant ferai . 

Pseav ME V. Q M. 
Vx paroles que je veux dire, 




Vuëilleston oreille preftei; 
Et à connoiftre t'arrefter. 
Pourquoi mon cœur penfe &: 
foufpifc 



PS EA-V M E V. ij 

Souuôf-ain Sire. 
Enten à la. voix tres-ardente 
De ma clameur, moDieu,m5 Roi 
Veu quêtant feulement à toi 
Mafupplication prefente 

l'offre -5c prefente. 
Matin deuant que jour il face. 
S'il te plaift, tu m'exauceras, 
Car bien matin prié feras 
De moi, leuant au ciel la face, 

Attendant grâce. 
Tu es le vrai Dieu qui mefchace 
N'aimes point ni mal ignité: 
Et auec qui, en vérité, 
makfai&eurs n aurot accointace, 

Ni demeurance. 



,<5 PS E .A; Y M ,E Vii 

Iamais le fol & téméraire 
N'ofe apparai r deuant; çéj.yeux:: 
Car touûqtâimfôm.Mà\ ! mx- 
Ceuxqui prennent plaifir à faire 
Mauuaife.afiraire. Pavse. 

Ta fureur perd&exjtermine 
Finalement tous les menteurs: 

Quand aux meurtriers, & de* 

cepteurs,, 
Celui qui terre & ciel domine 
Les abomine.. (mainte, 

Mais moi en la grand' bonté 
Laquelle m'as fait fauourer,, 
Lirai encore t'adorer 
En tontepler, en ta maifo iaindlç, .-, 
Dell ous ta crainte. 

Mon 



PSEAVME V. 17 

Mon Dieu, guide moi ôccouoye 
Par ta bonté, que ne fois mis 
Sous la main de mes ennemis: 
Et drefle deuant moi ta voye, 

Que ne foruoye. (ne 

Leur bouche rie de vrai n amei- 

Leur cœur eftfeint,fauxôtcouuert 

Leur gofier, vn fepulchre ouuert : 

De flatene faulTe 8c vaine. 

Leur 1 angue eft pleine. 

O Dieu moftre leur qu'ils mef- 

1 

prennent: 

Ce qu'ils penfent faire défais. 

ChafTe les pour leurs grands mé- 
faits : 

Car c eft cotre toi qu'ils fe prenet, 

5 e 



%i PSEAVMEV. 

Tant entreprennent. 
Et que tous ceux fe réjouiiTent 
Qui en toi ont efpoir & foi 
Ioye auront fans fin deflous toi, 
Auec ceux qui ton nom cherjiTent 

Et tebeniflent. 
Car de bien faire tu es large 
A l'homme jufte, 6 vrai Sauueur, 
Et le couures de ta faueur, 
Toutainfi comme d'vnetarge 

Efpaifle & large. 

PSEAVME VI. CM, 

NEvueillepas, ôSire, 
Me reprendre en ton ire, 
Moi qui t'ai irrité: 
N'en ta fureur terrible 



PSEVAVME VI. 19 

Me punir de l'horr i ble 
Tourment qu ai mérité. 

Mais, Seigneur, vien eftendrc 
Sur moi ta pitié tendre: 
Car malade me fens: 

Santé donques me donne: 
Car mon grand mal eftonne 
Tous mes os Se mes fens. 
< Et mon efprit fe trouble, 
Grandement ôc au double. 
En extrême fouci. 

O Seigneur plein de grâce, 
Iufques à quand fera* ce, 
Que me lairras ainfi ? 

Helas ! Sire, retourne, 
D'entour de moi deftoume 
Cemerueilleux efmoy, 



io P S E A V M E VI. 

Certes grande eft ma faute, 
Mais par ta bonté haute 
Ietepri' fauue-moi. 

Car en la mort cruelle 
Il n'eft de toi nouueîle, 
Memoireni renom: - 

Qui penfes-tu qui die, 
Qui loue &: pfalmodie 
En la fofle ton nom? P A Y S E . 

Toute nui6t tanttrauaille, 
Que lift, châlit & paille 
En pleurs je fais no yen 

E t en eau goûte à goûte, 
S'en va ma couche toute, 
Par fi fort larmoyer. 

Mon œil pleurant fans cefle 



P S E A V M E VI. . « 

De dépit ôc détrefle 

En vn grand trouble eft mis: 
Il eft enuieilli d'ire, 

De voir entour moi rire 

Mes plus grands ennemis- 
Sus, fus arrière iniques, 

Deflogez tyranniques, 

De moi tous à la fois: 
Car le Dieu débonnaire 

De ma plainte ordinaire 

A bien ouy la voix. 
Le Seigneur en arrière 

N a point mis ma prière, 

Exaucé m'a des cieux: 
Receu à ma demande, 

Et ce que luy demande 



•li PSEAVME ■ V]I.' 

Accordé m'a êo mieux, 

Donques honteux deuiennent, 
Et pour vaincus (e tiennent 
Mes aduerfaires tous. ' 

Que chacun d'eux s'eflongnè 
Subit en grand vergorigne, 
Puis que Dieu pi 'eft fi doux. 

P S E AVME VII C M. 

On Dieu,fai en toi efpe- 
rance, 

Donne moi donc fauue afleurace 
De tant d'ennemis inhumains. 
Et fai que ne tôbe en leurs màïns> 
Afin que leur chef ne me grippe., 
Et ne me derompeôcdiftippe, 
Ainfi qu'vn lion deuorant, 
Sans que\iul me (bit fecourant. 




P S E A]V'M E VII, *' -i 5 

Mon Dieu,fur qui je me repofe, 
Si j'ai commis ce qu'il propofe, 
Si de lui faire ai projette 
De ma main tour de lafcheté: 

Si mal pour mal i ai voulu faire 
A cet ingrat, mais au contraire, 
Si fait ne lui ai tour d'ami, 
Quoi qu'à tort me Toit ennemi : 

le veux qu'il mepourfuiue en 
£ guerre,. A (terre, 

Qu'il m'atteigne & porte par 
Soit de ma vie mineur, 
Et mette à néant mon honneur. 
,. Leue toi donc, leue toi, Sire, 
Sur mes ennemis en ton ire: 
Veille pour. moi, que jefois mis 
Au droi£t lequel tu m'asjpromis: 



x 4 ' P S E A V M E V IL 

A grands troupeaux le peuple 
vienne 
Autour çLelaMajcft'è tienne: 
Sois pour Iacaufe de nous deux 
Hautéleué au milieu deux. 

La des peuples Dieu. fera luge: 
Et aIors,mon Dieu, mon refuge, 
luge moi en mon équité, 
Et félon mon intégrité. 

P a vs e. (me, 

Le mal des mefchas fe confô- 
Et foûtiet le droit 8c juffce home. 
Toi jufteDieu, qui jufqu'au fods 
Sodés \qs coeurs mauuais 6c bos. 

C'eft Dieu qui eft mo alïetirace' 
Et mon pauois; i'ai efperance 
1 %tfu En ¥, 






P S E A V M E V I T. ij 

En lui,qui garde 6c fait vainqueur 
Vn chacun qui eft droit de cœur. 

Dieu eft le juge véritable 
De celui qui eft équitable. 
' Et de celui femblablement 
Qui l'irrite journellement. 

Si l'home qui tafche à me nuire 
Ne fe veut changer & réduire, 
Dieu viendra fon glaiueaiguifer, 
Et bander fon arc pour vifer. 

Déjà 1 e grand Dieu des alarmes 
Lui prépare mortelles armes: 
Il fait dards propres & feruâns 
A pourfuiure mes pourfyiuans. ^ 
- Et Fàutre engendré chofe vaine, 
Ne conçoit quetrauail ôc peine, 



i6 ' PSEAVME VII. 

Pour enfanter, quoi qu'il en foie 
Le rebours de ce qu'il penfoit. 

A cauer vne grande foffe 
Il met folicitude grolTe : 
Mais en la fofle qu'il fera 
Lui mefmes il tresbuchera. 

Le mal qu'il me forge Ôc ap- 
prête 
Retournera deflus fa tefle: 
Bref, ie voi le mal qu'il commet 
Lui defcendre fur le fommet. 
Dont louage au Seigneur ie done 
Pour fa iuftice droite & bonne > 
Et tant que terre hanterai, 
Le Nom du très-haut chanterai. 



t 



PSEAVME VIII. 17 

PSEAVME VIII. CM. 

ONoftre Dieu & Seigneur 
amiable, (mirable 

Cobien ton Nom eft grad & ad- 
Par tout ce val terreftre fpacieux 
Qui ta puiflance efleue fur les 
Cieux. 
En tout fe voit ta grand' vertu 
parfaite, (alaite: 

Iufqua la bouche aux enfas qu'o 
Et rens par là confus & abatu. 
Tout ennemi qui nie ta vertu. 
Mais quand ie voi & cotemple 
en courage (haut ouurage 
Les cieux qui font de tes doigts 

Eftoiles, Lune, & fignes diffères 

d il 



18 'pSEAVME VIII. 

Que tu as faits & afsis en leurs 

rangs. (comme 

Adonc ie di a part moi ainfi 

Tout esbah i :Et qu'eft-ce que de 

l'homme, 
D'aiioir daigné de lui te fouuenir 
Et de vouloir en to foin le tenir. 
Pavse. 
Tu Tas fait tel que plus il ne lui 
refte ([quant au refte. 

Fors eftre vn Ange , en l'ayant 
Abondament de gloire enuirone, 
Rèmpl i de biens ôç d'honeur cou- 
ronné. ( belles 
i Régner le fais fur les ceuures tat; 
De tes. deux mains , comme 
Seigneur d'icelles, 



PSEAVME VIII. 19 

Tu as de vrai, fans quelque 

exception, 

Mis fous fes pieds tout en fujettio. 

Brebis 6c bœufs, 6c leurs peaux 

6c 1 eurs 1 aines, (fil des plaines. 

Tous les troupeaux des hauts mots 

En gênerai toutes befles cerchans 

Apafèurer6c.parbois6cpar chaps 

Oi féaux de l'air,qui volet 6c qui 

chantent, . (hantent 

Poilïons de mer,ceux qui nagêt 6c 

Parlesfentiersdemer. grands 6c 

petis, 
Tu les as tous à l'homme aflujetis, 
O noftre Dieu 6c Seigneur 
amiable, 




50 'PSEAVME VIII. 

Comme à bon droit eft grande 
admirable . ( cieux 

L'excellent bruit de ton nom pre- 
Par tout ce val terreftre fpacieux. 

P S E A V M E IX. G. M. 

E tout mô cœur t'exalterai, 
Seigneur, & fi raconterai 
Toutes tes ceuures nompareilles, 
Qui font dignes de grands 
merueilles. 
En toi je me veux réjouir , 
D'autre foulas ne veux jouir : 
O Très-haut je veux en cantique 
Célébrer ton Nom authentique: 

Parce que par ta grandVertu 
Mon ennemi s'enfuit batu, 



P S E A V M E IX. 31 

Defconfit de corps ôc courage, 
Au feul regard de ton vifage. 

Car tu m'as efté fi humain, 
Que tu as pris ma caufe en main, 
Et t'es afsis pour mon refuge 
En chaire comme jufte luge. 

Tu as défait mes ennemis, 
Le méchant en ruine mis : 
Pour tout jamais leur renommée 
Tu as efleinte ôc confumée. 

P A VS E. I. 

Or ça, ennemi caut ôc fin , 
As-tu mis ton emprife à fin ; 
As-tu rafé nos cités belles ? 
Leur nom efl-il mort aucc elles! 

Non,non:le Dieu qui eftla haut 



31 ' PS E A V ME IX. 

En règne qui jamais ne faut, 
Son trôfne a drellé tout propice, 
Pour foire raifon ôcjuftice. < • 

Là jugera-il justement 
La terre ronde entièrement, 
Pefant Ibs-caufes en 'droiture 
De toute hum aine créature. 

Et Dieu la retraite fera 
Du pauur e qu'on pourcha fiera, 
Voire fa retraite & adreiîe û I 
Au plus dur téps de fa deftrefTe. 

Dot ceux qui to No conoiftrot 
Leur afleurance en toi mettront r 
Car, Seigneur, qui à toi s'adonne^ 
Ta bonté point ne l'abandonne. 

Pavse II. »H: 

Chantez 



l 



PSEAVME IX. x 

Chantez en exultation 
Au Dieu qui habite en Sion, 
Prefchez àgens de toutes guifes 
Ses œuures grandes &c exquifes. 

Car du fang du iufte il s'équiert, 
Lui en fouuient ôc le requiert, 
Et iamais la clameur n oublie 
De l'affligé qui le fupplie. (moi) 

Seigneur Dieu (ce difoi-ie en 
Voi par pitié que l'ai d'efmoi 
Par mes ennemis remplis d'ire , 
Et du pas de mort me retire: 

Afin qu'au milieu de l'enclos 
De Siôn l'annonce ton los , 
En démenant réiouiflance 
D'eftre recoux pa;r ta puiflance. 

) 



34 PSEAVME IX. 

Incontinent les malheureux 
Sont cheus au piège fait par eux r 
Leur pied même s'*cft venu prédre 
Au filé qu'ils ont ofé tendre. 

P A V S E. III. 

Ainfi effc connu l'Immortel,;. 
D'auoirfait vn iugement tel, 
Que l'inique a fenti l'outrage , 
Et le mal de ion propre ouurage, 
Croyez que toûiours les mefchas 
S'en iront à bas trebuchans , 
Et toutes ces gens infenfées, fées. 
Qui not- point Dieu en leurs pen- 

Mais l'homme pauure humilié 
Neferaiamais oublié: 
lamais de l'humble eftaten peine, 



i 






P S E A V M E I X. 35 

L'efperancenefera vaine* 

Vien,Seigneur,m6ftreto eiîort, 
Que l'homme ne foit le plus fort ; 
Ton pouuoir les gens venir face 
En îugement deuant ta face. 

Seigneur Dieu,qui immortel es, 
Treflaillir de crainte failes 
Donne leur à connoiftre comme 
Pas vn d'entr'eux n'eft rien fors 
qu'homme. 

P S E A V M E X. C. M. 

D'Où viéçcela,Seigneur, ie te 
fuppli' T (couuèrts? 

Que loin de nous te tiens les yeux 
Te caches-tu pour nous mettre en 

oubli, 

f „" 



}« PSEAVMEX. 

Mefmes au temps qui effc dur & 

diuers? 
Parleur orgueil font ardens les 

peruers (feprife, 

A tourmenter l'humble qui peu 
Fai que fur euxtôbe leur entre- 



prife. (feur 

Car le m al in fe vante & fe fait 
Qu'en fes defirs n'aura aucun de- 
. faut: (feur, 

Ne priant rien que l'auare arhaf- 
Etmesprifant l'Eternel, le Très- 
haut. ( chaut , 
Tat il eft fier que de Dieu ne lui 
Mais tout cela qu'il penfeen fa 
mémoire, 

v 



PSEAVME X. 37 

C'eft, Dieu ncft point,ôc fi ne le 

veut croire 

Tout ce qu'il fait tend à mal fas 

cefTer. 

De fa penfée efl loin ton jugemet: 

Tant eft enflé, qu il péfe- renuerfer 

Ses ennemis à fouffler feulement. 

. En fon cœur dit, de branler 

nullement 
Çardejenaixarjefçaiquen nul 
âge (dommage 

Ne peut tomber fur moi aucun 
D'vn parler feint plein de dé- 
ception, (bouché: 
Le faux perjure eft toujours em- 
Deflous fa langue àuec opprefsio 



38 P S E A V M E X. 

Defir de nuire effc toujours em- 
bufché: 
Semble au brigand, qui fur les 
champs caché 
L'innocent tue en cauerne fecrete 
Et de qui l'œil pauures paflans 
aguete. Pavse. 

Aufsi l'inique vfe du tourfecret 
Du lion caut en fa tanière, helas 1 
Pour atrapper l'homme fimple ôc 
pauuret, (fa laqs. 

Et 1 engloutir quand l'a prins en 
Il fait le doux,le marmiteux le las 
Mais fous cela par fa forfe per- 
uerfe (renuerfe. 

Grand' quantité de pauures gens 



PSEAVMEX. ^ 3? 

Et dit encor' en fo cœur vicieux 
Que Dieu ne veut la fouuenace 
auoir . yeux, 

De tout cela, &; qu'il couure fes 
A cette fin de jamais ne n en voir 
Leue toi donc, Seigneur,pour y 
pouruoir, ( P^ e ' 

HauiTe ta main deiîus, je te fup- 
Et ceux qui fontperfecutez n ou- 
blie, (faits 
Pourquoi irrite 6c méprife en fes 
L'homme mefehant, le Seigneur 
tant humain . (n'en fais: 
En foncœur dit, qu enqueilc tu 
Mais tu vois bien fon méfait inhu- 
main: 



4 o * PSEAVME X. 

Et voyant tout, prcns les caufes 
en main. (bile 

Voila pourquoi s'appuie le de- 
Sur toi qui es le fupport du pupile 
Brife la force ôc le bras plein 
d'excès 
Du malfaiteur.inique ôc reprouué 
Fai de fes maux fenquefte &■ le 

, procés> 

Plus ne fera par toi vn feul trouué. 

Lors à jamais Roi de tous ap- 

prouué (fainte 

Régnera Dieu,quand en fa terre 

De ces méchâs fera la race eftein- 

te. (orras 

O Seigneur donç,s'il te plaift tu 

Ton 



PS E A V M E X; 41 

Ton pauurc peuple en cette afpre 

faifon: 

Et bo courage & efpoir lui doras, 

Preftant l'oreille à fon ■ humble 

i oraifon : (raifon, 

Qui eft de faire aux plus petits 

Droit aux foulez, fi que l'homme 

déterre : (guerre. 

Ne vienne plus leur faire peur ni 

P SE A V M E XL C. M. 

T TEu que du tout en Dieu mon 

V cœur s'appuye, 

le m'esbahis comment de voftre 

mont (m'enfuye. 

Plûtoffc quoifeau dites que. je 

Vrai eft que l'arc les malins té- 

' du mont, F 



V. * P.SEAVME XI. 

Et fur la corde ont afsis leurs 
fagettes, (juftes font 

Pour contre ceux qui de cœur 
Les décocher jufques en leurs ca- 
chettes, (mife 
Mais on verra bien toft à néant 
L'intention de tels malicieux : 
Car quelle faute a le jufte comifeï 
Sçachez que Dieuafon palais 
aux Cieux, ( narque: 
Deffus fo trône cil l'Eternel M o- 
Là haut afsis il voit tout de fes 
yeux, (marque. 
Et fon regard les humains noteôc 
Tout il efprouue, & le iufte il 






approuue, 

,3 



P S E A V M E XI. 4} 

Mais fo cœur hait qui aime extor- 

fion, ( uc. 

Et l'home en qui violence fe trou- 

Pleuuoir fera feu de punition 

Sur les malins, foulphre chaud, 

• flamme ardente, 

Vent foudroyant : voila la portio 

De leur breuuage, ôc leur paye 

euidente. - (juffcice, 

Car il eft IufEe, 6c pour ce aime 

Tournât toujours par douce 

affection (& propice. 

Vers l'homme droit fon oeil doux 

P S E A V M E XII. C. M. 

DOnnefecours Seigneur il en 
eft heure • 

F î 



44 PS E A V M E XII. 

Car d'hommes droits fomestous 

dénuez. (meure 

Entre les fils des hommes ne de- 
Vnqu i ait foi tat font diminuez. 
Certes chacun vanité,mêteries. 
A fo prochain dit ordinairemet. 
Aux leures n'a l'homme que fla- 

teries, (autrement. 

Quand il dit l'vn, fon cœur pefe 

Dieu vueille donc ces leures 

blandiflantes 

T out à trauers pour iamais incifer 

Pareillemet ces lagues arrogâtes, 

Qui brauemêtne fot que deuifer 

Qui mefmement entr'eux ce 

propos tiennent* '^-A 



PSEAVMEXII. 4J 

Nous ferons grands par nos lan- 
gues fur tous (partiénent, 
A nous de droit nos leures ap- 
Flatons, mentons, qui effc maiftrc 
fur nous ? | crient, 

Pour Taffligé,pour les petits qui 
(Dit le Seigneur) ores me leuerai : 
Loin les mettrai des langues qui 
varient, ( uerai» 

Et de leurs laqs chacun deux fau- 
Certes de Dieu la parole fe 
treuue, (voix: 

Parole nette, Ôc tres-pure eft fa 
Ce n'eiï qu'argent affiné à l'épreu- 

ue, 
Argent aufeu épuré par fept fois. 



46 PJEAVME XII. 

Or donc, Seigneur,que ton peu- 
ple ocres hommes 
Soient maintenus par ta gratuité : 
Et de ces gens dont tant moleftez 

fommes. 
Deliure nous à perpétuité. 
Car les mal ins à grand's troupes ' 
cheminent (mains: 

Deçà, delà, tout effc plein d'inhu- 
Lors que d'iceux les plus mefchas 

dominent, 
Etqu'éleuezfôt entre les humains. 

P S E. A V M E XIII. CM. 

IVfques à quand as eftabli , 
Seigneur,de me mettre en oubl i 
Efl-ce à jamais ? par côbie d'aage 



P S E A V M E XIII. 47 

Détourneras-tu ton vifàge 

De moi, lasid'angoiffe rempli? 

Iufques à quand fera mon cœur 
Veillant, confeillant, pratiqueur, 
Etplain defouci ordinaire? 
Iufques à quand mon aduerfaire 
Sera-il deflus moy vainqueur? 

Regarde moi mon Dieu puiiïat 
Refpon à mon cœur gemiflant , 
Et mes yeux troublez illumine, 
Que mortel dormir ne domine 
DeiTus moi quafi periiTant. 

Que celui qui guerre me fait 
Ne die point, ie l'ai défait : 
Et que tous ceux qui tat me trou- 
blent 



■ » 



4 8 w PSEAVME XIII. 

Le platfir qu'ils ont ne redoubîêt, 
Par me voir tresbucher de fait. 

En toi giil tout l'efpoir de moi, 
Par ton fecours fai que l'efmoi 
De mon cœur enplaifir fe chage, 
Lors à Dieu chanterai louange, 
Car de chanter j'aurai dequoi. 

P S E A V M E XIV. C M. 

LE fol malin en fon cœur dit 
Ôc cro i t (& renuerfe 

Que D ieu n'eft point&corrompt 
Ses mœurs,fa vie, horribles faits 
exerce: (ni droit, 

Pas vri tout feul ne fait rien bon 

îsli ne vpudroit. 
Dieu du haut Ciel a regardé ici 

Sur 



PSEAVME XIV. 49 

Sur les humains auecques diligen- 
ce, (gence, 
S'il en verroit quelqu'vn d'intelli- 
Qui d'inuoquer la diuine merci 
Fuftenfouci. iiP 
Mais tout bien veu> a trouué 
que chacun (nables: 
A fouruoyé tenant chemins dam- 
Enfemble tous font faits abo- 
minables: 
Etn eft celui qui face bien aucun, 
Nonjufquavn. 
N'ont-ils nul fens tousi ces per- 
nicieux, (changent ? 
Qui font tout mal & jamais ne (H 
Qui comme pain mdnP pagure 
peuple mangent, G 



J* ^PSEAVME XIV. 

Et d'inuoquer ne font point fou- 
cieux 

Le Dieu des Cieux ï 

Certainement tous esbahis ferot 

Que fur le champ ils trembleront 

de crainte : ( fainte 

Car l'Eternel par fa faueur tres- 

Tiendra pour ceux qui droits fe 

trouueront, 

Et l'aimeront. (diez 

Ha ! malheureux,vous vous étu- 

À vous mocquer de l'intention 

. bonne (donne: 

Que l'Immortel au pauure affligé 

Parce quik font fur lui tous ap 

puyez, 



ni ^f£*/f?-. m 



J 



P SE A VME XIV. jt 

Et en riez. 
Oqui&quand de Sion fortira 
Pour Ifraël fecours en fa foufTrace! 
Quand Dieu mettra fon peuple à 

deliurance: 
De joye alors Ifraêl jouira, 

Iacob rira. 

PSEAVME XV. CM. 

QVi efb-cequi conuerfera, 
mm*0 Seigneur en ton taber- 
nacle ? 
Et qui eft celui qui fera, 
Si heureux, que par grâce aura 
Sur ton fainft mot feur habitacle. 

Ce fera celui droitement 
Qui va rondement en befongne : 

G i 



Jf P S E A V M E X V. 

Qui ne fait rien que juftement ,' 
Et dont la bouche ouuertement 
Vérité en Ton cœur tefmoigne. 

Qui par fa langue point ne fait 
Rapport qui los d' autrui efface : • 
Qui à fon prochain ne mesfait , 
Qui auffi ne fouffîre de fait 
Qu'opprobre à fon voifin on face. 

Ce fera l'homme contemnant 
Les vicieux* aufsi qui pnfe, 
Ceux qui craignêt le Dieu régnât. 
Ce fera l'homme bien tenant 
(Fuft-ce à so dam) la foi promife. 

Qui à vfure n'entendra, 
Et qui fi bien jufiice .exerce, 

Que le droit d'autrui ne vendra. 



X. 




P S E A V M E XV. j, 

ui charief ainfi voudra 



Craindre ne faut que iamais verfe 
Pseavme XVI. T.D.B. 
^ Ois moi Seigneur,ma garde ôc 

mon appui : 
Car en toi gifè toute mo efperace 
Sus donc auffi, ômonamedilui, 
Seigneur, tu as fur moi toute puif- 

fance: (mienne, 

Et toutcsfois point n'y a d'œuure 
Dont jufqu a toi quelque profit 

reuienne. (vertueux, 

, Mon vouloir efl: d'aider aux 
Qui de bien viure ont acquis les 

louanges: (ceux 

Mais mal fur mal s'entaflera fur 



54 PSEAVME XVI. 

Qui vont courans après ces dieux 

efbanges : 
A leurs saglas facrifices ne touche^ 
Voire leurs noms je n'ai point en 

1 a bouche. ( tretient 

Le Seigneur eft le fod qui m'en- 

Sur toi > mon Dieu, ma rente v efl 

afTeurée. 

» 

Certainement la part qui m'ap- 
partient (m'eflreliurée: 
En plus beau lieu n'euft pu 
Bref, le plus beau qui fuft en l'hé- 
ritage ( tagc. 
Eft de bon heur écheu à mon par- 
Pavse. (ment 
Loué foit Dieu, par qui fi Cage- 



PSEAVME XVI.' 5f 

le fuis inférait à prendre cette 
adreflfe : * (ment 

Car (qui plus eft) je n'ai nul penfe- 
Qui toute nui6t ne m'enfeigne Ôc 
redreffe, . (regarde, 

Sans ceffe donc' à mon Dieu ie 
Auffi eft-il à ma dextre, & me 
garde, (ioyeux: 

•4 j^oila pourquoi mon cœur eft fi 
Ma lague enritôcmo corps s'en 
afleure : ( tombeau creux 
Sçachant pour vrai que dans le 
Ne fourTriras que ma vie de- 
meure : (mettre 
Et ne voudrais aucunementper- 
Que pourriture en ton Sainà; fçC • 
vint mettre. 



js <"TSEAVME XVI. 

Plûtofl Seigneur, me mettras 
aufentier* (reufe 

Qui me conduife à vie plus heu- 
Car,à vrai dire,on n'a plaifir êtier 
Qujen regardât ta face glorieufe 
Et das ta main cft & fera sas ceffe 
Le coble vrai de ioye & de lieiTe 
Pseavme XVII. T.D.B. 
Eigneur,enten àmobo droic 
Enten, helas j ce que ie cric : 
Vueilles ouïr ce que ie prie 
Et de bouche & de cœur tout 

-/droit. 

De toi qui connois toute chofe 
le veux jugement receuoir, 
le te pri'toi mefme de voir 




u 



PSEAVMEXVII. 57 

Le droit de ce que ie propofe. 

Denuicl: mon cœur as efprouué 
Tu las fondé, mis fur la touche : 
Iamais ne démentit ma bouche, 
Tu Tas toujours ainfi trouué. 

Quoi qu'on me face ou qu'on 
me die, 
l'ai a ton due regardé, 
Et d'enfuiure me fuis gardé 
Des paillards la mefchante vie, 

Plaife toi d'afleurer mes pas 
En tes fentiers où je chemine : 
Faitant que point jene décline, 
Et que mon pied neglnîe pas. 

Mon oraifon foit entendue. 
Quand je te prie en mon mefchef, 

H 



58 *P SE A V M E XVII. 

Las ! je te prie derechef, 
Ton oreille me foit tendue 

Ren admirable ta bonté, 
O Dieu , qui es la fouftenance 
De ceux qui. ont en toi fiance, 
Contre ceux qui t'ont refifté. 

Vueilles fous l'obre de ton aile, 
Me cacher bien de feurement 
Et tenir auffi chèrement 
Qu'on tiêt de fon oeil la prunelle : 

Pavse. 

Afin que je puifle efçhaper (nent 

De ceux quLtant de maux me do- 

De mes haineux qui m'enuironét, 

Afin de ma vie attraper, (uent, 

Us font fi gras que plus n'en peu- 



PSEAVMEXVU. 5? 

Fiers en propos ôc orgueilleux : 
Suiuentmes pas, vifent* des yeux, 
Pour me riyndr s'ils me treuuent. 
Siîr tout lVri d'et'réux le pkis fier, 
Semble vn lion qui eflen quefte, 
Vn lionceau guettant labefte 
Au plus couuert de fon hallier, 

Marche au deuant, mets-les par 
•terre. 
Arrache mon ame au mefchant, 
Auecques le glaiue trenchant r 
Dont au mefchâs tu fais 1 a guerre, 

D'entre ceux me fauua ton bras 
Qui font de fi 16g temps au mode 
Et dont le cœur ici fe fonde, 
Pour y viureôc deueoir gras. 



H 



&o P^EAVME XVII. 

Seigneur, tu leur emplis lapace 
De tes biens plus délicieux : 
Leurs fils font laouis> & après eux 
Laifleiit aux leurs toute abodâce 
Mais quand à moi ie te verrai, 
Auecquesma vie innocence, 
Et de ta maiefté prefente, 
M'efueillant ie me faouleraL 

PSEAVME •XVIII. C. M 

E t'aimerai en toute obeïfsace, 

Tant que viurai, ô mon Dieu 

ma puiflance: (haut & feur> 

Dieu eftjmon roc, mon rempart 

C'eft ma rençon, c'eft mon fort 

defenfeur. (faite 

Eh lui feulgifl ma fiance par- 



P S E A V M E XVIII. Ci 

C'eft mon pauois, m£s armes, 

ma retraite. (me foi, 

Quand je l'exalte & prie. en fer- 
Soudain recoux des ennemis me 

voi. ( uironnerent, 

Dangers de mort vn jour m'en- 

Et grands torres de malins m'ef- 

tonnerent: (venu, 

Feftois bien près du fepujchre 

Et des filets de la mort preuenu 

Ainfi prefle foudain j'inuoque & 

prie 
Le Tout-puiflant, haut à mon 

Dieu je crie : 
Mo cri au ciel jufqu à lui pénétra, 
Si que ma voix en fon oreille entra 



6z *P S E A V M E XVÎIL 

Incontinent tremblerét les cam- 
pagnes, ( montagnes, 
Les fondements des plus hautes 
TouS esbranlez s'efm eurent gran- 
dement: ( ment. 
Car il eftoit courroucé ardem- 
En fes nareaux lui mota la fumée 
Feu afpre îfloit de fa bouche al- 
lumée: 
Si enflambé en fon courage eftoit,. 
Qu' ardans charbons de toutes 
parts iettoit, ( cure, 
Bailla le ciel, de defcedre.pnnt 
Ayant foubs pieds vne brouée ob- 
feure : ( uans, 
Monté eftoit fur Chérubins mou- 



PSEA V ME XVI II 6$ 

Voîoit guindé fur les ailes des 
vents Pavse. I. 

Et fe cachoit dedans les noires 

nues (dues : 

Pour tabernacle autour de lui ten- 

Enfin rendit par fa grande clarté 

Ge gros amas dénués efcarté. 

Grefle iettant, & charbons vifs 

en terre, (tonnerre, 

Au ciel menoit l'Eternel grand 
L'altitonat fa grofle voix hors mit 
Et grefle &feu fur la terre traffnit 
Lança fes dards, rompit toutes 

leurs bandes; ( yeurs grandes: 
Doubla Tefclair, leur donna fra- 
A ta menace,&; du fart vet poulie 



t> 4 P S E A V ME XVIII. 

Par toi. Seigneur en ce poincl 

courroucé. (onde 

Furent canaux defnuez de leur 

Et defcouuerts les fondemens du 

monde, 
Sa main d'enhaut ici bas me têdit 
Et hors des eaux fam&fauf me 
rendit. ( faires. 

Me recourut de puiflansôthauf- 
Et plus que moi renforcez aduer- 

faires : (uint: 

A mes dangers il preue.ut & pre- 
Quand il fut temps, fecours de 

Dieu me vint, ( prife 

Me mit au large,& fi fitentrc- 

De me garder, car il me fauorife, 

Or 



PSEAVME XVIII. 5 5 

Or ma rendu félon mon équité, 

Et de mes mains félon la pureté. 

Car du Seigneur jauois fuiui la 

voye, ( uo y e • 

Et reuolté mo cœur de lui n'a- 
Ains toujours eu deuant l'œil tous 

fesdits, 
Sans rejetter vn feul de fes edits. 
Si qu enuers lui entier en tout 

affaire ( faire 

Me fuis motré me gardât de mal 
Or ma rendu félon mon équité, 
Et de mes mains félon la pureté. 

P A V S E. II 

Certes, Seigneur, qui fçais telles 

mes œuures, 

ï 



ft .PSEAVME XVIII. 

Au bon tres-bon, pur au pur te dé- 

cœuures : 
Tu es entier à qui entier fera, > 
Et défaillant à qui failli aura. 
Les humbles viure en ta garde 
tu 1 ailles, (baiiTes : 

Et les four cils des braues tu ra- 
Aufsi Mon Dieu ma lanterne al- 
lumas. 
Et efclairé en ténèbres tu m'as. 

Par toi doné à trauers la bataille: 
Mon Dieu deuant, je fautai la 

muraille: 
C'eit l'éternel qui entier eft trouué 
Son parler eft comme au feu 
éprouué. 



PSEAVME XVIII. 67 

C'eft vn bouclier de forte refi- 

ftance 
Pour tous ceux là qui ont en luy 

fiance. (nel *. 

Mais qui efb Dieu fmon le Super- 

Ou qui efb fort fi ce n eft l'Eternel 

DehardieiTe ôcforceil m'enui- 

ronne > ( donne : 

Et feure voye à mes defleins il 
Mes pieds à ceux des cheureux 

fait efgaux. (hauts. 

Pour monter lieux difficiles ôc 

Ma main par lui aux armes eft 

appnfe> (bnfe, 

Si que du bras vn arc d'acier 1e 
De tofecours reçu m'as apporté, 

I X 



<# PS E AV M E XVIII. 

Et ma ta dextre au befoin fup- 
porté. 

Ta grand'bonte, où mon efpoir 

mettoye, ( n eftoye : ' 

M'a fait plus grand encor que ic 

Préparer vins mon chemin fous 

mes pas, 
Dot mes talos glifsas ne furet pas: 
Car ennemis feus pourfuiure & 



atteindre. (efteindre : 

Et ne reuins fans du tout les 

Durer n'ont peu tant bien les ai 

fecous, (coups. 

Ainsàmespieds trebucherét de 

P A V S E III. (ce, 

Circuï m'as de belliqueufe for 






P S E A V M E ■ XVIII. co 

Ployant fous moi qui m'enuahir 

s'eforce : ' 
Tu me motras le dos des ennemis, 
Et mes, haineux j'ai en- ruine mis. 
Us ont crié, n'ont eu fecours 
quelconque •■> ( onque, 

Meimes à Dieu , qui ne les ouït 
Comme la poudre au vent les ai 
rendus, (dus. 

Et corne fange en la place eflen- 
Déliuré m'as du mutin popu- 
laire, (faire: 
Et t'a pieu chef des nations me 
Voire le peuple, à moi peuple in- 
connu, 
Sous mo renom obéir m'efl venu. 



7 o PSEAVME XVIII. 

Maints eftrangers, par feruile 

contrainte, 

Mont fait honneur d'obeiffance 

feinte : (efforts 

Maints eftrangers redoutans mes 

Efpouuantez ont tremblé en leurs 

' forts. (foit gloire^ 

Viue,mon Dieu, à mon Sauueur 

Exalté foit le Dieu de ma vi&oire 

Qui m'a donné pouuoir de me 

vanger^ ( ranger. 

Et qui fous moi les peuples fait 

Me garantit qu^ennemisne me 

greuent, (leuent 

Méleue haut fur tous ceux qui se- 

Encotre moi , me déliurat à plein 



P S'EA VME XVIII. '* 71 

De l'homme ayant le cœurdou- 
- trage plein 
Partant mon Dieu, parmi hs 



gens eft 



ranges 



Te bénirai en chatat tes louanges 
Ce Dieu je dis, qui magnifi- 
quement (ment 
Sauua Ton Roi, ôcqui- vnique- 
Dauid fon Oinôt traitte en grade 
clémence, (femence. 
Traittant de mefme à jamais fa 

PSEAVME XIX. C. M. 

LEs cieux en chacun lieu 
La puiffance de Dieu 
Racontent aux humains : 
Ce grand encour efpars 



7 i 'PSEAVME.XIX. 

Publie en routes parts 
L'ouurage defes mains- 
, Iour après jour coulant, 
Du Seigneur va parlant j 

Par longue experiance. 
La nui£t fuiuant la nui£t 
Nous prefche & nous inftruiét 
De fa grande fapiance.. 

Et n y a nation 
Langue, prolation, 
Tant foit d'eftranges lieux. 
Qui n'oy.e bien le fon> 
La manière 5c façon 
Du langage des cieux. 

Leur tour par tout s'eftend* 
Et leur propos s'entend 

Iufques 



PSE AV ME XIX. 73 

Iufques au bout du monde : 
Dieu en eux a pofé 
Palais bien compofé 
Au foleil clair & muryde. 

Donc il fort ainfi beau 
Comme vn efpoux nouueau 
De Ton paré pourpris : 
Semble vn grand Prince à voir, 
S'égayant pour auoir 
D'vne courfele prix. 

D'vn bout de« ci eux il part, 
Et atteint l'autre part, 
En vn jour, tant efl viftê r 
Outre plus n'y a rien 
En ce val terrien 
Qui fa chaleur éuite. 



7+ PSEAVME XIX. 

P A V S E. 

La tres-entiere Loi 
De Dieu fouuerain Roi 
Vient l'api e reftaurant : 
Son tefmoignage feur, 
Sapience en douceur 
Montre à l'humble ignorant. 

D'icelui Roi des Rois 
Les mandemens font droits, 
Et joye au cœur afsignent : 
Les commandemens faints 
De Dieu font purs ôc fains , 
Et les yeux illuminent. . 

L'obeilTance à lui 
Eft vn tres-faint appui 
A perpétuité : 



PSEAVME XIX- 7ï 

Dieu ne fait jugement 
Qui véritablement 
Ne (bit plein d'équité. 

Ces chofes'font encor 
Plus defirables qu'or, 
Fuft ce fin or de touche : 
Et en vn cœur fans fiel 
Sont plus douces que miel, 
Ni pain de miel.en bouche. 

Qui feruir te voudra, 
Par ces poincts apprendra 
A ne fe fouruoyer : 
Et en les obferuant, 
En aura le feruant 
Grand ôc riche loyer. 

Mais où fetrouuera 



7 <; P SEA V M E XIX. 

Qui fes fautes fçaura 
Nombrer, penfer ni direi 
Las ! de tant de péchez 
Qui me font tant 'cachez, 
Purge-moi très-cher Sire. 

Aufsi des grands forfaits 
Témérairement faits 
Soit ton ferf relafché : 
Qu'ils ne régnent en moi, 
Si ferai hors d'émoi 
Et net de grand péché- • 

Ma bouche prononcer* 
Et mon cœur rien penfer 
Ne puilTe, qui ne plaife 
A toi mon défendeur, 
Sauueur & amcndeur 
De ma vie mauuaife. 



PSEAVME XX. 77 

PSEAVME XX..T.D.B. 

LE Seigneur ta prière entende 
En ta nécessité, 
Le Dieu de lacob te défende 
En ton aduerfité, 

De Ton lieu faint en ta coplainte 
A tes maux il lubuienne: 
De Sion fa montagne fainte 
Il te garde & iouftienne. 

De tes offertes & feruices 
Se vueille fouuenir, 
Et faire tous tes facrifîces 
En cendre deuenir. 

Te donne iffué en ton affaire 
Telle que tu demandes : 
Vueille tes empnfes parfaite. 



?8 FSEAVME XX. 

Et petites 8c grandes. 
Dieu vueille accoplir tes prières, 
Afin que tous joyeux 
Drefsions enfeignes & bannières 
En Ton Nom glorieux: 

Difans,- Dieu de fa faint-e place 
A fon Roi amiable 
A répondu, lui fâifant grâce 
Par fa main fecourable. 

Nos ennemis auoient fiance 
En leurs chars ôc cheuaux : • 
Et nous inuoquions la puiflance 
Du Seigneur en nos maux. 

Aufsi eft-elle renuerfée 
Leur puiflance* tant fîere: 
Et nojftrc force eft redreflee 



ÛP 



PSEAVME XX. 79 

'plus que jamais entière. 
Seigneur,plaife toi nous defêdre 
Et faire que le Roi 
Puifle nos requefbes entendre 
Encontre tout effroi. 

PSE AVME XXI. T. D. B. 

SEigneur, le Roi s ejouïra- ' 
D'auoir eu deliurance 
Par ta grande puilTance. 

O combien joyeux il fera . 
D'ainfi foudain fe voir • 
Recoiîx par ton pouuoir: 

L'ilTuè de tout fon fouhait, 
Telle qu'a demandée, * 

Tu lui a*s accordée: 

Et de fa bouche quoi qu'il ait 



So PSEAVMEXXI. 

Seulement prononcé, 
Toujours l'as exaucé. 

•Mefme auant qu'en eftre requis 
Tes biens lui viens épançlre. 
Sans fa prière attendre. 

Vn diadème fort exqu is 
De fin or compofé, j 
Sur fon chef as pofé. 

Il te demandoit feulement 
Que lui fiffes la grâce : 
De viure quelque efpace: ni 

Et là deflus * bien longuement 
Durer tu lui permets, 
Votre pour tout jamais. 

Par le moyen de ta bonté 
On voit par tout femée 



PSEAVME XXI. Sr 

Sa bonne renommée : 
Car tu lui as toujours efté 

Et de gloire & d'honneur • 

Tres-liberal donneur. 
Tu las fait tel, qu'à l'auenrr 

Il feruira d'exemple 

Où ta gloire on contemple. 

. Tu l'as fait joyeux deuenir, 

Iettant. fur lui tes yeux * 

D'vn regard gracieux. 






Car le Roi met en cet affaut, 
Pour fa pleine aileurance, 
En Dieu fon efperance. 
Il attend fecours du Très-haut, 
Dont fe peut afleurer 
De ferme demeurer, 



ti PSEAVME XXI. 

Pavse. 

Ta mainfufht bien pour frapper 
Voire du tout défaire 
Quiconque t'eft contraire. 
' Ta main fçaura bien attraper 
Ceux qui ton los& prix 
Auront eu à mépris. 

Ton courroux les embrafera * 
Ainfi quvnefournaife 
Toute rouge de* braife. • 

Ton ire les engloutira : 
En tes feux allumez. 
Toit feront confumez. 

Raclez feront entièrement 
De cette terre balte, 

Eux. & toute leur race. 



PSEAVME XXI. 83 

Il ne fera aucunement 
Rien dit ni recité 
De leur pofterité : 

Pour autant qu'ils ont entrepris, 
O Roi pour te méfaire, 
Chofe méchante à faire, 

•Contre toi le confeil ont pris. 
Mais leur pouuoir trop bas 
Ne l'accomplira, pas. 

La bande de ces enuieux, 
Qui ton honneur rebute, 
Tu te mettras en butte. ( yeux, 
. Et pour les frapper droit aux 
Ton traicl: fera couché, 
Et fur eux décoché. 3 W 

Or doriques Ieuetoi, Seigneur, 



g 4 P SE'AVIIE XXI. 

Et de montrer t 'efforce 
La grandeur de ta force.: 

A celle fin qu en ton honneur 
Toujours allions chantans, 
Et tes faits racontans. 

PSE AVM E XXII. C. M. 

M On Dieu, mon Dieu, pour- 
quoi m'as tu làifle ' (fé, 
Loin defecours,d'énui tat oppref- 
Et loin du crique je t'ai adreffé 
En ma complainte ? ■ 
De jour mon Dieu, ie t'inuoque 
fans feinte, (fainte: 

Et toutefois ne repond ta voix 
De nuicl; auffiy&nai dequoi ef- 
■teinte 



PSE AV ME XX IL »;: 

Soi. ma clameur. ■■ 

Helasitu es le Saint & la tremeur 

Et d'Ifraél le refident bon-heur, 

Où il ta'pleucjuetonlôs&honeur 

On chante Se prife. (mife. 

Nos pères ont leur fiance en toi 

Leur confiance ils ont fur toi afsife 

Et tu ks as toujours mis en fran- 

chife 

Et rachetez. 
A toi crians d'ennui furet ofbez: 
Efperé ont en tes faintes bontez, 
Et ont receu, fans eftre rebutez, 
Ta grâce prompte. 
Mais moi, jefuis vn ver qui rien 
ne monte, 



U PSEAVME.XXII. 

Et non plus homme;, ains des 

hommes la honte: (conte 
Et ie ne fers que de fable ôc de 

Au peuple bas.- 
Pavse.I. 
Chacun qui voit comme ainfi tu 

m'a bas, . (ébas: 

De moi fe moque, ôc y prend fes 
Me font la moue, 6c puis haut ÔC 

puis bas. 

Hochent la tefte : (s'arrefte 

Puis vont difans, Il s'appuye ôc 

Du tout fur Dieu, ôc lui fait fa re« 

quefte : (lui prefte 

Donc qu'il le fauue, ôc que fecoûrs 

S'il l'aime tant. 



P S E A V.ME XXII. if 

Si m'as tu mis hors du ventre 
•pourtant, 
Caufe d'efpoir tu me fus apportât 
Dés que l'eftois les mammelles 
tettant 

De ma nourrice. (trice, 

Et qui plus eft, fortant delama- 
Me recueillit ta fainte main tu- 
trice, . (propice 

Et te montras eftre mon Dieu 
Dés que fus né. ( tourné , 
Ne te tien donc de moi fi dé- 
Car le péril m'a de prés adiourné, 
Et n'eft aucun par qui me foit 
donné 
Secours ni grâce 



88 PSEAVMJE XXII. 

Maint gros taureau m'enuironne 

ôc menace," (grafïe, 

Les gros taureaux de Bafan terre 

Pour m'afsieger m'ont fuiui a la 

trace. 

En me preflant. 
Et tout ainfi qu'vn lionrauiflfant 
Après laproye en fureur rugi (Tant 
Us ont ouuert deflus moi lâguiflat 
Leur gueule gloute. 
Las : ma vertu comme eau s'e- 
coufe toute: (foute 

De tous mes. os la jointure dilP- 
Et comme cire en moi fond goû- 
te à goûte 
Mon cœur fafché, 

Paufe. 



PSEAVME XXII. g, 

P A V S E IL 

D'humeur ie fuis commetuile 

alléché. 
M5 palais eft à ma lague attaché 
Tu m'as fait preft d'eftre au tom- 
beau couché, 

Réduit en cendre. 
Car circuï m'ont les chiens pour 

me prendre, (fendre, 

Lafauflfe troupe efl venue m'of- 
Venuë elle eft me tranfpercer & 

fendre 

Mes pieds & mains. 
Conter ié puis mes os du plus 

au moins: (mains 

Ce que voyaris les cruels inhu- 

M 



*o PSEAVME XXII. 

Tous réjouis me jettent regards 
maints 
Auec rifée. (diuifée, 

là ma dépouille entr'eux ont 
Entr'eux déjà ma robe depofée 
Us ont au fort hazardeux expofée, 
• A qui l'aura. 
Seigneu ; ta main dons ne s'éloi- 
gnera, (nera: 
Mais par pitié fecours nous don- 
Et s'il te pi ait, eHe fe hâtera, 
Mon Dieu, ma force. 
Sauuedeglaiue ficde mortelle 
étorce 
Mon ame helasique de prendre 
ons'éforce: 



P S E A V M E XXII. 9I 

,Déliure là que du chien' ne foie 
niorfe, ■ 
Chien enragé. 
Du léonin grofier encouragé 
Déliure moi : répon à l'affligé, 
Quieffcpar grad's licornes affiegé 
Des cornes d'elles. 
le conterai à mes frères fidèles 
Ton Nom très-haut : tes vertus 

immortelles 
Dirai parmi îes afTemblées belles 
Parlant ainfi: 

P AVSE. III. 

Vous crians Dieu, louez-le en 
ce lieu ci: 
Fils de Iacob, exaltez fa merci : 



9 i PSEAVME XXII. 

Crain.le toûjours:toi d'Ifraél auffi 

La race entière. ('prière, 

Car rebuté n'a l'humble en fa 

Ni détourné de lui fa face arrière, 

S'il a crié, fa bonté finguliere 

L'a exaucé. 

Ainfi ton los par moi fera hauiîé 

En grande troupe : & mon vœu ja 

drefle (amafle, 

Rendrai deuant le bon peuple 

Qui te craint* Sire, (fîre: 

Là mangeront les pauures à fuf- 

Benira Dieu, qui Dieu craint & 

defire: (dire, 

O vous ceux-là, fans fin, je le puis 

• Vos coeurs viuront. 



P S E A V M E XXII. n 

Cela penfans ? tous fe conuertiroc 
Des bouts du monde, &c à Dieu 
feruiront: . (chiront 

Bref, toutes gens leurs genoux fie- 
En ta.prefence. (elTence 
Car ils fçauront qu'à la diuine 
Seule appartient règne & magni- 
ficence : ' (lence 
Dont fur les gens feras par excel- 
Roi conquérant. (rant : 
Gras fie repeus te viendront ado- 
Voire Je maigre à la fofle courant 
Et dot la vie eft hors de reftaurat, 
Te donra gloire, (croire 
Puisleurs enfansite feruir & 
S'cnclineroti&cntoùt territoire 



94 PSEAVME XXII. 

De fils en fils il fera fait mémoire 

Du Tout-puifiant. 

Toujours viendra quelquVn 

cTentr'eux i fiant, - (fant 

Lequel au peuple à l'auenir naïf- 

Ira par tout ta bonté annonçant. 

Sur moi notoire, • 

PSEAVME XXIILC. M. 

MON Dieu me plaift, fous fa 
puifiance haute: A (faute. 
C'efl mo berger.de rien je n aurai 
En toit bien feur,. /oignant les 

beaux herbages > 
Coucher me fait, me meine aux 
clairs riuages ;. (maine, 

Traite ma vie en douceur tres-hu-'- 



PSEAVME XXIII. 9S 

Etpourfon Nom par droits ren- 
tiers me meine. (viendroye 
Si feurement que quand au val 
D'ombre de mort rien de mal ne 

craindroye: (heure, 

Car auec moi tu es à chacun- 
Puis ta houlette & conduite rn afe 

feure : 
Tu enrichis de viures neceflaires 
Ma table aux yeux de tous mes 

aduerfaires. 
Tu oin&s mon chef d'huiles & 

fenteurs bonnes, (donnes: 
Et jufqu aux bords pleine tafle me 
Voire ôc feras que cette faueur 

tienne 



9 6 P S E AVM E XXIII. 

Tant que viurai compagnie me 

• tienne: (rance, 

Si que toufiours. de faire ay efpe- 

En la maifon du Seigneur demeu- 

rance. 

PsE AV ME XXIV. CM. 

LA terre au Seigneur appar- 
tient, 
Tout ce qu'en fa rondeur contient 
Et ceuxqui habitent en elle : 

Sur mer fondement lui donna 
L'enrichit & l'enuironna 
De mainte riuiere très-belle 
Mais famotagne eft vn faint lieu 
Qui viedradoc au motdeDieu 
Qui effc-ce qui là tiendra place? 



l'Homme 



PSEAVME XXIV. 97 

l'Home de mains & cœur hué 
En vanité non éleué, 
Etqui n'a juré en fallace. 

L'homme tel Dieu le bénira, 
Dieu fon Sauueur le munira 
De mifericorde & clémence. 

Telle eft la génération 
Cherchant, cherchât d'affection 
O Dieu de Iacob, ta prefence. 
HauiTez vos teftes grads portaux 
Huis éternels tenez vous hauts , 
Si entrera le Roi de gloire. 

Qui efl ce Roi tant glorieux? 
C'eft le fort Dieu victorieux, 
Le plus fort qu'en guerre on peut 
croire. 



N 



n PSEAVME XXIV. 

Hauflez vos teftes grads portaux 
Huis éternels tenez vous hauts, 
Si entrera le Roi de gloire. 

Qui eft ce Roi tant glorieux? 
Le Dieu d'armes victorieux, 
C'en: lui qui eft. le Roi de gloire. 
Pseavme XXV. CM. 

A Toi, mon Dieu, mon cœur 
1\ monte, 
En toi mon efpoir ai mis : 
Fai que ie ne tombe en honte 
Au gré de mes ennemis : 

Honte n'auront voirement 
Ceux qui defïus toi s'appuyent : 
Mais bien ceux qui durement 
Et fans caufe les ennuyent. 



PSEAVME XXV. 99 

Le chemin que tu nous drefles 
Fai moi connoiftre, Seigneur : 
De tes fentes & adrefTes 
Vueillesmoi eftre enfeigneur. 

Achemine moi au cours 
De ta vérité patente, 
Comme Dieu de mon fecours 
Où;'ai chacun iour attente. 

De tes bontez te recorde, 
Mets en mémoire & étens 
Cette grand' mifericorde 
Dont vfé as de tout temps. 

Oublie ma mauuaifiié 
Dés ma première ieunefle : 
De moi, félon ta pieté , 
Te fouuienne m nia dé trèfle. 

N z 



ï03 P S E A V M E XX V 

Dieu eft bon ôc véritable, 
L'a efté, ôc le fera 
Pourquoi en voye équitable , 
Les pécheurs radreffera: 

Les pauures fera venir 
A vie iufte ôc décente : 
Aux pauures fera tenir 
l'Eternel fa droite' fente. 
P A v s E. 

Bonté , vérité, clémence, 
Sont du Seigneur , les fentiers 
A ceux qui fon alliance 
Gardent bien ôc volontiers. 

Helas ! Seigneur tout parfait, 
Pour l'amour deto Nom mefrne, 
Pardonne moi mon forfait, 



PSEA.VME XXV. ioi 

Car cefl; vn forfait extrême. 

Qui fera, l'homme , à vrai dire; 
Qui Ton Dieu defirera? 
Du chemin qu'il doit eflire 
L'Eternel fauertira : 

A repos parmi fes biens 
Viura fon cœur en grand aago 
Puis auront les enfans Tiens 
La terre pour héritage, 

Dieu fait fon fecret paroitre 
A ceux qui l'ont en honneur, . 
Et leur montre & fait connoitre 
De fon contrait la teneur. 

Quand à moi, yeux & efprits, 
En tout temps à Dieu je tourne : 
Car mes pieds, quand ils font pris 



ioi PSEAVME XXV. 

Du filé tire Sa détourne. 

Iette donc fur moi ta v.euê , 
Pren de moi compaffion : 
Perfonne fuis dépourueue , 
Seule , & en affliction. 

le fens mon cœur empirer, 
Et augmenter fes dé trèfles : 
Las ! vue i lies moi retirer 
De ces miennes grad's opprefles. 
Tourne à mon tourment ta face [ 
Voi ma peine & mon fpuci . 
Et tous mes péchez efface, . . . . 
Qui font caufede ceci. G 

Voi mes ennemis qui font 
Non feulement groffe bande, 
Mais qui fur moi< certes ont 






P SE A V ME XXV. i<* 

Haine furieufe & grande. 

Preferue d e leur embûche- 
Ma vie, & déiiure-moi, 
Quà honte je- ne trébuche, 
Puisque j'ai efpoir entoi. 



Que ma fimple intégrité 
Comme à l'vn des tiens me férue 
Et de toute aduerfî té 
Ifraél tire & conferue. 
Pse av me XXVI. T. D.B. 

SEigneur garde mon droit , 
Car i'ai en cet endroit 
Cheminé droit ôc rondement. 

l'ai en Dieu efperance , 
Qui me donne afTeurance 
Que choirne pourrai nullement. 



io 4 PS E A V ME XXVI. 

Seigneur, eflaye- moi: 
le requiers que de toi 
Sondé ie fois ôc efprouué. 

Mes reins & mes penfées 
Dans le feu foien.t lancées, 
Pour voir quel ie ferai trouué, 

Pour autant que l'œil mien 
Toujours fiché ie tien 
Sur ta pitié Ôc grand bonté: 

Ma vie ie conforme 
Au plus prés de la forme 
Que nous en i oint ta vérité 

Vntas de menfongers 
Inconftans & légers 
Gardé^me fuis de fréquenter : 

Et tout homme qui vfe 

De 



P'SEAVME XXVI. 105 

De caùtelle 8c derufe 

N'ai voulu ni ne veux hanter, 

Le complot des peruers 
Et leur cœur de trauers 
Mon cœur a toujours detefté : • 

Méchantes compagnies 
l'ai tellement haïes , 
Que ne m'en fuis point accointé. 

P A V S E . 

Mes mains nettes tiendrai, 
A tout bien les duirài : 
Puis après quand je ferai tel, 

Seigneur à tes feruicés 

Et diuins facrifîce* 

l'entendrai prés de ton Autel : 

Afin que ton honneur 

o 



io6 PS E A V ME XXVI. ' 

Et ta gloire , Seigneur y ' 

A pleine voix j'aille chantant. 

Et toutes tes merueilles 
Grandes ôcnompareilles 
Par tout on rnoye racontant. • 

Le faint & facré lieu, 
Ou tu te tiens, mon Dieu, 
M'efi précieux jufques au. bout: 

Ce diuin tabernacle , • 
De ta gloire habitacle, 
Teftime & prife deflus tout. 

Or donc ne me compren. 
Et point ne me repren, 
Quand des méchans te vengeras: 

Soit mon ame innocente 
De ta fureur exempte, 



PSEAVME XXVI. 107 

Quand les meurtriers eu jugeras. 

Car les traiftres qu'ils font 
En leprs mains toujours ont 
Quelque fauffe aceufation : 

Bref ils ne fçauroient eftre 7; 
Qu'ils n ayent pleine dex-tre 
tycs prefens de corruption. 

Mais je veux alleivdroit , 
DVn cœur entier &: droit, 
En rondeur & toute équité. 

Fai moi mifericorde/ 
O mon Dieu , & m'acorde 
Que par toi ie fois racheté. 

Or me vois- ie remis, 
Et mes pieds affermis 
Au chemiruvni & entier: 



loi PSEÀVME xXVI. 

Dont. ta gloire immortelle 
En la troupe fidèle 
De chanter ie ferai métier.. 
PseavmeXXVII.T.D.B. 

LE Seigneur eft la clarté qui 
ïn'adrefTe j (ter ? 

Et mon falut, que dois ie redou-' 
Le Seigneur eft l'appui qui me 
redrefie , (uanterî 

Ou cft celui qui peut m'épou- 
Quand les malins m'ont drefle 
leurs combats (dents , 

Pour me penfer manger à belles 
Tous ces haineux , ces ennemis 
mordens (bas. 

l'ai veu broncher ôc trébucher en 



PS E A V ME xXV il 109 

Tout vn camp vienne & moi 

feul enuironne, (tremblera 
lainais pourtant mon cœur n'en 
Vienne afTaillir qui voudra ma 

perionne, 
Dfeflus cela mon cœur s'afleurera 
A l'Eternel j'ai requis vn feul 

point. (îours, 

Et veux encor lui requérir toû- 
Que fi long temps que* dureront 

mes jours 
De fa maifo je ne mél oigne point 
A celle fin que ie voye & cotéple 
De fon palais l'excellente beauté, 
Et que ie puiiîe, efiant dedans 

fon teipple, 






no P S E A V M E XXVII. 

Le vifiter d'vn & d'autre cofté. 

Car au dur temps quand ie ferai 

preiTé, 

Caché ferai en fa tente à îécart, 

En quelque coin & plus feefette 

part : (dreilé 

Puis derechef au plus haut : re- 

P A v s E . (crainte, 

Aller me fait deia fans nulle 

Hauflanc- la tefte entre tous mes 

haineux : 

Partit aufsi dedas fa maifo fainte 

Chanter, offrir, facrifier lui veux. 

Puis que ie viens, ô Seigneur te 

prier, 

Soit ma requefte entendue de toi: 



PSEAVME XXVII. in 

puis qu'au befoin tu m'etes.écrier 

le te fupplT auoir pitié dé moi. 

lai dedans moi apperceu mon 

courage, (tiflantainfi, 

Comme en ton- Nom m'aduer- 
Employé toi à chercher mon 

virage:' (cheauffi. 

Tu vois,Seigneur,qtieie Iecher- 

De moi helasîtafacene foit loin 

Ton ferf ne chafïe en fureur 5 ômo 

Dieu: (lieu, 

Tu m'as eftéfatiorable en mainc 
Dieu mon Sauueur, ne me làiffe 

au befoin. 
Quad i e n aurois pour moi père 

ni mère 



m ■ PSEAVME XXVII. 

Mon Dieu fera pour moi, quoi 
qu'il en foie (mon père, 
le fuis prefle : pourtant, 6 Dieu 
Enfei-gne moi ton chemin bon 
& droit. (nemis, 

Aguetté fuis par plufieurs en- 
Et faux témoins,qui'en leur bou- 
che n'ogt (me font: 
Sinon l'outrage & le tort qu'ils 
Las ! ne permets qu'à leur plaifir 
fois mis. (feurance 
Certainement m'euft efté l'af- 
Qu'ici bas même auant que voir 
la mort ( fance.' 
Des biens de Dieu i'aurai la iouif- 
Sous vn tel faix pieça ie fuffe 
mort. Or 



PSEAVME XXVII. »j 

Ordoncatten toujours patiem- 
ment (ques au bout. 
Le Seigneur Dieu : fouftien iuf- 
Dieu te viédra afleurer cotre tout: 
Or donc atten de Dieu l'auene- 

ment. 
Pseavme XXVIII. T. D.B. 

ODieu qui es ma fortereiTe , 
C'eft à toi que mon cri s'a- 
dreffe: 
Nevueilles au befoin te taire: 
Autrement ie ne fçai que faire, 
Sinon à ceux me comparer , 
Qu'on veut au fepulcre enterrer. 

Vueilles ouïr ce que ie crie, 
Quand à mains jointes ie te prie, 



H4 PSE A V M E- XXV HT. 

Venat en ton fain£fc lieu me rédre 
Mon Dieu, ne vueilles me com- 
prendre 
Parmi tant de méchans qui n'ont 
Aucun plaifir qu'au mal qu'ils fot 
En la bouche ils n'ont que con- 
corde, (corde 
Mais leur cœur à tout mal s'ac- 
Paye les fuiuant leurs mérites ? 
Et leurs intentions maudites : 
Selon le train qu'ils ont mené 
Salaire auffi leur {bit donné. 
D'autant qu'ils n'ont en leurs 
courages 
Confideré fes hauts ouurages , 
Ni taché d'auoir connoifTance 



PSEAVME XXVIII. 115 

Des hauts effets de fa puiflance : 
Au lieu de les vouloir hauffer. 
Dieu les feratc^is renuerfer. 

Loué foit Dieu, qui ma prière 
N'a point voulu mettre en arrière 
Di eu eft ma force ôc ma rondelle, 
Efpoir n'ai ni fecours que d'elle: 
Dont mon cœur fe réiouïra, 
Ma bouche fon los chantera. 
j A mes gens toute force il donc, 
Gardant de fon Roi la couronne. 
Sauue ton peuple, & en tout aage 
Fai du bien à ton héritage 
Vueilleslerepaiftre Seigneur ? 
Etfansfinle-croiftre en honneur, 



us PSEAV.M E XXIX. 

Pseavme XXIX. T. D. B. 

VOVS tous Princes & Sei- 
gneurs, p 
Remplis de gloire&d'honeurs: 
Rendez, rendez au Seigneur, 
Toute force & tout honneur. 

Faites lui recognoiffance, 
Qui réponde à fa puiiïance. 
En fa demeure tres-fainte 
Ployez les genoux en crainte. 

La voix du Seigneur tonnant, 
Va furies eaux refonnant. 
Parmi les nues des cieux 
S'entend le Dieu glorieux. 

La voix du Seigneur témoigne, 
De quelle force il befogne: 



P S E A V M E XXIX. n? 

La voix du Seigneur hautaine , 
De hauteffe eft toute pleine. 

La voix du Seigneur abat 
L'es grands cèdres tout à plat : 
Bnfe Jcs plus hauts montez, 
Au mont du Liban plantez : 

Les faifant fauter en forte, 
Eux &: Liban qui les porte, 
Qu'on voit fauter es bocages, 
Faons de licornes fauuages. 

La voix du Seigneur épart 
Flammes dVne & d'autre part, 
Et les grands deferts profonds 
Fait trembler jufques aux fonds. 

Oyant cette voix fi forte ? 
La biche craintiue auortc: 



il* PSEAVME XXIX. 

Mainte forefb toute verte : 
En eft foudain découuerte. 

Mais au Temple cependant* 
Chacun à Dieu va rendant, 
Au lieu # de trembler de peur, 
Gloire de bouche & de cœur- 
Dieu prefide comme luge. 
Defïus les eaux du déluge, 
Et fans aucun jour ni terme 
Dure fon Royaume ferme. 

Partant le Seigneur tout fort 
Des fiens fera le fupport : 
Puis en paix les nourrira , 
Des biens qu'il leur donnera. 

Pseavme XXX. T.D. B. 

SEigneur, puis que m'as retiré y 
Puis que n as jamais enduré 



PSE A V ME XXX. m» 

Que mes haineux eulTcnt dequoi^ 
Se rire ôc fe moquer de moi, 
La gloire qu'en as méritée 
Par mes vers te fera chantée. 

Quand j'ai prié ta Majefté, 
Seigneur mon Dieu,; ai eufanté: 
I'eftois aux enfers deualé ; * 
Seigneur, quand tu m'as rappelle: 
Ma vie prefques enterrée 
Tu as du tombeau retirée. 

Vous qui fa bonté connoiffez, 
Chantez fa gloire ôc accroiflez, 
Son renom plein de fainteté : 
Car jamais il ncft irrité, 
Qu'en moins d'vne petite efpace 
Toute fa fureur ne fe pafle. 



no PSEAVME XXX. 

Mais fon vouloir bénin & doux 
Demeure à vie deflus nous. 
Voila d'où fouuent il aduient 
Que dueil au foir chez nousfe 

tient , 
Puis fi ton: que le iour fe montre, 
Matière de ioye on rencontre. 
P a v s E. 
Lors que j'auois tout à fouhait 
I'allois difant, voila, c'efl fait, 
le fuis pour iamais affeuré : 
Ta bonté m'auoitremparé, 
Seigneur, ma forterefle haute, 
Si que de rien ie n'auois faute. 
Mais ton vifage eftant tourné 
Soudain mon cœur s'eft étonné, 

Alors 



P S E A V M E X X X. ïrr 

Alors au Seigneur i'ai crié, 
Alors i'ai le Seigneur prié, 
Difant, fi ie fuis mis en terre, 
Qu y peux-tu gagner ni acquerra 

Eftâtmis en poudre, Seigneur, 
Pourrai-ieauancerton honneur, 
Ou tes veritez annoncer ? 
Plaife toi ma voix exaucer, 
Seigneur, ta pitié me regarde, 
Seign. Dieu,fois ma fauue garde. 

Alors mon dueil tu conuertis 
En pure joye, &: me veftis 
Au lieu d vn fac, de plaifir vrai 
Dont fans fin ton las chanterai. 
Par tout publiant ta pui0ance, 
Seigneur Dieu de ma deliurace. 



iii P S E A V M E XXXI. 

Pseavme XXXL T. D. B. 

'Ai mis en toi mon efperance, 

Garde moi donc, Seigneur, 
D'éternel des-hônneur. 

Ottroye moi ma deîmrance, 
Par ta grand' bonté haute 
Qui jamais ne fit faute. 

Ten l'oreille à moi miferable , 
Et pour me fecourir 
Vien foudain accourir. 
Montre toi mon roc imprenable 
Et ma place tres-feure , 
Où ma vie s'afleure. 

Tu es ma tour & forterefTe , 
Pour l'honneur haut de toi , 
Condui & meine moi : 



PSEAVME XXXI. 1 15 

Et de ces filés qu on me drefïe 
Garde qu'on ne ni offenfe* 
Car tu es ma defifenfe. 

Mon ame en tes mains je viens 
rendre, 
Car tu m'as racheté r 
O Dieu de vérité. 

Au feul Seigneur je veux ni at- 
tendre: 
le hais la menterie, 
Et toute tromperie. 

P A V S E. I. 

Vn iour auec toute liefle 
Par moi fera chanté 
Lelos de ta bonté: 

Quad fur mo ame en fa detreile 



&* PSEAVME XXXI. 

Auras ietté la veuë, 

Et l'auras apperceue. ! 

N'ayant permis que ie tobafTe 
En la cruelle main j 

De ce faux inhumain : 

Ainçoismefaifant faire place, 
Quand l'ai veu par furprife 
Ma ïambe quafi prife, 

Eai que ta pitié me conforte, 
O mon Dieu, car ie fuis 
Tout accablé d'ennui's : 

l'en ai la veué toute morte, 
Mon ventre s'en retire, 
Mon ame en effc martyre. 

D'ouleurs ont miné ma perfone 
En m'es foûpirs cuifans 






PSEAVME XXXI. iis 

Fai paflé tous mes ans. (donne 
Des trauaux quà tort on me 
Mes forces me delaifTent, 
Mes pauures os s'abaifsent. 

P A V S E . IL 

Entre tous ceux-là qui me hayet 

Mes voifms i'apperçoi 

Auoir honte de moi : 

. Il femble que mes amis ayent 

Horreur de ma rencontre , 

Quand dehors je me montre- 
le fuis hors de leur fouuenance 

Ainfi quVn trépafle 

le fuis vn pot cafle, 
le m'entens blafmer à outrance: 

Ma pçrfonne eft de crainte 






n6 PSEAVME XX XL 

De toutes parts étreinte: 

Car tout leur confeil délibère 
Et fait tout Ton effort ] 

De me mettre à la mort. 

Mais, Seigneur Dieu,, en toi j ef- 
père < 

Mon cœur dît en foi-mefme* 
Tu es mon Dieu fuprérne. 
Ta main tient le cours de ma vie 
Fai que des ennemis 
En la main ne fois-mis. 

Garenti moi contre Tenuie ■ 
De la bandetraiftrefle,. 
Qui me pourfuit fans cefle. 

DefTus ton feruant fai reluire j 
Ta face, ôc ta bonté 



PSEAVME XXXI. J17 

*Me mette à fauueté. 

O Dieu ne vueilles méconduire 
Afin qu'on ne s'en mocque , 
Car c'eft toi que j'inuoque. 

P A V S E. ÎÏL 

Honte ces méchans endomage: 
Au tombeau foyent enclos, 
Et leur faux gofier clos: 

Car aujufteils ont dit outrage 
Voire auec moquerie, 
Et grand' gaudiflerie. (ueilles . 

O combien efl grand à mer- 
Le bien qu'as préparé 
A qui ta reueré ». 
Combien de grâces nopareilles 
Publiquement tu donnes 



*8 PSEAVME XXXL 

Aux fidèles perfonneM 

Deuant toi en ton habitacle 
Maintenir tu les veux 
Contre tous orgueilleux : 

Tu les tiens en ton tabernacle* 
Arrière de tous blafmes 
De ces langues infâmes. 
Louage au Seigneur foit donee*. 
Lequel m'eft entre tous 
Si bénin ôefi doux: 

Et m'a telle garde ordonnée* 
Qiril n'eft place en la terre 
Plus feure en temps de guerre 

Durant ma peur précipitée* 
lai dit, Tu m'as laifle, 
Et loin de toi chaiTé : 

Mais 



PSEAVME XXXI. 119 

Mais tu as ma voix écoutée, 
Lors qu'en detreffe grande 
le t'ai fait ma demande, 

Aimez Dieu vous fes débon- 
naires, 
Dieu qui garde les bons , 
Rend le double aux félons. 

Soutenez contre vos contraires 
Car lui feul fortifie , 
Quiconque en lui fe fie. 

P S E A V M E XXXII. C. M. 

O Bien-heureux celui dont les 
commifes (mifes 

Tranfgrefsions font par grâce re- 
O bien-heureux celui dont les 
péchés 

R 



Ï33 PSEAVME XXXIII. 

Deuant Ton Dieu font couuerts 

6c cachés ! (je repute 

O combien plein de bon-heur 

L'homme à qui Dieu fon péché 

point n'impute, (point 

Et en l'efprit duquel n'habite 
D'hypocrifie 6c de fraude, vn feul 

point. (à me taire 

Durant mon mal, foit que vinfe 

Las de crier, foit que me priflcà 

braire 
Et à gémir tout le jour fans ceiTer 
Mes os n'ont fait que fondre 6c 

s'abaiffer: 
Car jour 6c nuit ta main dure ai 

fentie 



P S E A V M E X X X 1 1. r 5 i 

s Par mon péché fur moi appesatie: 
Si que l'humeur de moi ainfi 

traitté 
Sébloitdu tout fecherefle d'efté. 
Mais mon péché ie t'ai déclaré, 
Sire, (dire 

Caché ne l'ai : &; n'ai fçeu fi toft 
Il faut à Dieu confefler mo méfait 
Que ta bonté vrai pardon ne 
m'ait fait. ( ôc bonne 

Pour cette caufe à heure propre 
Te requerra toute fainte perfonne 
Et quand de maux vn déluge 
courroit , (roit. 

D'icelle alors approcherne pour- 
Payse. 



r z 



tji PSEAVME XXXII. 

Oeil toi qui es mon fort fie ma 

retraite, ( me traite 

C'en: toi qui fais qu'ennui mal ne 
C'en: toi par qui à tous coups 

m'en: liuré (deliuré. 

Dequoi chanter, par me voir 

Vien ça,chacun,jete veux faire 

entendre (tendre 

Et te montrer! a voye où tu dois 
En ayant l'œil droit deffus toi 

planté, 
Pour t'adrefTer corne experimeté. 
Ne fois femblable à cheual ni 

à mule. 
Qui n'ont en eux intell igëce nulle: 
Pour les garder de mordre tu 

refreins 



PSEAVME XXXII. 135 

Leurs dens ôc gueule auecques 

mords &: freins (mefmes , 

L'homme endurci fera doté de 

Par maux fans nombre ôc par 

douleurs extrêmes : 

Mais qui en Dieu fo efpoir aiTerra 

Enuironné de merci fe verra. 

Or ayez donc de plaifir jouïf- 

fance , (Tance , 

Et tous en Dieu prenez rejouïf- 

Iuftes chantez de joye en tout 

endroit (droit. 

Chacun de vous qui auez le cœur 

P S E A V M E XXXIII. C. M. 

REueillez vous peuple fidelle, 
Chantez à Dieu en tous en- 
droits 



134 PSEAVME XXXIII. 

Louange eft tres-feante & belle 

o 

En la bouche des hommes droits 

Sur la douce harpe 
Pendue en écharpe 
Le Seigneur louez : 
De luts, dépinetes, 
Saintes chanfonnetes 
A fon Nom jouez. 

Chantez de lui par mélodie 
Nouueau vers, nouuelle chanfon: 
Et que bien on la pfalmodie 
A haute voix ôc plaifant fon: 

Car ce que Dieu mande, 
Qu'il dit & commande 
Eft iufte Ôc parfait : 
Tout ce qu'il propofe, 



PS E A V M E XXXIII. 135 

Qu'il fait & difpofe , 
A fiance efl fait, 
, Il aime d'amour fouueraine 
Que droit regne,& iuftice ait lieu 
Quand tout eft dit la terre effc 

pleine 
De la grande bonté de Dieu 

Dieu par fa parole 
Forma chacun pôle 
Et ciel précieux : 
Du vent de fa bouche 
Il fît ce qui couche 
Et orne les cieux 

P A V S E . I. 

Il a lesgrand's eaux amaflées 
En la mer comme en vn vaifleau 



136 PSEAVME XXXIII. 

Aux abyfmes lesamuffées, 
Corne vn trefor en vn monceau , 

Que la terre toute 
Ce grand Dieu redoute 
Qui fît tout de rien : 
Qu'il n'y ait perfonne 
Qui ne s'en étonne. 
Au val terrien. 

Car toute chofe qu'il a dite 
A efté faite promptement: 
L'obeïfTance aufsi fubite 
A efté que le mandement, 

Toute l'entreprife 

Des peuples il brife 

Et met à l'enuers : 

Vaines & caflees 

II 



P S E A V M E XXX11L t 57 

Il rend les penfées 
Des peuples diuers. 

Mais la diuine prouidence 
Son confeil fçait perpétuer: 
Ce que fon cœur vne fois penfe, 
Dure à iamais fans fe muer. 

O gent bien heurée, 
Qui toute afTeurée 
Pour fon Dieu le tient» 
Heureux le lignage 
Que Dieu en partage 
Choifit & retient ! 1 

P A V S E. II. 

• Le Seigneur Etemel regarde 
Ici bas du plus haut des cieux : 
DefTus les humains il prêd garde 



i 3 8 PS E A V M E XX XII F. 

Et les voit tous deuantfes yeux 

De fon trône fiable, 
Paifible, équitable : 
Ses clairs yeux aufsi 
lufqu'au fonds vifitent sD I 

Tous ceux qui habitent Q ] 

En ce monde ici. 

Car lui feul fans autre puiflfance 
Fit les coeurs de tous tat qu'ils fot : 1 
C'eft lui feul qui a connoiflance 
Qu'elles font les œuures qu'ils fot: 

Nombre de gendarmes 
En affauts n'allarmes 
Ne fauue le Roi : 
Bras ni halebarde 
L'homme fort ne garde 



PSEAVME XXXIII. 139 

De mortel arroi. 

Celui. fe trompe iqui penfe eftre 
Sauué par cheual bon & fort : 
Ce n'eft point par fa force adextre 
Que l'home efchape vn dur effort 

Mais l'œil de Dieu veille 
Sur ceux à merueille : 
Qui de volonté* 
Craintifs le reuerent, 
Qui aufsi efperen 
En fa grand' bonté. 

Pavse. III. 

Afin que leur vie il déliure 
Quand la mort les menacera : 
Et qu'il leur donne dequoi viure 

Au temps que famine fera. 

s * 



ï 4 o P S E A V M E XXXIII. 

Que donques noftre ame 
L'Eternel réclame , 
S'attendant à lui : 
Il eft noftre adrefle,' 
Noftre forterelTe , . ' 
Pauois & appui. 

Et par lui grand' rejouiiTance 
Dedans nos cœurs toujours auros* 
Pendant qu'en la haute puillancê 
De fon faint Nom nous efperons. 

Que ta bonté :grande 
DeiTus nous s'épande , 
Noftre Dieu & Roi : 
Tout ainfi qu'entente, 
Efpoir ôc attente 
Nous auons en toi-. 



P.SEAVME XXXIV. 141 

EAVME XXXIV. T.D.B. 

Amais ne céderai 

De magnifier le Seigneur, 
En ma bouche aurai fon honneur 
Tant que viuant ferai. 

Mon cœur plaifir n'aura 
Qu'à voir fon Dieu glorifié , 
Dont maint bon cœur humilié 
L'oy an ts'é jouira. 

Sus donc, chantons de Dieu 
Nous tous le renom précieux: 
Loûos fon No à qui mieux mieux 
Tous en ce mefme lieu. 

Mon Dieu m'a entendu 
Quaddebon cœur je l'ai cherché 
Des peurs qui m'ont le plus fafché 



t4* PSEÂVME XXXIV. 

D'eliuré m'a rendu: 

Qui le regardera 
S'en trouuera tout éclairé , 
lamais fon front deshonoré 
Rougir on ne verra. 

Le pauure à fon befoin 
A crié, ôc Dieu l'exauçant 
La fauué par fon bras puiiïant 
lettant fes maux au loin. 

P A V S E. I. | 

Les Anges ont planté 
Leur camp tout à l'étour de ceux 
Qm craignent Dieu veillans pour 

eux . • " : k 

Et pour leur feureté. 
Gouttez donc d'icelui , 



P S E A V M E XXXIV. 143 

Et connoiffez fa grand' douceur 
O combien eft heureux ôc-feur 
Qui s' appuyé fur, lui ! 

Craignez le Dieu Très-haut, 
Vous dot lecœureftpur&faint: 
Car à tout homme qui le criant 
Iamais rien ne défaut. 

Le lion affamé 
Bien fouuent ne trouuera rien : 
Mais ceux là font remplis de bien 
Qui ont Dieu reclamé, 

Sus, enfans bien-heureux. 
Venez m'écouter en ce lieu: 
Car le moyen de craindre Dieu 
Apprendre je vous veux. 

Qui eft-ce d'entre vous 



i 4 4 * P'SEAVME XXXIV. 

Qui veut loirg-temps eftre difpos? 
Qui veut longuement en repos 
Pafler le temps tout doux ? 

Garde que blafme aucun 
De ta langue on noyé fortir : 
Garde tes leuresde mentir, 
Ni deceuoir quelqu vn. 

Fui le mal, fai le bien: 
Cherche la paix 83 la pourfui i 
Car Dieu voit &: entend celui 
Qui tafche à faire bien. 
PavSE. IL 

Dieu tient (on œil fiché 
Sur les médians & fur leurs faits* 
Afin que du monde à jamais 
Leur nom foit arraché/ 

Les 



P'SEAVME' XXXIV. 145 

Les juftes en leurs maux 
Crient au Seigneur qui les oit, 
Et toft en feurté les reçoit, 
Guéris de leurs trauaux. 

Prés des coeurs defolez. 
Le Seigneur volontiers fe tient : 
A ceux volontiers il fubuient 
Qui font les plus foulez. 
•* Qui conques ira droit 
Sujet à, mille maux fera: 
Mais le Seigneur l'en tirera; 
Quelque mal que ce foit. 

De Dieu font garantis 
Tous fes os, voire tellement, 
Qu'on n en peut cafïer feulement 
Vn feul des plus petits 






^v 



146 P. S E A V M E XXXIV, 

Mais toujours le méchant 
Eft ruiné par fon forfait : 
Et quiconque aux juftes méfait 
Va toujours trébuchant. 

L'Eternel fauuera 
Tout bon cœur quivaleferuant 
Quiconque efpere au Dieu viuant 
Iamais ne périra. 

Pseavme XXXV. T. D.B. 

DEba contre mes debateurs, 
Comba, Seigneur mes com- 
Dateurs , 
Empoigne moi bouclier & lance, 
Et pour me fecourir t auance. 

Charge les, ôc marche au deuât 
Garde les d'aller plus auant : 



PS E A V M E XXXV. 147 

Di à mon ame, Ame, je fuis 
Celui qui garantir te puis. 

De honte (oient tous éperdus, 
Soient renuerfez & confondus 
Tous ceux qui pourchaflet ma vie 
Et de m'outrager ont enuie 

Soient comme la poudre qui eft 
Du vent jettée où il lui plaid: 
L'Ange du Seigneur Tout-puiflat 
Par tout les aille pourchafTant 

Tous chemins foient glilTans 

pour eux : 

Par chemins noirs 6c ténébreux 

L'Ange de Dieu de place en place 

Toujours les pourfuiue &c les 

chafle 



I 



i 4 * FSE A V ME XXXV. 

D'autat qu à tort ils m'ot drefle 
Leur piège dedans vn fo(Té : 
Leur piege^dis-ie, ils ont a tore 
Apprefté pour me mettre à mort 

Soit le méchant à dépourueu • 
Surpris du mal qu'il n'ait preueu: 
Au piège qu'il m'a voulu tendre • 
Sonpiedmefmefeviéne.predre 
' Tôbelui-mefme, &foitfroi(Té 
Au plus profond de fon fofTév 
Mon ame alors s'éiouïra 
En Dieu, qui gardée l'aura. 

P A V S E. L 

Lors diront- tous le os de moi 
Seigneur qui effc pareil à toi, 
Gardant du foible l'impuilTancé 



P S E A V M E XXXV. 149 

Contre le foi* & fa puiilance ? 

Gardant que le pauure affligé 
Des méchans ne foit outragé 
Faux témoins ont fur moi failli , 
De faux propos' m'ont aflailli. 

Le mal pour le bien m'ont redu 
D'auoir ma vie ont prétendu : 
Toutefois en leur temps contraire 
l'ai jeuiné, jai porté la haire. 

Pour eux 'en mon fein j'ai verfé 
Mainte prière à chef baillé: 
Bref> en tel poin^ljemefuis mis, 
Que pour mes* frères &; amis. 

l'allois courbé comme feroit 
Vn qui fa mère pleureroit : 
Mais eux conoiiTans rao martyre 



Mo P S E A V M E XXXV. 

Se font aflemblez.pour en rire. 

Les plus marauxàmon defceu 
M'ont machiné ce qu'ils ont peu 
À pleine gorge ils m'ont blafmé 
Et. tant qu'ils ont peu diffamé. 

Contre moi ont grincé les dents 
Vn tas de flatereaux mordents , 
Auec ces plaifans vénérables . 
Qui vont fuiuans les bones tables. 
Seigneur,que veux tu plus tarder? 
Plaife toi mon ame garder . 
Qui eft feulette^s maux qu elle a, 
Et des lions deliure-la. 

Pavse. IL 

Sus j ;e te bénirai, mon Dieu, 
De tout-ce grad peuple au milieu. 



P.SEAVME XXXV. 151 

Et parmi la croupe amafîée 
Sera ta grandeur annoncée. 

Fai que de rire n ait dequoi 
Quiconque à tort en veut à moi, 
Et ne*permets ces enuieux 
A tort me guigner deleursyeux 

Car de noife ils parlent toujours 
Et rien ne penfenttous les iours 
Qu'à deceuoir s'il eft pofsible , 
Le pauure afiligé tout paifible. * 

Pour mieux fe moquer ces per- 

uers 

Ont fur moi leurs gofiers ouuerts 

Chacun d'eux a crié fur moi , 

Ha, ha, le méchant ie le voi. 

Seigneur tu les as veus auffi , 



i 5 2. PSEAVME XXXV. 

Ne laifTe point pafTer ceci: 
Seigneur, de loin ne m'abadone 
Mais pour iuger ma caufe bone. 

Mo Dieu,mo Seigneur leue toi 
Mo Dieu mo Seigneur,iuge moi 
Par ta iufte bonté, afin 
Qu'ils n'en foient ioyeuxà la fin. 

Et qu'ils n'aillet difans entr'eux 
Sus, fus, ceft fait, foyons ioy eux 
Il eft détruit, Tels perfonnages 
Prenas plaifir à mes dommages. 

. Soiêt tous confus & diffamez, 

Ceux qui fur moi font animez 

Ayent pour tout leur paiement 

Honte & vergogne feulement. 

Mais tout plaifir puifleauenir 

A qui 






PSEA'VME XXXV. 

À qui veut mon droit fouftoih. 
Chante toujours d'éiouïfTance 
Bénite foit la grand' puiflance 

De toi,ô Seigneur Dieu, qui fais 
Viure ton feruiteur en paix : 
Tes bontez ma langue dira, 
Et chacun iour te chantera. 

Pseavme XXXVI. CM. 

DV malin le méchant vouloir 
Parle en mon cœur & me 
fait voir 
Quil n'a de Dieu la crainte : 
Car tant fe pi ait en fon erreur^ 
Que Tauoir en haine Se horreur 
Cefl bien force & contrainte. 

Son parler c£t nuifant & fin, 

v 



i 54 PSEAVME XXXVI. 

Do&rine il va fuyant, afin 
De iamais bien ne faire : 
Songe en fon li6t méchanceté, 
Au chemin tors eft arrefté, 
A nul mal neft contraire. 

O Seigneur, ta bénignité 
Touche aux cieux, & ta vérité 
Drefle aux nues la tefte, 
Tes mgemes séblent hauts monts, 
Vn abyfme tes a6tes bons , 
Tu gardes homme & befte. 

O que tes grâces nobles font 
Aux hommes qui confiance ont 
En l'ombre de tes ailes, i 
De tes biens foules leurs defirs } 
Et au fleuue de tes plaifirs 



PSEAVME XXXVI. 155 

Pour boire les appelles. 

Car fource de vie en toigift, 
Et ta clarté nous élargit, 
Ce qu auons de lumière. 
Continue, ô Dieu Tqut-puifTant 
A tout cœur droit te connoiflant 
Ta bonté couflumiere. 

Que le pied de l'home hautain 
De moi n'approche,&quefa main 
Ne m'ébranle ni greue : 
Ç'eft fait, les iniques cherront, 
Et repouflez trébucheront, 
Sans quVn d'eux fe releue. 
Pse AVME XXXVIIC.M. 
E fois fafché fi durant cette 
vie 

V i 




15 « PS E A V M E XXXVII. 

Souuent tu vois profperer les mé- 
dians , (enuie : 
Et des malins aux biens ne porte 
Car en ruine à la fin trébuchans, 
Serot fauchez comme foin en peu 
d'heure , champs. 
Et fecheront comme l'herbe des 
En Dieu te fie, à bien faire 
labeure, 
La terre auras pour habitation , 
Et iouïras de réte vraye & feure. 
En Dieu. fera ta délectation , 
Et des fouhaits que ton cœur 

voudra faire 
Te donnera pleine fruïtion. 
Remets en Dieu & toi & ton 
affaire , 



P S E A VM E XXXVII, 157 

En lui te fie, &c il accomplira 
Ce que tu veux accomplir & par- 
faire, (produira , 

Ta preud-hommie en veué il 

Comme le jour,fi que ta vie bone 

Comme vn midi par tout ref- 

plendira. (te donne 

Laifle Dieu faire, atten-le, & ne 
Souci aucun, regret, ni déplaifir 
Du profperat qui à fraude s'adone 
Si dueil en as,vueillet'en deffaifir, 
Et de te joindre à eux n'ayes cou- 
rage , 
Pour faire mal fie fuiure leur defir. 

Car il cherra fur les malins 

* orage; 



i 5 8 P S E A V M E XXXVII. 

Mais ceux qui Dieu attendront 

conftamment, 
PofTederont la terre en héritage. 
Le faux faudra fi toft & tellemet 
Que quand fa pi ace iras chercher 

& querre, 
N'y trouueras la trace feulement 
Pavse. I. . 
Mais les bénins heriterot la terre 
Et y auront fans molefle d'autrui . 
Tout le plaifir que l'homme fçau- 
roit- querre. (ennui 

Il eu; certain que tout mal ôc 
L'homme peruers au bien-viuant 
machine, (lui. 

Et par fureur grince les dents fur 



PSEAVME XXXVII. 159 

Mais cepedât la îvf ajefté diuine 
Rie du méchant : car de Tes yeux 

ouuerts 

Voit bië venir le jour de fa ruïne. 

Tirer leur glaiue on verra les 

peruers, (pauure battre, 

Et bander rare pour l'humble & 

Et pour les bons ruer morts à 

. 'entiers. (combattre, 

Mais leur couteau fera pour les 

Et percera leur cceur 3 tant il (bit 

caut, (pre&abatre. 

Mefme ils verroc leur arc rom- 

Certès le peu de l'homme jufte 

vaut ( abondance 

Mille fois mieux que la riche 






i6o PSEAVML y XX VII. 

Du malviuant,tât foit éleué haut 
Car du méchant le bras & la 
pui fiance ( fupernel 

Seront rompus : mais le Dieu 
Sera des bons toujours la fouf- 
tenance, (terne! 

Il voit & fçait par vn foin pa- 
Les ioursdeceux qui ont vie in- 
nocente ,, 
Et d'iceux eft l'héritage eterneL 
Point ne feront fruftrez de leur 
attente (foulez 

Au mauuais temps, & fi feront 
Aux plus longs iours de famine 

dolente. 
Mais les malins perirot defolez, 

Et 



PS E A V M E XXXVII. tCi 

Et n'aimant Dieu s'en iront en 
fumée ' (écoulez. 

Ou deuiendrorit comme graifle 
P A v s E . IL (famée, 
Leur main fera d'emprunter a£ 
Sans pouuoir rendre: et les juftes 
auront (mée. 

Dequoi montrer charité enfkm- 
Car les bénins de Dieu pofle- 
deront 
Finalement terre pleine de graiffe 
Et les maudits en pauureté cher- 
ront, (adrefle, 
Dieu tous les pas du vertueux 
Et au chemin qu'il veut fuiure & 

tenir 

x 



i6i P S E A V M E XXXVII. 

Donne faueur, &: lVnit & le drefle 
Si de tomber ne fe peut cotenir 
D'eftre froifTé ne lui faut auoir 
crainte (foûtenir 

Car Dieu viendra la main lui 
l'ai efté jeune, oc vieillefle ai 
atteinte , (donner , 

Et n'ai point veu le jufte aban- 
Ni fes enfans mendier par con- 
trainte : ( donner , 
Mais chacun jour ne faire que 
Prefter, nourrir : & fi voit-on fa 
race (foifonner. 
Accroiftre en heur, & en bien 
Fai donc le mal fui le bien à la 
trace , 



P S E A V M E XXXVII. iûj 

Et de durer à perpétuité 
Le Seign.Dieu te dônera 1 agrace. 
Car il ne perd(tat il aime équité) 
Nul de fes bons> ils ont garde 

éternelle: 
Mais il détruit les fils d'iniquité. 

.Pavse. III. 

Les bien vmans en jovefolénelle 

Poflederont la terre qui produit, 

Et à jamais habiteront en elle. 

Du bien viuant la bouche rien 

nmftruit: 

Que fapience & fa lague n'expofe 

Rien qui ne foittres-jufbe& plein 

de fruit. (^ repofe > 

Car en fon cœur la Loi de Dieu 

Xi 



/i£ 4 PSEAVME XXXVII. 

Partant fon pied ne fera point 
gliiTant, (propofe. 

Quelque chemin que tenir il 
Il efl bien vrai que l'inique 
• puiffant (mettre 

Le iufte épie, & pour à mort le 
Le vacher chat comme vn loup 
rauiffant. (dra permettre 
Mais en fa main Dieu ne vou- 
Qu'il foitfubmis, ni le voir con- 
damner, (mettre. 
Quad à iuftice il fe viendra fub- 
Dieu donc atten,vueille en lui 
cheminer, ( conde 
Haut te mettra fur la terre fe- 
Et les malins verras exterminer. 



PSEAVME XXXVII. i6 5 

l'ai veu l'inique enflé ôc craint 
au monde , ( verdifïoit 

Qui s'eftendant grand ôc haut 
Comme vn laurier qui en ra- 
meaux abonde : 
Puis rapaflat par où il fleuniïoit 
Ny eftoitplus, & le cherchai à 
force ( qui foit. 

Mais ne le feus trouuer en lieu 
Garde nuire, à voir le droit 
t'efforce, ( loyer 

Car Thomme tel enfin pour fon 
Aurareposjoin d'énui & diuorce. 
Détruits feront les * promps à 
fouruoyer , (fa 



aire 



Et des médians tout le dernier 



\66 PS E A V M E XXXVII.' 

Sera que Dieu les viendra fou- 
droyer. * (taire 

Que dirai plus ? Dieu eft le falu- 
Des bien-viuasx eft celui qui fera 
Toujours leur force au temps dur 
& contraire. 
Les fecourant , il les deliurera:- 
Les deliurant, garde il en voudra 
faire > ( efpoir a. 

Pource qu'en lui chacun deux 

Pseavme XXXVIII. CM. 

LAs i en ta fureur aiguë 
Ne m'argue 
De mon fait Dieu tout-puiflant: 
Ton ardeur vn peu retire > 
N'en ton ire, 



P S E A V M E XXXVIII. 167 

Ne me puni languiffant. 
Car tes flèches décochées 
Sont fichées 
Bien fort en moi fans mentira 
Et as voulu, dont j'endure, 

Ta main dure 
Deflus moi appefantir, 
le n'ai fur moi chair ni veine 
Qui foit faine , 
Par Tire en quoi je t'ai mis: 
Mes os n'ont de repos ferme 

Iour ni terme , 

Par les maux que j'ai commis. 

Car les peines de mes fautes 

Sont fi hautes, 

Qu'elles furmontent mon chef: 



168 PSEAVME XXXVIII. 

C'efl; vn faix infupportable 

Qui m'accable, 
Tant croift fur moi ce méchef> 
Mes cicatrices puantes 
Sont fluantes , 
De fang de corruption. • 
Lasijpar ma grande folie 

M'eft fortie 
Toute cette infection. 

P A V S E . L 

Tant me fait mon mal la guerre 

Que vers terre 
Suis courbé totalement : 
Auec trifte & noire mine 

le chemine 
Tout en pleurs iournellement. 

Car 



P-SEAVME XXXVIII. 165, 

Car mes cuiflfes ôc mes haines 
Sont fi pleines 
Du mal dont fuis tourmenté : 
Qu'il n'y a en ma chajr toute 

Vne goutte 
D'apparence de fanté. 

Moi qui foulois^eftre habile, 
Suis débile, 
Caiîé de corps, pieds &: mains : 
Si que.de la douleur forte 
Qu'au cœur porte 
le îette cris inhumains, 
Or tout ce que je defire, 
Très-cher Sire, 
Tu les vois clair ôc ouuert : 
Le foûpir de ma pehfée 



170 PSEAVME XXXVIII. 

Tranfpercée • 

Ne t'effc caché ni couuert. 
Le cœur me bat à outrance , 
Mapuiiïance 
M'a delaifTé tout perclus : 
Et de mes yeux la lumière 

. . Coujlumiere , 
Voire mes yeux je n'ai plus. 
Les plus grands amis que j'aye 
• Demaplaye . . 
Sont vis à vis fans grand foin : 
Et hormis toutes reproches , 

Mes plus proches 
La regardent de bien loin. 

P A V S E. IL 

Ceux qui à ma mort s'attendent 



PSEAVME XtfXVIII. 171 

Leurs laqs tendent : 
D'autres voulans me greuer , 
Sur m«i mille maux auancent , 

Et ne penfen t 
Que fraudes pour m'achsuer. 
Et moi comme 'noyant goutte 
Les écoute y 
Leur cœur ont beau découurir : 
le fuis là comme vne fouche ? 

Sans ma bouche 
Non plus qu vn'muet ouurir. 
le fuis deuenu en fomme , . 
Comme vn homme .- 
Du tout fourd, & qui n'oit point : 
Et qui n f a ) quand on le pique , 
De réplique 



i 7 i PSEA'VME XXXVIII. 

Dedans fa bouche vn feul poin£t. 
Mais auecques efperance 
L'afleurance * 
De ton bon fecours i'attens : 
Et ainfi, mon Dieu, mon père , 

. ( le l'efpere, ) 
Tu me répondras à temps. 
le le dis, Ôc ie t'en prie , 
Qu'on ne rie , 
De mon malheureux émoi : 
Car des qu vn peu mo pied gliffe, 

Leur mal-ice 
S'éiouit du mal de moi. 
Pavse. III. 
Vien donc, car ie fuis en voye 
Qu'on me voye 



PS E A V M E XXXVIII. 175 

C locher trop honteufement : 
Pource que la grand' détrefle 

Qui m opprefle 
Me pojurfuit inceflamment. . 
Las î à parc rrçoi auec honte 
le raconte 
Mon trop inique forfait : 
le réue, je me tourmente, 

Ielamente 
Pour le peehé que l'ai fait. 
Cependant mes aduerfaires 
Et contraires, 
Sont vifs & fortifiez : 
Ceux qui m'ont fans caufe aucune 

En rancune , 
Sont creusôc multipliez. 



i 7 4 PSEA'VME XXXVHI. 

Eux tous cotre moi fe bandent. 
Et me rendent •■ 
Pour le bien l'iniquité, 
Et de leur haine la fource, 

Ce fut pource 
Que ie fuiuois équité* 
Seigneur Dieu ne nvabandonne 
Moi perforine 
Déchaffée d' va chacun: 
Loin de moi la grâce tienne > 

Ne fe tienne > 
D'ailleurs n'ai efpoir aucun. 
Viei* & approche toi donques, 
Vien fi onques 
De tes enfans te chalut. 
De me fecourir te hafle , 



P S E A V M E . XXXV.III. 175 

Iè me gafte , 
Seigneur Dieu de mon falut. 
Pseavme XXXIX. T.D.B. 

Î 'Ai dit en moi de prés fauiferai 
À tout cela que ie ferai > 
Pour ne parler vn feul mot de 
... trauers, 

En voyant debout le peruers : 
Voire deufle-ie, afin de ne parler 
Ma propre bouche emmufeler. 
Comme vn itiuet du tout ie 
n'ai dit rien * 
Mefme iufqu'à taire. le bien : 
Mais.i'ai fenti augmenter ma 

doul.eur • 

Et mon cœur doubler fa chaleur 



i 7 6 P S. E A V M E X X X 1 X. 

Si que pesât i'eftois come bruflê 
Parquoi de ma langue ai parlé. 
O Eternel déclare moi ma fin 
Et le temps de ma vie, afin 
Que de mes ans i'entende'tout 

le cours. 
Voila, tu m'as taillé mes jours 
Au demi pied : mon temps de 

bout en bout, 
Auprixdutienn'eftriendutout. 
Certes tout homme efl pure 

vanité, . (arrefté: 

Quand mefme il femble'eftre 
Certes il eft com e vn soge pafsat, 
Et pour neanPva traça/Tant 
Pour amafler force biens, fans 

fçauoir 



PSEAVME XXXIX. 177 

L'héritier qui les doit auoir. 

P A V S E. 

Qu^atten je donc , ô Seigneur, 
& en quoi 
Gift mon efpoir? certes en toi. 
Deliure moi des maux que j'ai 

commis, 
Et ne' permets que je'fois mis 
Comeàferuirderis &: pafle téps 
A ceux qui ont perdu le fens. 
Fai fait ainfi qu vn muet propre- 
ment, 
l'ai clos la bouche entièrement: 
Car c'eft de toi que me vient tout 
ceci. 

Retiré donc de moi tranfi 

z 



17* [PSEAVME XXXIX. 

Ta playe, helas l je fens fondre 

mon cœur , 
Sentant de ta main la rigueur. 
Quand les pécheurs il te plaift 

de punir, 
On les voit à rien deuenir. 
On voit périr la beauté du peruers 
Comme Vn habit rongé de vers. 
Certes tout homme, à dire vérité 
N'eft autre cas que vanité, (meurs 
♦Oi ma prière, enten à mes cla- 
Seigneur ne mépnfe mes pleurs : 
Car pèlerin étranger tu me vois l 
Comme mes pères autrefois. 
Recule toi, fouffre moi renforcer, 
Deuant que j'aille trépafTer. * 



PSEAVME XL. ï79 

Pseavme XL. T. D. B. 

A Prés auoir coftamét attendu 
De l'Eternel la volonté , • 
Il s'eft tourné de mon cofté , 
Et a mon cri au befoin entendu. 

Hors de fange &c d'ordure, 
Et profondeur obfcure r 
D'vn gouffre m'a tiré : 
A mes pieds affermis , 
Et au chemin remis 
Sur vn roc affairé. 
Dedans ma bouche vn nouueau 
chant d'honneur 
Il a mis pour fon los & pris : 
Plufieurs l'oyans feront appris 
En toute crainte à* s'attendre au 
Seigneur. 



i8o P S E A V M E X/L. 

O l'homme heureux au monde 
Qui deffus Dieu fe fonde, • ■ 
Et en fait fon rempart ! 
Laiffant tous ces hautains, 
Hommes menteurs & vains, 
S'égarer à l'écart. 

Seigneur mon Dieu , merueil- 
leux font tes faits : 
Tu penfes de nous tellement, 
Que nul ne fçauroit feulement 
Mettre de rang les biens que tu 
lui fais. 

Si je les mets en conte. 
Le nombre me furmonte. 
Beftes pour t'adreiTer 
Et gafteaux t'ont dépieu , 



PSEAVME XL. iti 

Mais Seigneur il ta pieu 
L'oreille me percer. 

Tu n'as requis oblationdemoi 
Pour le péché : Lors je t'ai dit, 
Me voici preft :• il cfb écrit 
De moi ton ferf au rolle de la Loi: 

Que ta volonté fainte: 
I'accomplifTe (ans feinte: 
le le veux, ô mon Dieu : 
Ce qu'as déterminé 
le porte enraciné 
De mon cœur au milieu. 
Pavse. 

l'ai publié tajuftice&prefchc, 
Voire fans feindre aucunement : 
Seigneur, tu le fçais ? & comment 



181 PSEAVME XL. 

Rien je n'en ai tenu clos ni caché 

Ta loyauté confiante, 
Et' ton aide puiflante % 
le déclare à chacun : 
l'annonce ta. bonté 
Et grand' fidélité 
Au milieu dq commun. 

Or tes bôtez tu ne m'épargneras 
De ta grande compafsion , 
En venté fans fi&ioh, (gneras. 
Sans fin Seigneur tu rnaccompa- 

Infinis maux m'affaillent, 
Mes péchez me trauaillent, 
La veué m'en deffaut : * 
le fens plus de m'échef 
Que de poil fur mon chef: 






P S E A V M E XL. i8j 

Le courage ijie faut. ( fupport: 
Deliuremoi, Seigneur, par ton 
Accours à mon aide , Seigneur ; 
Soient confus en grad deshoneur 
Tous ces méchans qui pourchaf- 
fent ma mort. 
Honte tous ceux ruiné 
Qui cherchent ma ruine : 
Ceux qui rient de moi 
Soient tous recompenfez 
Des maux qu'ils m'ont braflez % 
De vergogne & d'émoi. 
Mais trouue en toi tout plaifir 
folemnel 
Quiconques à vers toi recours': 
Quiconques aime ton fecours, 



i«4 PSEAVME XL. 

Die à toujours, Loué foit l'E- 

. ternel. 

Pauure fuis miferable , 
Mais mon Dieu fecourablc 
A eu de moi le foin, 
Mon Dieu, tu m'as aidé , 
C'eft toi qui m'as gardé , 
Sois prefl; à mon befoin. 
Pse AVME XLI. T.D.B. 

O Bien-heureux qui juge fa- 
gement 
Du pauure en fon tourment i 
Certainement Dieulefoulagera 
Quand affligé fera. 
Dieu leredrafain&fauf, & fera 
Qu'encor il florira: 

Poine 



PSEAVME XLI. 185 

Point ne voudra l'expofer aux 

fouhaits 
Que Tes haineux ont faits. 
Lors qu'en fon li£t fera plein 

de langueur, 
Dieu lui donra vigueur, 
Et changera fon li6t d'infirmité 
En vn li6t de fanté. 
En mes douleurs, ô Dieu j'ai 

dit ainfi, 
Aye de moi merci : (forfait 
Guéri mon ame, ô Dieu : car j'ai 
Et contre toi méfait. ( maux 
Mes ennemis m'ont fouhaité des 
En leurs courages faux, 
Disas, Iamais ne pourra-il mourir, 

A a 



lis PSEAVME XLI. 

Et fon renom périr ? 
Me venans voir, m'ont fait de 
beaux difcours, 
Couuans leurs médians tours 
Dedans le cœur : puis chacun 

quand il fort 
Va faire fon rapport. 
Pavse. 
Eux tous alors certains propos 
mordens 
Grondent entre leurs dents : 
Chacun voudroit me voir exter- 
miné 
Et du tout ruiné. ( attaché 

Difans , cet homme eft au liéfc 
Pour quelque grand péché : 



PSEAVME XLT. 187 

Il effc fi plat qu'il ne s'en peutfau- 

uer , 
Ni jamais releuer. (plus prés, 

Mefme fur moi mon ami de 
Témoin de mes fecrets , l 

Mon ami, dis-ie,en ma table éleué 
Son talon a leué. ( pafsion 

Mais toi , Seigneur, ayes corn- 
De mon affliction : 
RedreiTe-moijlors payez ils feront 
Des tourmens qu'ils me font. 

Mais quoi ? déia par cela voir 
ie puis 
Combien cher ie te fuis , 
Que mes haineux n'ont encore 
dequoi 

A a î 



188 PSEAVME XLL ■ 

Pouuoir rire de moi. ( tenu, 

C'eft toi qui m'as en mon entier 
Et toujours fouftenu. (uenir, 
Voire 8c voudras toujours a l'a- 
Deuant toi me tenir. ( d'Ifraé.I. 
Loué foit Dieu , je grand Dieu 
D'vn los perpétuel , (Seigneur, 
De fiecle en fiecle. Ainfi, ainfi, 
Soit chanté ton honneur. 

Pseavme XLII. T. D. B. 
Infi qu'on oit le cerf bruire, 
Pourchafïat le frais des eaux 

Ainfi mon cœur qui foûpire 

Seigneur après tes ruifleaux. 
Va toujours criant, fuiuant 

Le grand, le grand Dieu viuant^ 




PSEAVME XLII. 189 

Helas ! donques quand fera-ce 
Que verrai de Dieu la face? 

lour & nuit pour ma viande 
De pleurs me vai fouitenant 
Quand ie voi qu'on me demande, 
Ou eft ton Dieu maintenant ? 

le fonds en me fouuenant 
Qt/en troupe i'allois menant, 
Priant, chantant groffe bande 
Faire au Temple fon offrande. 

D'où vient que t ébahis ores, 
Mon ame, 6c frémis d'émoi ? 
Efpere en Dieu, car cncores 
Sera-il chanté de moi. 

Quand d'vn regard feulement 
Il guérira mon tourment. 



i 9 o PSEAVME XLII. 

Las ! mon Dieu , ie fens mon ame 
Qui de grand defir fe pafme. 

Car i'ai de toi fouuenance 
Depuis outre le iordain. 
Et la froide demeurance 
De Hermon pais hautain : 

Et de Mifar autre mont 
Vn gouffre l'autre femont, 
Lors que tonnent fur ma teite 
Les torrens de ta tempefte. 

Pavse. 

Tous les grads flots de ton onde 
Par deifus moi ont pafle : 
Mais fur vn point ie me fonde, 
Que neftant plus courroucé. ' 

De iour tes biens m'enuoiras , 






PSEAVME XLII. ï$\ 

De nui6l chanter me feras, 
Priant d'vne ame rauie . 
Toi feul autheur de ma vie. 

le dirai Dieu ma puiflance 
D'où vient qu'en oubli fuis mis ? 
Pourquoi vis-je en déplaifance, 
PreiTé de mes ennemis ? 

le fens leurs méchans propos 
Me naurer jufques aux os, 
Quand ils difent à toute heure, 
Où fait ton Dieu fa demeure. 

D'où vient que t'ébahis ores, 
Mon ame, & frémis d'émoi ? 
Efpere en Dieu : car encores 
Sera-il loué de moi : 

D'autant qu'il efl: le Sauueur 




i 9 2 PSEAVME XLII. 

Me prefcnrant fa faueur, 
Bref, pour conclurre, mon ame, 
C'eft. le Dieu que je reclame. 
Pseavme XLIIL C. M. 
Euenge moi,pren la querelle 
De moi , Seigneur par ta 

merci, 
Contre la gent faufle ôc cruelle 
De l'homme rempli de cautelie, 
Et en fa malice endurci, 

Deliure moi aufsi. 
Lasimo Dieu,qui es ma puifïace 
Pourquoy fuis-tu me rebutant? 
Pourquoi fais-tu qu'en déplaifance 
le chemine fous la nuifance 
De mon aduerfaire qui tant 



PSEAVME XLIII. ipj 

Me va perfecutant : 
A ce coup ta lumière Juife 
Et ta foi véritable tien : 
Chacune d'elles me conduife 
En ton faint mont & m'introduife 
Iufques au tabernacle tien, 

Auec humble maintien.. 
Là dedans prendrai hardiefle 
D'aller de Dieu jufqu'à l'Autel , 
Au Dieu de ma joye & lieffe : 
Et fur la harpe chanterelle 
ConfeiTerai qu'il n'eft Dieu tel , 

Que toi Dieu immortel. 
Mon cœur pourquoi tébahis ores 
Pourquoi te débats dedans moi ? 
Atten leDieuquetu adores: 



B b 



194 PSEAVME XLIII. 

Car grâces lui rendrai encores, 
Donc il m'aura mis hors d'émoi , 
Comme mon Dieu ôc Roi. 
Pseavme XLIV. T. D. B. 

OR auons nous de nos oreilles, 
Seigneur, entendu tes mer- 
ueilles 
Raconter à nos pères vieux, 
Faites jadis ôc deuant eux. 

Ta main a les peuples chalTez , 
Plantant nos pères en leur place 
Tu as les peuples opprelTez , 
Y faifant germer noftre race. 

Cen'eft point doc par leur épée 
Qu'ils ont cette terre occupée : 
Es dangers à eux furuenus 



PSEAVME XLTV. xpj 

Leur bras ne les a foûtenus, 

Ta dextre a efté leur fauueur, 
Ton bras, ta face débonnaire : 
Et leur as fait cette faueur, 
D'autant qu'il t'a pieu de ce faire. 

Tu es le Roi qui me domine, 
Seigneur de puiflance diuine : 
Faique Iacob ton bien-aimé 
Ait ton fecours accouftumé. 

Par ton fecours nous choquerons 
Tous les ennemis qui nous greuent 
Et par ton Nom nous foulerons 
Tous ceux qui cotre nous s'éleuét. 

Car en mon arc ie n'ai fiance 
Et fçai très-bien que la puiflance 
De mon épée ne fera 

B b 2 



196 PSEAVME XLIV. 

Celle qui me garentira : 

Mais toi qui nous as défendus 
Cotre nos plus grands aduerfaires 
Voire toi, qui rends confondus 
Tous ceux-là qui nous font con- 
traires. 

Pavse. I. 

En Dieu giil toute noftre gloire 
Vn chacun jour, & ta mémoire 
Nous délibérons déformais 
De magnifier à iamais. 

Mais tu te tiens de nous bien loin 
Rougir nous fais en leur prefence, 
Et nos gendarmes au befoin 
Tu n'accompagnes pour defenfe. 

Tourner tu nous fais en arrière 



PSEAVME XLIV. 197 

Deuant l'armée meurtrière 
Des ennemis venans faifir 
Tout noftre bien à leur plaifir. 

Tu nous fais eftre à ces pillars 
Comme brebis aux boucheries : 
Semé nous as de toutes parts 
Parmi nations ennemies. 

Ta gent pour néant as vendue 
Ainfi qu'vne chofe perdue : 
Tellement que, tout bien conté, 
Tu n'en as en rien profité. 

Tu fais qu'en opprobre nous ont 

Tous ceux qui entour nous habitet 

Voire ceux qui nos voifins font 

Par tout nous blafmêt & dépitent. 

, Nous ne feruons, comme nous 

fommes , 



i 9 8 PSEAVME XLIV. 

Que de prouei be aux autres hom- 
mes : ( quant 
Ceux qui nous voyent quant & 
Branlent la tcftc en fe moquant. 

Honte chemine deuant moi 
Vn chacun jour, quoi que je face 
Si que de vergogne & d'émoi, 
Contraint fuis de couurir ma face. 

Tant il nous faut ouïr d'injures, 
Et maintes reproches très-dures : 
Tant d'ennemis fur nous rangez 
Ne cherchent que d'efire vengez. 

Nonobftant tout cetraittement 
Tu n'es point mis en oubliance, 
Et n'auons point fait autrement 
Que porte ta fainte alliance. 



PSEAVME XLIV. 19$ 

Pavse. IL 

Ailleurs qu'à toi noftre penfée, 
Seigneur, ne s'eft point adreflee : 
Hors le chemin qu'as ordonné 
Noftre pied n'a point cheminé. 

Parmi dragons enuenimez 
Cobien que ta main nous accable, 
Et que nous ayes abyfmez 
D'ombre de mort épouuentable. 

Si nous n auions eu fouuenance 
De noftre Dieu 6c fa puiftance : 
Si nous auions tendu la main 
A d'autre Dieu qu'au Souuerain : 

Dieu ne s'en enquerroit-il point ? 
Lui, dis-je,qui connoit & fonde, 
Voire jufques au dernier points 



2oo PSEAVME XLIV. 

Les plus fins cœurs de tout le 
monde ? ( relie, 

On nous meurtrit, pour ta que- 
On nous tient en effcime telle 
Que brebis qu'on nourrit exprés 
Pour les mafTacrer puis après. 

HelasvSeign. pourquoi dors-tu 
Réueille toi en nos oppreffes : 
Réueillle, dis-je, ta vertu, 
Et pour iamais ne nous délai/Tes. 

Pourquoi caches tu tonvifage? 
Pourquoi alors qu'o nous outrage 
N'as-tu quelque compafsion ? 
De noflre grande opprefsion? 
La grand'rigueur dot tu nous bats 
Confond nos âmes & atterre : 

Nous 



.<P$£AV:M£ ; XLI'V. 201 

Noias - auons les ventres tous plats 

GomrriecolezxoîQtre «Ja terre. 

Leuetoi donc, &; nous accorde 

L'aide de ta mifericorde : 

Et pourJ'amour de ta bonté 

Deliure-nous d'aduerfité. 

Pse AVME XLV. C. M. 

Ropos exquis faut que de mon 

sri^œur force: (forte, 

Gar du Roi veux dire chanfon de 

Qu^a cette fois ma langue mieux 

dira, (n'écrira. 

QuVn fcribe prompt de plume 

Le mieux formé tu es d'humai- 

-30} rie-race, zrih ( grâce : 

En ton parler gift, mer veilleufe 
i c c 




loi PSEAV!MEAXLV. 

Parquoi Dieu fait que toute natio 
Sans fin te'ioufi/euBenedrdfeion. 
O le plus fort que rencontrer 

on puifle , (cuifle 

Accouftre &: cein fut^ta robufte 
Ton glaiue aigu, qui eft la refplen- 

deur., , a M v k 

Et l'ornementde royale grandeur. 
Entre en ton char* driomphe à la 

bonne faeure ( toËBemeurè 
En grand honneur, puis-qu;àu'ec 
•Vérité; foi juftice 6c cœur humain 
Voire fera' de grands chofes ta 

main. Çtes belles 

Tes dards luifans So6es;>faget- 

Poignantesfont: les coeurs àtoire- 



J bell 



es 



RSrHXV3WE7XHY/I jfâ 

Seront au vdïdfibd les tranfpercez 
Et deflus toi les peuples renuerfez. 

O Dieu âoRadj 0&tëéi>tà)\ffl, 

nerable - (rable : 

Eft vn haut trôneàiamaisperé|u- 
Le fceptre aufsi de ton règne 

puiflant 
Eft dequité le fcepéteilorifTànt. 
Iniquité tu hais, aimant juftice : 
Pour ces raifons, Dieu;»- ton Sei- 
gneur popice;, ( gré 
Sur tes conforts rayant Je plus à 
D'huile de joyenadorant ta facré. 
.-[De tes habits les plis nefentent 
qu ambre.fi t io. ( ta chambre 
Et mufc & mirrhe, en allant de 

Ce» 






Ï8,| PSBXVMEVXBTfl 

Hors ton palais d'yubirc haut ôc 
L& ou- chacun te vient gratifier. 

r A V S E. 

Auec toi font filles de Roi bien 7 

> 
nées, 

De tes prefens tres-precieux ornées 

Et la nouuelle époufeàtoncof£éï 

Qui d'or d'Ophir couronne fa 

beauté. (reihVJ 

Ecoute fille en beauté nompa- 
Ente à moi, & me prefte l'oreille : 
Il teconuient ton peuple familier 
Et la maifon de ton père oublier. 

Car noftre Roi, noflre fouuerain 
Sire 



PSEAVME XLV. soy 

Tres-ard emmène ta grand'beauté 

defire : 
D'orefnauant ton Seigneur il fera 
Et de toi humble obeifsâce aura : 
Peuples de Tyr, peuples pleins 
de richeiTes, (largefles: 
D'honneurs ôc dons te ferot grâd's 
Ce ne fera de la fille du Roi, 
Sous manteau d'or , finon tout 
noble arroi. (tournée, 

D'habits brodez richement at- 
Elîe fera deuers le Roi menée, 
Auec le train des vierges la fuiu as, 
Et de fes plus prochaines la feruas. 
Pleines de joye Se d'ennui 
exemptées 



t6S PSEAVME XLV. 

Au Roi feront enfembleprefétées 
Elles Se toi en triophe Se bon-heur 
L'irez trouuer en fon palais d'hon- 
neur. 
Ne erain donc point de laiiïer 
père Se mère : 
Car au lieu d'eux mariage prof- 

pere 

Te produira beaux 6c nobles enfâs 

Que tu feras par tout Rois triom- 

phans ( Se ta gloire 

Quant eft de moi, à ton Nom 

Ferai écrits d'éternelle mémoire» 

Et par lefquels les gens à Tauenir 

Sans fin voudront te chanter Se 

bénir. 



JPSEAVME XLVÏ. *$f 

Pse AVME XL VI. C. M. 

DE* qu'aduerfité nous orïenfc 
Dieu nous effc appui ôc de- 
fenfe : 
Au befoin l'auons éprouué 
Et grand fecours en lui trouué. 
Dont; plus n'aurons crainte ni 
doute, 
Et deuil trembler la terre toute, 
Et Jes montagnes abyfmer 
-Au milieu delà haute mer. 

Voire deufset les eaux profodes 

Bruire, écumer, enfler leurs ondes, 

Et par leur fuperbe pouuoir. 

Rochers ôc montagnes mouuoir. 

Au temps de tourmente fi fîere 



td% PSEAVME.XUVI. 

Les ruiffeaux de noffcre riuiere 
Réjouiront la grand' cité, 
Lieu tres-faintde la Deïté. 

Il eft certain qu'au milieu/d'elle 
Dieu fait fa demeure éternelle : 
Rien ébranler ne la pourra, 
Car Dieu propt fecours luy donra. 

Troupes de gens fur nous cou- 
rurent , 
Meus cotre nous royaumes furent 
Du bruit des voix tout 'l'air fédoit 
Et fous eux la terre fondoit. 

Pavse. 

Mais pour nous en ces durs 
alarmes, 
A eflé le grand Dieu des armes 

Le 



PSEAVME XL VI. 109 

Le Dieu de Iacob effc vn fort 
Pour nous encontre tout effort. 
Venez,cotéplez en vous-mefmes 
Du Seigneur les actes fuprémes, 
Et ces lieux terreffcres voyez 
Comment il les a nettoyez. 

Il a éteint cruelle guerre (re : 
Par tout jusqu'aux bouts de la ter- 
Brifé lances, rompu les arcs, 
Et par feu les chariots ars. 

Ceflez, dit-il, 6c connoiiTance 
Ayez de ma haute puiflance : 
Dieu fuis, j'ai exaltation 
Sur toute terre & nation. 

Conclufion, le Dieu des armes 
Des noftres eft en tous alarmes : 

D d 



2io PSEAVME XLVI. 

Le Dieu de Iacob efl vn fort 
Pour nous encontre tout effort. 
Pseavme XLVII. T. D. B. 

OR fus tous humains , 
Frappez en vos mains : 
Qu'on oye fonner 
Qu'on oye entonner 
Le Nom folennel 
De Dieu Eternel. 

C'efl: le Dieu très-haut > 
Que craindre il nous faut 
Le grand Roi qui fait 
Sentir en effet 
Sa force au trauers 
De tout l'vniuers. 

Sous noftre pouuoir 



PSEAVME XLVII. «I 

Il nous fera voir 
Les peuples battus , 
Peuples abbattus, 
Et humiliés 
Mettra fous nos pieds. 

C'eft lui qui à parc 
A mis noftre part 
De Iacob l'honneur , 
Auquel le Seigneur 
S'efl; monftré fur tous 
Amiable ôc doux. 

Or donc le voici, 
Qui s'en vient ici : 
A grands cris de voix , 
A fon de haut-bois, 
Voyons arriuant 

D dï 



itts PSEAVME XL VIL 

Le grand Dieu viuanc. 

Chantez moi , chantez 
De Dieu les bontez : 
Chantez, chantez moi 
Noftre puiflant Roi : 
Car il eft le Dieu 
Régnant en tout lieu. 

Sages 6c difcrets , 
Chantez fes fecrets : 
Car tous les Gentils 
Tient afïujettis, 
Au trône monté 
De fa fain&eté. 

Les Princes puiflans 
S'a{Tujeti{Tans 
Vers lui font venus , 



PSEAVME XLVII. *rj 

Pour eftre tenus 
Peuple du Dieu faint 
Qu'Abraham a craint. 
Car Dieu en fa main 
Comme fouuerain 
De ce monde entier 
Porte le bouclier , 
Eleué fur tout 
Iufqu'au dernier bout. 

Pseavme XLVIII. T. D.B. 

C'Effc en fa tres-fainte Cité 
Lieu choifi pour fa fainteté, 
Que Dieu déployé en excellence 
Sa gloire & fa magnificence. 

La montagne de Sion , 
Deuers le Septentrion , 



îi 4 PSEAVME XLVÏII. 

Ville au grand Roy confacrée, 
Eft en (ï belle contrée, 
Que la terre vniuerfelle 
Ne doit s'éjouïr qu'en elle. 

Dieu au palais d'elle efl connu 
Et pour fa defenfe tenu : 
Car vn jour les Rois fe bandèrent 
Et tous équippez s'y trouuerent. 

Ils en ont veu les effets, 
Dont étonnez & défaits , 
Eux auec toute leur bande, 
Surpris d'vne frayeur grande, 
Auec extrême détreiTe 
Se font fauuez de vitefTe» 

Douleur comme d'enfantemec 
Les faifit auec tremblement : 



PSEAVME XLVIII. %# 

Corne quand d'vn terrible orage 
Tu brifes tout vn nauigage. 

Trouué l'auons tout ainfi 
Qu'on nous auoit dit aufsi, 
En la ville où tu habites, 
Seigneur Dieu des exercites, 
Et cette fainte demeure , 
Où noftre grand Dieu demeure. 
Pavse. 

Dieu l'a fondée tellement 
Que périr ne peut nullement : 
Là au milieu de ton faint Temple 
O Dieu , ta faueur fe contemple. 

Ainfi que de toutes pars, 
ODieu, ton Nom eft efpars, 
Ta louange aufsi redonde 
Iufqu'au dernier bout du monde, 



nS PSEAVME XLVIII. 

Et de bonté fouueraine 

Ta main droite eft toute pleine, 

De Sion tout le facré mont T 
S'en réjouit, feftes en font 
Les filles de Iuda, joyeufes. 
De tes juftices glorieufes. 

Faites de Sion le tour, 
Contez Tes tours à l'entour, 
Prenez garde aux forterefles , 
Confiderez leurs hautefifes, I 
Pour les faire à ceux connoiftre 
Qui font encores à naiftre. I 

Car luy feul eft le Dieu régnant, 
Dieu à jamais nous fouftenant, 
Qu'ici bas nous viedra conduire, 
Tant que la mort nous en retire. 

PSEAVME 



PSEAVME XLIX. « 7 

Pseavme XLIX. T. D. R. 

PEuples oyez,& l'oreille preftés 
Hommes mortels,qui le mon- 
de habitez, (puifTans, 
Des plus petits jufques aux plus 
Riches, hautains & pauures làn- 
guiffans: . (cera, 
Sages propos ma bouche annon- 
Graues difcours mon cœur enta- 
mera : (tendre, 
A mes beaux mots l'oreille je veux 
Et fur mon luth grads chofes vous 
apprendre.. (eftonné, 
Pourquoi ferai-je en mes maux 
Quoi que jefois clos & enuironnè 
D'vn dur fouci, qui talonnant 
mes pas E e 



«8 PSEAVME XL IX, 

Pour me furprendre ôc renuerfer 

en bas ? (tenus, 

Aucuns fe font à leurs trefors 

Se faifans fiers de leurs grands re- 

uenus, (viure, 

Mais nul n'en peut faire fon frère 

N'offrir à Dieu raço qui le deliure. 

Car le rachapt de leur ame eft 

trop cher (tafcher 

Pour eftre fait quoi qu'on vueille 

De viure ainfi perpétuellement, 

Sas iamais voirfoiïeni monument. 

Veu qu'on y voit les fages fe 

mourir 

Le fol, le fot également périr 

En delaifïat leur tat chère cheuace 



PSEAVME XLIX. 219 

Mefmes à ceux donc ils n'ont con- 
noiffance (qu'ils font, 

Et toutefois tout le difcours 
C'eft qu'à iamais leurs maifons du- 
reront, 
Que leurs logis & places de leur no 
De fils en fils porterot leur renom. 
Mais telles gens ont beaueftre 
feigneurs, ( honneurs : 

Ils ne fçauroient maintenir leurs 
Ains périront du tout ces grofles 

teftes, 
Et s'en iront séblablesàdesbeftes 

P A v s E . 
Leur train ne ted qu'à foie vanité 
Et toutefois à grand haftiueté 



E e 2 



; 10 PSEAVME XL IX. 

Leurs fols enfans vont couftu- 
mierement (ment. 

Suiuant le train de cet enfeigne- 
Ils feront mis en terre par trou- 
peaux : ( tombeaux : 
D'eux fe paiftra la mort en leurs 
Des bons fera la compagnie heu- 
reufe, '• (rieufe. 
Au pô in cl: du iour fur eux victo- 
Eux 5c leur luflrc à néant tour- 
neront, 
De leurs maisos à la folTe ils iront : 
Mais delà mort Dieu me rachè- 
tera, ; 
Gar comme fi en M me retirera. 
Ne crain donc point quand 
quelqu'vn auras veu 



PSEAVME XLIX. îîî 

Deuenu riche, & en honneurs ac- 

creu : (ferre, 

Car en mourant fes trefors il ne 

Et fes honeurs auec lui on n'éterre. 

En cette vie ils ont eu pafle-teps, 

Et louent ceux qui fe donnent bon 

temps r (bas lieux, 

Mais ils Tuiuront leurs pères aux 
Sans voir jamais lumière de Jeurs 

yeux. ( auarieé 

Conclufion , quand vn homme 

En grands honneurs en dément 

infenfé, ( befles reiTemble 
Il n'efl plus homme, ains aux 
DefqueH es meurt r ame ôc corps 

tout enfemble. 



ni PSEAVME L. 

P S E A V M E L. C. M. 

IEDieu, le Fore , l'Eternel 
—i parlera,- 
Ef haut & clair la terre appellera: 
De l'Orient jufquesà l'Occident, 
Deuers Sion Dieu clair & euident 
Apparoiftra orné de beauté toute 
Noftre grand Dieu viendra n'en 
faites doute. 
Ayant vn feu deuorat deuat lui, 
D'vn véhément tourbillon circuï, 
Pour appel 1er & terre ôcciel luisat 
Et juger là tout fon peuple end i- 
fant, (fiance 

AfTemblez moi mesfaintsqui par 
Sacrifïans ont pris mon alliance. 



PSÉAVMË L. lîj 

( Et vous les deux, direz en tout 
endroit (droit) 

Son jugement, car Dieu eft luge 
Ente mo peuple, & à toi parlerai : 
Ton Dieu je fuis , rien ne te cèlerai 
Par moi repris ne feras des offran- 
des, (rendes. 
Qu'en facrifice ai voulu que me 
le n'ai befoin prendre en nulle 
faifon (maifon, 
Bouc de tes parcs , ni boeuf de ta 
Tous animaux des bois font de 
mes biens: (font miens 
Mille troupeaux en mille monts 
Miens je connois les oifeaux des 
montagnes, 



. 



ÎH PSEAVME t. 

Et Seigneur fuis du beftail des 
campagnes. 

P AVSE. 

Sij'auois faim je ne t'en dirois 

rien: (fonbien, 

Car à moi efl le monde ôc tout 
Suis-ie mangeur de chair de gros 

taureaux ? (cheureaux? 

Ou bois-ie fang de boucs ou de 
A l'Eternel louange facrifie : 
Au Souuerain rentes vœux & t'y 

fie. (feras 

Inuoque moi quand opprefle 

Lors t'aiderai, puis honneur m'en 

feras : 
Aufsi dira l'Eternel au méchant 

Pourquoi 



PSEAVME L. us 

Pourquoi vas-tu mes edits tant 

orefchant , ( maligne, 

Et prens ma Loi en ta bouche 

Veu que tu as en haine difcipline : 

Et que mes dits jettes ôc ne 

recois ? 
Si vn larron d'auantureapperçois. 
Auec lui cours : car autant que lui 

vaux, (ribaux 

T'accompagnant de paillards ôc 
Ta bouche mets à mal ôc medi- 

fances, (nuifances, 

Ta langue brafTe & fraudes Ôc 

Caufant affis pour ton prochain 

blâmer, (famer: 

Et pour ton frère ou coufm dif- 



Ff 



as pseavme l: 

Tu fais ces maux 6c cependant 

que riens 
le ne c'en dis tu m'eftimes ôc tiens 
Semblable à toi : mais quoi que 

tard le face 
T'en reprendrai quelque jour en 

ta face. 
Or entendez cel a,ie vous fuppli', 
Vous qui mettez l'Eternel en 

oubli, (défaits 

Que fans fecours vous ne foyez 
Sacrifiant, louange honeur me fais 
Dit le Seigneur, &: qui tient cette 

voye, 
Douter ne faut que mon falut 

ne voye, 



PSEAVME LI. 2*7 

P S E A V M E L I. C. M. 

Mlfericorde au pauurc vi- 
cieux , (_ clémence : 
DieuTout-puiflant felota grand' 
Vfeà ce coup de ta bote immëfe 
Pour effacer «ion fait pernicieux : 
Lauemoi, Sire & relaue bien fort 
De ma comife iniquité mauuaife, 
Et du péché qui ma rendu fi ord, 
Me nettoyer d'eau de grâce te 
plaife. ( efmoi, 
Car de regret mon cœur vit en 
ConnoifTant, las i ma grand'faute 
prefente : ( prefente , 
Et qui pis eft, mon péché fe 
Inceflamet noir & laid deuat moi 

Ff i 



2iS PSEAVME LI. • 

En ta prefence, à toi feul i'ai 

forfait, (défaire, 

Si qu'en donnant arreft pour me 

luge feras auoir iuftement fait, 

Et vaincras ceux qui diront du 

contraire. 

Hélasse fçai>& fi l'ai toujours fçeu 

Qujniquité prit auec moi naifsâce 

l'ai d'autre part certaine connoif- 

fance, (conçeu. 

Qu'auec péché ma mère ma 

le fçai aufsi que tu aimes de fai C 

Vraye équité dedans la çofcience 

Ce que n'ai eu, moi à qui tu as fait 

Voiries fecrets de grand' fapiece. 

D'hy (Tope d5c par toi purgé ferai 



PSEAVME LI. »§£ 

Lors me verrai plus net que chofe 

nulle 
Tu laueras ma trop noire macule 
Lors en bîacheur la neige paflerai. 
Tu me feras ioye 8c liefle ouïr, 
Me reuelant ma grâce interinée: 
Lors fentiraicroiftre Se fe réjouir, 
Mes c^maforce,^ vertu déclinée. 

P AVSE. 

Tu as eu l'œil affez fur mes 

forfaits : ( face : 

Détourne d'eux ta courroucée 

Et te fuppli' non feulement efface 

Ce mien péché, mais tous ceux 

que j'ai faits : (créer 

O Créateur , vueilles en moi 



2jo PSEAVME LI. 

vn cœur tout pur vne vie nouuelle 
Et pour encor te pouuoir agréer 
Le vrai Efprit dedans moi renou- 
uelle. 
De ton regard je ne fois reculé: 
Et te fuppli'au lieu de me détruire 
Ton faint Efprit de mon cœur ne 

retire, 

Quad tu l'auras en moi renouuellé 

Redonne moi la liefTe que prit 

En to falut mo cœur jadis infirme 

Et ne m'ofhnt ce libre & franc 

Efprit, (firme. 

En icelui pour jamais me con- 

Alors, Seigneur, je fuiurai tes 

fentiers, 



PSEAVME Lî. %$i 

Et les ferai auxiniques apprendre : 
Si que pécheurs à toi fe voudront 

rendre , ( tiers. 

Et fe viendront conuertir volon- 
O Dieu, 6 Dieu de ma faluation, 
Deliuremoidecemies'aglat vice 
Et lors ma bouche en exultation, 
Chantera haut ta bonté & milice. 
Ha «Seigneur Dieu, ouure mes 

leures donc, (les ouures 

Car clofes font iufqu'à tant que 
Mais moyennant qu'à les ouurir 

tu œuures ,-■■■■■ 
l'annoncerai tes louanges adonc. 

Si tu voulois facrihxe mortel 
De boucs & bœufs , ôç conte tu 

eh rifles, 



ajt PSEAVME LI. 

le l'eufTe offert: mais en Temple 
n'Autel (criflces. 

Ne te font point plaifans tels fa- 
Le facrifîce agréable 6c bien pris 

De l'Eternel , c'eft vne ame do- 
lente, (tente, 

Vn cœur froiiTé, vne ame peni- 

Ceux-là, Seigneur, ne te font à 
mépris 
Traite Sion en ta bénignité, 

O Seigneur Dieu, & par tout for- 
tifie 

Ierufalem ta tres-humble cité : 

Ses murs aufsi en bref tëps édifie. 
Alors auras des cœurs bien dif- 
pofez, 

Obvions 




PSEAVME LI. . 233 

Oblations telles que tu demandes: 
Alors les bœufs, ainfi que tu com- 
mandes, 
Sur ton Autel feront mis ôc pofez. 
Pseavme LII. T. D. B. 

I moi mal-heureux,qui te fies 

En ton authorité> 
D'où vient que tu te glorifies , 
De ta méchanceté ? 
Quoi que foit, de Dieu le fecours 
A tous les jours fon cours. 

Ta langue à mal faire s'adrefTe, 
Et femble proprement 
Vn rafoir affilé qui blefle 
Et coupe finement : 
Malice aimes mieux que bonté, 



Gg 



i H PSEAVME LU. 

Le faux que vérité. 

De tous propos qui peuuêt nuire, 
A parler tu te mets : 
Auffi Dieu te viendra deftruire, 
Fauffe langue à jamais': 
Trenchée, arrachée de Dieu 
Seras hors de ton lieu. 

Méchant , jufques à la racine 
Tu feras arraché ? 
Les juftes voyans ta ruïne, 
Auront le cœur touché : 
De tes mal-heurs ils fe riront, 
Et voila qu'ils diront : 

C'eft celui qui n'a daigné prédre 
L'Eternel pour fouftien: 
Car il a mieux aimé s'attendre 



PSEAVME LU. 235 

Et fier en fon bien : 

C'eft lui qui s'eft fortifié 

De fa grand' mauueftié. (c\ UQ 

Mais mouqui n'ai & n'aurai on: 
Qu'en la bénignité 
De l'Eternel efpoir quelconque, 
Serai ainfi planté 
Qu'vn verd Oliuier au milieu 
De la maifon de Dieu. 

Lors, Seigneur de cette vegeace 
Sans fin te bénirai : 
A to Saint Nom plein de puifsace 
Du tout m'arrefterai : 
Car ta bonté fait mille biens 
A tous ceux qui font tiens. 



G g 2 



z 3 6 PSEAVME LUI. 

Pseavme LUI. T. D. B. 

LE fol malin en Ton "cœur die 
& croit (ôcrenuerfe 

Que Dieun'eft point, & corropt 
Ses moeurs, fa vie, horribles faits 
exerce: ( ni droit, 

Pas vn tout feul ne fait rien bon 
Ni ne voudroit. 
Dieu du haut ciel a regardé ici 
Sur les humains auecques dili- 
gence, ( gence, 
S'il en verroitquelqu'vnd'intelli- 
Qui d'inuoquer la diuine merci 
Fuft en fouci. 
Mais tout bien veu , a trouué 
que chacun 



PSEAVME LUI. ^37 

A fouruoyé, tenant chemins dan> 

nables : 
Enfemble tous font faits abomi- 
nables : 
Et n'eft celui qui face bien aucun: 
Non jufqu'à vn. 
ÎSTont-ils nul fens tous ces per- 
' nicieux, (changent, 

Qui font tout mal 5C jamais ne fe 
Qui comme pain mon pauure 
peuple mangent, (cieux 

Etd'inuoquer ne font point fou- 
Le Dieu des cieux ? 
Ils tremblerot sas nulle occafion, 
Car Dieu rompra les os des ad- 
uerfaires : 



3; 8 PSEAVME LUI. 

Et puis que Dieu méprife tes con- 
traires , 
Tu leur feras, ô ville de Sion, 
Confufion. 
O qui, 6c quand deSionfortira 
Pour Ifraél fecours en fa fouffrace? 
Quand Dieu mettra fon peuple à 

déliurance, 
De joye alors Ifraèl jouira, 
Iacob rira. 

PSEAVME LIV. C. M. 

Dieu Tout-puiflant fauue 
moi , 

Par to Nom & force immortelle? 
Et pour défendre ma querelle, 
Fai fortir la force de toi : 




PSEAVME LIV. 119 

Oi l'oraifon que je ferai, 
Plaife toi l'oreille me tendre, 
O Eternel, afin d'entendre 
Tous les mots que ie te dirai. 

D'vn cœur barbare 6c furieux 
M'enuahit la troupe ennemie : 
Terribles gens cherchent ma vie 
Qui n'ont point Dieu deuant leurs 
yeux. 

Si-eft-ceque Dieu m'entretient 
Par le prompt fecours qu'il me 

donne : 
Dieu, dis-iefe trouueen perfonne 
En la bande qui me fouftient. 

C'eft luy qui retomber fera 
Tous ces maux fur mon aduerfaire 



240 PSEAVME LIV. 

Quand tu viendras pour le défaire 
Ta loyauté lors fe verra. 

Alors de franche volonté 
Ferai facrifïce louable, 
Louant ton faintNom vénérable 
Qui eft tout rempli de bonté. 

Car à mes maux tu as pourueu 

En m'ottroyant ma déliurance : 

Et de ceux feras la vengeance 

Quj m* ont haï, mon œil ta veu. 

P S E A V M E L V. T. D. B. 

? Xauce, ô mon Dieu, ma 




prière, 
Ne te retire point arrière 
De Toraifon que ie prefente : 
Enten à moi, exauce moi, 

Tandis 



PSEAVME LV. 241 

Tandis qu'en priant deuant toi, 
le me complain & me tourmente. 

Fois l'ennemi qui me menace, 
Et le méchant qui me pourchaiTe : 
Car fans fin leur méchant courage. 

Me braffe quelque lafcheté, 
Et fuis par eux perfecuté 
D'vn cœur tout enflammé de rage. 

Dedans moi mon pauure cœur 
tremble, 
Frayeurs de mort toutes enfemble 
Viênêt fur moi pour me deftruire. 

Crainte m'aiTaut & tréblement, 
Couuert fuis d'épouuantement, 
Qui m'a contraint enfin de dire : 

Las « qui me donnera des ailes , 

H h 



i^i PSEAVME LV. 

Comme aux craintiues colobeles. 
Afin de m'enuoler bien vide. 

Et me repofer l car voila, 
Iufqu'aux deferts, & par delà, 
le m'en irois faire mon gifte. 

le me fauuerois de vitelTe 
De ce mauuais vent qui me prelle, 
Et de la tempefte foudaine. 

Perce leur la langue & les perds: 
Car de torts & débats diuers , 
Seigneur, j'ai veu leur ville pleine. 

Iourôc nui et outrage & querelle 
Sont autour des murailles d'elle : 
Au milieu d'elle eft fafcherie. 

Violence & méchanceté : 
En elle ont logis arrefté 
Toute cautelle & tromperie. 



PSEAVME LV. * 4 j 

Pavse. 

De fait celui qui me diffame 
Ne montra onc ce, cœur infâme, 
Autrement enduré je Teuffe. 

Nu! fur moi ne va s'éleuant 
Qui me haïft auparauant : 
Car de lui caché je me fufTe. 

Maistoi,jadisfecod moi-même 
Dont je faifois mo maiftre mefme 
Auecques priuauté fi grande : 

Qui nos fecrets communiquions 
A grand plaifir, ôc qui aillions 
Au temple faint tous d'vnebade. 
Que la mort les happe & les ferre, 
Si que tous vifs viennent enterre 
Car entr'eux toute violence. 

H h 2 



î 4 4 PSEAVME LV. 

En leur logis a pris Ton lieu: 
Mais moi i'inuoquerai mon Dieu, 
Et mon Dieu fera ma defenfe. 

Prier veux foir Se matinée, *» 
Et au milieu de la iournée, 
Que ma prière il ne reiette : 

Ains me retire à fauueté, 
Du combat qui m'eft apprefté : 
Car fur moi grand' troupe fe iette. 

Dieu m'orra, Dieu, dis-ie im- 
muable, 
De qui l'empire eft perdurable, 
Les punira de leurs malices : 
Car de Dieu n'ot crainte ni peur : 
Et iamais ne changent de cœur, 
Mais font obftinez en leurs vices. 



PSEAVME LV. itf 

Le méchant à osé eftendre 
Ses mairLspour [es amis furpredre 
Violant l'amitié jurée: 

Ses propos femblent en fortant, 
Plus mois que burre,& nonobflant 
Guerre en foncœur eft enfermée. 

. Sa parole eft douce 6c pi aifante 
Comme beaume, &fi eftperçate 
Àinfi qu'vne pointe affilée. 

Remets tout à Dieu qui viendra 
Te foulager & ne voudra 
Iamais juftice eftre foulée. 

C'eft toi.ô Dieu>quï das la folle 
Les viendras en ruine groffe 
Précipiter par ta puiiTance. 

Car gens meurtriers & deceuans 



î 4 S PSEAVME LV. 

N'acheuent à demi leurs ans ? 




ais moi i'auray en toi fiance. 
SEAVME LVI. T. D. B. 
Ifericorde à moi pauure 
affligé , (_ mangé 

O Seigneur Dieu, car me voila 
De ce méchant qui me tiêt affiegé 
Et tous les iours m'opprefle : 
Mes enuieux me deuorent fans 
cefle, (fedrefTe, 

Car contre moi vn grand nombre 
O Dieu très-haut-, mais quand la 
peurmeprefie, 
En toi mon efpoir i'ai. 
A l'Etemel louanges chanterai 
De fa pro méfie en Dieu m'aiTeu- 
rerai : 



PSEAVME LVÎ. a~47 

Et par ainfi rien ne. redouterai 

Que l'homme puifie faire. 

Tous mes propos ils tournent 

au contraire (affaire, 

Journellement , ôc leur plus grand 

C'eildepenferà me nuire & me- 

faire 

De leur plus grand pouuoir. 

De s'amafler ils font tout leur 

deuoir, (fçauoir 

De s'embufcher , dépier pour 

Quels pas ie fais , tat defirêt auoir 

Ma vie en leur puiflance* 

En tous dangers ils ont cette 

afleurance, ( déliurance : 

Que de leurs tours dépend leur 



248 PSEAVME LVI. 

Mais, ô Seigneur, par ta julïe 
vengeance 
Les peuples tu rabbas. 

P AVSE. 

Tu fçais combien j'ai couru haut 
& bas , ( tu as : 

En tes vaifTeaux mes pleurs ferrés 
Voire ma peine, ô Dieu, n'eil:- 
elle pas 
En ton regiftre écrite ? 
En t'inuoquant verrai tourner 
en fuite, 
De mes haineux la bande décofïte 
l'en fuis tout feur : car mon Dieu 
ma conduite 
Me fauorifera. 

Le 



PSEAVME LVI. 249 

Le Seigneur Dieu par moi loué 

fera (chantera 

De fa promette, & mon coeur 

Louage à Dieu, lequel me donera 

La chofeà moi promife. 
En l'Eternel mo efperace ai mife 
D'homme viuant je ne crain l'en- 
treprife: (fubmife, 

Mais à tes voeux ma perfonneefl 
O Dieu, vers ta bonté. 
Vn jour, Seigneur i'en ferai 
acquité, 
En te louant ainfi qu'as mérité , 
M'ayanttiré par ta bénignité 
De mortelle ruïne : ( ruïne, 
Tumefouftiensdepeurque ne 



Ii 



i 5 6 PSEAVME LVI. 

Ains deuant toi, ô Seigneurie 

chemine 
Encre ceux-là qu'encores illumine 
Du monde la clarté. 

Pseavme LVII. T. D. B. 

AYes pitié, ayes pitié de moi, 
Car ô mon Dieu , mon ame 
efpereentoi: (rebelles 

Et iufqu'à tant que ces méchans 
Soient tous paiTez,efperanceni foi 
Iamais n'aurai , qu'en l'ombre de 
tes ailes. (dreflera, 

Au Dieu très-haut mon cri s'a- 
Au Dieu lequel tout mon cas par- 
fera : ( i'adore, 
Bonté ôc foi , ce grand Dieu que 



PSEAVME LVII. 151 

A mon fecours du ciel venir fera 
Rendat côfus celui qui me deuore 
Moname, helasieft parmi des 
lions, (lions, 

Boute-feux m'ont enclos par mil- 
Lances ôc dards font leurs dents 
emoluès, Ç crions, 

Leurs langues font en leurs detra- 
Glaiues perçans de leurs pointes 
aiguës. 

Pavse. 

Eleue toi , 6 Dieu, deffus les 

cieux: (rieux, 

Ci bas par tout ton los foit glo- 

Ils ont tendu les rets pour me fur- 

prendre : 



Ii 



2 



Î5Î PSEAVME LVII. 

Ils m'ont foulé : ils ont ces enuieux 
Fait vn foflé deuant moi pour me 
prendre. (Jeurfofle, 

Eux-mefmes font tombez en 
Mon coeur en efb, ô Dieu tout 
redreiïe : (d'afleurance 

Mon cœur s'égaje, eftant plein 
Voire,Seigneur pour ton los exau- 
cé (u ran ce, 
Chanter, prefeher de telle deli- 
Sus donc, ma langue , ores 
réueilîetoi, 
Pfalterions, leuez-vousauec moi : 
Au point du iour ie laifTerai ma 
couche, (Dieu mon Roi, 
Et ton honneur, par tout, mon 



PSEAVME LVII. ijj 

le chanterai des doigts & de la 

bouche : 
Car jufqu'au ciel s'éleue ta bonté 
Iufqu'au plus haut de l'air ta vérité 
DreiTe la telle. O donc, Seigneur, 

démontre 
Que fur les cieux fe tient ta Deïté, 
Et fai par tout que ta gloire fe 

montre. 
P s e a v m e LVIII. T. D. B. 

ENtre vous Côfeillers qui eftes 
Liguez & bandez cotre moi, 
Dites vn peu en bonne foi, 
Eft-ce juftice que vous faites. 
Enfans d'Adam,vous meflez-vous 
De faire la raifon à tous ? 



254 PSEAVME LVIIT. 

Plûtoffc vos âmes déloyales 
Ne penfent qu'à méchanceté, 
Et ne pefez qu'iniquité 
En vos balances inégales : 
Car les méchas dés qu'ils font nez, 
Du Seigneur font aliénez. 

Ils ne font depuis leurnaiffance 
Que fe fouruoyer en mentant, 
Et portent du venin autant 
QuVn ferpêt tout plein de nuisace 
Ou qu'vn afpic fourd & bouchant 
Son oreille encontre le chant. 

Tel n'oit la voix magicienne 
Des enchateurs, tat foiêt prudents, 
CafTe leur la gueule ôc les dents, 
O Dieu par la puifTance tienne, 



PSEAVME LVIir. 255 

Romps la mâchoire aux lionceaux 
Qui ont, ô Dieu le cœur fi faux. 

Pavse. 

Ainfi que l'eau courant grad'erre 
D'eux-mefmes ils s'écouleront , 
Et les. traits qu'ils décocheront, 
Tomberont en pièces à terre, 
Ils fe fondront à la façon 
Quon voit fondre le limaçon. 

Ainfi que l'enfant qui trépaHe 
Sans auoir veu jour ni clarté: 
Comme vn fruit hors fa meureté : 
Il faut que Dieu brife & fracaflfe 
Leurs ieunes épines, deuant 
Qu'elles s'éleuent plus auant. 

Alors tout plein déioûifTance 



25 5 PSEAVME LVIII. 

L'innocent qu'on a opprelïé , 
Voyant d'érompu ôc cafle 
Le peruers par iufte vengeance, 
Dedans le fang fe baignera 
De ce méchant : Et puis dira, 

L'innocét ne perd point fa peine 
C'eft vn point du tout affeuré, 
Quoi que le iufte ait enduré : 
C'eft vne chofe bien certaine, 
Qu'il eft vn Dieu, qui iugè ici 
Les bons Se les mauuais auffi. 

Psavme LIX. T. D. B. 
On Dieu, l'ennemi m'en- 



M 



uironne, 

Ta bote donc fecours me donne : 
Garde-moi des gens irritez , 

Que 



PSEAVME LIX. 457 

Qui defïus moi fe font iettez : 

Déliure-moi de l'aduerfaire, 
Qui ne demande qu'à mal faire , 
Sauue-moi des fanglantes mains 
De ces meurtriers tant inhumains. 

Car voila, ma vie ils épient, 
Les plus forts contre moi fe lient : 
Voire, Seigneur, fans nul forfait , 
Ou qu'en rien leur aye méfait. 

Ils s'appreftent en diligence, 
Sans que leur aye fait offence : 
Leue-toi doneques, 8t les voi 
Te mettant au deuant de moi. 

Toi, dis-je, Dieu des exercites, 
O grand Dieu des Ifraélites 1 
Vien faire vifitation 

K k 



î 5 8 PSEAVME LIX. 

De toute terre & nations 

Et à celui point ne pardonne, 
Qui par malice à mal s'adonne : 
lis vont au foir qu'on ne voit riens 
Cà & là, grondans comme chiens. 

Ils trottent, jafent , & médifent, 
Leurs propos font dards qu'ils ai- 
gu if ent : 
Cardifent-ils, quoi que ce foi t., 
Qui eft-eequi nous apperçoit '■ 

Mais vn jour de leurs vanteries 
Faudra, Seigneur, que tu te ries, 
Et de tous peuples glorieux, 
Te moqueras deuant leurs yeux. 

Sa force dépend de la tienne, 
Et pource auffi,quoi qu'il aduiéne 



PSEAVME LIX. 259 

l'attendrai tout coi ton fecours, 
Car je n'ai que Dieu pour recours. 

Dieu, dont j'ai la bonté connue* 
Preuiendra ma déconuenuë, 
Faifant que fur mes ennemis 
Mes defirs à fin feront mis. 

Pavse. 

Mais ne leur ofbe pas la vie, 
De peur que mon peuple l'oublie, 
Ains par ta force les efpars, 
Et diffipe de toutes pars. 
Dieu, noftre bouclier d'aiTeurace 
Renuerfe-les par ta puiiTance : 
Leur bouche & propos plein 

d'excez 
Leur font allez tout. leur procez. 

Kk 2 



z6 o PSEAVME Li;X. 

Qu'ils foient pris par leur or- 
gueil mefme , 
Car leur malice eft û extrême, 
Que maudiflons &; lafches tours 
Sont leurs propos de tous les jours. 

Or doriques ton ire s'allume, 
Qui les détruife ôc les confume 
Voire confume tellement, 
Qu'ils foient perdus totalement. 

Afin qu'on vienne à reconoiftre 
Le Dieu delacob cômeMaiftre, 
Qui fon empire eftend fur tout, 
Du Monde jufqu'au dernier bout. 

Ils reuiendront fur la vefprée, 
Et de fureur demefurée, 
Ainfi comme chiens hurleront, 



PS'EAVME LIX. î<?i 

Etlacitécircuïront. (force 

Mais vn jour la faim afpre &; 
Les chaflera de porte en portée 
Et faudra qu'ils s'aillent coucher 
Sans auoir trouué que mafcher. 

Alors à gorge déployée 
Par moi chantée & publ iée 
Ta force &: ta bonté fera 
Désqueleiour fe montrera. 

Car tu as efté ma retraite, 
Et en mes maux feure cacheté , 
De toi donc, ô Dieu mon fupport 
De chanter ferai mon effort. 

Car mon Dieu e(t ma forterefle, 
Et n'eus jamais mal ni détreffe, 
Que ne l'aye expérimenté 
Dieu enuers moi plein de bonté. 







£ft ^ '. PSEAVME'LX. 

P S E A V M E L X. T. D. B. 
Dieu qui nous as déboutez, 
Qui nous as de toi écartez, 
lad is contre nous irrité, 
Tourne toi de noflre collé. 

Tu as noftre païs fecoux , 
Et calTé à force de coups : 
Guerifa playe qui le prefïe, 
Car tu vois comment il s'abaifTe. 

Ton peuple as traité rudement 
Et d'vn vin d etourdilîement , 
Tu l'as repeu & abbreuué : 
Mais depuis tu as éleué. 

L'enfeigne de tes feruiteurs, 
Qui te reuerent en leurs coeurs, 
Afin que haut on la déployé , 



PSEAVME LX. iSj 

Et que ta vérité fe voye, 

Or donc afin que tes amis 
Echappent à leurs ennemis, 
Sauue-nous par ton bras puiiïant, 
Et répon à moi languiffant. 

Mais quoi? Dieu m'a déjà ouï, 
Et de fon faint lieu réiouï : 
Sichern fera mon héritage, 
Le val de Succoth mon partage. 

P AVSE. 

De Galaad la région 
Sera de ma poiTefsion.: 
Et de Manafsé tout le bien 
Sans nulle doute fera mien : 

Ephraïm peuple grand •& fort, 
Sera de mon chef le fupport : 



554 PSEAVME LX. 

Iuda du règne l'afleurance, 
Pour en eftab'ir l'ordonnance. 

Les Moabites au furplus , 
le ne veux eftimer non plus, 
En dépit de leurs mauuaiftiez, 
QuVn vailîeau pour lauer mes 
pieds. 

Contre Edom peuple glorieux 
le ietterai mes foui iers vieux: 
Sus, Paleftins, faites moi fefte, 
De ma victoire qui s'apprefte. 

Mais par qui ferai-ie en feurté 
Conduit en la forte Cité ? 
Qui eft-ce qui me conduira 
En Edom , & me guidera ? 

Ne fera-ce pas toi, ô Dieu, 

Qui 



PSEAVME LX. i6y 

Qui nous chaflois de lieu en lieu, 
Et n'accompagnois nos armées 
De tes faueurs accoutumées ? 

Donne nous ton fecours d'enhaut 
Contre celui qui nous aflaut : 
Car qui n'a que le terrien 
Pour fa fauue garde n'a rien. 

Dieu nous rendra preux & vaillas 
Encontre tous nos afTaillans : 
Renuerfant par fa vertu grande 
De nos haineux toute la bande. 

Pseavme LXI. T. D. B, 

ENcen pourquoi je m'eferie 
le te prie, 
O mon Dieu exauce moi : 
Du bouc du monde mon ame 

L 1 



i66 PSEAVME LXI. 

Qui fe pafme , 
Ne reclame autre que toi. 
Monte moi detfus la roche 

Dont l'approche 
Et l'accez ne m'eft permis : 
Car tu es ma fortereffe, 

Et adrefle 
Encontre mes ennemis, 
Dedans ton faint tabernacle , 

Habitacle 
A jamais te choifirai : 
Recours tres-feur 8c fidèle 

Sous ton aile 
le fçai que ie trouuerai. 
Car de ce que ie defire, 

Très-cher Sire, 



PSEAVME LXI. a*7 

II t'a pieu me faire yn don 
Et m'as donné en partage 

L'héritage 
De ceux qui craignent ton Nom. 
Année deflus année ) 

Ordonnée 
A ton Roi s'adiouftera 
Si que toujours afleurée 

Sa durée 
De fiecle en fiecle fera. 
Deuant Dieu fans fin ni terme 

Sera ferme 
Son règne en toute feurté : 
Apprefte, 6 Dieu qui le gardes, 

Ses deux gardes, 
Ta grâce & ta venté. 



LI a 



s.6%- PSEÀVME LXI. 

Voila comment en cantiques 
- Authentiques , 
Sans fin louer ie te veux : 
Afin qtfVn feul iour ne paffe 

Qu en ta face 
le ne te paye mes vœux. 
Pseavme LXII. T. D.B. 
On ame en Dieu tant feu- 
lement 

Trouue tout fon contentement : 
Gar lui feul en: ma fauue-garde, 

Lui feul eft mon roc éleué, 
Mon falut, mon fort éprouué, 
De tomber trop bas ie n'ai garde. 
Iufques à quand brafTerez-vous 
La mort Ôc la perte de tous ? 




PSEAVME LXII. tg 9 

Vous mefme cherrez en ruine. 
Ainfi qu'vn vieil mur tout pechat 
Ou qu'vn vieil manoir trébuchant 
Qui de foi-mefme fe ruine. 

Ceux qu'il plaift à Dieu de 
haufler, 
Ces gens ne font rien que penfer, 
A les abaiffer & détruire. 

Ils prennent plaifir à mentir: 
Leur parler eft doux au fortir, 
Mais leur coeur ne fait que mau- 
dire, 

Mais quoi ?moame feulement, 
Attenton Dieu patiemment, 
Car en lui mon efpoir je fonde : 

Lui feul eft mon roc aiîeuré, 



*T PSEAVME LXII. 

Mon falut, mon lieu remparé , 
Crainte ie n'ai qu'on me cofonde. 

P AVSE. 

Dieu eft ma gloire & mo fecours 
Dieu eft mon fort & mon recours : 
Peuples ayez en lui fiance : 

Venez en tout temps deuant lui 
Vous décharger , car cefl; celui 
Où faut afleoir fa confiance. 

Mais quand aux hommes ce 
n'efl rien , ( bien 

Les plus grands dis- je, ôc tout leur 
N'eft que vanité qu'on adore : 

Et qui eux Se rien peferoit 
L'vn contre l'autre il trouueroic 
Qu'vn rien eft plus pefant encore. 



PSEAVME LXIL î 7 i 

N'afleurez iamais vos deffeins 
Deffus outrages ni larcins, 
Cardez-vous d'efperance foie. 

Si biens vous viennent à planté 
Voftre cœur ne foit point planté 
En vne chofe fi friuole. 

Dieu a dit,voire vne & deux fois 
Et j'en ai entendu la voix, 
Qu'à lui appartient toute force. 

O Dieu tu es bénin ôc doux, 
Car vn jour tu rendras à tous , 
Selon que de viure on s'efforce. 

Pseavme LXIII. T.D.B. 

ODieu, ie n'ai Dieu fors que 
toi : 
Dés le matin ie te reclame, 



êp PSEAVME LXIIL' 

Et de ta foif ie fcns mon ame 
Toute pâmée dedas moi. (vuides 

Les pauures fens d'humeur tous 
De mon corps mat & altéré, 
Toujours, Seigneur, t'ont defiré 
En ces lieux deferts & arides. 

Afin qu'encores vne fois 
le voye ta force & ta gloire, 
Comme dedans ton Sanctuaire 
le l'ai contemplée autrefois : 

Car mieux vaut que la vie 
mefme 
Ta grâce & ta bénignité, 
Dont par ma bouche recité 
Sans fin fera ton los fupréme. 

Ainfiton los ie chanterai, 



tant 



PSEAVME LXIII. 273 

Tant que ma vie foie efteinte : 
Ton Nom ôc puiflance tres-fainte 
A iointes mains i'inuoquerai. 

Ainfi que de moelle & de greffe 
Iemefens tout raflafié, 
Et d'vn chant à toi dédié, 
Tout ioyeux de chanter ne celle. 
P a v s E. 

Lors qu'en mon lict il me fouuiet 
De ta fouueraine puilTance, 
Et que de toi la fouuenance 
Le long de la nuicl; m'entretient. 

Car en mes détrefles mortelles 
De ton fecours m'as fait iouïr : 
Qui me fait ores réiouïr , 
Caché fous l'ombre de tes ailes. 

M m 



2? 4 PSEAVME LXIII, 

Mon ame de fi prés ce fuit, 
Que nullement ne t'abandonne , 
Et ta main fouillent ma perfonne 
Contre tout homme qui me nuit. 
Mais ces gës qu i me fôt la guerre, 
Tafchans ma vie confumer, 
On verra fondre 6c abyfmer 
Iufqu'au plus profond de la terre. 

En pièces vn iour fera mis 
Au fil du glaiue , & par la voye 
Aux renards feruira de proye 
L'amas de tous mes ennemis. 

Alors ioyeux de la victoire 
Le Roi en Dieu s'éiouïra : 
Tout homme auffi Dieu bénira , 
Qui reconnoifl le Dieu de gloire. 



PSEAVME LXIII. 275 

Car quelque menfonge au fortir 
Que la faufïe bouche propofe, 
Il faut qu'vn iour elle foie clofe 
Sans qu'on l'en puiiTe garantir. 
Pseavme LXIV. T. D. B. 

ENten à ce que ie veux dire, 
Quand ie te prie fauue moi 
Que de mes ennemis l'effroi 
Ne vienne ma vie deftruire, 
Souuerain Sire. 
Cache moi loin de l'entreprife 
Des ennemis fins Se couuerts , 
Et des complots de ces peruers, 
Dont la vie à tout mal apprife, 

Eft tant reprife : 
Ils ont des langues afTettées, - 

M m 2 



V7$ PSEAVME LXIV. 

Aufsi perçantes que poignards : 
Au lieu de flèches ôc de dards , 
Paroles aigrement iettées 
Ont aiuftées. 
Afin d'en donner vne atteinte " 
A l'innocent couuertement: 
De forte que foudainement 
Mainte perfonne ils ont atteinte 
Sans nulle crainte. 
Ils font obftinez à méfaire : 
Parlent de me tendre leurs rets, 
Difans comme gens afleurez, 
Qui fçaura rien de cette affaire 
Que voulons faire ? 

P AVS E. 

Pourtrouuer fîneffes fubtilcs, 



PSEAVME LXIV. 277 

Ils font curieux iufqu'à tout : 
Et vont cherchas iufques au bout, 
Mefmement les plus difficiles 

Aux plus habiles. 
Mais Dieu fur lequel ie m'affeure 
Son trait fur eux décochera 
Quand pas vn d'eux n'y penfera : 
Dont fuiura bien toft la bîeffeure 
Soudaine &feure. 
Par leur propre lague exécrable 
Eux-mefme fe ruineront : 
Alors plufieurs s'eftonneront, 
Voyant le mal infuportable 
Qui les accable. 
Tous alors rendrot témoignage 
Des hauts effets du Souuerain, 



2 7 8 PSEAVME LXIV. 

Et tous craintifs deflous fa main 
Reconnoiftront en leurs courages 
Ses grands ouurages. 
Mais le iufte en réjouïflance 
A l'Eternel s'arreftera : 
Et qui de cœur entier fera 
Chantera de Dieu la puiffance 
En aiTeurance. 

Pse avme LXV. T. D.B. 

ODieu la gloire qui t'eft deuë 
T'attend dedans Sion, 
En ce lieu te fera rendue 
De vœux oblation. 

Et d'autant que la voix entendre 
Des tiens il te plaira, ,m 
Tout droit à toi fe venir rendre 



PSEAVME LXV. 279 

Toutes gens on verra, 

Toutes manières de malices 
Auoient gagné fur moi : 
Mais tous nos péchez & nos vices 
Sont abolis de toi. 

Heureux celuy que veux élire, 
Et prés de toi loger, 
Afin que chés toi fe retire 
Pour iamais n'en bouger. 

Des biens du palais de ta gloire 
A plein nous foulerons : 
Des biens de ton faint San6luaire 
Tous repeus nous ferons : 

Selon ta bonté indicible, 
O Dieu qui nous maintiens, 
En haute façon ôc terribk 



4 8o PSEAVME LXV. 

Tu répondras aux tiens. 

En toi efpere tout le monde, 
Iufqu'aux lointains païs, 
Qui sot delà grand'mer profôde 
Enclos & circuïs. 

De tes puiffances redoutables 
Tout ceint ôc reueftu, 
Tu tiens les mots fermes ôc fiables 
Par ta grande vertu. 

Les flots de la grad'mer bruyate 
Tu peux faire cefser : 
Des peuples l'émeute inconftante 
Soudain peux rabaifser. 

Vojas tes oeuures nompareilles, 
Peuples de tous collez 
Sont étonpez de tes merueilles, 

Tant 



PSEAVM.E LXV. î8i 

Tant foient-ils écartez. 

Pav&e. 

Du bout qui le jour nous enuoye 
Iufques en l'Occident, 
C'efl: ta bonté qui nous ottroye 
Tout plaifiréuident. 

Si la terre efl de foi tarie, 
Tulaviensvifiter, 
Et les grands trefors de ta pluye 
Sur elle dégoutter. 
L'eau qui de tes ruiiTeaux regorge 
Vient la terre nourrir, 
Afin que le fro ment ôc l'orge 
PuiiTe croiftre & meurir. 

Ses rayons enyures & trempes 
Sesfillons'applanis: 



Nu 



a?2 PSEAVME LXV. 

Tu l'amolis & la détrempes , 
Et fon germe bénis. 

La faifon couronnée Se ceinte 
De tes biens on peut voir: 
Des hauts cieux ta demeure fainte 
LagraifTe fais pleuuoir. 

Les deferts auec leurs logettes 
De pluye fais jouir, 
Dot les coufteaux & motagnettes 
Semblent fe réjoiiir. 

Alors voit-on par les campagnes 
Mille troupeaux diuers, 
Et les entre-deux des montagnes 
De grands bleds tous couuerts. 

Et femble tout ce bien chapeffcre 
Réjouir de fes chants, 



PSEAVME LXV. i8j 

Alors qu on les voie apparaître, 
Et montagnes & champs. 
Pseavme LXVI.T. D. B. 

OR. fus louez Dieu tout le 
monde, 
Chantez le los de fon renom : 
Chantez fi haut,que toutredonde 
A la louange de fon Nom. 

Dites, O que tu es terrible, 
Seigneur,en tout ce que tu fais ; 
Tes haineux, tantesinuincible 
Te flattent pour auoir la paix. 

Soit ta Majefté glorieufe 
Adorée en tout l'vniuers : 
Soit ta louange precieufe 
Chantée en chanfons 6c en vers : 

■^ N n s 



284 PSEAVME LXVI. 

Venez , voyez en vos courages 
Les faits de Dieu, voyez s'il efl 
Grand Ôtterribîeenfes ouurages 
Vers les humains quad il lui plait. 

Il a tari la mer tant fiere, 
Et depuis encore par lui 
A pied fec pafïa la riuiere 
Son peuple, & s'en efl réjoui : 

Sa feigneurie efl éternelle, 
Son oeil s'étend jufqu'aux Gentils 
Quiconques à lui fe rebelle 
Sera toujours des plus petits. 

Peuples, chacun de vous s'êploye 
A donner louange au Seigneur : 
Faites qu'en tout le modebn noyé 
Rien que fa gloire ôc fon honneur 



PSEAVME LXVI. aSj 

C'eft lui qui garde noftre vie 
Si fouuent de paiTer le pas, 
C'eft lui qui malgré toute enuie, 
Fait que nqs pieds ne gliflent pas. 

Car tu nous as mis à Tépreuue, 
Tu nous as dis-je examinez : 
Et comme l'argent qu'on éprouue 
Par feu tu nous as affinez. 

Tu nous as fait entrera ioindre 
Aux filez de nos ennemis , 
Tu nous as fait les reins eftreindre 
Des liens ou tu nous as mis. 

Pavse. 

On a monté delTus nos teftes, 
Comme fur le dos d'vn chameau 
Nous auos comme pauures beftes 



t.%6 PSEAVME LXVI. 

PafTé par le feu ôc par l'eau. 

Puis tu nous as de pleine grâce 
A plein rafraîchis ! dont je veux 
En ta maïfon deuant t# face 
Sacrifiant rendre mes vœux. 

Voire mes vœux que je confefTe 
Mes leures tauoir adrefTez, 
Lefquels au temps de ma détrefle 
l'ai de ma bouche prononcez. 

Mainte bien belle & grafle befte 
Sur ton Autel veux confumer, 
Beliers,6c bœufs,& boucs j'apprête 
Pour deuant toi faire fumer. 

Vous craignas Dieu & fa puifsace 
Venez m'écouter en ce lieu, 
Raconter en éjouiiTance , 



PSEAVME LXVI. 187 

Lesbiës qu'ai reçeus dermon Dieu. 
Quad ma bouche a fait fa,priere 
Il m'a ouï à chaque fôi£<: V JL 
Si que ma langue a eu matière 



• 



De le louer à pleine voix 

Si à quelque méchante chofe 
Mon cœur euffc alors regardé, 
Mon Dieu euft eu l'oreille clofe 
A ce que i'eufTe demandé. 

Mais pour certain puis ie bië direù 
Que le Seigneur m'a entendu : 
Et pour mieux écouter mon dk£„ 
Doux ôc attentif s'eft rendu. 

Loué foit mon Dieu fauorable 
Qui m'a volontiers écouté : joT 
Et de moi pauure miferable 
N'a point retiré fa bonté. 




s88 PSEAVME LXVII. 

Pseavme LXVII. T.D.B. 

leu nous foit doux & fauo- 
rable, 

Nous beniflfant par fa bonté. 
Et de fon vifage amiable 
Nous faffe luire la clarté : 

Afin que fa voye 
En terre fe voy e , 
Et que bien à point 
Chacun puifle entendre , 
Où tous doiuent tendre , 
Pour ne périr point. 

Seigneur, que les peuples te 
chantent , 
Tous peuples te c hâtent, Seigneur 
Peuples te chantent ôc rechantent 

S'éjouiflans 



PSEAVME LXVII. a8* 

Séjouilïans de ton honneur: 

Car ta bonté grande 
Aux peuples commande 
Equitablement : 
Et fous ta conduite 
La terre eft conduite 
Bien & feurement. 

Chacun,ô Dieu,honeur te porte 
Tous peuples chantent l'honneur 

tien , 
La terre fes frui£h nous apporte, 
Dieu, noftre Dieu, nous face bien. 

Dieu, dis-ie nous face 
Connoiftre fa grâce, 
En nous benifTant. 
Et la terre toute 

O o 




290 PSEAVME LXVII. 

Autre ne redoute 
Que le Tout-puiflant. 
Pseavme LXVIII.T. D. B, 
Ve Dieu fe montre feulemêt 
Et on verra foudainement 
Abandonner la place : 
Le camp des ennemis épars, 
Et fes haineux de toutes parts 
Fuir deuant fa face. 

Dieu les fera tous enfuir, 
Ainfi qu'on voit s euanoûir 
Vn amas de fumée : 
Comme la cire auprès du feu, 
Ainfi des méchans deuant Dieu 
La force eft confumée. 

Cependant deuant le Seigneur 






PSEAVME LXVIII. »9* 

Les iuftes chantent fon honneur 
En toute éjoûiffance : 
Et de la grand' ioye qu'ils ont 
De voir les méchans qui s'en vont 
Sautent à grand' puiflfance. 

Chantez du Seigneur le renom 
Pfalmodiez, louez fon nom, 
Et fa gloire immortelle : 
Car fur la nue il efl porté, 
Et d'vn nom plein de Maieflé , 
L'Eternel il s'appelle. 

RéjoûifTez vous deuant lui, 
Qui eft des pauures fans appui 
Le père débonnaire : 
Qui le droit des veuues fouftient, 
Deuant Dieu , dis-ie , qui fe tient, 



O o a 



ici PSEAVME LXVIII. 

En fon faine Sanctuaire. 

Dieu fait auoir pleine maifon 
A ceux qui ont longue faifon 
Sans nuls enfans fourferte : 
Déliure les Tiens enferrez, 
Tient les rebelles enferrez 
En leur terre deferte. 
Pavse. I. 

Lors que ton peuple tu menois 
O Dieu, ôc que tu cheminois 
Par le defert horrible : 
Les cieux fondirent en fueur , 
La terre trembla de la peur 
De ta face terrible. 

Le mont de Sina ébranlé, 
Dieu, Dieu d'Ifraël, a branlé 



PSEAVME LXVIII. *S»3 

Regardant ton vifage : 
Cefl toi, puifïant Dieu,qui as fait 
Dégoutter la pluye à fouhait 
DelTus ton héritage. 

Quand il a eftémal en poinct, 
Tu l'as redreflTé de tout poinct : 
Là tes troupeaux demeurent, 
Tu l'emplis de biens infinis, 
Dont les plus pauures tu fournis, 
Que fans fecours ne meurent. 

C'en; toi, Seigneur, par ta bonté 
Qui as l'argument présenté 
A l'armée publique 
De nos pucelles : qu'on ouït, 
Lors que l'ennemi s'enfuit, 
Prononcer ce Cantique. 



ÎS , 4 PSEAVME LXVIIL 

Or s'en font fuis 1 es grands Rois, 
Les grads Rois,dis-je 6c leurs arrois 
S'en font fuis grand'erre : 
Celles qui n'auoient point forti 
De la maifon ont départi 
Et leurs biens 6c leur terre. 

Quoi que ternis 6c bazanez 
Des ennuis qu'on vous a donnez, 
Vous ne différiez gueres 
De ceux que l'on voit tous nourcis 
D'auoir effcé toujours afsis 
A l'ombre des chaudières. 

Vous reluifez comme feroit 
L'aile d'vn pigeon qui feroit 
De fin argent brunie •: 
Dont le pennage eftincelant 



PSEAVME LXVIII. spj 

Fait fembler l'aile en l'air volant 
Du plus fin or jaunie. 

Car dés lors que Dieu Tout- 
pui fiant 
Alloit les grands Rois renuerfant 
En la terre promife : 
Le païs deuint blanc & beau 
Ainfi que la neige au coupeau , 
Du mont Salmon afsife. 

Pavse. IL (leux 

C'eft le mont de D ieu merueil- 
Au mont de Bafan l'orgueilleux 
M'ont leué jufqu'aux nues ! 
Mots hauts moteZjd'où vient ceci 
Que vous venez heurter ainfi 
De vos roches cornues ? 



i 9 6 PSEAVME LXVIII. 

Il plaift à Dieu de retenir 
Ce mont icy pour s'y tenir, 
Telle efl fa bien-vueillance : 
Aufsi le Seigneur déformais, 
Voire, qui plus en;, à iamais 
Y fera demeurance. 

Anges à grandes légions 
Seruans à Dieu par millions, 
Sont fa gendarmerie : 
Entre laquelle en fon faint lieu 
Corne en Sinanoflre grand Dieu 
Eftend fa feigneurie. 

O Dieu, tu es en haut monté , 
Et de ton ennemi dompté 
As emmené la bande : 
Tu as en après, mis à part 



Tes 



PSEAVME LXVIII. 297 

Tes dons pour nous en faire parc, 
Par ta bonté très-grande. 
• Tu as défait tes ennemis, 
Afin que parmy tes amis 
Tu faces ta demeure , 
Or loué foie Dieu tous les jours , 
Dieu, dis-je, qui de fon fecours 
Nous fouftient Se afTeure. (ueur, 
Noflre Dieu nous eft Dieu Sau~ 
Dieu qui moftre aux fiens fa faueur 
Par mainte déliurance, 
. C'ell; l'Eternel, Seigneur très-fort, 
Qui les ifluës de la mort 
Retient en fa puiflance. 

P AVSE. III. 

C'eftDieu,&non autre,qui ropt 

p p 



293 PSEAVME LXVIII. 

A grands coups la tefte & le front 
De la troupe ennemie : 
Frapant la perruque de ceux 
Qui ne font jamais pareffeux 
En leur méchante vie. 

le défendrai mon peuple éleu 5 
Dit le Seigneur, car il m'a pieu : 
De Bafan l'orgueilleufe 
Sain & fauf tirer je le veux , 
Dehors du gouffre dangereux 
De la mer orageufe. 

Si que ton pied baigné fera 
Dans le fan g qui regorgera 
De la tuerie extrême : 
De tes chiens le fang lécheront 
Et tes ennemis qui cherront, 



P.SEAVME LXVIIL 299 

Voire de leur chef mefme. 

O Dieu, cheminer on ta veu, 
Mon Dieu, mon Roi, & apperçeu 
Marcher auec ton Arche : 
Chantres te deuançoient de prés 
Les joueurs d'inftrumens après 
Marchoient d'vne démarche. 

Auec les tambours au milieu 
Chantoient les louanges de Dieu 
Les filles aflemblées, 
Difans, O race d'Ifraél, 
Louez le Seigneur Eternel 
Ez faintes afîemblées. 

Et là Benjamin efb venu, 
Qui de petit eft deuenu 
Chef des autres Prouinces, 

rT p p * 



3oo PSEAVME LXVIIL 

Iuda le fort s'y eft: trouué, 
Zabulon y eft arriué, 
Nepthali 6c Tes Princes. 

Pavse. IV. 

Ton Dieu t'enuoie ôc te fait voir, 
Ifraél, tout ce grand pouuoir, 
Conduisant ton affaire, 
O Dieu, qui nous veux tant aimer 
Vien cétceuure en nous confirmer 
Qu'il t'a pieu de nous faire. 

De ton faint Temple ta bonté 
Secoure ta fainte Cité, 
Rois te feront offrandes, 
Difsipe donc de toutes parts , 
Auec leurs lances & leurs dards 
Ces armées tant grandes. 



PSEAVMt LXVIII. jox 

Renucrfe tous ces forts taureaux, 
Défai des peuples les troupeaux 
Et toute leur bataille : 
Ren les mutins humiliez, 
Se faifant fouler à tes pieds, 
En t'apportant leur taille. 

Grands Seigneurs d'Egypte 
viendront, 
Mores à grand'hafte étendront 
Au feul Dieu les mains jointes, 
Chantez à Dieu, Princes ôc Rois : 
Pfalmodiez à pleine voix 
Ses louanges tres-faintes. 

le dis le Seigneur glorieux, 
Plus haut monté que tous les cieux 
Qujil a formez lui-mcfme : 



ïoz PSEAVME LXVIII. 

Qui fait alors qu'il veut tonner 
Haut fa groflfe voix refonner 
Par fon pouuoir fupréme. 

Confeflez qu'il eft Tout-puiffant 
Sur Xfraél refplendiflant 
En fa gloire indicible : 
Qui a dans le ciel éleué 
Certain témoignage engraué 
De fa force inuincible. 

O Seigneur, tu es redouté 
Pour ces lieux ou ta fainteté 
Eft ainfi efpanduê, 
Dieu d'Ifraéî, tu es celui, 
Qui es de ton peuple l'appui , 
Gloire t'en foit rendue. 



. PSEAVME. LXIX. 303 

PSEAVME LXIX; T. D. B. 

HElasi Seigneur, je te pri'fau- 
ue moi , (l'ame: 
Car les eaux m'ont faifi jufques à 
Et au bourbier très-profond ôc 
infâme (voi. 
Sans fond ni riue enfondré le me 
Ainfi plogé l'eau m'eporte> fi las 
De m'efcrier, que i'en ai gorge 
feche: (foulas, 
Et de mon Dieu attendant le 
De mes deux yeux la vigueur fe 
defTeche. ( tort 
l'ai contre moi helas \ ôc à grand 
Plus d'ennemis que de cheueux 
en tefte : 



J04 PSEAVME LXIX. 

Ceux qui ma mort voudraient 

voir toute prefle, 
Et sas raifon,ie vois predre renfort. 
Ainfi faudra que par moi foit 

rendu ( connoiftre, 

Ce que n'ai pris. ODieu,tufçais 
Si iefuisfol, corne ils ontpretedu 
Et mon forfait caché ne te peut 

eftre. (ton pouuoir 

O Seigneur Dieu, qui peux fous 

Faire trembler des armes la puif- 

fance, (fiance, 

Fai que ceux-là qui ont en toi 

Hôte par moinepuifsêt receuoir. 

Dieu d'Ifraélj ceux qui t'ont 

reclamé, 

Ne 



PSEAVME LXIX. 305 

Ne foient rendus honteux par 

mon dommage ( blafmé, 
Car c'eft pour toi que fuis ainfi 
Et que vergogne a couuert mon 

vifage. Pavse. I. 

Mes frères m'ot tenu pour étrager 

Méconnu m'ont les enfans de ma 

mère : ( j'efpere,. 

Car de ton Temple,ô Dieu en qui 

Le zèle ardent effc venu me mager. 

De ces méchas dont tu es blasoné 

l'ai defïus moi fenti tomber le 

bîafme : (jeufné, 

Las ! jai pleuré, 6c mon ame a 
Mais tout cela m'eil tourné en 

diffame 

0.q 



30 <ç ,PS,I.AVME LXIX. 

Veftu me fuis d'vn fac en ce 

dur temps , 

Mais je leur ai ferai de farcerie : 

Entre les grâds je fers de moquerie 

Aux baquet-eurs de ris & paiTe têps. 

Mais, ô mon Dieu, i'ai vers toi 

mon recours, 

En la faifon de ta volonté bonne, 

Las^répon moi ainfi corne le cours 

De ta bote & feur fecours l'ordone. 

Déliure moi de ces bourbiers 

profonds, (fondre: 

Et ne permets que du tout l'y en- 

Deliure moi quand on me veut 

confondre, 
Et de ces eaux qui n'ot riue ni fôds 



PSEAVME LXIX. 307 

Fai que le fil de cette eau où ie fuis 
Point ne m'em port e,& qu'au gouf- 
fre ie n'entre, (puits 
Fermant fur moi la gueule de fon 
Pour m'engloutir au profond de 
fon ventre. ( pitié : 
Ta bonté n'eft que douceur 6c 
Exauce moi, Seigneur, en mes 
demandes : (grandes, 
Déployé en moi tes pitiez les plus 
Pour me montrer vifage d'amitié. 
Ne cache point ton regard glo- 
rieux 
A ton feruât:car ie fuis en détreiTe, 
Haffce toi donc, ô Dieu très gra- 
cieux, 



3 o8 P'SEAVME LXIX. 

D'oûir la voix que ton feruant 
t'adreiTe. 

P a y s e . IL 

Approche toi en mon aduerfité 

De ma pauure ame, & racheté 

ma vie, ( nemie, 

Voire en dépit de la troupe en- 

Vien me recourre en ma captiuité. 

Tu fçais très-bien l'opprobre où 

ie fuis mis , ( m'a faite : 

Quel deshonneur, qu'elle honte on 

Deuant tes yeux font tous mes 

ennemis, 
Et as d'iceux conoifïance parfaite. 
Opprobre m'a rompu le pau- 
ure cœur, 



PSEAVME LXIX. 309 

Las ! ie languis, sas trouuer affiftace 
D'homme viuant, quoi que j'eufTe 

efperance 
Que l'o auroit pitié de ma lagueur. 
Quand j'efperois l'aide que ie 
n'ai pas, (_ uée 

Suport ni aide en nul lieu n'ai trou- 
Us mot doné du fiel en mon repas, 
Ec de vinaigre ont ma foif abreu- 
uée. (qu'ils font, 

I Fai que leur table,Ôc les banquets 
Soit vn appaftqui leur vie exter- 
mine : 
Fai leur tourner en mortelle ruine 
Tout le plaifir ôc le repos qu'ils ont. 
Obfcurci leur la veûe tellement, 



3 io PSEAVME LXIX 

Que de leurs yeux toute clarté 

s'en aille: (lement, 

Romps-leur les reins continuel- 
Si qu'en marchant pieds & force 

leur faille. 

Pavse. III. 
Repan fur eux ton indignation 
Vien les faifir, en ta fureur dépite 
En leurs maifons, fans qu'vn feul 

y habite, 
Tout foit defert en defolation. 
Car d'affliger celui que tu frap- 

pois, (honte : 

Ces mal-heureux n'ont eu aucune 
Etfi quelqu'vn tu bleffesvne fois, 
Incôtinat so mal-heur fert de cote. 



PSEAVME LXIX. 311 

Entaffe leur pèche defïus péché 
De ta bonté foit leur troupe bânie : 
Soient effacez de tonliure dévie 
Qu'auec les bons leur nom ne foit 

couché. ( à moi, 

Quelque affligé & dolent, quant 

Quores ie fois, tu feras ma retraite 

Dont chanterai, ô Dieu le nom 

de toi , 
Magnifiant ta louange parfaite. 
Et ces chanfons au Seigneur 

mieux plairont (neporte: 
Que bœuf ni veau qui ogleôc cor- 
Tous craignans Dieu & gens de 

bonne forte (ront 

Seront i oyeux alors qu'ils me ver- 



3 iî PSEAVME LXIX. 

Et là defTus le cœur leur reuiêdra 
Car Dieu entend les plus pauures 

du monde: (tiendra 

Le Seigneur, dis-ie , en mépris ne 

Les fies ferrez en la folTe profonde. 

Terres & cieuxjoûez fes grand's 

bontez, 
Mer, ôcpoifsos qui nages enicelle 
Car Dieu viendra garder Sion la 

belle, 
Et baftira de Iuda les citez. 
Là demeurrot les feruas du Seign. 
Pour s'y tenir , & eux & leur lignée 
Et de tous ceux qui aiment fon 

honneur 
La demeurace eft en elle afsignée 

PSEAVME 



PSEAVME LXX. 313 

Pseavme LXX. T. D. B, 

ODieu où mon efpoir j'ai mis, 
Vien foudain à ma deliurace 
Seigneur, que ton aide s'auance 
Encontre tous mes ennemis. 

Quicoques pourchafle mon ame 
Soit rempli de honte '& démoi : 
Quiconques, dis-je, en veut à moi 
Tourne en arrière tout infâme. 

Ceux qui defïus moi pourchafle 
Ont dit, Ha, ha, à gorge ouuerte 
Puiflent auoir pour leur deflerte 
Le deshonneur qu'ils m'ont bradé. 

S'égaye de ton afsiftance 
Quiconques à vers toi recours : 
Quiconques aime ton fecours 

R r 



314 PSEAVME LXX. 

Chante à jamais ton excellence. 

O Dieu accour haftiuement 
Vers moi tant pauure & miferable 
Tu es mon aide fecourable, 
Seigneur fecour moi viftement. 

Pseavme LXXI. T. D. B. 

I'Ai mis en toi mon efperance, 
Garde moi donc, Seigneur, 
D'éternel déshonneur: 

Ottroye moi ma deliurance 
Par ta mifericorde, 
Et ton fecours m'accorde. 

Ten moi ton oreille ôc me garde 
Sois mon lieu de recours 
Où j'entre tous les jours. 

Tu as mandé ma fauue-garde, 



PSEAVME LXXI. 315 

Car je n'ai forte place 
Ni chafteau, que ta grâce, (me, 
Hors de la main du méchat hom- 
Hors, dis-ie de la main 
Du peruers inhumain. 

Tire-moi,mon Dieu,car en some 
le m'attens & adreffe 
A toi dés ma ieunefle. 

Dés lors que naifTance i'ai prife, 
Sortant du fonds du corps 
Dont tu m'as mis dehors. 

I'ay fur toi ma fiance afsife : 
Ta gloire haut dreiTée : 
lai fans caffe annoncée. 
P A v s e. I. 
On ma tenu pour moftre eflrange 



Rr a 



Ii6 PSEAVME LXXI. 

Toutefois fi es-tu 
Ma force 8c ma vertu. 

Fai que tous les iours ta louange 
Et ta gloire excellente 
A pleine vois ie chante. 

Au temps de vielleffe chenue 
En mon infirmité* 
Point ne fois reietté. 

Quand ma force à rien deuenuè 
Delairra ma perfonne , 
Ta main ne m'abandonne. 

Car de mes ennemis la bande 
Contre moi proprement 
A tenu parlement : 

Et contre moi de fureur grande 
Ceux qui mon ame épient 



PS E AVME LXXI. 317 

Tous enfemble fe lient. 

Sus, fus, difent-ils,qu'on l'êpoigne 
Il eft laiiTé de Dieu, 
Sans fecours d'aucun lieu. 

O Dieu, ta face ne s'éloigne: 
Mon Dieu, vien toft eftendre 
Ton bras pour me défendre. 

Tous les ennemis de ma vie 
Soient confus & perdus : 
Soient de honte efperdus. 

Ceux qui de me nuire ont enuie, 
Tandis qu'en patience 
l'attendrai ta deffenfe. 

Pavse. II. 

Outre ta louange ordinaire, 
Ma bouche annoncera 



318 PSEAVME LXXI. 

Ta juftice, & dira. 

Les grâces que m'as daigné fairei 
Nonobstant que le conte 
D'icelles me furmonte. 

le cheminerai d'afleurance , 
Contemplant les hauts faits 
Que le Seigneur a faits : 

Et maintiendrai la fouuenance 
De tes feules juftices, 
Et très-grands bénéfices. 

Enfeigné m'as dés ma jeunefle ? 
Tes merueilles aufst 
l'ai dites jufqu'ici. 

Docquesenma blachevieilleffe 
Ne me délaiffe encore, 
O mon Dieu que j'adore. 



PSEAVME LXXI. 319 

Tant que ta force aye cpntée 
Aux viuans , & à ceux 
Qui viendront après eux. 

Ta Iuilice eft en haut montée, 
O Dieu : car nompareilles 
Sont tes grandes merueilles. 
Pavse. III. 

O Dieu,qui cft à toi femblable ? 
Qui m'as tant de trauaux, 
Tant fait fentir de maux : 

Et puis par ta main fecourable 
Ma vie ia perdue 
Derechef m'as rendue. 

Des creux abyfmes de la terre 
Me tirer il t'a pieu, 
Tu as mon règne accreu. 



5 28 PSEAVME LXXI. 

Et quand on m'a fait forte guerre 
Me tournant ton vifage 
Tu m'as donné courage. 

Aufsi , mon Dieu, fur mes violes 
Sera l'honneur chanté 
De ta fidélité : 

Saint d'Ifraél , qui me confoles 
Il faut que mon luth ioûe 
Pfeaumes que ie te voue. 

Mes leures d'vne ioye extrême 
Pfalmodieront, Seigneur, 
Ta gloire & ton honneur. 

Mon ame répondra de mefme 
Eftant toute éleuée 
Vers toi qui l'as fauuée. 

Ma langue aufsi pour ta iuffcice 



Sans 



.DP SE A V ME LXXl. 311 

Sans celle publier - 
le te veux dédier. 

Car de mes haineux la malice 
De honte as efperduè , 
Et du tout confondue. 
Pseavme LXXII. C. M. 

TEs jugemens,Dieu véritable 
Baille au Roi pour régner: 
Vueilles ta iuftice équitable 
Au fils du Roi donner : 

Il tiendra ton peuple en iuftice, 
Chafïant l'iniquité : 
A tes pauures fera propice, 
Leur gardant équité. 

Les peuples verrot aux motagnes 
La paix croiftre & meurir , 

s f 



jaa PSE&VME LXXI1. 

Et par coftaux & par campagnes 
La iuftice fleurir. 
Ceux du peuple eftas en deftrelTe 
L'auront pour defenfeur : 
Le pauure il gardera d'opprefle, 
Rebuttant l'opprefTeur. 

Ainfrvn chacun & chacune , 
O Roi, t'honnorera 
Sans fin, tant que Soleil 2c Lune 
Au monde éclairera. 

Il vient comme pluye agréable 
Tombant fur prez fauchez, 
Et comme rofée amiable 
Sur les terroirs fechez. 

Lui régnant, fleuriront par voye 
Les bons & gracieux 



PSEAVME LXXII. 3 ij 

En longue paix, tat qu'on ne voye 
De Lune plus aux. deux. 
D'vne des mers large & profonde 
Iufques à l'autre mer, (monde 
D'Eupbrate jufqu'au bout du 
Roi (e fera nommer. 

E th i opes viendront gran d' erre 
S'encliner deuanl lui, < A 

Ses haineux baiferont la terre, 
A l'honneur d acelui. : 

Rois d'Ides 6c de lamer creufe 
Viendront à luilpreCens,, 
Et Rois d'Arabie Fkeureufe, : 
Pour lui faire prefens. 

Pivs Bqj .: i ( doulïe 

Tous autres Roi* viendront ïans 

S fa 



?4 g. ESEAVME LXXIL 

À îui-js'humilier 

Et le voudra nation toute ! 

Seruïr & {upplier. 

Car deliurance il donra bonne 
Au pauure à lui pleurant, 
Et au chetif qui n'a perfonne 
Qui lui (oit fecourant. 

Aux affligez & miferabliés 
Sera, doux ôc piteux : 
Sauuant les vies lamentables 
Des pauures iburïreteux : 

Les gardera de violence, 
Et dol pernicieux, 
Ayant leur fang par fa clémence 
Très-cher ôc précieux. I 

Chacun viura, l'or Arabique 









PSEAVME LXX1L 325 

A tous départira : 

Dont fans fin ce Roi magnifique 

Par tout on bénira. 

De peu de grains force blé,some 
Les efpics chacun an 
Sur les monts bruirot en rair,come 
Les arbres du Liban. 

Fleurira la troupe ciuile 
Des bourgeois & marchands» 
Multiplians dedans 3a ville 
Comme herbe par les champs. 

Sans fin bruira le nom & gloire 
De ce Roi nompareil : 
De fon renom fera mémoire 
Tant qui aura Soleil. 

Toutes nations afïeurées 






? i6 PSE.AVME LXXIL 

Sous ce Roi vigoureux, 

S'en iront vantans bien-heurées, 

Et le diront heureux, 

Dieu le Dieu, des Ifraélites, 
Qui fans fecours d'aucun 
Fait des merueilles non petites, 
Soit loué d'vn chacun. 

De fa gloire tres-accomplie 
Soit loué le renom , 
Soit toute ia terre remplie 
Du haut 1 os de fon nom. 

Fseavme LXXIII. T.D.B. 

SIeft-cequeDieu eft très-doux, 
A fon Ifraél, voireà tous 
Qui gardent en toute droiture 
Leur confcience entière .& pure , 



.PSEAVMîEL XXIII. 317 

Mais j'ai efté tout prefl à voir 
Mes pieds le bon chemin laifleiè 
Et mes pas tellement gliiTer 
Que me fuis veu tout preft de 
choir* 

Car j'eftois enuieux du bien 
De ces fols qui ne valent rien, 
Et ne pouuois fans grand' mal-aife 
Voiries méchans tant à. leuraife. 

Car détenus ils ne font point 
Des langueurs tir ans à la mort : 
Ils ont le corps alaigre .& fort, 
Ils font difpos & en bon poincT:. 

Quand tout le monde efl en 
trauaux, 
Ceux-ci n'ont ni peine ni maux: 



jx8 PSEAVME Lxxrn. 

Si quelque affliction nous dopte, 

Ceux-ci ne fe trouuent du conte. 

Pourtant l'orgueil comme vn 
carquant 
Lace leur gros col arrogant : 
Et font d'outrages ces peruers, 
Comme d'vne robbe couuerts. 

La greffe leur pouffe les yeux 
Hors.de leur chef malicieux : 
Ec bien fouuent ; ont d'auantage 
Que. n'a defiréleur courage. 

Sont -dtiïblus eri tous leurs faits, 
Parlent âes faux tours qu'ils ont 

faits 
Aux iufles par eux tourmentez, 
Et parlent comme hauts montez 



PAVSE. I. 



PSEAVME LXXIII. 319 

Pavse. I. -(d'aller 

Leur bouche entreprend bien 
Iufques au ciel pour en parler : 
Leur langue tant faufleôc vilaine, 
Par tout le monde fepourmeine. 

Et les enfans de Dieu pourtant 
Reuiennent toujours à ceci, 
En fe voyant verfer ainfi 
L'eau d'angoifïeàboire d'autant. 

Et s'en vont difans, L'Eternel, 
De fon haut trône fupernel 
E(t-il pofsible qu'il regarde 
Ici bas pour y prendre garde? 

Ceux-ci ne valent rien du tout 
Et toutesfois on voit comment 
Ils viuent tant heureufement, 

T t 



33<> PSEAVME LXXIII. 

Munis de biens jufques au bout. 

Pour néant donc ai-je taché 
Que mon coeur ne fuir, entaché, 
Et par foigneufe diligence 
Laué mes mains en innocence. 

C'eft donc à tort que fuis féru, 
Et affligé journellement : 
En vain reçois ie chaftiment 
Dés que le iour eft apparu. 

Mais voulant vfer de ces mots, 
le pécherai en mes propos : 
Car, quoi que (bit , voila la race 
Des enfans de ta fainte grâce. 

Pourtant j'ai tafché grandemét 
A me refoudre fur cela : 
Mais toujours ce poin£fc me sebla 



PSEAVME LXXIII. fft 

Fafcheux à mon entendement. 

Iufcjues à tant qu'au facré lieu 
Suis venu du temple de Dieu : 
Dés méchans la dernière iffuë 
Alors ai-je bien apperceuè. 

Quad tout eft dit, telles gens font 
En lieux dangereux & gliflans: 
Aufsi tout foudain renuerfans 
Aux creux abyfmes ils s'en vont. 
Pavse. II. 
Lors chacun s ébahit comment 
Ils ont peu tant foudainement 
Ainfi défaillir & fe fondre, 
Et tant horriblement confondre: 

Entre les humains effacé 
Sera le luftre de leur bien , 

T h 



j-ja PSEAVME LXXIII. 

Ainfi qu'vn fonge qui n'effc rien, 
Dés que le dormir eft pafle. 

Si eft- ce qu'en mon penfement 
le me troublois fort aigrement: 
Iefentois, dis-je, ma penfée, 
Bien fort poignante ôc offenfée. 

Mais i'auois perdu mes efprits 
Mefmemét ie n'eftois point moi, 
Mais vne befte deuant toi, 
Quand à toi; ainfi ie me pris. 

Or quelque aflaut qu'aye fehti 
l'ai toujours tenu ton parti : ( fes 
D'autat qu'en mes grades oppref- 
Tu prés ma main , & me redrelTes. 

Le confeil que m'as ordonné, 
Me guidera fidèlement: 



PSEAVME LXXIIL 333 

Tant qu'à gloire & contentement 
le ferai en fin amené. 

De tout ce qn'au ciel i'apperçoi, 
Qui fera mon Dieu fors que toi? 
Me forgerai-ie en ce bas monde 
Quelque diuinité féconde? 

le fens ma force défaillir, 
Seigneur, 6c mon coeur empiré: 
Mais tu m'es vn roc afleuré, 
Et appui qui ne peut faillir. 

Car celui qui t'éloignera, 
Il eft feur qu'il renuerfera : 
Et faut que tout homme perifïe 
Qui n'eft loyal à ton feruice. 

A toi me veux donc adrelTer, 
Car mieux ne me peut auenir, 



334 PSEAVME LXXIII. 

QuamoDieu toûiours me tenir, 
Ec fes merueilles annoncer. 
Pseavme LXXIV. T.D.B. 

DOù vient, Seigneur , que tu 
nous as épars, 
Et Ci long-teps ta fureur enflamée 
Vomir fur nous tat efpefle fumée, 
Voire fur nous les brebis de tes 
parcs ? ( acquefté 

Las ! fouuien-toi de ton peuple 
De fi long-têps de ce tie héritage, 
Qu'as acheté,& pris en t5 partage, 
De Sion,dis-ie, où ton fiege a efté. 
Debout, Seigneur, vien pour 
exterminer 
A tout iamais la facrilege bande, 



PSEAVME LXXIV. 555 

Doc la fierté a bien efté fi grande, 
D'ofer ainfi ton faint lieu ruiner. 

Là où iadis tes faits furet châtez 
Là ont ietté leurs cris efpouuan- 
tables, (nables, 

Là ont drefle leurs trophées dam- 
Là mefme ils ont leurs trophées 

• olantez. (uers. 

Chacun a veutrauailler cesper- 

A démolir ta fainte forterefTe, 

Comme au milieu d'vne forefi: 

épefie, ( uers. 

Menans la hache à tors 6c à tra- 

Tes beaux lambris taillez fi ri- 
chement, 
Dot ta maiso nagueres fut orneé, 



Il6 PSEAVME LXXIV. 

Auec grands coups de hache Ôc 

decoignée, (ment. 

Sont maintenant brifez entiere- 

Us ont, helas s de leurs mains 

embrafé (bernacle 

Le propre lieu de ton faint Ta- 

Et violé de ton Nom l'habitacle 

Lequel ils ont entièrement rafé. 

Sus, ont- ils dit, faccageons les 

du tout, 

Et fur cela d'vne mortelle guerre 

Tous les faints lieux qui furent en 

la terre, ( bout. 

Us ont par feu confumez iufqu'au 

P A V s E . I. ( couftumé 

Las i nous n'auons nul figne ac- 



De 



PSEAVME LXXIV. &j 

Detafaueur, Prophètes nous dé- 






faillent: (baillent, 

Nous n'auons nuls qui adrefTe nous 

Quad cédera tô courroux allumé? 

Iufques à quand , ô Dieu fouf- 

friras-tu? (face, 

Que l'ennemi tant d'outrage te 
Eit-ce à jamais qu'vne fi grande 

audace 
Méprifera de ton Nom la vertu ? 
D'où vient cela que ta main tu 

retiens, (tires? 

Et que de nous ta dextre tu re- 
Si faut-il bié vn iour que tu la tires 
Hors de ton fein, pour fecourir les 

tiens. 

V v 



•338 PSEAVME LXXIV. 

C'efttoijô Dieu,qui d'anciéneté 

Jvfas gouuerné, ôc deuant tout le 

monde: (fonde 

Quand i'ai efté en peine plus pro- 

Hors du dâger mille fois m'as ietté 

Tu as fendu la mer par to pouuoir 

Et das les eaux afsomé les baleines 

Si que les bords ôc riues toutes 

pleines (fis voir. 

De monftres grands accablez nous 

Tu as baillé le grand monftre 

des eaux 

Aux habitas du defert pour viade : 

Tuas tiré par ta puifTance grande 

Hors du rocher fontaines & ruif- 

feaux. 



PSEAVME. LXX'I V. 339 

Tu as tari des grands fleuues le 

cours : ( humide : 

Le iour eft tien, tienne efl lanuicl: 

Car c'eft ta main qui a fait ôc qui 

guide. (iours. 

Du beau Soleil la clarté tous les 

C'eft toi qui as félon ta volonté 

Diftribué de ce monde l'efpace : 

L'eftébruflant, & l'hyuer plein de 

glace , 
Ne font-ils pas oeuure de ta bote ? 
Pavse. IL 

Souuienne toi corne tes ennemis, 

G Eternel, ta gloire ont abaiffée : 

Et cette gent d'vne rage infenfé'e 

De mépnfer ton faint Nom s'eft 

permis, 



34 o PSEAVME LXXIV. 

Ne Iiure point encre les mains, 
hélas; (relie: 

De ces cruels, ton humble tourte- 
N'oublie point d'oubliance éter- 
nelle (foulas. 
Les tiens qui n'ont ni fecours ni 
Souuienne-toi de l'accord qu'as 
traitté, 
Veu que la terre ainfi qu'enfeuelie 
En nuit profonde , & de méchans 

remplie, 

Gémit deflous tel faix d'iniquité, 

Ne fourTre point retourner tout 

honteux ( ottroye , 

Ton ferf foulé : plûtoft Seigneur, 

Iufle argument de chanter en 

grand joye 



PSEAVME LXXIV. 341 

Ton nom tres-faint aux pauures 

fouffreteux ( Seigneur, 

Eueille-toi, pourfui ton droit, 

Souuienne-toi de cet outrage in- 
fâme 

Dont cette gêt infenféete blafme 

De iour en iour,dépitat to honeur. 
N'oublie point leurs cris tous 
pleins de fiel, 

Ni de la gent cotre toi outrageufe 

Le bruit tant plein de rageimpe- 
tueufe (au Ciel. 

De plus en plus montant iufques 

Pseavme LXXV. T. D.B. 

O Seigneur, loué fera, 
Loué fera ton renom : 



34 î PSEAVME LXXV. 

Car la gloire de ton Nom 
Prés de nous s'approchera : 
Et de nous feront chantez 
Les hauts faits de tes bontez. 

Eftant mon terme venu, 
le iugerai droitement, 
Du pais le fondement 
S'en va, s'il n'eft fouftenu : 
Mais (es pilliers ja déjoints , 
Par moi feront ton; réioints. 

Ne foyez plus infenfez , 
Dirai-je à ces étourdis : 
Et vous méchans tant hardis 
Voftre corne ne drellez : 
Ne dreflez la corne en haut, 
Parlant plus gros qu'il ne faut. 



PSEAVME LXXV. $45 

Car ce n'en; point du Leuant, 
Ponent, ni Septentrion, 
Que vient l'exaltation, 
Ni grandeur, d'homme viuant : 
Dieu feul régnant à fon gré, 
HauiTe &: baifle le degré. 

Dieu tient en fes fortes mains 
Vn vaiffeau tout rougilTant 
Du vin, dont le Tout-pui(Tant 
Verfe deffus les humains: 
Tous les méchans en boiront, 
Et la lie en fucceront. 

Pendant ce temps en mes chants 
Du Dieu de Iacob les faits 
le veux chanter à iamais, 
-Rompant la corne aux méchans: 



344 PSEAVME LXXV. 

Mais les bons tout au rebours 
Seront hauflez tous les iours. 

Pseavme LXXVI. T.D.B. 

C'Efl en ludée proprement, 
Que Dieu s'eii acquis vn 
renom : 
Oeil en Ifraél voirement, 
Qu'on voit la force de fon Nom 
En Salem eft fon Tabernacle, 
En Sion fon faint habitacle. 

La voit on par lui fracaflfez , 
Auec vn effort nompareil , 
Traits, arcs, efcus glaiues caiTez , 
La guerre 6c tout fon appareil , 
Motras fes faits bié plus terribles, 
Que ces brigadsne sot horribles. 



PSEAVME LXXVI. 345 

On a pillé comme endormis, 
Ces coeurs tant braues & hautains: 
Ces preux & vaillans ennemis 
N'ont iamais fçeu trouuer leurs 

mains, . 
Vn feu] mot qu'en ire tu jettes, 
Endormit cheuaux & charretes. 

Tu es terrible & plein d'effroi, 
Toi, dis-je, & non autre qui foit : 
Et qui durera deuant toi, 
Dés que ton courroux s'apperçoit? 
Du Ciel a tonné ta fentence , 
Terre en trembla, & tint filence. 

Alors, ô Dieu • tu te leuas, 
Pour tes: iugemens prononcer, 
Et aux plus petits d'ici bas, 

Xx 



3 4 6 PSEAVME LXXVI. 

Leurs deliurances annoncer : 
Car les humains en leur colère 
Sont la matière de ta gloire. 

Quelque iour tu viedras trouiTer 
Le refte de ces furieux : 
Sus donc, qu'on vienne s'amafler 
Pour voiier & payer (es voeux, 
Vous qui auez à toutes heures 
Autour du Seigneur vos demeures 

Offrez vos dons à lui qui eft 
Terrible à venger Ton mépris, 
A lui qui peut, quand il lui pïaift 
Vendanger des Rois les efprits : 
Plein de frayeur épouuantable 
Aux Rois de la terre habitable. 



PSEAVME LXXVII. 347 

Pseavme LXXVII. T.D.B. 

A Dieu ma voix j'ai haulTée, 
Et ma clameur adrefTée : 
A Dieu ma voix a monté, 
Et mon Dieu m'a efcouté. 

Au jour de ma grand' détrefTe, 
Dieu a efté mon adrefle, 
Et du foir au lendemain 
le lui ai tendu ia main. 

Mon ame en telle greuance 
Refufoit toute alegeance : 
Mon Dieu mefme m'eflonnoit 
Alors qu'il m'en fouuenoit. 

Quoi que d'affection grande 
Iefiffe à Dieu ma demande, 
Mon coeur plein d'aduerfité 

Xx» 



548 • P SE A VME. LXX VII. 

Sans celle efloit agité. 

Toujours ouuerte ma veuë 
Efloit de Dieu retenue, 
Et n'auois tout abbatu , 
De parler nulle vertu. 

Alors la faifon paflée 
Me reuint en la penfée, 
Et les ans pieça paiTez 
Furent par moi repenfez. 

De ma harpe chanterelle 
Il me fouuenoit fans cefle, 
Et mon coeur rempli d'ennuis 
Meditoit toutes les nuits. 

Toute mon intelligence 
Cherchoit à grand' diligence 
L'iiTuë de tout ceci , 



PSEAVME LXXVII. 34? 

Et me complaignois ainfi : 

Eft-ce à iamais que la grâce 
De l'Eternel me déchafle? 
Eft-il dit que déformais 
Il ne m'aimera iamais. 

Cette bonté tant prifée 
Eft-elle toute efpuifée? 
N'aura jamais plus de lieu 
La promeiTe de mon Dieu ? 

Pavse. 

Dieu n'a-il plus fouuenance 
D'vfer de fa bien-vueillance ? 
Me clorra-t'il fa bonté 
Par fon courroux furmonté? 

•C'eft , ai-je dit, à cette heure 
Que mo Dieu veut que ie meure : 



35o PSEAVME LXXVII. 

Le Souuerain a changé 
Le bras qui m'a foulage. 

Puis me vinrent en mémoire 
Ces grâds exploits pleins de gloire 
Et les terribles effets 
Des grands efforts qu'il a faits. 

Lors par moi confiderées 
Furent fes oeuures facrées y 
Et de [es faits deuifant. 
Voila que i'allois difant: 

O Dieu, ce que tu fçais faire 
Se voit en ton San&uaire, 
Et n'y a diuinité 
Pareille à ta Deïté. 

O Dieu tu fais les merueilles,- 
Qui font du tout nompareilles: 



PSEAVME LXXVIL $Jï 

C'eft: toi qui fais ton pouuoir 
Aux peuples apperceuoir. 

Tu as par ta force adextre 
Recoux ton peuple, & fait eftre 
Du bon Iacob les enfans , 
Et de Iofeph triomphans. 
Les eauxjes eaux,dis-ie,en crainte 
Ont veu ta maiefté fainte, 
Et l'abyfme plus profond 
En a tremblé iufqu'au fond. 

Alors les plus groffes nues 
Ont leurs grande eaux efpandues 
Et du fon qui en fortit, 
Tout ce haut ciel retentit. 

Cà ôc là tes traits volèrent, 
Tes gros tonnerres roulèrent, 



35* PSEAVME LXXVII. 

Et d'vn éclair enflammé 
Fut tout le monde allumé. 

Terre en trembla longue efpace 
Puis fans laiffer nulle trace, 
Au trauers des grandes eaux 
Tu fis fentiers tous nouueaux : 

Tant que tu as en franchife, 
Par Aaron Se par Moyfe, 
Comme tes brebis mené 
Le peuple à toi affigné. 

PseavmeLXXVIII. T.D.B. 

S Ois ententif mon peuple à ma 
doctrine , 
Soit to oreille entieremet encline 
A bienouir tous les mots de ma 
bouche : 

Car 



PSEAVME LXXVIII. 35 j 

Car maintenant il faudra que ie 

touche 
Graues propos , & que par moi 

foient dits ( jadis. 

Les grands fecrets des œuures de 

Oeuures par nous iadis bien ef- 

coutées, (citées, 

Quand nos ajeuls nous les ont re- 
Qu'à leurs enfans voulons faire 

connoiilre : ( naiflre, 

Voire à ceux-là qui font encore à 
Le los, la force, & merveilleux 

pouuoir (fçauoir. 

De ce grand Dieu voulons faire 

Dieu en Iacob fon alliance a 

mife, 



354 PSEAVME LXXVIII. 

En Ifraêl il a fa loi afsife, 
Et ordonné qu'elle fufl enfeignée 
Par nos ayeuls de lignée en lignée : 
Si qu'vn tel bien à la pofterité 
De père en fils toujours foit recité. 
Afin qu'en Dieu foie toute leur 

attente, 
Et de fes faits la mémoire preséte, 
A biê garder fes flatuts les appelle : 
ÎSTenfuiuans point le cœur traiftre 

& rebelle 
De leurs majeurs, qui n'ont eu le 

cœur droit, (adroit. 

Ni enuers Dieu l'efprit ferme ôc 

Pavse. I. 
Telle a efté d'Ephraim la fe- 

mence , 



PSEAVME LXXVIII. jjj 

Qui bien armée, auec l'expérience 
De biê tirer n'a fait chofe qui vaille 
Tournant le dos au iour de la 
bataille: (tenu, 

N'ayant deDieulecotract main- 
Ni de fa loi le droit chemin tenu. 
De l'Eternel les œuures 2c mer- 
ueilles, ( reilles 

Veuès par eux grandes & nompa- 
Ils ont tantofl aifement oubliées : 
Les œuures, dis-ie & force dé- 
ployées 
Dedans Egypte, en Soan,& au feu 
De leurs ayeuls qui eux-mefmes 
l'ont veu. (profondes 

Il a fendu les grand's vagues 

Yy 2 



35 (î PSEAVME LXXVIII. 

PalTé fa gent tout au trauers des 

ondes, 
Et retenu la mer emmoncelée, 
Guidé les Tiens de iour par la nuée, 
Et puis drelïé vn grand flambeau 
luifant, (fant. 

Qui toute nuict les alloit condui- 
ra brifé les rocs par fa puifsance 
Pour abbreuuer fon peuple en 
abondance ( veines 

Dans le defert, là où mefmes de 
Des durs rochers il tira les fon- 
taines, 
Et fit partir telle abodance d'eaux 
Qujil en coula fleuues à grands 
ruilTeaux. 



PSEAVME .LXXVIII. 357 

Pavse. II. 

Ce nonobftant derechef ils pé- 
chèrent (rent 
Contre leur Dieu, & ainfi l'irrite- 
Dans le defert, le tentans en eux- 
mefmes : (tremes 
Et pour fournir à leurs defirs ex- 
Ont demandé viande fur le lieu, 
Iufquà venir murmurer cotre D ieu 
Dieu dirent-ils, en terre fi deferte 
Pourroit-il bien donner table cou- 
uerte ? ( forties, 
Du roc frappé grandes eaux font 
Voire foudain riuieres font parties 
Mais pourroit-il donner du pain 
aufsi , 



558 PSEAVME tXXVIII. 

Et puis de chair paifbre fon peu- 
ple ici ? ( flammée 
Dieu les oûic, duquel Tire en- 
Cotre Iacob,fut foudain allumée : 
Dieu, dis-je, émeu de fureur non 

petite, 
Prit en dédain fon peuple Ifraèlite 
Pour n'auoir creu à Dieu, 6c pour 

appui 
N'auoir choifi le falut d'icelui. 

Car ja deuant ces chofes auenûes 

Dieu auoit fait commandement 

aux nues, (porte, 

Et du haut ciel ouuert déjà la 

Pleuuant fur eux la manne en 

telle forte 



PSEAVME LXXVIII. ?59 

Qu'à ces méchans qui crioiehc à 
la faim, ( pain. 

Mefmes du ciel il enuoya du 
Pavse. III. 
L'homme mortel ( merueilles 
bien effranges) ( Anges : 
S'efloit repeu du pain mefme des 
Voire foulé à fuffîfance pleine : 
Dieu toutesfois par fa force fou- 
daine n (vent, 
Fit émouuoir au ciel vn double 
L'vn duMidi,&: l'autre du Leuat. 
Puis fît fur eux menu comme 
poufsiere (manière, 
Pleuuoir la chair ^ voire en telle 
Qujil n'y a point plus de fable au 
riuage , 



3 6o PSEAVME LXXVIIL 

Qj/on vid pleuuoir d'oifeaux par 

cet orage , (g ez » 

De tous'coftez parmi l'oft arran- 
Où ils auoienc leurs pavillons 

rangez. ( gourmande 

Par ce moyen cette troupe 

Fut tout fon foui repeué de viade, 

Dieu leur donnant félon leur con- 

uoitife , 
Leur faim cefla , non pas leur 

gourmandife. 
Mais tous creuez auoient encor 

la chair (mafcher. 

Entre les dents , & la vouloient 

Quand l'Eternel émeut con~ 

tr'eux foh ire 



■ 



Et 



PSEAVME LXXVIIL $61 

Et vint d'entr'eux tous les plus 

gros détruire, 
Puis d'Ifraél mit bas toute l'élite 
Mais pour cela cette race maudite 
Ne laifla pas de pourfuiure fon 

train , 
Etnecreutpoint aux faits du Sou- 

uerain. 

Pavse. IV. 
Voila pourquoi leurs jours & 

leurs années 
Furent bien-toft à néant terminées 
Alors chacu voyat fa mort preséte 
Recherche Dieu 3 ôcà lui fe preséte: 
Dés le matin chacun eft appreffcé 
Pour requérir du Seigneur la bote. 



2 z 



362 PSEAVME LXXVIII. 

Alors chacun fe fouuint qu'en 

détrefTe 
L'Eternel feul efloit leur rorterefïe 
Et que Dieu feul de force fouue- 

raine 
Eftoit celui qui les tiroit de peine : 
Mais quoi que foit rien que fard 

ne fortoit ( gue mentoit : 

Hors de leur bouche, ôc leur lan- 

Car deuant Dieu n eftoit leur 

ame entière, 
Ni véritable en fa-Loi droituriere : 
Ce neantmoins tat il en; pitoyable 
Il effaça leur faute abominable : 
Lesefpargnat?&fouuentfe cotint, 
Et la plufpart de fon ire retint. 



. PSEAVME LXXVIII. 36; 

Il fe fouuint que leur pauure 
nature (riture, 

N'efloit que chair fujette à pour- 
Et comme vn vent qui fans retour 
fe pafle , ( gue efpace 

Combien de fois, & combien Ion- 
Dans le defert ces gens l'ont irrité ? 
Cobien de fois au defert contrifté? 

P A V S E . V. 

A tenter Dieu cette gent ad5née 
A so métier eft toujours retournée 
Comme voulant enclorre en fes 
limites ( lites , 

Le Tout-puilTant, Saint des Ifraë- 
Ne pesas point au bras qu'il fît setir 
A leurs haineux pour 1 es en garétir. 



Z Z 2 



,^4 PSEAVME LXXVIII. 

C'eit lui qui mit fes lignes tant 
horribles (ribles 

Dedans l'Egypte, & miracles ter- 
Dedas Soan faisâtque leurs riuieres 
Deuinret sag,voire coûtes entières : 
Mefmes auisi leurs ruiffeaux, tel- 
lement ( feulement. 
Qu'on n'en euil: peu goufter tant 
Puis enuoya toutes fortes de 
moufches (leurs couches: 
Pour les manger jufques dedans 
Les fît détruire aux grenouilles in- 
fectes, (tes faites 
Donna leurs fruits & vignes tou- 
Aux vermifTeaux, ôc de tous ces 
méchans 



PSEAVME LXXVIII. j55 

Tout le labeur aux cigales des 

champs. (preftes 

Grefla d'en haut leurs vignes déjà 

Sur leurs figuiers enuoya fes tem- 

peftes : 
Tout leur haras meurtrit à coups 

de grefle : 
De foudre & feu leur befbail pel- 

lemefle : 
Bref déchargea fa colère fur eux, 
Sa grand' fureur/ fon courroux ri- 
goureux. ( trance 
Les fit punir &; pourfuiure àou- 
Par 1 es efprits de fa jufte vengeace: 
Fit faire place à fon ire mortelle, 
Sans efpargnenôc dVne faço telle, 



166 PSEAVME LXXVIII. 

Que leur beftail pour leur viure 

ordonné 
Fut à la pefteôc mort abandonné. 
Pavse. VI. 
Dedans Egypte il falut que 

mouruflent 
Tous les aines, en quelque part 

qu'ils fufTent : (trèfle, 

Es pauillons de Cham race traif- 
Dieu fît faillir la fleur de la ieu- 

nefle : ( parcs, 

Puis fît fortir les moutons de ces 

Et les guida par les deferts efpars. 

Il les guida feurement & fans 

crainte (teinte 

Couurit es eaux la multitude ef- 



PSEAVME LXXVIIL 367 

De leurs haineux : leur ouurit le 

paflage 
Pour arriuer à Ton faint héritage, 
Iufques au mot précieux Se exquis 
Que par fon bras lui mefme s'efl: 

acquis. ( leur face, 

Il dechafla les gens deuant 

Donna leur terre à fon peuple en 

leur place, 
Et y logea dlfraël les lignée : 
Mais nonobflant ces grâces fig- 

nalées 
Ils ont tenté & fafché l'Eternel, 
Et not gardé fon contrait folénel: 
Mais en fuiuant la trace men- 

fongere 



368 PSEAVME LXXVIII. 

De leurs ayeuls, font tournez en 
arrière, (ceuable, 

Et recourbez comme vn arc de- 
Par maint' idole ôc feruice dam- 
nabi e : (jaloux 
Ils ont tant fait,que le grand Dieu 
A deiîus eux defployé fon cour- 
roux. 

P AVSE. VII. (vice 
Car l'Eternel informé de leur 
Prit vn defpit fi grand de leur 
malice, (gentéleuë, 

Qu'en defdaignant bien fort fa 
LailTa Silo fa maiso defpourueuè 
Et ce diuin Tabernacle a cjuité 
Où il auoit longuement habité. 

Souffrit 



P S E A V M E L X X V 1 1 1. \6 9 

Souffrit mener fa force prifon- 
niere , ( trière 

Liura fa gloire entre la main meur- 
De l'ennemi, & fa get tatméchate 
A la merci de l'efpée fanglante : 
Ta t fut alors fon courroux allumé 
Contre Ifraël fon héritage aimé. 

Les feux ardés 1 a force deuorerét 
Des jeunes gens : les filles demeu- 
rèrent 

Sans nul feftin ni los de mariage : 

s 

Preftres facrez cheurent en ce car- 
nage : (douleurs 
Les veuues mefmes en fi grandes 
N'ont eu loifir de refpandre leurs 
pleurs. 

A a a 



37° P S E A V M E LXXVHL 

Mais far cela,comme quand la 
perfonne . (fomme 

Apres bien boire engloutie de 
Finalement s'efcrie Se fe reueille > 
Dieu s eueilîa, &: rendit la pareille 
Aux ennemis que derrière il frapa 
Et d'éternel diffame enuelopa. 

Pavse. VIII. 

Mais il quitta de Iofeph l'ha- 
bitacle, i (nacle, 
Et d'Ephraïm laifsat le taber- 
Dedas Iuda prit fa maifon choifie, 
Dedans Sion fa montagne chérie 
Là où fe voit par lui édifié 
Le haut palais à lui feul ...dédié. 
Son palais, dis-je, & maifon dé- 
diée, 



PSEAVME LXXVIIÏ. ê7 i 

Qu'il a lui-mefme à jamais ap- 
puyée 
Autat ou plus que cette terre rode: 
Purs a chûifi feul des hommes du 
monde . (ce (oit, 

Son femiteur Dauid, quoi que 
Au beau milieu des brebis qu'il 
• paiiToit. (peftre, 

hkjil le prit prés fon beftail cham- 
Et lui commit fon peuple pour 
le paiftre ? : ( ta g e > 

Lui commit ? dis-je, Ifraêl fon par- 
Et pour.ee aufsi Dauid de franc 
courage (mené, 

Toujours depuis a ce peuple 
Et fousf a main fagemet gouuerné. 

A a a. ^ 



37* PSEAVME LXXIX. 

Pseavme LXXIX.T. D. B. 

LEs gens* entrez font en ton 
héritage ( outrage 

Ils ont poilu, Seigneur, par leur 
To Téple faintjerufale deftruite 
Si qu'en monceaux de pierres 
lont réduite. 
Us ont baillé les corps 
De tes feruiteurs morts 
Aux corbeaux pour les paiftre : 
La chair des bien-viuans 
Aux animaux fuiuans 
Bois & plaine champeilre. 
Entour la ville où fut ce dur 
efclandre, (dre 

Las>on a veu le fang d'iceux épan- 



PSEAVME LXXIX. 37s 

Ainfi côme eau jettée à l'auenture 
Sans que viuant leur donnai!: fe- 
pulture. 

Ceux qui nos voifins font 
En opprobre nous ont, 
Nous moquent., nous dépitent: 
Nous nous voyons blafmez , 
Et par ceux diffamez 
Qui entour nous habitent. 

Helas ! Seigneur, jufques à quand 

fera-ce ? (de grâce? 

Nous tiendras tu pour jamais hors 

To ire ainfrembrafée ardra-t'elle 

Corne vne grad'flame perpétuelle 

Tes indignations 
Epan fur nations 



374 P S E A V M E LXXIX. 

Qui n'ont ta conno.iflance : 
Ce mal vi en droit à poinét 
Aux royaumes qui point 
N'inuoquent ta puilîance. 
Car ceux-là ont toute prefques 
éteinte 
Du bon lacob la pofterité fainte 
Et. en defert totalement tournée 
La demeurace à lui par toi donée. 

Las [ ne nous ramentoi 
hcs vieux maux contre toi 
Perpétrez à grand's fom mes:. 
Hafte toi, vienne auant . 
Ta bonté nous fauuant y ; 
Car fort affligez fommes* 

F A V S E... 



P. SE.AVME LXXIX. 57; 

Afsifte nous, noftre Dieu fe- 

courable , (vénérable : 

Pour l'honneur haut de ton Nom 

Deîiure nous &te motre propice 

'En efloignat les fléaux de ua juilice 

Qu'on ne die au milieu 
Des gens, Où eil leur Dieu? 



Mais 



puni leurs effenfes 



Vu eil les de toutes parts 
Des tiens îe fang efpars 
Venger en nos prefences. ( vienne 
Des -prifonniers le gemiflement 
Iufques au ciel enlapresëce tienne 
Les condamnez, & ceux qui ja fe 
meurent, ( demeurent. 

Fai que viuant par ton pouuoir 



57 6 PSEVAME LXXIX. 

A nosvoifins aufsi 
En leur feiri endurci 
Sept fois vueilles leur rendre 
Le blafme & des-honneur 
Que contre toi, Seigneur, 
Ont ofé entreprendre. 

Et nous alors ton vrai peuple 
& tes hommes (fommes 
Et qui troupeau de ta pafture 
Te chanterons par fiecles innom- 
brables, ( louables. 
De fils en fils prefchant, tes faits 
Pseavme LXXX. T. D. B. 

OPafteur d'Ifraélefcoute, 
Toi qui conduis la troupe 
toute 

De 



P S £ A V M E L X X X. 377' 

Delofeph ainfi'quvn troupeau : 
Montre nous ton vifage beau, 
Toi qui te fieds en majefté 
Entre les- Chérubins monté. 

Seigneur,£ai marcher ta puifsace 
Deuant Ephraim & t'auance 
Vers Manaflez & Benjamin: 
Radreiïe vers nous ton chemin, 
Afin que parmi ces allants 
Soyons garentis de tous maux. 

O Dieu qui vois comme on 
nous mené, 
Fai que ta bonté nous ramené: 
Fai luire fur nous de tes yeux 
Le regard doux & gracieux: 
Et nous voila hors de tourment 

B B b 



378 PS £ A V ME LXXX. 

Par vn doux regard feulement. 

Iufques à quad>Dieu des armées, 
Seront tes fureurs allumées 
Contre la prière des tiens? 
Tu nous as au lieu de tes biens 
Repeus d'angoiffes & douleurs , 
Tu nous as abreuuez de pleurs. 
Tu nous as cotre nos plus proches 
Mis en querelles & reproches : 
. Nos haineux s'en moquét b i e fort, 
Ra II ie nous ô Dieu très-fort, 
Fai luire fur nous ta clarté, 
Et nous ferons à fauueté. 
P A V S E 

Iadis ta vigne as tranfportée 
Hors de l'Egypte, & l'as plantée 



•PSEAVME LXXX. 37» 

Au lieu dot main peuple as chafle 
Tu lui as fon lieii agencé, 
Si que de ces bourge5s tous verds 
Onaveuleschaps tous couuerts. 
On à veu des monts revendue 
Cachée- en fon ombre efpanduë, 
Et fes rajneaux haut forjettç^ 
C§mme les cèdres hauts montez, 
Et (es jettons loin efpandus 
Du fleuue à la mer eftendus. 

D'où viet qu'ayant ropu fa haye: 
Tu Tas aux pafTans mife en proye? 
D'où viet que les sagliers des bois 
L ont toute gaftée à la fois? 
Pourquoi des chaps les animaux* 
Ont ils deuoré fes rameaux? 

B b b i 



3% d PSEAVME LXXX. ; 

O Dieu des armées retourne, 
Et que d'enhaut to œil fe tourne 
Pour cette vigne vifiter 
Que ta main a daigné planter: 
Ce prouin, dis-je, cultiué, 
Pour rendre ton Nom efleué. 

Lasi elle effcen cendre réduite, 
Elle eft entièrement délimite, 
Tous perifTent par ton courroux, 
Eften ta main, 6 Dieu très-doux, 
Sur l'homme à ton bras appuyé, 
Et que tu tes fortifié. 

Lors nous n'auros jamais enuie 
De te làilTer. Ren-nous la vie, 
Et nous chanterons ton honneur: 
Reftabli nous, dis-je, Seigneur: 



PS|E A VME LXXX.. 3K 

Fai luire fur nous ta clarté, 
Et nous ferons à fauueté. 

PseavmeLXXXI.OT. D. B. 

C Hantez gayement • 
A Dieu noftre force > 
Que tout hautement 
Au Dieu cTIfraél 
Chant perpétuel 
Chanter on s'efforce. 

Qu'on oye chanfons 
De douce mufique : 
Qu'on oye les fons 
De harpe & tambour: 
Le luth à fon tour 
Sonne fon cantique. 

Au premier du mois 



38* PSEAVMÈ LXXXI. 

Sonnez la trompette, 

A toutes les fois 

Quô pour faire honneur 

A fori droit Seigneur 

Ifrael fait fefte. 
Enuers Ifrael 

Telle eft l'ordonnance: 

Car c'eft "l'Eternel 

Qui Fa decretté 
Pour figne arrefté 
De fon alliance. 

Lors que trauerfa 
Sa gent voyagere 
D'Egypte, 6c paflfa, 
Sans qu'elle euft pouuoir 
D entendre ôcfçauoir 



PSEAVME LXXXI. 385 

Leur langue eftrangere. 
Pavsi. Ij 

De deflus Ton dos 
La charge ai oftée,. 
Arrière des pots 
(Labeur inhumain) 
Lai fait que fa main 
Se trouue écartée. . 

Vers moi as couru 
Quand on ta fait guerre : 
le -t'ai fecouru , 
le t'ai exaucé, . m > 
Me tenant muffé 
Dedans mon tonnerre. 

le t'ai éprouué 
Es eaux de querelle , 



3 8 4 PSEVAME LXXXL 

Et t ayant trouué 
D'vn cœur endurci, 
le parlai ainfi 
A ton cœur rebelle: 

Mon peuple, enten moi, 
Et mon alliance 
Ferai auec toi, 
O fi tu voulois 
D'écouter ma voix 
Auoir patience : 

Chez toi tu n'auras 
Autre Dieu quelconque, . 
Et n'adoreras , 
Hors le Sôuuerain, 
Aucun Dieu forain , 
Ne feruiras onque. 



Car 



PS E A V M E LXXXI. S$$ 

Car je fuis ton Dieu 
D'efTence éternelle 
Qui t'ai en ce lieu 
Mis & attiré* • • 
T'ayant retiré 
D'Egypte cruelle. 
Favse. 

Ouure feulement 
Ta bouche bien grande, 
Et foudainement H 

Ebahi feras 
Que tu la verras 
Pleine de viande. ' 

Mais mon peuple éleu 
L'oreille me tendre* 
N'a jamais voulu : 

# CGC 



3 s£ P S E AVM E LXXXI. 

Mefme eftant prié , . 
Ne s'eft foucié 
Iamais de m'entendre. 

Moi donc irrité 
L'ai baillé en proye 
A la dureté 
De fon cœur peruers,' 

A tors ôc trauers , 
Pour fuiure fa voye. 

Helas ! que ma gent 
N'a ma voix ouïe , 
Et que diligent 
Ifraél tout droit 
N'a du chemin droit • 
La fente fuiuie ! 

I'euiïe en moins de rien 



' 



PSEAVME LXXXl &7 

Peu vaincre ôc défaire, 
Tout ennemi Tien , 
Et mon bras tourné 
Euft toft ruiné 
Tout fien aduerfaire* 

Tous Tes ennemis 
Remplis' de détreffe 
Sous lui ) eulTe mis : x 

Et ce temps heureux 
Euft duré pour eux 
Sans fin ôc fans ceffe 

De fleur de froment 
Iamais n euft eu faute, 
Voire abondamment 
le Teufle foulé 
Du miel découlé 
De la roche haute. 




3 38 PSEAVME LXXXII. 

Pseavme LXXII. T. D. B. 

leu eft afsis enl'aiTembîée , 
Des Princes qu'il a afséblée, 
Et des plus Grands e(fc au milieu, 
Pour y prefider comme Dieu. 

lufques à quand, luges iniques, 
Fâirez-vous jugemens obliques , 
Et vers ces médians deceueurs 
Vferez-vous devosfaueurs. 

, Faites aux plus chetifs juftice : 
Iugez pour l'orphelin fans vice : 
Iuftifiez l'homme foulé, 
Et le pauure à tort accablé. 

Garant ifsez de fâcherie 
Le pauure & l'affligé qui crie, 
Et les tirez d'entre les mains 



PSEAVME XXXIL 38^ 

De ces cruels tant inhumains. 

Mais dequoifert Iaremonflrace? 
Ils n'ont efprit ni connoifTance, 
Et fuiuent leuraueuglement, 
Tout deuil il choir entièrement. 

Or elles vous ie.le confefle, 
Comme petits Dieux en hautefle: 
Vous elles, dis-je triomphans* 
Comme eflans de Dieu les enfans. 

Si vous faut-il mourir en Tomme, 
Comme on voit mourir vn autre 

homme : 
Vous princes, fi paflerez-vous , 
Et cherrez comme IVn de nous. 
O Dieui leuetoi à grand erre , 
Et t'en vien gouuerner la terre , 




3<>o PSEAVME LXXXII. 

Car à toi de droit appartient 
Tout peuple que terre fouftient. 

PseavmeLXXXHI.T.D.B. 

ieu 1 ne fois plus à recoi, 
O Dieume demeureplus coi 
Et plus longuement ne t'arrefte : 

Car de tes ennemis la bande, 
S'émouuant de furie grande* 
A contre toi leué la tefte. 

Contre ton peuple proprement 
Us ont. arrefté finement 
Ce que leur malice imagine : 

Et contre ceux qui pour retraite 
Sont retirez en ta cachette 
Toute leur cautelle machine. 
Sus,ont-ils dit ; qu il foient défaits, 



PSEAVME LXXXIII. 391 

Que de ce peuple & de fes faits 
Soit abolie la mémoire: 

Et que du peuple IfraéJite 
Mention grande ni petite 
Ne foit plus au monde notoire. 

Tous contre toi ont conjuré , 
Contre toi ont accord juré 
Iduméens, Ifmaélites. 

De Moab & d'Agar la race: 
Et contre toi leuant la face 
Les Gebalins & Ammonites. 

Les Philiftins ôc Amalec, 
Les habitans de Tir auec 
Toutes leurs forces y defployent: 

AlTyriens en veulent eftre ,J 
E t pour feruir de leur bras dextrc 



39 i P SE V AM E LXXXIII. 

Aux enfas de Loth ils s'employet 
Fai lui comme en autre faifon 

Tu fis fur les eaux de Cifon. 

A Madian en forte guerre. ' 
Quand Sifare & labin périrent 

Dedans En-dor, ôc ne feruirent 

Que d'autant de fiens fur la ttrre. 

. P A V S E. 

Fai leur côme à leur chef Oreb, 
Et à leur autre chef Zeeb, 
AZeba, Salmunâ, leurs Princes. 
Qui auoiët dit que par puiiTance 
Us adjoindraient lademeurance 
De l'Eternel à leurs Prouinces. 

Comme vne bille va roulant, 
Et le tourbillon faboulant 

A fon 



P S E A V M E LXXXIIÎ. #} 

A fon gré le feftu pourmeine: (me 

Corne vn feu qui met tout en fla- 
Vne foreft, & qui enflamme 
Des grâds monts là cime hautaine: 

Ainfi ton orage, ô mon Dieu '• . 
Les pouffuiue, Ôc de lieu en lieu 
Les efpouuante ta tempefté. 

Leur face de honte foit teinte, 
Afin, Seigneur, que par contrainte 
De ton Nom ils facent enquefle. 

Soient de plus en plus efperdus: 
Troublez, honteux, voire perdus: 
Afin qu'ils ayent connoiiTanCe 

Par effet du Nom que tu portes 
D'Eternel, &. qu'en toutes fortes 
Terre te doit obeïiîance. 

D D d 



394 PSEAVME LXXXIV. 

Pseavme LXXXIV. T.D .B. 

ODieu des armées combien 
Le facré* Tabernacle tien 
Eft fur toutes chofes aimable: 

Mon cœur languit.mes fens rauis 
Défaillent après tes parurs , 
O Seigneur Dieu tres-defirable. 

Bref cœur & corps vont s eleuat 
Iufques à .toi, grand Dieu viuant. 

Les paflfereaux trouuent logis: 
Et les hirondelles leurs nids: 
Helas 1 grand Dieu des exercites. 

Mon Dieu mo Roi #ne {ouftenat 
Où eft-ce que font maintenant 
Les autels efquels tu habites? 

Bien-heureux qui en ta maifon 



PSEAVME LXXXIV ;<,$ 

Te louera en toute faifon. 

O que bien-heui;eux effc celui 
Dont tu es la force ôc l'appui, 
Et ceux qui ont au cœur ta fente-* 

PafTant le val fec & hideux 
Des meurtriers,chacun courageux 
Aueques peine diligente 

Fontaines & puis cauera, 
Que mefme la pluve emplira. 
P a v s e . 

De force en force ils marcherot 
Iufques à l'heure qu'ils pourront 
En Sion deuant Dien fe rendre. 

O Dieu des armes; Eternel, 
De ton haut trône fupernel f 
Vueilles mes prières entendre: 

D x> à x 



39 S PSE.AVMÈ LXXXIV. 

Dieu de lâcob, en cet émoi , 
le te fupplie. exauce-, moi. 

O Dieu qui es. noftre pauois, 
Regarde ton 0in& cette fois : 
Car bien mieux vaut en toutes 
fortes (leurs: 

Vn jour chez toi que mille ail- 
Et font les eftats bien meilleurs 
Des fimples gardes de tes portes, 

Qu'auoir vn logis de beauté 
Entre les méchans arrefté. (doux 

Car noftre Seigneur Dieu tres- 
Eft foleil ôc bouclier pour nous, 
Qui nous donnera gloire & grâce: 

Et à tous ceux-là qui vont droit 
Noftre bon Dieu en tout endroit 



PS E A V M E L XXXIV. 3 jrçs 

De bien faire point ne fe laiTe. 
Bref, Dieu très-fort, heureux je 
croi 
L'homme qui s'appuye fur toi* 

Pseavme LXXXV. T.D.B. 

AVec les tiens, Seigneur, tu as 
fait paix , (chez. 

Et de lacob Jes prifonniers laf- 
Tu as quitté à ta gent fes méfaits 
Voire tu as couuert tousfes péchés: 
Tu as loin d'eux ton dépit retiré, 
Et ton courroux violent modéré, 
O Dieu,en qui gift le falut de nous 
Reftabji nous,appaife to«ourroux 
*EfT:-ce à toujours que ton ire 
eftendras , 



598 PS E AV. ME LXXXV. 

Et ta fureur de fils en fils ira? 
PlûtofbSeigneurJa vie nous rêdras 
Dequoito peuple en toi s'éjoûira. 
O EterneLquoi que nous ayos fait 
Démontre nous ta grâce par effet : 
Et nohobitat tous nos faits vicieux 
Octroyé nous ton falut glorieux. 
Mais quoi l je veux écouter que 

dira (qui font 

Le Seigneur Dieu ? car à ceux là 

Doux ôc bénins de paix il parlera, 

Et eux aufsi plus fages deuiendrot* 

Certes à ceux qui en crainte ont 

recows ( cours : 

A fa bonté , prochain effc fon fe- 
A celle fin qu'au lieu de tout mé- 

chef 



PSEAVM-E LXXXV. 399 

Sa gloire habite entre nous de- 



rechef, (dront, 

Mifericorde & Foi'lors fe join- 

luftice ôcpaix s'accoller on verra : 

Foi fortirade terrercontre-mont 

Iuftice en bas du ciel regardera. 

Dieu mefmement nous donera 

(es fruidts, (duits: 

Qui nous feront par la terre pro- 

Rrefjdeuat lui iufle gouuernemet 

Iraso train sas nul empefehemet. 

Pseavme LXXXVI. CM. 

On Dieu prefte moi l'o- 
reille 

Par ta bonté nompareille : 
Refpon moi, car plus n'en puis, 




400 PSEVAME LXXXVf. 

Tant pauure 6c affligé fuis. 

Garde je te pn ma vie, 
Car de bien faire ai enuie : 
Mon Dieu garde ton feruant, 
En l'efpbir de toi viuant. 

Laside faire te recorde 
Faueur & mifericorde, 
A moi qui tant humblement 
T'inuoque journellement. 

Et donne liefTe à l'ame 
Du ferf lequel te reclame : 
Car mon cœur, 6 Dieu des dieux 
I'efleue A toi jufqu'aux cieux. 

A toi mon cœur fe tranfporte 
O Dieu bon" en toute forte, 
Et à ceux plein de fecours 

Qui 



PSEAVME LXXXVI. 4 0ï 

Qui à toi vont à recours. 

Donques la prière mienne 
A tes oreilles paruienne: 
Enten , car il eft faifon, 
La voix de mon oraifon. 

Dés qu'angoilîe me tourmente, 
A toi je crie ôc lamente: 
Parce qu'à ma trifte voix 
Tu refpons fouuentefois. 

Il n'eft Dieu à toi femblable 
Ni qui te (oit comparable » 
Ni qui fe puiffe vanter 
De tes ceuures imiter. 
Pavsl 

Toute humaine créature 
Qui de toi a pris facture 

E e e 



40i PS E A V M E LXXXVI. 

Viendra te glorifier 
Et ton Nom magnifier. 

Car tu es grand à merueilles 
Et fais chofes nompareilles: 
Aufsi as tu l'honneur tel 
D'eftre feul Dieu immortel. 

Mon Dieu motre moi tes voyes 
Afin qu'aller droit me voyes 
Et fur tout mon cœur non feint 
PuifTe craindre ton Nom fain6t, 

Mon Seigneur Dieu,ta hauteffe 
le veux célébrer fans ceffe, 
Et ton fainct Nom je pretens 
Glorifier en tout temps. 

Car tu as à moi indigne 
Montré ta bonté bénigne. 



PSEAVME LXXXVI 4 o 3 

Tirant ma vie du bord 

Du bas tombeau de la mort. 

Mon Dieu, les peruers m'aiTaillet 
A grand's troupes fur moi faillent, 
Et cherchent à mort me voir, 
Sans à toi regard auoir. 

Mais tu es Dieu pitoyable, 
Prompt à merci & ployabîe, 
Tardif à eilre irrité, 
Et de grand' fidélité. 

En pitié donc me regarde 
Baille ta force & ta garde 
Au foible feruiteur tien, 
Et ton efclaue fouftien. 

Quelque bonfigne me donne 
Qui mes ennemis eftonne, 

E £ C 2, 




4 «4 PSEAVME LXXXV1. 

Quad verront que toi Sauueur , 
Me Prefteras ta faueur. 
PseavmeLXXXVII.T.D.B. 
Ieu pour fonder (on tres- 
feur habitacle 
Es monts facrez a pris affection, 
Et mieux aimé les portes de Sion 
Que de lacob nul autre ta- 
bernacle, (dites, 
O que de toi grandes chofes font 
Cité de Dieucar Egypte & Babel 
Dit le Seigneur, auront vn hon- 
neur tel (écrites. 
Qu'entre mes gens elles feront 
DuTyrien,du Philiftin,du More 
Il fera dit, Vn tel e(t né de là : 
Voire on dira , cettui-ci, cettui-là 



PSEAVME LXXXVII. 405 

Eft de Sio,où le vrai Dieu s'adore. 1 
Dieu la viendra munir de fa 
puiffance, (Jera 

L'Eternel , dis-je vn jour enrol- 
Vn chacun peuple,& d'vn chacun 
dira, (fance. 

Tel peuple a pris en Sionfanaif- 
Chantres alors à gorge déployée 
Hautbois aufsi châterôt sb honeur 
Bref,dedas toi fera,dit le Seigneur, 
De tous les biens l'abondance em- 
ployée. 

Ps e a v m eLXXXVIII.T.D.B. 

Dieu Eternel, mon Sauueur, 
Iour ôcnuicl: deuat toi je crie 
Paruienne ce dont jeté prie 




4o<? PSEAVME LXXXVIII. 

lufques à toi, par ta faueur, 
Vueilles, helasi l'oreille tendre 
A mes clameurs pour les entendre. 

Car j'ai mon foui d'aduerfité, 
Déjà ma vie eft mife en terre, 
Ht parmi ceuxjà qu'on enterre 
Mon nom eft déjà recité : 
le fuis ainfi qu'vn perfonnage 
Qui n'a ni force ni courage. 

le fuis entre les morts tranfi , 
Franc & quitte de cette vie : 
Comme vne perfonne meurtrie 
Dont tu n'as cure ni fouci, 
Qui eft au fepulcre couchée, 
Et que ta main a retranchée. 

Tu m'as jufques au fond plongé 



PSEAVME LXXXVI1I. 407 

Des fofles noires ôc terribles: 
Et tes fureur? les plus horribles 
De defïus mon chef n'ont bougé: 
Bref tu m'as accablé la tefte 
Des plus grads flots de ta tepefle. 

Effrangé m'as de mes amis 
Et rendu vers eux exécrable, 
Me voila pauure miferable, 
Enclos au lieu où tu m'as mis, 
Sans qu'il y ait nulle puifTance 
De plus recouurer deliurance. 
P A vs E. 

Mes yeux font ternis de lâgueur: 
Seigneur, à toi je me viens rendre 
Tous les iours, ôc mes mains te 
tendre : 



4 o« PSÊVAME LXXXVHL 

Car montreras tu la vigueur 
De tespuiflancesles plus fortes 
Sur les perfonnes déjà mortes? 

Les morts viendront-ils à fortir, 
Afin de prefcher tes merveilles ? 
Pourront tes botez nompareilles 
Dans les fepulcres retentir, 
Et ta fidélité reluire 
En ceux que mort a peu deftruire 

Se pourront es ténèbres voir 
Les grands effets de ta puiiïanqe 
Et en la terre d'oubliance 
Ta jultice s'apperceuoir ? 
Si eft-ce , ô Dieu , qu'à toi ie crie, 
Et dés le matin ie te prie. 

Las i pourquoi fuis-ie rejette ? 

pourquoi 



PSEAVME LXXXVII1. 400 

Pourquoi caches-tu ton vif âge?. 
Las ! ie laguis dés mon ieune aagê 
En mille fortes tourmenté ,' 
Soufbenant tes frayeurs mortelles 
Aueques peurs afsiduelles. 

Tes fureurs ont fur moi pafle > 
Tes épouuantemens- horribles . 
M'accablent : déluges terribles 
Me tiennent tous les iours prefle: 
Tout cela, dis-ie, dont ie tremble, 
Tout à Tentour de moi s'aflemble. 

Tu as écarté loin de moi 
Ma compagnie plus priuée, 
Si que ma perfonne effc pr<iué< 

De tous amis en cet émoi : 

#. 

F r f 



-*3 



4io PS E AV. ME' LXXXVIIi. 

Car au milieu de mon angoifse- 
le ne voi nul qui me connoifle. 

PseavmeLXXXIX T.D.B. 

\V Seigneur les bontez fans 




fin ie chanterai, 
Et fa fidélité à iamais prefcherai: 
Car c'eft vnpoinâ; conclu que fa 
grâce efb bafti.e ( eftablie 
Pour durer à jamais corne on voit 
Dans le pourpris des cieux leur 

courfe inuariable, 
Signe feur & certain de fon dire 
immuable. (cord affeuré 
' Fai fait/ dit le Seigneur, vnao- 
Aueques mon efleu ? Se par fer- 
ment iuré 



PS E A V M E LXXXIX' 4 ir 

A Dauid mon feruant, de faire 
que fa race (cette grâce, 

A iamais durerait : voire auroic 
Que du trône royal on 'verrait 
• l'héritage { lignage. 

Sans fin continuer* en fon heureux 
Les ci eux prefchent',- Seigneur 
tes ades meriieilleux, 
Et ta vérité luit en tes Saints bien- 
heureux : (taines y 
Car y a-t'il aucun es nues plus hau- 
Lequel puifTe égaler tes forces fou- 
ueraines ? (puiffance 
Y a-t'il mefme aucune Angélique- 
Qui foit à comparer à taDmirie 
Ellence? 

F ï f s 



4 ii P S E A V M E LXXX1X. 

Dieu au milieu des Saints efl 
> plein de Maiefté : (doute. 

Des fiens eriuironné,& d'iceux re- 

O Sergneur,ious lequel toute for- 
ce effcployable, 

O puifTant Eternel 1 qui eft a toi 
femblable? 

Ta Majefté, Seigneur de toutes 
parts eft; ceinte (feinté. 

De ferme loyauté & conftance sas 

P A V SE .1. 

C'efb toi qui as pouuoir furies 

flots de là mer, (écumer: 

Et qui peux rabailTer,s'eUe veut 

Tu as vaincu l'Egypte ainfi qu'a 

coups d'efpée , 



PSEAVME LXXXIX. 4 ij 

Et de ces ênemis la force difsipée 
Les hauts cieux font à toi, tienne 

.eft toute la terre, 
Tu as fondé le monde ôc tout ce 

qu'il enferre. (trion : 

Tuas fait le Midi & leSepten- 

Hermon auec Tabor segayent en 

ton Nom (forte ôc robufte, 
Ton bras eft tout-puiflant,ta main 
Ta dextre eft.éleuée, & de ton 

trône jufte, (place: 

Iufliceôc Equité gardent ferme la 
Clémence ôc Vérité marchent de- 

•uant ta face. 
O peuple bien-heureux qui te 

fait honorer: 



4 i 4 PSEAVME LXXXIX., 

Car tel ne peut faillir à toujours 

profperer, (bûnnaire > 

En fuiuantlaelartedetQnoeil.de- 
Et s'égayeen to Nom d'vne joye 

ordinaire, ( juftice 

Se voyant derechef par ta.ferfne 
Tous les-jours. honoré de quelque 

bénéfice. * 
Car fi nous fommes forts, Thon- 
• neur t'en appartient : 
Si nous auons pouuoir, tout cela 

ne.nous vient . (ftre defefe 

Que de ta gra d' bonté : v.eu que no- 

Ne aift au au feul Seigneur :& fi 

• on nous oifenfe, (adieUe, 

Le Roi qui nous defed n'a force ni 



PSEAVME LXXXIX. 417 

Que du Sain&d'Ifraëlqui ce bieh 
nous adrefle. 

P A V S-E. II. 

C'eft toi qui as jadis parlé par 

ta^rrïerci (dit ainfi 

A tes bons feruiteurs, .& leur as 
En fainéle vifion •> l'ai mon aide 

afsignée (ce donnée: 

Sur le pu i fiant* auquel; ai ma gra- 
L'élifant d'entre ceux que mon 

peuple l'appelle ,. (fidèle. 

C'éft aflauorr Dauid mo feruiteur 

De mon fairtt oignement i'ai 

mon Oin6t dédié : 
Et pource aufsi mon bras eftfur 

lui appuyé, 



4 i6 PSEVAME^tXXXIX. 

"Afin qu'en tous afïauts toûiours 

ie le r'enforce : (fa force 
Si que fon ennemi ne pourra par 
Iamais le ruiner & fous la main 

inique * (nique: 

Il ne fuccobera par effort tyran- 
Mais plûtoft fes haineux deuant 

lui froiflferai, (ferai: 

Et tous fes ennemis à plein iedé- 
Ma foi & ma douceur aura pour 

compagnie , (annoblie: 
Et fa corne en mo Nom.fera Haut 
De Tvne de fes mains la mer lui 

ferai prendre, jj 

Et de l'autre il viëdra iufqu'aux 

fleuues s'eftendre. 

Ou 



P S E A V ME LXXX1X. 4*7 

Tu es,me dira-t'il, voire tout hau- 
tement: ( feur fondement: 
Et mon pere,& mon Dieu, & mon 
Moi aufsi d'autre part lui Ferai 
cette grâce ( routrepaflfe , 
D'eftre mon fils aifné, & des Rois 
Ma faueur lui fera à toujours af- 
feurée, (mefïe jurée, 

Et très-ferme a toujours ma pro- 
Pavse. IIL 

Feftabliraifarace à perpétuité, 
Et ne fera non plus so règne limité 
Que des cieux la durée. Et fi pa- 

rauenture 
Ses filslaiflent ma Loi,ôt de mar- 
cher n ont cure, 

G G ( 



4i8. PSEAVME LXXXIX. 

Enfumant mes edits,mais par ou- 
trecuidance 

TrangrefTent m~s ftatuts, & ma 
fainte ordonnance : 
Enquefte j'en ferai pour punir 
leurs méfaits, (leurs forfaits 

Enuoyant mes fléaux vengeurs de 

Mais ma grâce pourtant ne fera 
point caflee, (faulïée : 

Ni mafoienuers lui aucunement 

Car mon accord promis iamais ie 
ne viole, (me parole, 

Et ne veux rien changer en ma fer- 

l'ai fur ma fainteté vne fois fait 

ferment (lement, 

Dont je ne mentirai àDauid nul- 



PSEAVME LXXXlX. 4 t 9 

Qu'à tout jamais fera fa raceper- 
durable 

Et fon trône Royal non moins fer- 
me 5c durable , 

Qu'eften haut le Soleil &la Lune 
luifante (confiante 

Pour témoigner es cieux ma venté 

Et toutefois tu Tas defdaigné & 

chalTé, (courroucé: 

Tu t'es, dis-ie, Seigneur à to Oincl: 

Tu as enuers ton ferf quitté ton 
alliance, (cellence, 

Souillé & renuerfé fa royale ex- 

Abbatu tous les murs de (es pla- 
ces fournies, (munies 

Et du tout ruiné (es fortrefles 

G G g t 



*io P S E A V M E LXXXIX. 

P A V S E. IV. • 

Il eft à l'abandon des paffans 
expofé, (prifé : 

Il eft de Tes voifms mocqué & mé- 
Tu as hauffé la main aux cruels 
aduerfaires , contraires: 

Et de joye rempli le cœur de fes 
Tu lui as rebouché de fon glaiue 



la taille, (taille, 

Et ne las affermi au fort delà ba- 

Las 1 tu as effacé lelufbedefon 

nom, y (renom: 

Et par terre abbatu fon trône de 
Tu lui as abbregé la fleur de fa 

jeunefle, (ques fans ceffe 

Tu Tas couuert de hôtcHel as 1 do- 



PSEAVME LXXXIX. 4 u 

Voudrois-tu te cacher? & de ton 

ire ardente (manante? 

La flamme fera-t'elle à jamais per- 

Souuiennetoi quel temps m'efb 

pour viure ordonné : 
Car as-tu pour neat l'homme ainfi 

façonné ? ( mort efchappe , 
Où eft l'homme* viuant qui delà 
Et que la forte main dufeoulcre 

n attrape ? ( menée anciene 
Helas ! Seigneur, où eft ta dé- 
lurée à ton Dauid par la vérité 

tienne ? (feruiteurs, fait > 

Souuien toi de l'opprobre à tes 

Et que ie porte au fein 1 outrage 

& le forfait 



4" PSEAVME L XXX IX. 

De plufieurs gés,Seigneur, qui t'af- 

faillent d'iniures , 
Et qui vont diffamas de to Chrift 
les allures, (éternelle, 

Or foi t de l'Eternel la louange 
Ainfi, ainfi foit-ih en la troupe ri- 
delle. 
Pse AVME XC. T. D. B. 
r ~|HV as eux, Seigneur, noflre 
X retraite, (g n ^ e 

Et feur recours de lignée, en li- 
Mefme deuat nulle motagne née 
Et que le monde & la terre fuft 

faite, 
Tu eftois Dieu déia comme tu es, 
Et comme aufsi tu feras à Jamais. 



P S EA V M E XC. 4*3 

Quad il te plaift,tu fais l'homme 

difloudre, 
Difant ainfl Créatures mortelles 
le vous enioins de retourner en 
poudre. (telles 

Car deuant toi mille années font 
Corne nous eft le iour pafle d'hier 
Ou d'vne nuit feulement vn quar- 
tier, forage: 



Tu viens verfer deflus eux ton 
Lors ils s'en vont comme vn fon- 
ge qui pafle (l'efpace, 

Et ne leur faut que d'vn matin 
Pour les fener ainfi comme l'her- 
bage, 
Verdau matin auec fa belle fleur 



4 i4 PSEVAME XC 

Fauché le foir sas force ni couleur 
Car ton courroux nous deftruit 

& ruine, (fommes 

E t grandement efpouuatez nous 
Par ta fureur,quad ta face diuine 
Met deuant foi tous les péchez 

des hommes, (ouuerts 



Apperceuant de fes clairs jeux 
Iufques au fond des fecrets plus 

couuerts. 

P A v S E . 
En fin voila que nos beaux iours 

deuiennent 
Par ton courroux, & la vie s'éuole 
Aufsi foudain qu'en lair fait la 

parole, 

Ain(î 



PSEAVME XC. 4M 

Ainfi nos jours volontiers ne re- 
uiennent (pour ceux 

Qu'àfeptante ans,ou quatre vingts 

Qui ont le corps plus, fort & vi- 
goureux, (telle 
Encor la fleur de cette vie eft 

Qi/on eft toujours en peine & en 
martyre: 

Elle s'enfuit, &nous aueques-elle, 

Et qui connoift la force de ton ire? 

Car mefme au prix qu'on connoift 
ton pouuoir , 

Ton ire aufsi fe fait apperceuoir. 

Or donc, Seigneur, appren-nous 

à comprendre (trevie: 

Comblé e A; court le cours de nô- 

H h h 



&€ PSEAVME XC. 

A celle fin que nous n'ayons enuie 
De l'employer qu'à ta fageiîe ap- 
prendre : (rons-nous ?• 
Retourne, bêlas ! combien langui- 
Et fur tes ferfs appaife to courroux 
Dés le matin ta bonté nous rem- 
plilTe, 
A celle fin qu'en lieiTe Ôc en joye 
Le cours entier de nos jours s'ac- 
compliiTe: (ottroye, 
Et tout plaifir maintenant nous 
Au lieu^des'ans ôc jours tant dou- . 

loureux, (goureux. 

Qu'auons fenti ton courroux ri- 
En tes feruans Toit ton œuure ap- 
parente : 



V S E A V M E X C. 4i7 

Et ta gradeur en leurs enfâs reluife: 
Autour de nous foit la gloire ex- 
cellente (conduife: 
De noftre Dieu, 6c nosœuures 
Voire Seigneur, de nous pauures 
humains ( mains. 
Codui toujours 6cl'ouurage 6c les 

P S E A V M E XCI. C. M. 

^rrs^ Vi en la garde du haut D îeu 
y y P our iamais fe retire, 
En ombre bonne 6c en fort lieu 
Retiré fe. peut dire. 

Conclu donc en l'entendement, 
Dieu en; ma garde feure , 
Ma haute tour 6c fondement, 
Sur lequel ie m'aiTeure. 

H H h * 



4 i8 PSEAVME XCI. 

Cardufubtillacs des chafleurs 
Et de toute l'outrance, 
Des peftiferez opprefleurs 
Te donra deliurance. 

De fes plumes te couurira, 
S eur feras fous fon aile, 
Sa defenfe te {eruira 
De targe & de rondelle. 
Si que de nui&ne craindras point 
Chofe qui épouuante , kjj 

Ni dard, ni fagette qui poincV 
De iour en l'air volante : 

Ni pefte aucune cheminant 
Lors qu'en ténèbres fommes 
Ni mal foudain exterminant 
En plein midi les hommes. 



P S E A V M E XCI. 41» 

Quand à ta dextre il en cherroit 
Mille/ &; mille à feneftre, 
Leur mal de'toi n'approcheroit, 
Quelque mal que puifle eftre: 

Mais fans effroi deuant ces yeux 
Tu les verras défaire, 
Regardant les pernicieux 
Receuoinleur falairc. 

P A V SE. 

Et tout pour auoir dit à Dieu, 
Tu es la garde mienne : 
Et auoir mis en frhaut lieu 
La confiance tienne. 

Mal-heur ne te viendra chercher 
Tien-le pour chofe vraye, 
Et de ta maifon approcher 



43o P SE A V.ME. XCI. 

Ne pourra nulle pi aye. 

Car il fera commandement 
A fes Anges tres-d ignés , « 
De te garder foigneufement , 
Quelque part que chemines: 

Parleurs mains feras foufleué, 
Afin que d'auenture 
Ton piednechoppeôcfoit greué 
Contre la pierre dure. 

Sur lionceaux ôc fur.afpics, 
Sur lions :pleins de rage, 
Et fur dragons qui valent pis, 
Marcheras fans dommage : 

Car voici que Dieu dit de toi, 
D'ardent amour m'honore : 
Il fera garenti par moi, . 



PSEAVME XCL 431 

Car mon Nom il adore. 

M' inuoquant je l'exaucerai : 
Toujours pour le défendre , 
En dur temps auec lui ferai, 
A fon bien veux entendre, 

Et faire de fes ans Je cours 
Tout a fon defir croiflre : 
En effet qu'el eft mon fecours, 
le lui ferai connoiftre. 

Pseavme XCII. T.D.B. 

Que c'eft chofe belle 
De te louer, Seigneur, 
Et du très-haut l'honneur 
Chanter d'vn cœur fidèle: . 

Prefclïant à la venue 
Du matin ta bonté. 




4J& PSEVAME XCII. 

Et ta fidélité 

Quand la nuicl: eft venue. 

Sur la douce mufique 
Du Manicordion, 
Luth & Pfalterion , 
Et Harpe magnifique. 
• loye au cœur m'ont liurée : 
Tes ouurages tres-faints 
Dont es faits de tes mains 
Il faut que me récrée. 

O Dieu, quelle hautefle 
Des œuures que tu fais , 
Et quelle eft en tes faits 
Ta profonde fageiTeî 

A ceci rien connoiftre 
Ne peut l'homme abruti , 



Et li 



P S EA V M E-XCII. 433 

Et le fot abeffo 

Ne fçait que ce peut eftre. 

Que les peruers verdiflent . 
Comme l'herbe des champs. 
Et des aétes méchahs 
Les promps ouuriers fleuri flent : 

Pour en ruïne extrême 
Tresbucher à jamais : CI 

Mais, 6 Seigneur, tu es Ç) 

A jamais Dieu fupréme. 

■ P. AVS-E. 

Voici, tes haineux Sirp> 
Tes haineux defaudront, 
Et les méchans viendront 
A fe fondre & détruire. 

Mais cependant ma corne 

I xi 



1 1 



434 ï> *Ë A VME XCII. 

En haut tu leueras : 
Et marcher me feras 
Haut comme vue licorne. 

l'aurai telle grailïée 
D'huile fraifche, & mes veux 
Verront fur mzs haineux sJ 
L/effet de mapenfée: 

De ces peruers damnables "il 
Qui mille maux me font, 
Mes oreilles orront 
Nouuelles agréables. 

Ainfi croiftra le jufte, 
Verdoyant chacun 'an-, 
Comme vn cedfe m Liban, 
Et la palme robufte. 

Bref les hcureufes plantes 



PSE.AVME XCII. 45/ 

De la maifon de Dieu 
Seront au beau milieu 
Des.paruis floriflantes. 

Mefmes en leur vieilleffe 
Produiront fruicts diuers, 
Car vigoureux & verds 
On les verra fans ceiTe : 

Pour prefcher la droiture 
Du Seigneur mon appui. 
Sans qu'il y ait en lui ! 33. 

Aucune forfaiture. 

PSEA.VME XCIÏJ. T.D.B. 

Ieu efl régnant de grandeur 
tout veftu , 
Ceint & paré de force 6c de vertu, 
Ayant le mode appuyé teliemét 

I I 1 2. ■ 




-tîfc PSEAVME XCIII. 

Qujil ne peut eftre esbranlé nulle- 
ment. • ■ • (aefté, 
Ferme dés. lors ton faint trône 
O Dieu, qui es de toute éternité, • 
Le fon elt grand d'vn fleuue im- 
pétueux, - (peftueux* 
Grand effc le fon .des flots tem- 
Mais quoi que foit l'Océan 
courroucé, r (tafFé,, 
Et le bruit grand de fon flot en- 
Le Souuerain eftant afsis es cieux 
Eft bien plus grand & redoutable 
qu'eux. 
O Eternel, fidèles & certains 
Sont tes edits & tefmoignages 



i 




P S E A V M E XCIIL 437 

Suiuant lefquels en t-out temps ôc 

•faifon 
Ta Sainteté ornera ta maifon. ■ 

Pseavme XCIV. T. D. B. 

Eterrîel ! Dieu des vegeaces, 
O Dieu punilTeur des offéfes 
Fai toi cônnoiilre clairement. 

Toi gouuerneur de rvniuerv- 
Hauffe toi. pour rédre aux peruers 
De leur orgueil le payement. 
Iufquà quâd des méchas la bade, 
lufqu'a quand en fierté fi grande, 
Seigneur, les malins fe riront? 

Ceux qui à mal prennent plaifir- 
Degaudir auront le loifir, 
Et brauement fe vanteront ? 



43 8. PSEAVME XCIV. 

O Seigneur, ton peuple, ils ôu- 



trasent ,. 

o 



Ton faint héritage ils fourragent, 
Et pillent fans nulle merci. 

. Meurtriflent veuue & eftranger, 
Tuent l'orphelin fans danger? 
Et qui plus eft, difent ainfi, 

Dieu n'en fçait rien : ôc fomme 
toute, 
Le Dieu de Iacob ne voit goutte 
En nos faits fi bien agencez. 

O les plus fols ôc idiots 
D'entre le peuple iô.pauures fots> 
Serez-vous toujours infenfez? 

Celui qui a planté l'oreille, 
Et formé des yeux la merueille , 



PSEAVME XC'IV. 43? 

N'orra-t'il point,ni ne verra? 

Lui qui fur les gens a poiiuoir," 
Et de qui dépend tout içauoir* 
Iarpais ne vous corrigera ? 
Pâvse. 

Las i le Seigneur fçait qui nous 
fommes 
Et que les penfées des hommes 
Ne font rien, finon vanité. 

Heureux qui eft appris de toi** 
Et qui bien inftruit en -ta Loi, 
Seigneur, y a bien profité : 

Afin qu'en feurté il repofe , 
Quand le plus durtéps lui propofe 
Toute angoifle & aduerfité: 
Cependit que le tombeau creux 



44 o FSE V AME. XCIV. 

Se câue au méchant mal-heureux 
Pour fin de fa félicité. 
Car jamais Dieu n'aura courage 
• D'abandonner fon héritage, 
Quittant de fon peuple l'appui: 
Mais quand, fon temps propre 
il verra , 
Iuftice à fon poin£t mènera, 
Et les bons courront après lui. 
' • Où efl: celui qui mefecoure 
. Contre les malins, & qui coure 
S'oppofer aux médias pour moi. 
Si Dieu né m'euft sb bras tédu , 
Teufle eflé bien-tofi: eftendu 
Dedans le fepulcre tout coi. 
Lors que j'ai penfé que la plante 



PSEAVME XCIV. 44* 

De mon pied s'enalloitgliffante, 
Souftenu m'as par ta bonté : 

Et as recréé mes efprits , 
Seigneur, lors que j'eflois épris 
D'angoifle & de perplexité. 

Quelle eft, ô Dieu, ta conue- 
nance 
Auec le fiege de greuance , 
N'authorifant rien que le tort? 

Ils en veulent aux gens de bien: 
Et combien qu'ils ne valent rien, 
Condamnent l'innocent à mort. 
Mais mo Dieu eft ma fouftenace 
Et l'appui de mon efperance : 
Payez feront de leurs forfaits. 

'L'Eternel les ruinera, 

K K K 



44*. P S E A V M E X C I V. 

Noffcre Dieu les abyfmera, 
Par les propres maux qu'ils ont 
faits. 

Pseavme XCV. T. D. B. 

Vs égayons nous au Seigneur, 



s 



Etchantos hautemêc Fhoneur 
De noftre falut Oc defenfe : 

Haftons-nous de nous prefenter , 
Deuant fa face, & de chanter 
Le los de fa magnificence. 

Car c'eft le grand Dieu glorieux 
Grad R ov par deflus tous les dieux 
Qui dedans fa main tient la terre: 

Voire iufqu'au lieu plus profond: 
Et de la cime iufquau fond, 
Tient des mots la hauteur en ferre. 



445 



V S E A V M E XCV. 

A luy feul la mer appartient. 
Car il 1 a faite, ■& la fouillent, 
Et la terre eft fa créature. 

Sus donc,tob6s,enclinons-nous : 
Deuant l'Eternel à genoux , 
Nous pauures humains fa fa éture. 

Il eft noftre Dieu Tout-puiffant, 
Nous, fon peuple qu il va paiflant, 
Comme troupeaux de fa coduite. 

Oyans donc aujourd'huy fa voix 
Gardez voftre cœur , quVne fois 
S'endurcilTant ne fe defpite. 

Comme en Meriba es deferts, 
Et Mafia, vos pères peruers, 
Dit le Seigneur, jadis me firent : 

Où longuement ils m'ont tenté 



K K k x 



444 PSEAVME XCV. 

Et fouuenc expérimenté 

Par mes ouurages qu'ils y virent. 

Durant quarante ans en effet 
Cette race de gens m'a fait 
Dix mille ennuis : dont iedifoye. 

Voici bien vn peuple infenfé, 
Et qui n'a nullement penfé 
A fçauoir de fon Dieu la voye. 
. Et pourceeflantenmes efprits, 
De jufte fureur tout efpris, 
le jurai pour chofe aflfeurée : 

Si jamais ces méchans ici, 
Puis qu'ils fe desfient ainfi 
Dedans mon repos ont entrée. 

Pseavme XCVL T. D. B. 

CHatezàDieuchâsonouuelle 
Chantez, ô terre vniuerfelle: 



PSEAVME XCVI. 44J 

Chantez, ôc fon Nom benifTez , 
Et de jour en jour annoncez 
Sa deliurance folennelle. 

Prefchez a tous peuples fa gloire 
Et de fes grands faits la mémoire: 
Car il eil grand, £c fans douter , 
Plus à louer & redouter 
Que tous les Dieux qu'on fçauroit 
croire (nent 

Car ces Dieux qui les gens efton- 
Sont vains,& ceux qui s y adonet: 
Mais l'Eternel a fait les cieux, , 
Force Se empire glorieux 
Vont deuant lui, &: l'enuironnent. 

PuiiTance ôc Majefté fans feinte 
Se tiennent en fa maifon fainte 



4t« PS E A V M E XCVI. 

Sus donques tous peuples, venez, 
Toute for,ce ôc gloire donnez 
A l'Eternel en toute crainte. 
P A vs E. 
Loues l'Eternel dVne forte, 
Qui à fa grandeur fe rapporte : 
Venez humblement, nations , 
Et prenant vos oblations 
Paflez de Tes paruis la porte , 

QuVn chacun,dis-je,fe r'afseble 
Afin d'adorer tous enfemble 
Deuant l'Eternel, au pourpris 
De fon fanctuairede prix, 
Et que toute la terre en tremble. 
Toute gêt,où quelle puiffe eftre, 
Die que l'Eternel eft maiftre : 



P S EA V ME XCVL 447 

Car le monde il eftablira 
Pour jamais, alors qu'il fera 
luftement conduit par fa dextre. 
Qif on oye doc fous cet empire 
Cieux s'éjouir, la terre rire, 
Tonner l'Océan fpacieux : 
Champs s'égayer, & auec eux 
Les forefh fa louange bruire. • 

o 

Car il efl, car il eft. en voye, 
Afin qu'à la terre ilpouruoye: 
Jugeant le monde iuftement, 
Et tous peuples entièrement, 
Sas qu'en rien iamais il fouruoye. 

Psbavme XCVIÎ. T. D.B. 

L'Eternel eft régnant, 
La terre maintenant 



4 4 8 PSEVAME XCVII. 

En foit ioyeufe ôc gaye, 
Toute ifle s'en égayé, 

Efpaifle obfcurité 
Cache fa Maiefté : 
luftice & iugement 
Sont le feur fondement 
De fon trône arrefté : 

Grands feux eftincelans 
Deuant lui font brulans , 
Pour fes haineux éprendre, 
Et les réduire en cendre. 

Son éclair foudroyant, 
Du monde flamboyant 
Reluit tout à l'entour : 
La terre tout autour 
S'eftonne en le voyant. 



Comm; 



PSEAVME XCV11. 449 

Comme la cire au feu , 
Il n'y a deuant Dieu, 
Grand Dieu de tout le monde , 
Montagne qui ne fonde. 

Voire mefme des deux 
Le grand tour fpacieux 
A fa juftice veu , 
Et la terre apperçeu 
L'Eternel glorieux. 

Pavse. 
Soient confus & défaits 
Tous ces Dieux contrefaits , 
Et toutes ces gens foies 
Qui feruent leurs idoles. 

O Dieux, venez-y tous 
L'adorer à genoux : 

Ll 1 



4)-o P5E.AVME XCVII. 

S ion qui l'a ouï, 
DVn cœur tout réiouï 
Ségaye aueques vous. 

Tes iugemens, Seigneur, 
Ont fait que ton honneur 
Et gloire ont célébrée 
Les filles de Iudée. 

Car en ta Majeflé 
Tu es plus haut monté 
Que ces terreftres lieux-: 
Mefmes fur tous les Dieux 
Tu es haut exalté. 

Vous de Dieu les amis, 
Montrez coeurs ennemis, 
Voire du tout contraires 
A tous méchans affaires. 



PS E A V M E XCVU. 45 i 

Car il tient de fes Saints 
La vie entre fes mains : 
Si on les veut fafcher, 
Il peut les arracher 
Aux tyrans inhumains 

Le clair iour effc femé 
Au iufte bien-aimé: 
Tout plaifir, qu'oi 'qu'il tarde , 
Aux droits de cœur fe garde. 

Vous donc, iuftes venez, 
Et ioye démenez 
En l'honneur de fon Nom, 
Et à fon fainâ: renom 
Toute gloire donnez. 
Pseavme XCVIII. T.D.B. 

C Hantez "à Dieu nouueau can- 
tique, 



451 PSEAVME XCVIII. 

Car il a puiflamment ouuré , 
Et par fa force magnifique 
Par foi-mefme il s'eft deliuré. 

Dieu a fait le falut connoiftre 
Par lequel fommes garent \s , • 
Et fa iuftice fait paroiftre 
En la prefence des Gentils. 

De fa bonté plus cordiale 
Il lui a pleu.fe fouuenir, 
Et de fa vérité loyale 
Pour fon Ifraél maintenir. ; 3 

Le falut que Dieu nous enuoye 
l'ufqu'au bout du mode s'eft; veu? 
Sus donc, quen plaifir&en ioye 
Tout cet Vniuers foit émeu 

Qu'on crie,quo chate,6c resone 



PSEAVME XCVIU. 455 

Et de la harpe ôc de la voix : 
Que deuât Dieu, dis-je, on entonc 
Nouueaux cantiques cette fois. 

Deuant fa face glorieufe 
Cors Ôc clairons foient efclatans : 
Tonne la grand' mer fpacieufe, 
Et le monde & fes habitans. 

Que deuant Dieu les fleuues 
mefme , 
Frapent des mains tous éjoûys, 
Voire crier de joye extrême 
Les plus durs rochers foient oûys. 

Car il vient resir & conduire 
Tout cet Vniuers, &: fera 
Iufle ô: droiturier fon empire , 
Quand tout peuple il gouuemera. 




454 ' PSEAVME XCIX. 

Pseavme XCIX. T.D.B. 

R efl maintenant 
L'Eternel régnant', 

Peuples obftinez 

En foient eftonnez : 

Chérubins fous lui ■ .T 

Lui feruent d'appui: 

Que la terre toute 

Tremblant le redoute. 
Grand efl le Seigneur 

Afsis en honneur 

Au mont de Sion. 

Toute nation 

Le voit haut monté : 

Dont fera chanté 

Son grand Nom terrible 



PSE A VM E XCIX. 4$J 

Et faint au pofsible. 

Ce grand Roi tant fort 
N'aime rien fi fort ' 
Que droit jugement t 
Droit gouueïnement 
Il a ordonné , 
Et Iacob mené 
Par fon foin ôc cure 
En toute droiture. 

Sus donc en ce lieu 
Louez noftre Dieu.: ' 
Tous humiliez 
Tombez à fes pieds , 
Car faint eft fon nom 
Moyfe ôc Aarori 
Ont bien fait l'office 



4t6 PSEAVME XCIX. 

De fon façrifîce. 

P A V S E . 

C'en; celui auquel 
Iadis Samuel 
Adrefloit fa voix, * 
Quand tout à la fois 
Le peuple crioit, 
Et fon Dieu prioit , 
Qui a leur femonce 
Donnoit fa refponfe. 

Des nues des ci eux 
Il parloit à eux, • 

Montrant haut & clair 
Sa colomne en l'air : 
Eux aufsi gardojent 
Ses loix, & tenoient 

Cherc 



PSEAVME XCIX. 4J7 

Chère l'ordonnance 
De fon alliance. 

O Dieu de nous tous, 
Tu leur fus fi doux, 
Que de les ouyr 
Et faire jouyr 
De grâce & pardon : 
Toutefois félon 
Leurs grands maléfices 
PunifTant leurs vices. 

Soit loué tout haut 
Noftre Dieu d'enhaut : 
Soit à deux genoux 
Adoré de vous , 
Au mont qu'il luy plaift: 
Gar c'eft lui qui efl 

M m m 



- 



4ï» PS.EAVME XGIX. 

Dieu rempli, fans feinte, 
De gloire tres-fainc~te. . 

Pseavme C. T. D. BO 

VOus tous qui la terre habitez 
Chantez tout haut à Dieu, 
chantez: . 
Semez à Dieu joyeufement, 
Venez deuant lui gayement. 

Sachez qu'il effc le Souuerain*, 
Qui fans nous,nous fît de fa main 
Nous,dis-je,so vrai peuple acquis 
Et le troupeau de fon pafquis. 

Entrez es portes d'icelui , 
Loûez-leôc célébrez chez lui: 
Par tout fon honneur auancez . 
Et fon tres-faincl; Nom beniffez: 



ÎSEAVM E C. 4tf 

Car ileft Dieu plein de bonté, 
Ec dure fa bénignité 
A jamais voire du Très-haut 
La vérité jamais ne faut. 

PSEAVME CI. C. M. 

VOuloir m'a pris de meftre en 
efcriture (ture, 

Pfeaume parlant de bonté & droi- 
Et je le veux à toi,mo Dieu chafer 
Et prefenter. (fible: 

Tenir ie veux la voye nonnui- 
Quand viendras-tu me rendre Roi 
paifible ? (maifon 

D'vn cœur tout pur conduirai ma 
Auec rai f on (enuie, 

Rien de mauuais d'y voir n'aurai 



M m m i 



4 5p P S E A V ME CI. 

Car je hais trop les médians ôc 
leur vie : (adjoint 

Vnfeuld'entr'eux autour de moi 
. Ne fera point 
Tout cœur ayatpenfée déloyale 
Délogera hors de ma cour royale : 
Et le méchant n'y fera bienvenu, 
Non pas conneu 
Qui par médire à part fon pro- 
chain greue, (éleue, 
Qui a gros cœur, 6c les fourcils 
LVn mettrai bas , l'autre fouffrir 
pour vrai 
le ne pourrai. 
Mes yeux feront fort dtligens 
a querre 



PSEAVME CI. 4«i 

Les habitans fidèles de la terre, 

Pour eflre à moi : qui droite voye 

ira , 

Me feruira. 

Qui s'eftudie à vfer de fallace, 

En ma maifon point ne trouuera 

place: . • 

De moi n'aura mesoger ni baueur 
Bien ni faueur. 
Mais du pais chaflerai de bonne 
heure (ni demeure, 

Tous lesméchans, tant qu'vn feul 
Pour du Seigneur nettoyer la cité 
D'iniquité. 
Pseavme CIL T. D.B. 

SEigneur enten ma requefte, 
Rien n'empefche ni n'arrefte 



4 <Ji PSEAVME Cil. 

Mon cri d'aller jufqu'à toi. 
Ne te cache point de moi. 

En ma douleur nompareille 
Tourne vers moi ton oreille , 
Et pour m'oûir quand ie crie, 
Auancetoi, je te prie. 

Car ma vie eft confumée 
Comme vapeur de fumée, 
Mes os font fecs tout ainfi 
Qu'vn tifon, mon cœur tranfi. 

Ainfi qu'vne herbe fauchée 
Perd fa vigueur retranchée : 
Si que je n'ai foin ni cure' 
De prendre ma nourriture. 

Mes os & ma peau fe tiennent 
Pour les ennuis qu'ils fouftiennent 



PSEAVME Cil. 4*5 

Dont, helas ! ma trifte voix 
Pleure 6c gémit tant de fois. 

le fuis au butor femblable, 
Du defert inhabitable : 
le fuis comme la chouette, 
Qui fait au bois fa retraite. 

Comme durant fon veuuage 
Le paffereau fous l'ombrage 
D'vn toit couue fes ennuis , 
Ainfi je palîe les nuielis. 

Mes haineux m'ont dit outrages 
Et de furieux courages , 
Font de mot vn formulaire 
De maudiiîon ordinaire. 

' Payse. I. 
. Au lieu de pain.la poufsiere 



4 é 4 P S E A V M E Cil. 

Eft ma vie couftumiere : 

Mon breuuage,en mes douleurs, 

le méfie aueques mes pleurs, 

Pour la fureur de ton ire: 
Car m'ayant éleué. Sire, 
Tu m'as fait fi dure guerre, 
Que l'en fuis allé par terre, (bre 
Mes iours pafsent corne vne om- 
Qui s'en va obfcure & fombre : 
le fuis fené & feché 
Gomme foin qu'on a fauché. 

Mais, 6 Seigneur > ta demeure 
Eternellement demeure 
Et de ton nom vénérable 
La mémoire eft perdurable. 

Tu te releueras donques , 



Et auras 






PSEAVME CIL 46$ 

Et auras, fi tu l'eus onques: 
Pitié & compafsion 
De ta cité deSion. 

Car il eft temps que tu ares 
Compafsion de fes pi ayes 
Puis que voyons terminée ; 
La faifon-quas afsignée. 

Car jufqu'àux pierres 'd'icelle 
S'eftend de tes ferfs le zèle, 
Ayans pitié de la voir 
Toute en poudre fe déchoir. 

Peuples trembleront en crainte 
Deuant ta Majefté fainte , 
Et de tous Rois l'excellence 
Craindra ta magnificence. 

Car Sion toute défaite 

Nn a 



A 66 PSEA V ME CIL 

S'en va du Seigneur refaite: 
Lui qui nous a recouru, 
En. fa gloire en: apparu. 

De les pauures folitaires 
Les complaintes, ordinaires. 
Il n'a point mis en arrière, 
Ni m'éprifé leur prière.* 

P A V S E. IL 

En regiftre fera mife 
Vne fi grande entreprife , 
Pour en faire fouuenir 
A ceux qui font à venir. 

Et la gent à Dieu facrée, :>Q 
Comme de nouueau crée 
Lui chantera la louange , 
De ce bien-fait tant eftr&ige. 



h -; 



PSEAVME Cil. - 4 i 7 

Car le Seigneur débonnaire 
Du haut de fon' Sanctuaire, 
Voire du plus haut des cieux , 
Vers terre a baiffé les yeux: 

Pour ouïr la voix plaintiue 
De fa pauure gent captiue ., ■'"' 
Et la tirer de la peine i tfjbd uA 
De mort qui lui eft prochaineO 

Afin que de Dieu la gloire 
Dedans Sion fort notoire, 
Et le los de fa bonté 
En Ietufalem chanté: 

Quand des gens les aflernblées 
Seront toutes aflernblées , . 
Et les Rois de leur putflance /-f 
Lui rendront obeïfFance, 



4C8 PSEAVME Cil. 

P A V S E. III. 

Voyant ma force amortie 
En chemin, Ôc de ma vie 
Par lui racourci le cours, 
l'ai dit, ô Dieu mon fecours, 

Ne m'abba point fans reiïburce 
Au beau milieu de ma courfe : 
Car tes ans qui point ne muent 
D'aage en aage continuent. 

La terre as faite & afsife , 
C'eft toi qui la main as mife 
Auxcieux pour les compaffeï^ 
Et tout cela doit pafler : 

Mais quand à toi tu demeures 
Pendant qu'arriuent les heures 
Qu'ils vieilliront ainfi comme 
Les habillemens d'vn homme: 



'PSEAVME CIL 4^9 

Comme vne rohe qu'on porte 
Tu les changeras de forte, 
Qu'eux Ôc le Juftre qu'Us ont 
Pour certain fe changeront. 
Mais quand à toi,Dieu fupréme , 
Tu te tiens toujours de mefme : 
Et ta confiante durée 
Eft pour jamais afTeurée. 

Et pourtant, félon ta grâce, 
De tes feruiteurs la race 
Aura logis arrefté, 
Voire à perpétuité : 

Et de tes Saints la femence 
Sera deuant ta prefence 
En afleurance eftablie, 
Sans jamais eftre afïoiblic. 




'47° PSEAVME CI II. 

PSEAVMÇ CIII. C. M. 

Vs louez Dieu mon a me en 
toute chofe (pofe , 

Et- tout cela qui dedans moi re- 
Loûez Ton Nom tres-faint & ac- 
compli: (uices, 
Prefente à Dieu louanges ôc fer- 
O toi,mo ame - i 6c tat de bénéfices 
Que as receune les mets en oubli: 
Mais le béni, lui qui de pleine 
grâce 
Toutes tes grande iniquitez efface 
Et te guérit de toute infirmité : 
Lui qui rachette Se retire ta wsa 
De dure mort qui t'auoit afferme» 
T'enuironnant de fà . bénignité : 



P S EAV ME CIII. 471 

Lui-jqui de biens àfouhait & lar- 

gelTe (ieuneffe 

Emplit ta bouche, en faifant ta 

Renouueller,c5me à l'aigle royal. 

C'eft le Seigneur, qui toujours 

fe recorde 

De faire droit par fa mifericorde 

Aux opprefïez,tant eft luge lovai. 

Au bon Moyfe afin qu'on ne 

fouruoye , 

Manife-fter voulut fa droite voye, 

Et aux enfas d'Ifrael fes hauts faits. 

C'efl le Seigneur enclin à pitié 

. douce (courrouce, 

Prompt a merci Ôc qui tard fe 

C'eft en bote le parfait des parfaits 



47i PS E AV. ME CIII. 

Il en; bien vrai quand patnoflre 

inconftance ( & tance: 

Nous roffésos,qu'il nous menacé 

Mais point ne tient fon coeur i-n- 

ceflamment 

Selon nos maux point ne nous 

fait: mais certes ( fertes 

Il eflfi doux, que félon nos dé- 

N.e nous veut pas rendre le cha- 

ftiment (faute 

Car à chacun qui craint lui faire 

La bonté fienne il démontre aufsi 

haute, .. (cieux: 

Comme font hauts fur la terre les 

Aufsi loin qu'eftla partOrietale 

De l'Occidetà la diflance égale, 



Loin 



PS E A V ME CIII. 475 

Loin de nous met tous nos faits 
vicieux. 

P-A'VS E. 

Comme aux enfans eft piteux vn 
bon père, (père, 

Ainfi pour vrai, à qui lui obtem- 
Le Seigneur efr. de douce affecTiio, 
Car il connoift dequoi font faits 
lés hommes ( fournies 

Il fçait tres-bien,helas ique nous ne 
Rien,fino poudre ôc putréfaction, 
A herbe ôc foin femblent les jours 
de l'homme: (comme 

Pour quelque temps il fleurit ainfi 
' La fleur des champs qui nutri- 
ment reçoit : 

O o o 



474 P S,E A VM E CIII. 

Puis en Tentant d'vn froid vent 
la venue, (connue 

Tourne à néant, tant que plus n'eft 
Du lieu auquel n'agueres fleur iiToit 
Mais la merci de Dieu effc éter- 
nelle • (elle 
A qui le craint : & trouueront en 
Les fils des fils juftice &: grad'boté. 
L'entens ceux-là qui fon contra 6t 
obferuent. (uent, 
Et qui fa Loi en mémoire refer- 
Pour accompl ir fa fainte volonté. 
Dieu a bafti, fans qu'il branle 
n'empiré, (empire 
Son trône es cieux : & defïous fon 
tous autres sot ôc fournis & ployez 



P S E AV ME CIII. 47S 

Or louez Dieu, Anges de vertu 
grande , ( commande 

Anges de Dieu, qui tout ce qu'il 
Faites fi toft que parler vous l'oyés. 
BenilTez Dieu, fon armée tant 
fainte, (fans feinte 

Miniftres Tiens qui d'accomplir 
Ses mandemens n'efles point pa. 
refTeux: (fi en Royaume, 
Tous fes hauts faits en chacun 
Béniriez Dieu: 6c pour clorre mon 
•Pfeaume, (eux 

Loûez-le aufsi, mon ame aueques 
Pseavme CIV. CM. 

SVs,fus,mon ame, il te faut dire 
bien 

O o o i 



475 VSEAVME CIV. 

De l'Eternel : 6 mon vrai Dieu 
combien ' (toire; 

Ta grandeur eft excellente &no- 
Tu es veftu de fplendeur &. dé 
gloire (prement,' 

Tu eft veftu de fplendeur pro- 
Ne plus ne moins que d'vn ac- 
couftrement (digne, 

Pour pauillo qui d'vn tel Roi foie 
Tu tends le ciel ainfi qu'vne cour- 
tine . ' (voûté : 
L'ambriffé d'eaux eft ton palais 
Au lieu de char,fur la nue es porté 
Et les forts vents qui parmi l'air 

foupirent, 
Ton chariot auec leurs ailes tirent 



PSEA.VME CIV. 477 

Des v^nts aufsi: diligens ôc légers 
Fais tes hérauts, poftes ôc'mef- 
fagers : (féru i ce 

Et foudre ôcfeu,fort prompts àto 
Sont les ferges de ta haute Iuffcice. 
Tu as afsis la terre rondement 
Par contre-poids fur fon vrai fon- 
dement ( eftre, 
Si qu'à jamais fera ferme à fon 
Sans fe mouuoir à dextreouà fe- 
nefbre. (grand'eau 
Auparauant de profonde ÔC 
Couuerte-eftoit ainfi que d'vn 

manteau: 
Et les grand's eaux faifoient toutes 
a l'heure 



478 PSEAVME CIV. 

Deiïus les monts leur arreftôc de- 
meure (tancer, 

Mais aufsi toft que les voulus 
Bientoft les fis partir ôcs'auancer: 
Et à ta voix qu'o oit toner en terre , 
Toutes de peur s'efuirêt grad'erre. 

Motagnes lors vinrêt à fe drefTer 
Pareillement les vaux à s'abaiffer, 
En fe rédat droit à la propre place 
Que tu leur as eftabli de ta grâce. 

P A V S E I. 

Ainfi la mer bornas partel copas 

Que Ton limite elle ne pourra pas 

Outrepafler : 6c fis ce beau chef- - 

d'œuure, (ure. 

Afin que plus la terre elle ne cœu- 



ÇSEAVME CIV. 479 

Tufis décédre aux valées \çs eaux 
Sortir y fis fontaines ôcruiHeaux, 
Qui vont coulans, de paiïent & 

murmurent 
Entre les monts qui les plaines 

emmurent. (champs, 

Et c'en: afin que les belles des 

PuiiTent leur foif eftre là eftachans 

Beuuans à gré toutes de ces breu- 

uages, (uages. 

Toutes,je dis, jufqu'aux afnes fau- 

DeiTus & prés de ces ruilTeaux 

courans 
Les oifelets du ciel sot demeuras, 
Qui du milieu des feuilles & des 

branches 



4 3o PSEAVME CIV. 

Font refonner leurs voix nettes & 

franches. (qu'humain, 

De tes hauts lieux, par art autre 
Les monts oierreux arroufes de ta 

main: (pleine 

Si que la terre eu: toute foule Se 
Du fruit venant de ton labeur 

fans peine (& vaux 

Car ce faifant, tu fais par monts 

Germer le foin pour jumens & 

cheuaux : ( ture 

L'herbe à feruir l'humaine crea- 

Lui produifant de la terre pafture 

Le vin pour eftre au cœur joye 

& confort, (drefort: 

Le pain aufsi pour l'homme ren- 

SemblablemcPt 



P S EAV M E CIV. ffc 

Semblablement l'huilé, afin qu'il 

en face 

Plus reluifante 6c joyeufe fa face. 

Tes arbres verts prennent accroif- 

fement 

O Seigneur Dieu Mes cèdres mef- 

2 mement 

Du mont Liban, que ta bonté fu- 

prenie 

Sans artifice à plantez elle mefme. 

La' font leurs nids, car il te plaift 

ainfi, 

Les paiîereaux &: les paffes aufsi : 

De l'autre part fur hauts fapins 

befogne • 

A y baftir fa maifon la cigogne. . 

p p p 



43i P S E A V M E CIV. 

Par ta bonté les monts droits 

ôc hautains (dains: 

Sont le refuge aux cheures & aux 
Et aux coni h &; Heures qui vont 

viile (pourgifte. 

Les rochers creux font ordonnez 

P A V S E . II; 

' Que dirai plus la claire Luncfis 

Pour nous marquer les mois & 

jours prefîx : (claire, 

Et le Soleil, dés qu'il leue & 'ef- 
De Ton coucher a cognoiiTance 

claire. (pars, 

Apres en l'air les ténèbres ef- 

Et lors fe fait la nuicl de toutes 

parts, 



PSEAVME CÏV. 4 S 5 

Durant laquelle aux champs fort 
toute befte ' (cjuefte, 

Hors des forefts, pour fc jetter en 
Les lionceaux mefmeslors font 
iflans (rugiflans 

Hors de leurs creux , bruvans Se 
Après la proye,afin d'auoir paffcure 
Det oi, Seigneur,qui fais leur nom*-' 
à riture. (jour, 

Puis aufsitoffcque îe Soleil fait 
A grand's troupeaux ïeuont en 
ieur fejour: (pofent, 

Là où tous cois fe couchent Se re- 
Et en partir tout le long du jour 
n'ofent. . ( danger , 

Et alors fort l'homme fans nul 

Prp : 



+84 PSEA V ME CIV. 

Pour s'aller droit à. Ton œuure ran- 
ger, ' (deprée, 
Et au labeur, (bit de champs, foit 
Soit de iardins,iufques à la vefprée 
O Seigneur Dieu'que tes ceuures 
diuers (vniuersi 
Sont merueilleux par ce grand 
O que tu as tout fait par grand' 
fagefle'- (gefîe. 
Bref, la terre effc pleine de ta lar- 
Quad à la grade & fpac ieufe mer 
On ne fçauroit ni nombrer ni 
nommer (onde, 
Les animaux qui nagent en fon 
Grands 8c petits, dont par tout elle 
abonde. 



PSEAVME C1V. 485 

En cette mer nauires vont errans, 

Puis la baleine horrible monftre 

ôc grand, (noué 

Y as formé, qui bien à l'aife y 

Et à fon gré par les ondes fe joué 

Pavse. III. 

Tous animaux à toi vot à recours 

Les yeux au ciehafin que 1 e fecours 

De ta bonté à repaiftre leur donne, 

Quand le befoin ôc le temps fi 

adonne. ( bien 

Incontinent que tu leur fais ce 

De le doner,ils fe paiflent du tien ; 

Et n'eft plûtofl ta large main ou- 

uerte, ( offerte. 

Que de tous biens planté leur eft 






4 8<5 V S E A V M E C I V. 

Dés que ta face & tes yeux font 
tournez (nez: 

Arrière d'eux, ils font tous efton- 
Si leur efprit tu retires, ils meurent, 
Et en leur poudre ils reuont & de- 
meurent, (mets, 
Si ton efprit derechef tu tranf- 
En telle vie alors tu les remets 
Qu'auparauant , 5c de beftes nou- 

uelles 
En vn momêt la terre renouuelles. 
Or foit toujours régnât ôc florisat 
La Majefté du Seigneur Tout- 

puilTant, 
PJaife au Seigneur prendre réiouif 
fance 



■PSEAVME CIV. 4S7 

Aux ceuures faits par fa haute 
puiffance. ( blement 

,:, Le Dieu ie dis, qui fait horri- 
. Terre trembler dVn regard feu- 
lement (atteindre 
Voire qui fait tantpeu les fçache 
liés plus hauts monts d'ahan fuer 

& craindre. 

i Quand efb de moi, tant que vi- 

. .:...■ uant ferai, ; q £ ci 

Au&eigneurDdSu, chanter ne cef- 

." ferai: (-.fjoence 

A mon vrai Die^|>îeirid.e magni- 

Pfeaumes ferai tant que l'aurai 

- eiTence.. wangisë u^eafon 

le te fupplt' qu'en propos & 



4 38 P SE AV M E C IV. 

Lui foie plaisante ÔC douce ma 

chanfon : 
S'il eft ainfi retirez vous triftefse, 
Car en Dieu feul m'éiouïrai fans 

i ceffe. 
De terre foient infidèles exclus 
Et les peruers, fi bien qu'il n'en 

foit plus 
Sus, fus,mbn cœur, Dieu où tout 
bien abonde (monde. 

Te faut louer, loués le tout le 
Pseavme CV. T. D. B. 
u'vn chacun de nous fans 
celle 

Loue du Seigneur la hautelTe: 
Que $5 SaincltNom foit reclamé 

Soie 





JfS;EAF,ME CV. 4*9 

Soit .entfet<ksj peuples femé, 
Le renom grand & précieux 
De tous ces geftes glorieux . 
Qu'on chante, & qu'on lui pfal- 
modie , * 

Et que fes merueilles on die : 
S'égaye, dis-je, «n fon Nom faint, 
Quiconque l'honore 6c le craint : 
Tout cœur cherchant le Tout- 

puiflant, 
S'éjoûïfle'en le beniiTant. 

Cherchez Dieu & fon excellence 
Cherchez fans cette fa prefence: 
Ses hauts faits ne foient oubliez : 
Soient fes miracles publiez, 
Et les jugemens annoncez 

>8~M 



490 P S. E A V M E C% 

Qu'il a Iui-mèfm«jpïénonce2»o£ 
Vous d'Abraham fonferf fidèle 
La femence perpétuelle, .' 
Enfans du bon Iacob venus, 
Que Dieu pour Tiens il reclus : 
C'efl nous defquels Dieu eft le 

Dieu, s ih«rass3 

Quoi qu'ir feigneurid en tout lieu, 
Pavse I. 
Car il a toûiours fouuenance 
De cette éternelle alliance 
Qu'il a promife de fon gré J 
Iuiques au m il ieme degré : 
Dont l'accord tel qu'il l'arreifca 
Auec Abraham il traita. 
le dis l'alliance iurée 



PSEAVME CV. 49! 

Auec Ifaac, & aileurée 
A Iacob, tellement qu'elle eO: 
Vn tres-feur &■ certain arreft, 
Et de Dieu auec Ifraèl 
Vn vrai accord perpétuel. 

le. ferai dit-il eftre tienne 
La région Cananéenne : 
Ton partage déterminé 
Te fera en elle afsigné. 
Quoi qu'ils fuflent en tels dangers, 
Peu de gens, & tous étrangers. 

De lieu en lieu ils cheminèrent 
Et d'vn peuple à Taure arriuerent, 
Mais.Dieu ne fouffrit nullement 
Quon les greùaft aucunement: 
Ains pouiTamour d'eux quelque 
fois 



49t PS E A V ME CV. 

Il a puni jufques aux Rois. 
Pavse. II. 

AmesOin6ts,dic-il ne méfaîtes 
Ec ne touchez à mes Prophètes, 
Puis après fît venir la faim, 
Et rompit la force du pain: 
Mais aux fiensàtêps ilpourueut 
D'auant-coureur qu'il leur éleut. 

C'eft Iofeph, par ingratitude 
Vendu en dure feruitude: 
Et depuis aux ceps enferré 
Et bien durement enferré, 
Iufqu'au temps & poinctafsigné 
Que Dieu en auoit ordonné. 

Puis quand Dieu l'eut à fuffîsace 
Efprouué par fon ordonnance, 



P S E A V M E CV. 49J. 

Le Roi mefme de fa maifon 
Enuoya jufqu a la prifon, 
Quoi qu'il fuftgrand dominateur 
Quérir de Dieu le feruiteur. 

Puis de feruiteur le fit maiflre, 
Pour tout fon domaine conoiftre 
Et grands aufsi bien que petits 
Tenir fous foi aiTuiettis, 
Et donner bonne inftruétion 
Aux fages de la nation. 
Pavse. III. 

Lors fit Ifrael fon entrée 
En Egypte , & dans la contrée 
De Cham le bon Iacob logea , 
Où Dieu l'accreut& l'hébergea: 
Tellement que [es ennemis 



494 PSEA V ME CV. 

A fon gré lui furent fournis. 

Mais Dieu tout puilfant ôc tout 
fage 
Tourna au rebours leur courage , 
Afin que d'vn cœur animé 
Contre fon peuple bien-aimé. 
Us machinaiTent mille maux 
A fes feruiteurs plus loyaux. 

Sur cela Moyfe il enuoye, 
Aaron aufsi efl mis en voye> 
Ses feruiteurs choifis tous deux, 
Qui accomplirent fur iceux 
La charge qu i.1 leur fît auoir 
De fignes terribles à voir. 

Il leur enuoya des ténèbres 
Des plus obfcures ôc funèbres : 



P. SE AV. M- E CV; ■495 

Et en rien nul de ces deux-la 
A fa charge ne rebella. 
En fang tourna tous leurs ruilTeaux 
Tua les poiiTons en leurs eaux. 
Pavse IV. 

Il fit. des grenouilles produire 
Pour empuantir & deftruire 
Iufques aux chabres de leurs Rois , 
Fit en parlant tout à la fois 
Mouches & moucherons diuers 
Voler du païs au trauers , 

Donna pour la pluye la grefle, 
Auec la foudre pefle-mefle, 
Frappa leurs vignes & figuiers, 
Brifa maint arbre en leurs quartiers 
Parla, .&. vinrent à monceaux 






4?6 PSEAVME GV. 

Les hannetons ôc fautereaux. 

Ainfi fut toute herbe mangée , 
Leurs fruits & leur terre rongée : 
Il a leurs aifnez abatus , 
La fleur de toutes leurs vertus: - 
Et fut à tirer diligent 
Les fiens garnis d'or ôc d'argent. 

Il n'y eut en toute leur bandé 
FoibleiTe petite ni grande : 
Ceux d'Egypte eftoiét mémemét 
Ioyeux de leur département: 
Gar la frayeur qu'ils eurent d'eux 
Les auoit rendus tous peureux. 

P A V S E V. 

Pour leur couuerture vne nue 
Fut parmi le ciel eftendué. 

Va 



PSEAVME CV. tfff 

Vn brandon luifoit toute nuit, 
Afin qu'Ifraël fut conduit, 
Quoi plus ? quand Ifraél voulut 
Auoirdes cailles, i) en plût. 

Il les repût du pain celefte, 
Et quand la foif leur fut molette, 
D'vn roc jit riuieres couler , 
Et par les deferts fe rouler : 
Car de fon dire il lui fouuint 
Et d'Abraham Ton ferf nonfeint: 

Ainfi tira fon peuple en joye, 
Et fes éleus parmi la voye 
Alloient chantas de fes hauts faits, 
Tatque de maints peuples défaits 
Leur donna les poflefsions , 
Et le labeur des nations. 

R r r 



498 P SE A V M E CV. 

Afin qu'ils eulTenc fouuenance 
De bien garder fon ordonnance , 
Et fuffent toujours curieux 
D'auoir fes ftatuts précieux, 
Soitdonquesd'vn chant folennel 
A jamais loué l'Eternel. 

Pseavme CVI. T. D. B. 

LOûez Dieu, car il eft bénin, 
Et fa bonté n'a point de fin, 
Où eft celui qui la prouefle 
De TEternel recitera , 
Et tous les faits de fa hautefle 
Entièrement nous chantera? 

Bien-heureux qui va droitement 
Et rie-fait rien que juftement : 
O Seigneur, de moi te fouuienne, 



PSEAVME CVI. 499 

En l'amour que portes aux tiens: 
Ce falut jufqu'a moi s'en vienne 
Duquel ton peuple tu fouffciens. 
Si que les biens je puifTe voir 
Qu'a tes éleus tu fais auoir, 
Et du plaifir i'aye 1'vfage, 
Duquel ta genttu fais jouir: 
Et qu'auec ton famc héritage 
le puifTe à plein me réiouïr. 

P A V S E. I. 

Helasiôc nos pères Scnotis 
T'auons offenfé entre tous, 
Nos forfaits font par trop iniques 
Commis auons grand' lafçheté: 
De tes faits d'Egypte authen- 
tiques . 



R R r z 



5oo P S E A V ME CVI. 

Nos percs foigneux n'ont efté. 

Confideré n'ont en leur cœur, 
De tes hauts bien faits la grandeur: 
Ains Ifraél fier à outrance 
Prés de k mer fe rebella: 
Mais Dieu démontrât fa puifsace 
Pour fon Nom les tira de là. 

II tança la mer des rofeaux, 
Dont foudain tarirent les eauxr- 
Au trauers des gouffres horribles , 
Comme en païs fec les guida , 
Et malgré les forces terribles 
De leurs ennemis les garda. 

Il les fauua contre l'effort 
De l'ennemi puiffant Se fort : 
Sur leurs haineux les flots tournerêt 



PS'EAVME CVL 501 

Si qu'vn feul n'en fut exempté: 
Les fiens creurent lors, &: louèrent 
Son fecours expérimenté. 
Pavse. IL 

Mais ils oublièrent foudain 
Tous les ouurages de fa main 
Et fon confeil ils n'entendirent: 
Ains de concupifcence épris , 
Mefme au defert ils entreprirent 
De tenter Dieu par grand mépris. 

Alors il leur donna plaifir 
De manger félon leur defir : 
Mais leurs corps gourmans en dé- 

cheurent : 
Puis fur Moyfe de plein gré 
Au camp par enuie ils s'emeurent, 



5 02. P S E A V M E CVI. 

Et contre Aaron Preftre facré. 
Sous Abiram terre s'ouurit, 
Et fous Dathan qu'elle couurit: 
Fiâmes dedas leur camp s'épriret. 
Le feu les médians deuora: 
Vn veau dans Oreb ils fondirent 
Dont chacun l'image adora. 

Ainfi changèrent; le Seigneur 
(Qui fut leur gloire 6c leur honeur) 
En l'image d'vn bœuf qui broute: 
Dieu & fes hauts faits publiez 
Au trauers de l'Egypte toute . 
Furenftoft par eux oubliez. 

* P A VS E. III. 

lis oublièrent les hauts faits» 
Qu'au p aïs de Cham il a faits, 



PSEAVME CVI. 5 oj 

Et mainte merueille terrible 
Qu^'en la mer rouge il déclara: 
Dont émeu de courroux horrible 
De les perdre il délibéra. 

Moy fe lors- Ton ferf éleu , , 
Soudain que ce mal il eut veu, 
Vient entre-deux deuantfa face 
Cette afpre fureur deftourner, 
Afin quVn tel mal ne leur face, 
Qui les vienne tous ruiner. 

Ils ont eu aufsi en mefpris 
La région de fi grand prix : 
En fon dire n'ont eu fiance: 
Ils ont murmuré mainte fois, 
Et n'ont rendu obeïflfance 
En voyant du Seigneur la voix. 



jo 4 PSEAVME CVI. 

Et pource aufsi le Souuerain , 
En éleuant contr'eux fa main, 
Fie vn grand ferment de deftruire 
Eux &. leurs enfans es deferts, 
Et de les efpandre en fon ire 
Es pais lointains & diuers. 

Pavse IV. 

A Baalpeor neantmoins 
Toft après leurs cœurs furet joints 
pour mâger des morts les offrâdes 
Dont en (es indignations 
Dieu les frappa de playes grandes 
Piqué par leurs deuotions. 

Lors Phinées homme de fait» 
Vint, & vengeant vn tel forfait, 
Fit cefler l'ire efpouuantable : 



Et 



PSEAVME CVI. 505 

Et lui fut ce fait alloué 
Pour, chofe fi jufte 5c notable , 
Qu'à jamais en fera loué. 

Mais Dieu par eux fut irrité, 
En Mcriba., & defpité, 
Iufques à n'efpargner Moyfe , 
Qu'ils tourmentèrent jufques là , 
Que doutant de fon entreprife 
Trop légèrement il parla. 
Pavse V. 

Ils n'ont les peuples ruinez 

Que Dieu leur auoit ordonnez 1 

Mais parmi eux ils fe méfièrent, 

Apprenas leurs faits mal-heureux, 

Et leurs images adorèrent,- H 

Qui furent vn piège pour eux. 

s s f 



5 c6 P S E A V M E C V I. 

Car les cruels & inhumains 
Sacrifièrent de leurs mains • 
Au diable leurs fils 6c leurs filles: 
Et firent du fang ' innocent 
De leurs miferables familiés 
A leurs idoles vn prefent, 

Ces meurtriers rendirent poilu 
Le pais iadis bien voulu : Q 
En leurs damnables ehtreprifes 
Ils fe font tous contaminez > 
Suiuans Jeurs faufles paillardises , 
Où du tout fe font adonnez., 

1/ire du Seigneur en fuma, 
Et contre fa gent s'alluma , 
Pour Jiaïr fon propre héritage , * 
Et pourtant es mains des Gentils, 



PsEAVME CVI. 507 

Et à leurs haineux pleins de rage 
Les rendit tous affujettis'. (P.VI.) 

Leurs haineux les ont affligez 
Ployez fous leur main & -rangez: 
Souuent ils ont eu deîiurance: 
Mais ils ont toûiours refifté , 
Et n'ont eu ni mal ni nuifance 
Que par leur propre iniquité. 

Sera-ul en- affliction 
Ietté l'œil fur fa nation > . ' 

Quand il a leur clameur ouïe: 
De fon accord s'eft fpuuenu , 
Et fa bonté s'eft repentie l vJL 
Du mal-heur à euxauenu. 
Il leur a rendu gracieux 
Leurs détenteurs plus-furieux 5 

S s s 1 



5«S PSEAVME CVI. 

O noflre Dieu, ta bonté vueiJle 
Nous fauuer,Ôcpar ton faintNom 
D'entre les peuples nous recueille 
Pour magnifier ton renom. 

S'oit le -Seigneur Dieu d'Ifraél 
Bénit d'vn los perpétuel, 
Qui dure à.iamais & fans ceflfe: 
Soit par le peuple refpondu, 
Ainfî foit. Bref, de fa hautefle 
Le los foit par tout efpandu. 

PSEAVME CVII.C. M. 

Onnez au Seigneur gloire 
Il en; doux ôc clément, 

Et fa bonté notoire ' -•sv. 

Dure éternellement. 
Ceux qu'il à rachetez, 




PSEAVME CVU- 5°9 

Qu'ils chantent fa hautefle, 
Et ceux qu'il à iettez 
Hors d 



e 1 



a main d'oppreiîe. 

Les ramaflant enfemble 
D'Orient, d'Occident, 
De l'Aquilon qui tremble, 
Et du Midi ardent. 

Si d'auenture errans 
Par les deferts fe treuuent , 
Demeurance querans, 
Et que trouuer n'en peuuent : 

Et fi l'afpre famine , 
Et la foif fans riqueur 
Les trauaiîle & leur mine 
Et le corps & le cœur : 

Pourueu qu'à tel befoin 



jio PSEAVME CVM. 

Cri ans à Dieu lamentent , 

Subit il les met loin ' 

Des maux qui les tourmentent: 

Et droit chemin paiTable 
Leur montre & fait tenir, 
Pour en ville habitable 
Les. faire paruenir. 
/ Lors de Dieu .vont chantam 
Les bontez nompareilles 
Cà & là racontans 
Aux hommes fes merueilles. 

P A V S E . I. 

Il rend l'ame affcuuie 
Qui de foif languiiloit, 
Soûlant des biens la vie 
Qui de faim perifïbit. 



P S E-AVME CVÏL 5 *r 

Ceux qui font reiTerrez 
En ténèbres mortelles, 
Enchaînez, enferrez, 
Et fouffrans peines telles. ) 

Pour auoir la parole 
De Dieu mife à mépris, 
Et tenu pour friuole 
Son confeil de haut prix? 

Quand par tourmens leurs cœurs 
Humiliez demeurent, 
Abatus de langueurs * 
Sans que nuls les fequeurent : 

Pourueu qu a Dieu s'adreflent, 
L'inuoquans au befoin , 
Tous les maux qui les prefTent 
Tofti] renuoje au loin. 



S u PSEAVME CVII. 

Des prifons les mec. hors 
Mortelles & obfcures, 
Rompans leurs liens forts, 
Cordes & chaines dures. 

Les bontez nompareilles 
De Dieu lors vont chantans, 
Cà ôc là fes merueilles 
Aux hommes racontans , 

D'auoir jufqu'aux courreaux 
Brifé d'airain les portes, 
Et de fer îes barreaux 
Rompu de (es mains fortes. 

Les fols qui les fupplices . 
Sentent de leurs péchez, 
Et qui font par leurs vices 
Malades- affectiez," 

Dont 



PSEAVME CVH. jij 

Dont le cœur tout repas 
Et viande abomine , 
Et qui font prés du pas 
De la mort qui les mine: 

Pourueu qu'à Dieu s'adreflent , 
L'inuoquans au befoin, 
Tous les maux qui les preflent 
Tofl il renuoye au loin. 

D'vn feul mot qu'il tranfmet 
Leur donne fanté telle , 
Que du tout hors les met 
De ruine mortelle. 

Les bontés nompareilles 
De Dieu lors vont chantans 
Cà & là (es merueilles 
Aux hommes racontans. 

T T s 



jt4 PS E A V M E CVII. 

A Dieu d'ardent defir 
Louange facrifient, 
Et auec grand plaifir 
Ses œuures magnifient. 
Pavse. II. 

Ceux qui dedans galées 
Deflus la mer s'en vont, 
Et en grand's eaux falées 
Mainte trafique font. 

Ceux-là voyent de Dieu 
Les œuures merueilleufes, 
Sur le profond milieu 
Des vagues perilleufes. 

Le vent, s'il lui commande 
Soufle tempétueux , 
Et s'enfle en la mer grande 



PSEAVME G VIL 515 

Le flot impétueux. 

Lors montent au ciel haut 
Puis aux gouffres defcenderit 
Et d'effroi peu s'en faut 
Que les âmes ne rendent. 

Chancellent en yurongne ; 
Troublez du branlement, 
Tout leur fens les efloigne , 
Perdent l'entendement. 

Mais fi a telbefoin 
Crians à Dieu lamentent > 
Subit il les met loin 
Des maux qui les tourmentent. 

Fait au vent de tempefte 
Sa fureur rabaifler : 
Fait que la mer s'arrefte , 

T T t * 



■ 

A 



5rf PSEAVME CVII. 

Fait fes ondes cefTer. 

L'orage retiré, 
Chacun joyedemene, 
Et au port defiré 
Le Seigneur Dieu les mené. 

Les bontez nompareiîles 
De Dieu lors vont chantans , 
Cà & là fes merueilles 
Aux hommes racontans. 

Parmi le peuple bas 
Le furhaufTent en gloire , 
Et ne le taifent pas 
Des grands au confiftoire. 
Pavse. III. 

Lui qui les eaux profondes 
En défert conuertit , 



PSEAVME CVM. s$ 

Et les fources des ondes 
Afleche & diuertit. 

Lui qui fteriles fait 
Terres graffes & belles, 
Et tout pour le forfait 
Des habitans d'icelles : 

Qui deferts d'humeurs vuides 
Convertit en grand's eaux, 
Et lieux fecs & arides 
En fources & mi fléaux : 

Et qui là fait venir 
Ceux qui de faim languiflent, 
Lefquels pour s'y tenir 
Des villes y baftiflent. 

Y femer champs fe peinent, 
Et vignes y planter , 



5 i8 PSEAVME CVII. 

Qui tous les ans amènent 
Fruit pour les fubftanter. 

Là les remplit de bien:, 
Les croift, les continué, 
Et leur beftail en rien 
Il ne leur diminué. 

Puis décroiflans de nombre , 
Viennent à rarité, 
Par maux & par encombre , 
Et par ffcerilité. 

Riches, nobles ôc grand's, 
Méprifez il renuoye, 
Par deferts lieux errans, 
Où n'eft chemin ni voye. 

Et éleue ôc. déliure 
Le pauure hors d'ennui : 



PSEAVME CVH. 5191 

Et force gens fait viure 
Comme vn troupeau fous lui. 

Ge voyans,ont aux coeurs 
Les juftes joye enclofe > 
Et de Dieu les moqueurs 
S'en vont la bouche clofe. 

Qui a fens Se prudence 
Garde à ceci prendra , 
Lors la grande clémence 
Du Seigneur entendra. 

Pseavme CVIII. T.D.B. 

M On cœur eft difpos, ô mon 
Dieu/ 
Mon cœur eft tout preft en ce lieu 
De te chanter tout à la fois 
Cantiques de main & de voix. 



5 zo P S E A V M E CVIII. 

Pfalterion, réueille toi , 
Harpe > ne demeure à recoi: 
Car je veux debout comparoiftre , 
Dés que le jour vient à pàroiftre. 

Seigneur, je te célébrerai 
Entre les gens, & te dirai 
De toutes mes affeétions 
Pfeaumes entre les nations : 

Car ta grande bénignité 
Plus haut que les cieux à monté. 
Et ta vérité, fans rien feindre, 
Iufques aux nues vient atteindre. 

O Dieu, leue toi fur les cieux , 
Monftre toi par tout glorieux, 
Pour tirer les tiens hors démoi : 
T'en moi la main , exauce moi. 

Mais 



PSEAVME CVIII. 511 

Mais quoi ? Dieu m'a déjà oui, 
Et de fon faint lieu réjoui : 
Sichem fera mon héritage , 
Le val de Succoth mon partage. 
P A v s E . 

De Galaad la région 
Sera de ma pofTefsion, 
Et de ManalTé tout le bien > 
Sans nulle doute fera mien. 

Ephraïm peuple grand ôc fort 
Sera de mon chef le fupport , 
Et du Royaume l'afïeurance , 
Dont Iuda fera l'ordonnance. 

Les Moabites au furplus 
le ne veux eflimer non plus 
En dépit de leurs mauuaiftiés > 






v v v 



5 it PSEAVME CVIIL 

QuVn vaiffeau pour lauer mes 
pieds. 

Contre Edom peuple glorieux 
le jetterai mes fouliers vieux : 
Sus, Pale/lins, faites moi fefte 
De ma victoire qui s'apprefte. 

Mais par qui ferai-je en feinté 
Conduit en la forte cité? 
Qui efb ce qui me conduira 
Iufqu'en Edom &c guidera? 

Ne fera-ce pas toi, ô Dieu , 
Qui nous chaflois de lieu en lieu, 
Et n'accompagnois nos armées 
De tes faueurs accoutumées ? 

Donne nous ton fecours d'enhauc 
Contre celui qui nous affaut : 



PSÈAVME CVIIL 5 i$ 

Car qui n'a que le terrien 
Pour fa fauue-garde, n'a rien. 

Dieu nous rendra preux ôtvaillas 
Encontre tous nos aflaillans, 
Renuerfant par fa vertu grande 
De nos haineux toute la bande. 

Pseavme CIX. T. D. B. 
Dieu mon honneur & ma 
gloire , 

Ne vueilles maintenant .te taire: 
Car ceft contre moi que s'adrefTe 
La bouche méchante & traiftreiTe, 
Et la faufîe langue qui ment, 
A parler de moi fauflement. 

Sas caufe ils m'ot pris en querel le, 
Et m'ont liuré guerre mortelle :• 

V v v i 




5 i4 PSEAVME CIX. 

Pour l'amour que leur ai montrée» 
Ils ont fur moi haine jurée : 
Mais la prière m'a efté 
Pour refuge en aduerfité. 

Pour bié ils ne mot fait que peine 
Pour amour m'ont rendu la haine: 
Mets-le Seigneur, en la puiffance 
D'vn méchant rempli de nuifance: 
L'ennemi plein de cruauté 
Soit toujours prés de fon collé, 

Quand il viendra deuant le luge, 
Toujours pour méchat on le iuge*: 
Toute fa prière ôc requefte. 
Tourne en péché deflus fa tefle*.: 
Meure toft, & lui dépourueu,. 
Soit à fon office pourueu 



PSEAVME CIX. jij 

Sa femence foit orpheline, 
Sa femme veuue, ôc par famine 
Aillent fes fils de porte en porte 
Cherchans leur vie en toute forte 
Ayans delaifle leur, maifon 
Pauure 6c vuide en bonne faifon 

L'ufurier tous fes biens attrape, 
A l'efbranger rien n'en efchape : 
Homme vers lui ne fe recorde 
D'eftendre fa mifericorde : 
Nul n'y ait qui par amitié 
De fes orphelins ait pitié. 

P A V S E. I. 

Soit fa race oftée du monde, 
Et dés la lignée féconde 
Soit fa maifon toute abolie : 



£ç PSEAVME CIX. 

Le Seigneur jamais ne s'oublie 
De fes ayeuls, pour les péchez 
Dont ils ont elle entachez. 

Iamais ne foit la faute efteinte 
Du mal dont fa mère eft atteinte 
Ses forfaits & fautes mortelles 
Soient deuant toi perpétuelles: 
Soit de defTus la terre ofté 
Son nom à perpétuité. 
D'autant qu'il n'a eu fouuenance 
D'aider le pauure en fafourfranee 
Plutoft la perfonne oppreflée, 
Chetifue, laiTe, & àngoi/Tée, 
Il a tourmentée à grand tort, 
Iufqua lui pourchaiïer la mort. 
Il à aimé la mal-encontre, 



PSEAVME CIX. 527 

Fai doç,Seigneur,qu'il la recotre: 
La bonne encontre il a haïe, 
De lui bonne encontre s'enfuïe: 
Soit de tout mal entortillé, 
Comme s'il en fut habillé. 

Ainfi corne eau dedas fon vetre 
Tout mal-heur découle &y entre 
Et comme huile penetratiue, 
Iufques dedans Tes os arriue, 
Et foie continuellement 
Sa ceinture & fon veftement. 

Tel foit de par Dieu le falaire 
Des ceuures de mon aduerfaire. 
Et de toute langue maligne 
Qui va parlant de ma ruiné :-J 
Mais toi, mon Dieu, en cet émoi 






5J .g PSEAVM E CIX. 

Pour ton Nom fauorife moi 
Pavse. II. 

Sauue moi mon Dieu fauorable 
Par ta bonté tant fecourable : 
Car je fuis pauùre & plein d'op- 

prefïe: 
Et mon cœur tranfi de détreffe: 
le décline & m'en vais déchoir 
Ainfi qu vne ombre fur le foir. 
De place en place je fautelle, 
Ainfi comme vne fauterelle: 
le fens de mes genoux les iointes 
De ieufner lafches & déiôintes: 
Mon pauure corps atténué 
Et de graifïe tout dénué. 

Mefmes en ces peines tant dures 

Encor 



PSEAVME CIX. yi? 

Encor me font-ils mille injures, 
Et regardans ma peine amere 
Branlent la tefle en vitupère : 
Mais aide moi mo Dieu,monRoi 
Et par ta bonté fauue moi : 

Afin que leur faces connoifhe 
Que c'efb ci l'œuure de ta dextre, 
Et quVne telle déliurance 
Ne vient finon de ta puiflfance : 
Ils me maudiront nonobftant , 
Mais tu me béniras pourtant. 

Leuent hardiment leur hautefie, 
Il faut que honte les abaiflfe , 
Et qu'à m'é;ouïr ie m'adonne. 
Vergongne donc les enutronne, 
Et couure tous entièrement 

x x r 



53 o P S E AV M E CIX. * 

Ainfi comme vn habillement. 

Ma bouche lors en fes cantiques 
Voire es aiTemblées publiques , 
Chantera de Dieu l'excellence : 
Qui au pauure à fait afsiflance , 
Et fecours contre ceux donné 
Qui Tauoient à mort condamné. 

Pseavme CX. T. D. B. 

LE Tout-puifsant à mon Sei- 
gneur & Maiftre 
A dit ce mot,à ma dextre te lieds 
Tant que i'aurai renuerfé ôc fait 
eftre (pieds. 

Tes ennemis le fçabeau de tes 
Le feeptre fort de ton puifsant 
Empire 



PS E AVM E CX. . 55 i 

Enfin fera loin de Sion tranfmis 
Par l'Eternel lequel te viédra dire 
Règne au milieu de tous tes en- 
nemis, (pofée 1 
De fon bon gré ta gent bien dif- 
Au iour tres-faint de ton facre 
courra : ( rofée , 
Et aufsi dru qu'au matin chet 
Naiftre en tes fils ta ieunefse on 
verra. • (courage 
Car TEternel fans changer de 
A de toi feul dit, & iuré auec i 
Grand Preftre & Roi tu feras en 

tout aage, 
Enfuiuant l'ordre au bon Melchi- 
fedec. 

X x x z 



J3 > PS E A VM E CX. 

A ton bras droit Dieu ton Sei- 
gneur ôc Père 
T'afsiftera aux belliqueux arrois, 
Là où pour toi au jour de fa colère 
Ropra la tefte à Princes & à Rois. 
Sur les Gentils exercera juftice, 
Remplira tout de corps morts en- 

uahis , 
Et frapera pour le dernier fupplice 
Le chef régnant fur beaucoup de 
païs. . (plaine, 

Mefme en pafTant au milieu de la 
De l'eau courante à grand hafte 

il boira : 
Par ce moyen ayat victoire pleine, 
La tefte haut tout joyeux leuera. 



P S E A V ME CXI. 535 

Pseavme. CXI. T.D. B. 

DV Seigneur Dieu en tous en- 
droits, 
En l'aflTemblée des plus droits, 
De chanter à Dieu couftumiere , 

La gloire je confefferai, 
E # t fa louange annoncerai 
D'vne affection toute entière, 

Du Seigneur sot grâds les effects , 
Et qui bien contemple fes faicts. 
Vtai contentement y rencontre. 

Ce n'eu: que gloire ôc Majefté 
De ce qu'il fait, &: fa bonté 
Par tout éternelle fe montre. 

Le Seigneur par fes faits exquis, 
A jamais vn bruit s'eft acquis 



534 PSEAVME CXI. 

De douceur & de bien-vueillance. 

Il a fouftenu 6c fouftient 
Ceux qui font craint, & fe fouuient 
A iamais de fon alliance. 

P A V S E. 

A fon peuple il a fait fçauoir 
Quel eft Fefifeâ; de fon pouuoij , 
Leur donnant des gens l'héritage: 

Ce n'eft que feure loyauté 
Ce n'effc que tres-iufte équité 
Quand îlmetlamainàrouurage. 

Tous les mandemens qu'il à faits 
Sont feurs & fermes à iamais , 
Faits en venté & droiture : 

Il à fon peuple deliuré > 
Accord auec lut à iuré 



PSEAVME CXI. 53 y 

Voire vn accord qui toûiours dure 
Son Nom efl redoutable &c faint: 
Reuerer Dieu de cœur non feint, 
Oeil: le chef de vraye fageffe: 
Sage ell celui qui fait ceci , 
Et fe peut affeurer aufsi 
Qu'il en fera loué fans cefle. 

Pseavme.CXIL-T.D.B. 

Bien-heureufe la " perfonne 
Qui craint l'Eternel, & s'a- 
donne 
Du tout à fa Loi tres-entiere : 
Sa race en terre fera forte : 
Car Dieu bénit en toute forte 
Des bons la race droituriere. 
D'vn tel la maifon tres-heureufc 




j3 6 V SE A VM E CXII. 

En tous biens fera plantureufe, 
Et la iuftice perdurable , 
Dieu de fa clarté belle & pure 
Efclaire leur nuict plus obfcure, 
Comme doux,bon, & pitoyable. 

Le débonnaire donne & prefbe, 
Par raifon fes affaires traite , 
De jamais branler il n'a garde» 
De l'homme qui fuyant le vice 
S'adonne à tout bien & iuflice 
La mémoire à iamais fe garde. 

Il ne craint mauuaifenouueller 
Car fon cceur iamais ne chancelle 
Ayant au Seigneur fa fiance : 
Sa confcience bonne g£ faincTre 
Attend fermemet & fans crainte 

Sur 



PSEAVME CX II. 537 

Sur fes ennemis la vengeance. 

De fes biens i! donne ôc difpenfe 
Aux pauures en leur indigence: 
Sa juftice dure fans ceiTe : 
Sa corne plus elle eft greuée,J 
D'autant plus haut eft éleuée G 
En; honneur & toute hautefTe. 

Les méchans voyant cette chofe 
De dépit auront bouche clofe : 
En grinçant les cents de colère, 
Us en deuiendront tous étiques : 
Mais eux & leurs defirs iniques , 
Périront quoi qu'ils fçachent Faire. 

PSEAVME CXI II G. M. 




s qui leàeign 



> 



> Loûez-lô, 8t fon Nom éleuez : 

Y y y 



538 PS E A VM E CXIII. 

Louez fon Nom & fa hautefle. 

Soit prefché, Toit fait folemnel 
Le Nom du Seigneur éternel , 
Par tout en ce temps oc fans ceffe. 

D'Orient jufqu en Occident 
Doit eftre le los euident 
Du Seigneur, & fa renommée. 

Sur toutes gens le Dieu des dieux 
Eft exalté, ôc fur les cieux 
S'éleue fa gloire eftimée. 

Qui eft pareil à noftre Dieu, 
Lequel fait fa demeure au lieu 
Le plus haut que l'ô fauroit querre: 

. Et puis en bas veut deualer 
Pour toutes cHofes contempler 
Qui fe font au ciel ôc en terre ? 



PSEAVME CXIII. $39 

Le pauure fur terre gifant 
Il éleue, en I'authorifant , 
Et le tire hors de la boue, 

Pour le colloquer aux honneurs 
Des feigneurs, voire'des feigneurs 
Du peuple que fien il auoue. ; 

C'eft lui qui remplit à foifon 
De très-beaux enfans la maifon 
De la femme qui eft fterile : 

Et lui fait joye receuoir, 
Quad d'impuiiTante à conceuoir, 
Se voit d'enfans mère fertile. 

Pseavme. CXIV. CM. 

QVand Ifrael hors d'Egypte 
p. fortit 
Et la maifon de Iacob fe partit 

Yyyr 



j49, PS E A V ME CXIV. 

D'entre le peuple effrange , 

luda fut fait la grand' gloire de 

Dieu, (Heb.ri.eu, 

Et Dieu Te fit Prince du peuple 

■ m Prince de grand' louange. 

La mer le vid qui s'éfuit foudain. 

Et contre-mont l'eau du fleuue 

• Iordain 

Retourner fut contrainte ? 
Comme moutons montagnes 

ont failli , 

Aufsi en ont les cofteaux treilailli 

Comme agnelets en crainte. 

Qj/auois tu mer à t efuïr foudain 

Pourquoi à mont l'eau du fleuue 

Iordain. 



PSEAVME CXIV. 54 1 

Retourner fus contrainte ? 
Pourquoi auez, mots, en moutons 

failli? . 

Pourquoi cofteaux en aués trefTailli 

; Comme agnelets en crainte? 

Deuant les yeux du Seigneur 

qui tout peut, (veut : 

Deuant le Dieu de lacob, quand il 

Terre tremble craintiue : 
IedisleDieu,le Dieu conuertifsat 
La pierre en lac,£c le rocher puifsat 
En fontaine d'eau viue. 

PSBAVME CXV. C M. 

N On pointa nous, non pointa 
nous,Seigneur, (honneur 
Mais à ton Nom donne gloire Se 

t i 



542. PSEAVME CXV. 

Pour ta grâce ■& foi feure, 

Pourquoi diraient les gens en fe 

moquant , .(inuoquant 

Où eft-ce Dieu qu'ils vont tant 

Où eft-il à cette heure ? 

Certainement noftre Dieu tout 

parfait (fait 

Refide aux cieux : ôc de là-haut il 

Tout ce qu'il veut en fomme 

Mais ce qu'adore &: fert tout autre 

gent . 
Idoles font faites d'or ôc d'argent, 
Ouurage de main d'homme. 
Bouche elles ont, fans parler ni 
mouuoir : (rien voir , . 

Elles ont veux, ôc ne fcauroient 
C'eft vne chofe morte. 



P S E A V ME CXV. 543 

Oreilles ont,ôtne fçauroient ouïr: 

Elles ont nez,ôc ne fçauroient jouïr 

D'odeur douce ni forte. 

Biles ont mains nepouuant rien 

toucher, (marcher 

Elles, ont pieds, Ôc ne fçauroient 

Gofier, & point ne crient. 
Tels ôc pareils font tous ceux qui 
les font, ( vont, 

Et ceux lefquels à leur recours s'en 
Et «tous ceux qui sy fient. 
Pavse. 
Toi Ifraèl, arrefte ton efpoir 
Sur le Seigneur, ceft ta force ôc 
pouuoir , 
Bouclier ôc fauue-garde. 



544 TS E À VM £ CXV- 

Maifôn d'Aaron^arrefte ton efpoir 

Sur le Seigneur, ceft ta force ôc 

pouuoir, 

Lequel te fauue Se garde. 

Vous craignans Dieu arreftez 

voftre efpoir, (pouuoir, 

Sur tel Seigneur, car ceft voftre 

Sous qui l'ennemi tremble. 

Le Seigneur Dieu de nous fou- 



uenir a, 






Plus que jamais Ifraèl bénira, 

Les fils d'Aaron enfernblé. 

A ceux qui font de l'off enfer 

craintifs (petits 

Grands biens a faits depuis les plus 

- lufqua ceux de grand aage. 



Les 



PSEAVME CXV. s45 

Les biens ôc dons que pour vous 

faits-il a, . • 

Il fera croiftre à vous &: à ceux-là 
De voftre parentage. 
Puis que bénits eftes & bie-aimés 
Du grand Seigneur qui les cieux 
a formez , 
Et terre façonnée. 
Le Seigneur s'eft referué feulemêc 
Les cieux pour foi, la terre- entiè- 
rement 
. Aux hommes a donnée. 
O Seigneur Dieu, l'homme par 
mort tranfi 
Ne dittonlos,niquiconques aufsi 
En la foiîe deuale: 

Z Z Z 



54« PSEA VME CXV. 

Mais nous viuans, par tout où nous 
irons, (bénirons 

De bouche ôc cœur le Seigneur 
Sans fin, fans interuale. 

Pseàvme CXVI. T.D.B. 

I'Aime mon Dieu, car lors que 
j'ay crié , (due : 

Iefçai qu'il à m'a clameur enten- 
Et puis qu'il m'a fon oreille tédué , 
En mon dur têps par moi fera prié. 
La mort m'auoit en fes pièges 
furpris , (angoifles : 

Trouué m'auoient les mortelles 
I'eftois faifi de douleurs ôc triftefTes 
Quand à prier par ces mots je 
me pris : 



PSEAVME CX VI. 547 

Las s fauue-moi qui fuis des plus 

chetifs: • ( rable : 

Ec ie trouuai le Seigneur fecou- 
Noftre Dieu, dis-je, eft doux & 

pitoyable, 
Et volontiers garde les plus petits 
Car quand j'eftois de langueur 

toutrecreu, (clame: 

D"eliuré m'a mon Dieu que je re- 
Retourne donc en ton repos mon 

ame, (reçeu. 

Puis que de Dieu ce bien-fait as 

Puis qu'as gardé ma vie de la 

mort. 
Mes yeux de pleur, & mes pieds 

de ¥ aine, 

Z z z x 



548 PSEAVME CXVI. 

C'eft; deuant toi qu'il faut que ie 
chemine . ( fupport. 

Durant ma vie, 6 mon Dieu mon 
• P a v s E. 
I'ay creu, & pour ce ai-je à par- 
ler aufsi : (tourmentée 



Las • ma pauure ame eftoit fort 
Tant que i'ai dit d'ardeur préci- 
pitée, (trouue ainfi. 
Tout homme" eft faux,& ie le 
Mais que rendrai-je à Dieu pour 
fés biens faits ? ( la tafTe 
C'eft qu'en prenant de louange 
Pout témoigner qu'il m'afauué de 
grâce, \ (m'a faits. 
Uinuoquerai pour les biens, qu'il 



PSEAVME CXVL 549 

A Dieu rendrai dés maintenant 
mes vœux-, ( naire; 

Mefme deuant FaHemblée ordi- 

Dieu pour certain de tout fi en dé- 
bonnaire (ci eux. 

Tient le trépas très-cher ôc pre- 

Or donc, Seigneur, car ton fer- 

uant je fuis > (chambrière , 

Ton. feruant, dis-je, Se fils de ta 

C'eft toi qui as mes liens mis ar- 
rière, 

Dot ie te veux offrir ce que ie puis: 
C'eft à fcawoir louange d'vn 
franc cœur, 

En reclamant ton Nom plein d'ex- 
cellence, 






550 PS E A V M E CXVI. 

Et te redat mes vœux en la preséce 
Du peuple tié> corne toferuiteur: 
Dans ta maifon chanterai ton 
honneur, 
En ta cité lerufalem la fainte, 
Sus donc venez, chacun, en toute 

crainte 
Aueques moi célébrer le Seigneur. 

Pseavme CXVII. T.D.B. 

TOutes gens,loiïez le Seigneur 
Tous peuples, chantez fon 
honneur: 
Car fon vouloir bénin & doux 
Efè multiplié deflus nous, 
Et fa très-ferme vérité 
Demeure à perpétuité. 




PSEAVME CXVIII. j 5 i 

Pseavme CXVIII. T.D.B. 

Endez à Dieu louage ôcgloire 
Car il eft bénin & clément : 

Qui plus eft fa bonté notoire 

Dure perpétuellement. 

Qu'Ifrael ores fe recorde 
De chanter folemnellement, 
Que fa grande mifericorde 
Dure perpétuellement. 

La maifon d'Aaron ancienne 
Vienne tout, haut prefentement 
Confefler que la bonté fienne 
Dure perpétuellement, (crainte , 

Tous ceux qui du Seigneur ont 
Viennent aufsi chanter comment 
Sa bonté pitoyable 6c fainte 



55t PSEAVM E CX VI II. 

Dure perpétuellement 
Ainfi que i'eftois en detrefle , 
En inuoquant fa Majefté, 
Il m'ouït, & de cette prefle 
Me mit au large à fauueté 

Le tout puilTant qui m'ouït 
plaindre 
Mon parti toûiours tenir veut: 
Qu'ai-ie doc que faire de crain- 
dre 
Tout ce que l'homme faire peut. 
Pa-vse I. 

De mon coflé il fe retire 
Auec ceux qui me font amis : 
Ainfi cela que ie defire 
le verrai en me* ennemis. 

Mieux 



P S E A V ME CXVI1I. 555 

Mieux vaut auoir en Dieu fiance 
Qu'en l'homme qui efl moins que 

rien : 
Mieux vaut auoir en Dieu fiance, 
Qu'au Prince ôc au grand: terrien. 
Beaucoup de ges,c'eft chofe feure 
Mafsiegerent de tous codez: 
Aii No deDieu,ce dis-je à l'heure, 
Us feront par moi rebutez. 

Us m'auoient enclos par grad'ire, 
Enclos m'auoient tous mutinez : 
AuNomdeDieu, cevins-jeàdire 
Ils" feront par moi ruinez. 

Us m'auoient enclos comme 
abeilles. 
Et furent ce-s fols & hautains , 

A a a a 



554 P S E A VM E CXVIII. 

Au Nom du grand Dieu des 

merueilles, 
Comme feu d'efpines efteints. 
Tu as, importun aduer'faire, 
Rudement contre moi couru : 
Pour du tout tres-buch'er me faire: 
Mais l'Eternel m'a fecouru. 
Le Tôut-puifsât eff. ma puiiTanCe; 
C'en: l'argument, c'en: le di-fcours 
De mes vers, pleins d'éiouiflance 
C'en: de lui que l'ai eu fecours. 

Aux rriaisos de mon peuple iufle 
Gn n'oit rien que ioye & confort : 
On chante, on dit, Le bras robufte 
Du Seigneur a fait grand effort. 

P A V S E . IL' 



PSEAVME CXVIII. M 

De T Eternel la main adextre 
S'eft éleuée à. cette fais :- 
Dieu a fait vertu par fa dextre, 
Telle eft du bon peuple la* voix, 

Arrière ennemis ôc enuie , 
Car la mort point ne fentirai > . 
Mais ie demeurerai en vie , 
Et les faits du Seigneur dirai. 

Chaftié m'a, ie le confefle, 
Chaftié m'a, puni, batu : 
Mais point n'a voulu fa hautefle, 
Que par mort ie fuffe abatu. 

Ouurez moi les grand's portes 
•belles 
Du faint Temple au iuftes voilé, 
Afin que l'entre par icolles 



AAAâ l 



55 6 P S E A V M E CXVIII. 

Et que Dieu foie par moi loué. 

Ces gradts portes fomptueufes 
Sont les portes du Seigneur Dieu: 
Les iuftes sens & vertueufes 
Peuuent palier tout au milieu. 

Là dirai ta gloire fupréme , 
Là par moi feras célébré: 
Car en aduerfité extrême 
Exaucé m'as & deliuré. 

P A V S E III. 

La pierre par ceux reiettée 
Qui du baftiment ont le fqin, 
A efté afsife & plantée 
Au principal endroit du coin. 

Cela e(t vne ceuure celefte, 
Faite pour vrai du Dieu des dieux 



PSEAVME CXVIII. 5J7 

Et vn miracle manifefte 
Lequel fe prefente à nos jeux. 
La voici l'heur eufe journée, 
Que Dieu a faite à plein defir : 
Par nous foie joye démenée , 
Et prenons en elle plaifir. 

O Dieu éternel je te prie 
le te prie ton Roi maintien : 
O Dieu, je te prie 8c reprie, 
Sauue ton Roi, & l'entretien. 'Q 

Bénit foit qui au Nom tres-digne 
Du Seigneur eft venu ici : 
O vous de la maifon diuine, 
Nous vous beniffens tous aufsi. 

Dieu eft pujfsat,doux ôc propice, 
Et nous donne lumière à gré : 



55 S P S E AV M E C XVIII. 

Liez le bœuf du facnfice 
Aux cornes de l'autel facré. 

Tu es le feul Dieu que j'honore, 
Aufsi fans fin te chanterai: 
Tu es le feul Dieu que i'adore, 
Aufsi fans fin t'exalterai. 

Rendez à Dieu louange & gloire 
Car il efl bénin ôc clément.: 
Qui pîys efL fa bonté notoire 
Dure perpétuellement. 

Pseavme CXDC. T.D.B. 

I. Aleph. -a 

Blen-heureufe eft laperfonne 
qui vit • 
Auec entière ôc faine confcience', 
Et qui de Dieu les faintes Loix 
enfuit. 



P S E A V M E CX IX. 559 

Heureux qui met tout foin 5c 
diligence 

o 

A bien garder fesffcatuts précieux. 

Et qui de lui pour-chaile la fciéce. 
Certainemêt ceux ne sot vicieux 

Qui vont fuiuans Je chemin qu'il 
ordonne , ( rie'ux-. 

Et d'aller droit font toujours cu- 

' Ton vouloir .eft que chacune 
perfonne 

Par deflus tout bien ôc eftroitemet 

A maintenir tes mandemens s'a- 
donne, (tellement 
A mon vouloir qu'il te pleuft 

DreiTer mes pas où ta Loi me 
conuie, 



5 6o ÎSEAVME CXIX. 

Que fourtfoyer n'en puifle aucu- 
nement, (ma vie 
Car loin fera de des-honneur 

Tarit qu'aurai 4'ceil fur tes Loix 
arrefté , 

Et que l'aurai de les fçauo'irenuie. 

• Alors par moi tu feras exalté 

D'vn cœur tout droit, quand i'au^- 
rai pu comprendre' 

Tes iugemês tous replis d'équité. 
Or à garder tes ftatuts veux en- 
tendre : 

Mais ie te pri' qu'en mo infirmité 

Trop longuement ne te falTes at- 
tendre. 

II, Be th. 

Comment 



PS E A V ME CXIX. $6.1 

Comment pourront jeunes gens 
s'amender (adrefle 

Pour viure mieux? en prenat pour 
Ce qu'il t'a pieu nous dire ôc com- 
mander. ( ché fans cefle : 
De tout mon cœur je t'ai cher- 
Or donc, Seigneur, hors ton com- 
mandement , 
le te fuppli',fouruoyerne me laifîe 
, Dedans mon cœur ôc en l'enten- 
dement (fenfe, 
Tes dits je porte, afin que ne t'of- 
Mais que plûtoft chemine droite- 
ment. (cellence 
O Eternel, ton Nom plein d'ex- 
Eft à bon droit fur tous magnifié : 

B B B b 



0t. P S E A V M E CXIX. 

De tes edi&s motre moi la fcience. 
Mes leures ont prefché & publié 
Les jugemens de ta bouche équi- 
table, (oublié. 
Sans que j'en aye vn feul poincT; 
Ton témoignage 8c chemin véri- 
table 
M'eft vn plaifir, que ne veux 

moins prifer 
Que tous les biens de la terre ha- 
* bitable. 

De tes edicts on m'orra deuifer, 

Et tacherai d'auoir la connoifsace 

De tes sétierSjOÙ je veux droit vifer 

En tesftatuts prédrai réiouïfsace 

Et veux fi bien en ton dire aduifér , 



PSEAVME GXIX. 565 

Qu'à toutiamaisfen aurai fouue- 
nance. 

III. G V I M É L. 

Efpan tes biens deflus moi ton 

feruant , 

A celle fin qu'aye le don de vie. 

Pour bié garder ta parole en viuat. 

La veue m'eft,helas. r toute faillie, 

Eclaire moi, afin que de mes yeux 

Voye en ta Loi ta gradeur infinie. 

Eftranger fuis en ces terreftres 

lieux: (me baille 

Or donc, Seigneur, connoiffance 

Detesedi£h,pour toûiours aller 

mieux. (fetrauaille 

Etioar ôcnui£fc mon coeur tant 

B B B b 2 



S 54 PSEAVME CX IX. 

A biéfçauoir chacun ciê iugemet 
Que peu s'en faut que force ne 
me faille. (dément 

Tous orgueilleux tu traites ru- 
Et font maudits tous ces méchans 
courages (ment. 

Qui vont ainfi contre ton mande- 
Chafle de moi tous blâmes & 
.outrages; (voi, 

Et le fafcheux mépris où ie me 
Pource que i'ay gardé tes témoi- 
gnages, (apperçoi 
Tous les plus gros en. leur fiege 
Caufans de moi, voire tout à leur 
aife: (ta Loi. 
Mais lors ton ferf ne penfe qu'à 



P S E A V ME CX IX. 5 <Jî 

Ta Loi, Seigneur, eft tout ce 

qui m'appaife, (de moi, 

C'efl le confeil que j'ay autour 

Pour en auoir fecours en mon mal- 

aife. 

IY r , D A L E.T H. 

le Cuis, helas J corne fi i'eftois mis 

Déjà en terre , &; attaché tout 

contre: t (promis. 

Ren moi la vie, ainfi que m'as 

.En mainte affaire 5c fafcheufe 

rencontfe 

le t'ai requis, ôc tu m'as refpondu: 

Refpon encore, & tes (tatuts me 

montre. ( entendu, 

Ton mandement par moi foit 



5 66 P S E A V M E CX IX. 

Et lors j'aurai fur ta Loi merueil- 

leufe 
L'efprit du tout arreflé &c tendu. 
Mon ame, helas ! eft fi fort an- 

goifleufe, • (feurer , 

Qu'elle fefond : vueilje me r'af- 
Ie te fuppli'par ta promefle heu- 

reufe, (me tirer: 

Du chemin tors, Seigneur, vien 

Et par pitié ta fainte Loim'éuoye 

Qui du danger me vienne retirer: 

Car i'aychoifi la feureôc droite 

voye, (attaché 

Et tiens mon œil toujours comme 
Sur tes edi6ls, de peur que ne four- 

uove. 



PSEAVME CXIX. fâ 

Puis donc, Seigneur, que j'ai fi 

prés tafché 

A ne paffer ta diuine ordonnance, 

Fai que ne fois d'infamie entaché. 

Lors je courrai de toute ma 

puiffance ( taché 

En tes chemins, quand auras dé- 

Et mis mon cœur en pleine deli- 

urance. 

V. He. 

le te fupph', Seigneur, vouloir 

fur tout (m'apprendre, 

De tes flatuts les droits ' fentiers 

Pour me les voir tenir iufques au 

bout. ( comprendre , 

Ottroye moi efpric pour les 



5 458 ÎSEAVME CXIX. 

Lors ne faudrai à ta Loi maintenir 

De tout moncœur,tafchantàne 

mefprendre. (tenir, 

Mais condui moi pour me faire 

Sas fouruoyer de tes edi6ts la site, 

Car plaifir n'ai qu'aies entretenir. 

Ployé mon cœur & toute mon 

entente (donné : 

A bien fçauoir tout ce qu'as or- 

Et ne permets qu'auarice le tente. 

Tourne mon œil, qu'il ne foit 

adonné (tifie 

A faux regards, & mon cœur for- 

En tes fent-iers,oùl'as acheminé. 

A moi ton ferf confirme & 

vérifie 

Ce 



PSEAVME CXIX. $69 

Ce qu'as promis : voire à moi qui 
te veux (méfie. 

Craindre fur tout , & qui fur toi 

RepouiTe au loin cet opprobre 

honteux (toyable 

Que je crains tant : car tu es pi- 

En nous iugeant, plûtoft que de- 



piteux 



firabl 



e 



Voila, Seigneur, de ta Loi de- 
Sur toute chofe eft mon cœur 

conuoiteux : . 

Deliure moi par ta grâce amiable. 
VI. Vav. 
Fai moi fentir l'effet de ta merci 
Me preferuant des dangers dg ce 
monde, 

C c c c 



570 P S'E-AV M E CXIX. 

D'autant, Seigneur , que l'as pro- 
mis ainfi : 
A celle fin qu'au peruers ie ré- 
ponde, 
Duquel- ie fuis blafmé & detefté, 
Pource que fur ton dire ie me fode. 
Fai que toujours ta pure vérité 
Soit en ma bouche, &■ pour ia- 

mais s'v tienne : 
Car à tes droits ie me fuis arreflé. 
Et ne fera iamais que ne main- 
tienne ( uoir 
Ta fainte Loi, Se que dé mon pou- 
Tant que viurai ne la garde & fou- 
itienne (çeuoir 
Lors me pourra chacun apper- 



PSEAVME CXIX. 571 

Au large mis, pour autant que ie 
fonde - (uoir, 

Tes faints edits, 6c tache à les fça- 
Deuant les Rois, 6c grands Sei- 
gneurs du monde 

Ton témoignage alors i'anoncerai, 

Sans que iamais vergogne me con- 
fonde. 
Lors de bo coeur ie me délecterai 

En cette Loiquenousasadreflee: 

Car toujours l'ai aimée & l'aimerai 
A tes ftatuts tiêdrai l'ame drefTée 

Et mes deux mains à tes oeuures 
mettrai, 

Pour te feruir defait&depenfée. 

VII. Za-in. 

Ce c c a 



57 4 P S E A VM E CXIX. 

Souuienne toi de tout ce qu'as 
promis (promette, 

A moi ton ferf : car depuis ta 
Tout mon efpoir en toi, Seigneur, 
i'ai mis. (redrefle, 

C'en: cela feul qui mes efprits 
Qui me preferue 8c remet en vi- 
gueur (trèfle. 
Incontinent que i'ai quelque de- 
Les orgueilleux fouuent en ma 
langueur (arrogance, 
Se font moquez : mais poup leur 
Hors de ta Loi n'ai détourné mon 
coeur. 
l'ai eu plûtoft, Seigneur en iou- 
uenance . 



PSEAVME CX IX. 575 

Quel jugemet toujours tu en as fait 
Chofe qui m'adonne grand'alle- 

geance. (forfait 

Si qu'en p enfant au damnable 

De ces peruers qui ta Loi ontlaif- 

fée, V (leur fait. 

le tremble tout de l'horreur de 

Mainte chanfon i'ai baftie 8c 

dreflfée (me fuis 

Sur tes ftatuts, quand trouué je 

Hors mo païs,plein de trifte pêfée. 

le n'ai failli; mefmes toutes les 

nui6fo , 
A t'inuoquer, afin que jegardafle 
Ta fainte Loi en mes plus grands 

ennuis. 



574 PSE'AVME CXIX. 

Bref, j'ai de toi toujours eu cette 

grâce, ( puis, 

Que i'ai voulu, ôc veux tât que ie 

Tes mandemens garder, quoi que 

ie fafle. 

VIII. HE TH. 

O Dieu tu es ma part & tout 
mon bien, . * 

l'ai propofé de garder ta parole 
A tout Jamais fidèlement ôcbien. 
Or donc, Seigneur, ta pitié me 
confole , 
le t'en fuppli' affedtueufement, 
Et ne foit point ta promeuve fri- 
uole. (fement , 

l'ai épluché mes faits foigneu- 



P S E A V ME CXIX. m 

Voila pourquoi mes pieds ie viens 
remettre . (ment 

Au droit chemin de ton enfeigne- 
Etien'ai point voulu longue- 
ment mettre : 

Mais tout foudain à toi me fuis 
rangé, 

Et de tes Loix fuis venu m'entre- 
•mettre. 
Les malins m'ont pillé Se faccagé 

Mais nonobftant leur fureur tant 
cruelle, (bougé. 

Iamais ta Loi de mon cœur n'a 

le voi tes droits d'vne iuftice 

telle, (chanter 

Que releuer ie me veux pour 



ç& P SE A V M E CXIX. 

En plein minuit ta louange im- 
mortelle, (cuter, 
Ceux qui tes Loix veulent exe- 
Ceux qui de Dieu en leur cœur 
ont la crainte (quenter. 
Voila les gens que ie veux fre- 
La terre eft pleine & toute fon 
enceinte (prefenter: 
Des biens, Seigneur, que lui viens 
Rempli moi donc de ta doctrine 
fainte. 

IX. Te T H. • 

Seigneur tu as de tes biés épandu 

Sur moi ton ferf , en fuiuant tes 

promettes : (tendu. 

Car ie m'y fuis de tout temps at- 



PSEAVME CX IX. 577 

le te fuppli', qu'en bon fens tu 
me drefïes, (croi 

Et bon fçauoir : car pour certain je 
Que vrayes sot& feures tes adrefles 
Auat que d'eftre ainfi battu de toi 
De bié aller je n'auois foin ni cure : 
Mais maintenant je chemine en 
ta Loi. (turc, 

O Dieu tu es tout bon detana- 
Et libéral à tes biens difpenfer: 
Montre moi donc tes droits pleins 
de droiture. (brader 

Les orgueilleux me font venus 
Maints faux rapports : mais pour- 
tant je ne celle (brader. 
De tout mon cœur tes edits em- 

D D D d 



578 PS E A V M E CX IX. 

'Leurs cœurs font pris 6c tous fi- 
gez ds grailTe: (veuxauoir 
Mais moi, Seigneur, quand p'aiilr 
Droit à ta Loi, non ailleurs, je m'a- 
dreffe, (receuoir, 

Vnplus grand bien n'euffepeu 
Que de setir ma persone opprefïée 
Pour acquérir de tes Loix le fça- 
uoir. (amaflée, 

D'or ou d'argent grofle fomme 
N'eft rien au pris de ta Loi bien 
fçauoir, (noncée. 

Que tu nous as toi mefme pro- 
X. Iod. 
Tes propres mains m'ont fait ôc 
façonné, 



PSEAVME CXIX. J7Î > 

Donne moi donc l'efprit de fça- 

uoir faire (donné. 

Le mandement que tu nous as 

• Alors ceux-là qui craignent te 

déplaire, 

Eh mevoyant fur ton dire appuyé, 

Séjouïrot beaucoup de cet affaire. 

Quand par ta main le monde eft 

chaftié, (très-bonne, 

Las •• ie voi bien que la caufe eft 

Et qu'à bon droit tu m'as humilié. 

Ietefupplf quetabôtéme d5n? 

Quelque fecours en mon affliction 

Comme ton direôcpromefTeror- 

•donne. (pafsion 

Vienne fur moi ta grand' com- 

D D D d 1 



5 go PSEAVME CXIX. 

Ec ie viuraixar en ta Loiôc crainte 
Gift mon plaifir & confolation. 
Soiet tous confus ceux qui fous 
couleur feinte . (pendant 
Me font du mal, & mon cœur ce- 
Ne penfe à rien qu'à ta doctrine 
fainte. (prétendant 

Retourne à moi tout homme 
Auecques moi te reuerer & crain- 
dre, (tendant. 
Tout home aufsi ta doctrine en- 
Mon cœur entier fans rien flef- 
chir ni feindre: (tendant 
Tes Loix enfuiue, afin qu'en t'at- 
D'eftre confus je ne me puifTe 
plaindre. 



PSEAVME CX IX. 581 

XL C A P H. 

De ton falut je fuis tant defireux 
En attendant de ton dire l'iUué, 
Que mon efprit en efl tout lan- 
goureux, (veué, 
le fuis lafle d'auoir en haut la 
Difant, ô.Dieu 1 en qui me fuis fié, 
Quad m'aideras en ma découenué 
le fuis retrait(tant je fuis ennuyé) 
Comme vnepeau mife en la che- 
minée, 
Et fi n'ai rien detesLoix oublié. 
Las l quelle efpace efl encore or-* 
donnée ( voir 
A moi ton ferf , auant que puifïe 
Sur mes haineux ta fentéce donée? 



581 PSEAVME CXIX. 

Ces faux pemers me penfans fai- 
re choir, (uables 
M'ont apprefté des foflfes dece- 
Contre ta Loi, pour ton ferf de- 
ceuoir. (véritables, 
Tes mandemens font toujours 
Tu fçais qu'à tort ils m'ôt perfecuté 
Las l montre moi tes faueurs feçou- 
rabïes. (n'ayeefté 
Bien peu s'en faut que du tout 
Verfé par terre en extrême ruine: 
Si n'ai- je point ton vouloir reietté. 
Reflaure moi par ta bote bénigne 
Et lors fera par moi exécuté 
Le mademet de ta bouche Diuine. 

XII. L A M E D . 



PSEAVME CX IX. m 

En ce haut ciel que tu créas iadis 
Se voit fur tout fermemet égrauée 
L'éternité de tout ce que tu dis. 
De fiecle à autre eft ta foi- ap- 
prouvée , 
Témoin la terre afsife fi adroit, 
Que ferme & .fiable elle eft tou- 
jours trouuée: (uersonvoit 
Mefme aujourd'hui tout Tv-ni- 
Perfeuerer fous ta fainte codui te : 
Car c'eft à toi qu'obeïfsace il doit. 
Etn'eufteftéque mon ame eft 
inftruite (fupport, 

A ne chercher qu'en ta Loi mon 
Certes pieça ma vie fuft détruite. 
Detesflatutsôcde leurrecofort 



584 PSE A V M E CXIX. 

Pour tout iamais la mémoire ie 

garde (la mort. 

Puis que par eux tiré m'as de 

le fuis à toi, fois donc ma fauue- 



rde : 



g; 
Car à fcauoir ta fainte volonté 

Et mandement defius tout ie re- 
garde, (aguetté; 
Des faux peruers toujours fuis 
Mais cepédant à ta pure doctrine 
Et témoignage eft mon cœur ar- 
refté. (décline: 
le ne voi rien fi grand qui ne 
Fors tes edits,defquels l'authorité 
Etgrâd'vertu iamais ne fe termine 

XIII. Me m. 

O que 



P S E A V ME CX IX. ' j 5 S 5 

O que ta Loi j'ai fuiuie toujours 
DVn cœur ardent & tout rempli 
de zèle: (jours. 

Parler .ne puis d'autre cas tous les 
Ta Loi m'apprend vne pruden- 
"•ce telle (nemis: 

Que fuis plus fin que tous mes en- 
Car en tout têps ie demeure auec 
elle. 
Tu as en moi tant de fageffe mis, 
Que mes docteurs en doctrine ie 
pafTe : ( l'ai fubmis. 

Car à tes droits tout mon cœur 
En bon conieil les plus vieux ie 
furpafTe : 
Et tout cela, d'autat qu'ai regardé 



E E e e 



$6 PSEAVME CX IX, 

Toujours fur tout que tes Loixie 

gardaffe ' (engardé 

Tant que i'ai pu, i'ai mon pied 

Du chemin tors, afin que peuffe 
enfuiure • (mandé. 

Ce que nous a ta bouche c<m\- 
Tes iugemens, Seigneur i'ai vou- 
lu fuiiîre • (par eux 

Sans décliner : car tu m'apprens 

Comment il faut bien .& iufbe- 

ment viure. (uoureux 

O que tes dits m'ont efté fa- 

En les gouftant • 6 que d'iceux 
l'vfage, * . 

Plus que du miel m'en: doux & 
amoureux; 



PSEAVME CXIX. 587 

Tes mandemens me font deue- 
nir fage, ' (reux 

Partant aufsi îe chemin maî-hcu- 
I'ai'detefté toujours en mon coura- 
ge. XIV. Nvn. 
Ta parole eft ainfi comme vn 
• flambeau % (lumière , 

Guidant mes pas , 8c comme vne 
Pour me montrer le cnemin feur 

ôc beau. 

Fai feit fermét,ôc- d'vne foi entière 

Le garderar,De biê garder fur tout 

Les iugemés de ta Loi droituriere. 

Seigneur, îe fuis affligé iufqu'au 

bout: ' (grande 

Tien moi promeiTe,& par ta bonté 

E E E C 1 



5 88 PSEAVME CXIX. 

Vie me tirer, & remettre fus bout. 

Vueille, Seigneur, receuoir cet- 

- te offrande \ (voix 

Que ie te fais de cœur 6c franche 
Et me montrer ce que ta Loi com- 
mande. •. (l'auois 

Mon amê*, helas i comme fi ie 
Dedas la main,à mort eft expofée, 
Et fi n'ai rien oublié de tes Loix. 

Les malins m'ont maint' embu- 

• * che dreiTée, (mébîanla , 

Mais leur embûche onques ne 

Et de ta Loi la fente n'ai 1 aillée. 

Ta Loi eft mienne, 8c mon cœur 

prife l'a (propre héritage : 

Comme vn droit fonds, 8c fon 



PSEAVME CX IX. $9 

Car tout mon cœur & mdnplai- 

fir êft là, 
A tout jamais pratiquerai Tvfage 
De tes fbtuts,pour autant qu'à cela 
l'ai de tout temps appliqué mon 

courage. 

XV. S'AMECH. 

l'ai toujours eu en dèteflation 

Celui qui rie qu'à mal faire ne péfe 

Mais .en ta Loi gift mon affection. 

Seigneur, tù es nia tres-feure 

defenfe, 

le n'ai fecours ni cachette qu'en toi 

En t'attendant en toute p.atience. 

Sus donc , peruers jetirez-vous 

de moi, 



590 P S E A V M E CXIX. 

le ne Veux plus que mon efprit 

s'amu£e (gneuflaLoi. 

Qu'à bien garder de mon Sei- 

De m'afTeurer je te pri'ne refufe, 

Comme as promis me tirer de l'a 

mort: (m'abufe, 

Et ne permets que mon efpoir 

Sois mo appui>je ferai fain 2c fort, 

Quelque tourment ou mal qui 

me menafîe , 
Toujours ta Loiferà mo recôfort. 
Ceux quin'ontfoin de bien fuiure . 
à la trace : (fouleras, 

Tes faints ftatuts, à beaux pieds 
Car en leurs coeurs ne fongent que 
fallace; 



PSEAVME CXIX. 5 9r 

Ainfi qu'efcume au loin, tu Jet- 
teras (m'adonne 
Tous les perpers: c'eft pourquoi ie 
A tant aimer ce qu'enioint tu 
nous as. (eftonne, 
Penfer ne puis, que ie ne m'en ' 
Au iugemet rigoureux qu'en feras 
Et de grand' peur tout le corps 
me friflonne. 

XVI. Aiin. 

Droit & bon iuge à tous me fuis 
porté , - (en proye 

Ne permets point que fuis baillé 
A ceux defquels à tort fois tour- 
menté. ] (enioye 
Pleige plûeoffc en tout bien & 



59 r P SE A VM E CX IX. 

T6feruiteur,de peur que fînemét 

Des orgueilleux opprefle ie ne 

foye. . (longuement 

Mes yeux .font las d'attendre 

Ton vrai falut, dont pjomefle 

m'as faite, (ment. 

Toi qui ne peux faillir aucune- 

Ie te fuppli',pre to ferf & le traite 

Par ta douceur , lui faisat receuoir 

De tesftatuts conoifsâce parfaite. 

Ton ferf ie fuis, fai moi donques 

auoîr * 

Si bon efprit, & fi vif que ie puifle 

Detesedidhlesfecrets coceuoir. 

Or il effc teps que tu falTes Riftice 

Un y a plus' entre, nous Loi ni Foi 

Qui 



PS E A V ME CXIX. j9j 

Qui des malins retienne la malice. 

Aufsi Seigneur, c.cft la raifon 

pourquoi (quife 

Bien plus que l'or & pierrerie ex- 

Tes mademés font eftimés de moi. 

Pourquoi par tout juftes îe trou- 

ue & prife* (ta Loi, 

Tous tes ediclrs : 8c pour, fuiure 

Toute malice en toute haine ai 

• prife. 

• XVII. Pe. G 

En tes edi£ls pour vrai font con- 
tenus ( profonde : 
Les grands fecrets de fcience 
Voila pourquoi de moi font main- 
tenus. 

F F F f 



Î94 P S E A VM E CXIX. 

DedastaLoi telle lumiere,abode 

Que dés l'entrée on en eft éclairé, 

Et rend fçauant les plus petits du 

monde. ' (pire, 

l'ai maintefois baaillé Se fouf- 

De grand delir que rai.de fçauoir 
faire 

Ce quenous as par ta Loi déclaré. 
Regarde moi, & me fois débon- 
naire, 

Comme enuers ceux qui t'aiment 
de bon cœur, 

Tu vas motrat ta faueur ordinaire. 

Condui mes pas au chemin bon 

& feur * (donne, 

Par ta parole : & tant ne m'aban- 



- PS.E-AVM E GXI3C 595 

Que deiTus moi mon péché foit 
vainqueur, 

' Quelques ennuis que l'ennemi 
me donne ., 

Preferue moi en toute aduerfité, 

Et je viurai corne ta Loi l'ordone. 
Sur. moi ton ferf s'épande la clarté 

De ton vifageôcm'apprenà com- 
prendre •' 

Ce que tu as par tes Loix arrefté. 

De mes deux yeux l'armes ie fais 

defeendre - « i trifté, 

A grands rmfleaux>tant iefuis con- 

Qu'à ta Loi fainte on ne veut point 
entendre. 

XVIII. Tzadi. 

F P F f 2 



î9 5 PS E A V M E CX IX. 

• Seigneur tu es tout-iuffce en tout 
endroit (faites , 

Et ne t'auient jamais, quoi que tu 
De faire rie qui ne (bit bô 8c droit. 
, Rendre le droityfuïr toutes fal- 
. laces, • . .(ta Loi 

Voila deux cas 'commandez en 
ExprefTement, & fur grandes me- 
naces, • (ie voi 
le meurs quafi, voyant comme 
Par mes haineux ta parole oubliée 
De grand dépit que l'en ai de- 
dans moi: • * (rifîée 
Pource qu'elle eft nette ôc pu- 
Iufquesaubout, & que l'affection 
De moi ton ferf à elfe eft dédiée. 



PSEAVME CXIX. 597 

Quoi que ie fois bas de condition 
' Et méprifé,j'ai toujours fouuenace 
De tes edits en mon affli&ion. 
Tes droits font droits, dont ja- 
•mais la puiflance 
Ne^defaudra, & rien que vérité 
N'efl contenu en tafainte ordon- 
nance. 
Affligé fuis, preflé,perfecuté : 
Mais nonobftant mainte peine 

endurée, 

Tes mademés mon plaifir ont efté. 

Ta juftice e(t déternelle durée : 

Appren la moi par ta grade bonté, 

Lors ie viurai dVne vie alîeurée. 

XIX. Coph. 



5 p8 PSEAVME CXIX. 

le t'ai prié, Seigneur, tout hau- 
tement* (demande, 
De tout mon cœur, refpôn à ma 
Et ie ferai to faint commademet. 
C'eft toi, mon Dieu, que i'ïnuo 
que & demande: . ($enu 
Las i fauue moi , Se par moi main- 
Toûjoun fera ce que ta Loi com- 
mande. 
A toi ie crie auant que foit venu 
Le poinét du iour : car du tout ie 

m'arrefte 
A ta parole, 6c là me fuis tenu. 
Sans que le guet de vueiller 
m'admonefte , (fbuci, 

Mes yeux ouuers de vueiller ont 



PSEAVME CX IX. 599 

Et tiens toufioursta parole en ma 
tefle. 
\Enten ma voix, Seigneur, par 
t*a merci , 

En reftaurant mes Forces qui dé- 
clinent, 

Come il t'a pieu de faire iufqu' ici. 

i Mes ennemis qui contre moi 

machinent ' (cofté 

M'ont approché , fuyans d'autre 

Tes fâintes Loix , qui leur fraude 
abominent. 
Mais prés de moi en ma necefsité 

Toufiours te tiens, pour m'eftre fe- 
courable, 

Car tes ftatuts ne font que vérité. 



6oo P SE A VM E CX IX. 

Ton témoignage eiV feur & 

immuable, 

Et fera tel à perpétuité : 

le tiens cela pieça pour véritable. 

XX.Resch. 

Voi la mifere où ie fuis détenu, 

Et m'en retire,àcaufe qu'en icelle 

Toujours me fuis de ta Lo> fou- 

„ uenu.* (querelle, 

Lasîfouftienmôien ma bonne 

Racheté moi, me gardarît de 

mourir, (nelle. 

Pour me tenir ta promette eter- 

Tous ces méchans, faute de 

s'enquérir (perance 

De tes fîatuts, fon loin de l'ef- 

Dc 



P S E A V M E CXIX. 601 

De leur falut,& tous prefts à périr. 
Mais très-grande eft, ô Dieu.ta- 
bien-vueillance : ( tumé, 

Montre toi donc tel qu'as accoû- 
En remettant ma vie eti afTeurace. 
Iamais le train n'ai defacouftumé 
De tes edidfo, quoi qu'affailli ie 
foye (animé. 

Par tant de peuple, & fi fort 
Las quand iljaut que ces trai- 
ftresievoye, * (chement 
le meurs d'ennui*, dequoi fi laf- 
De ta parole ils ontlaifTéla voye. 
Voi comme l'ai ton faint com- 
mandement 
Toujours aimé:&: ta bonté propice 

G G G g 



6ov P S E A V M E CXIX. 

En ma langueur me donne aman- 
dement. (s'aCcomplifes 

Auant toute œuure il faut que 
Ce que tu dis : iamais n eft autre- 
ment • 
De tous arrefts donez en ta iuftice. 
XXI. Se H I N. 
Les Princes m'ot à tort perfecuté 
Mais ie n'ai craint leur effort 6c 
puiflance: . (douté. 

Plûtoft, Seigneur, ton dire ai re- 
Ie ne reçois moins de réiouïfsace 
Par tes propos, que fi i'auois trouué 
Quelque butin ou bien grande 
cheuance. (trouué: 

le haïs fur tout vn rapport con- 



PSEAVME CXIX. io$ 

N'eftimant chofe au monde plus 
méchante : (prouué. 

Mais ta Loi eft mon plaifir ap- 
Sept fois le iour, ô Dieu,tonIos 
ie chante , 
Confiderant lésantes merueilleux 
De taLoi jufte en Tvniuers regnate. 
Paix tres-paifible eft ordonnée 
à ceux . (nent chère, 

Qui ta Loi fainte 'aiment & tien- 
Et n y arien qui leur foit périlleux. 
De toi mon Dieu,mon vrai falut 
i'efpere , 
Tafchat fur tout de péïée & de fait 
De faire tant qu'à tes Loix /ob- 
tempère. 



G C G g t 



604 PS £ A V ME CXIX. 

Mo cœur a mis tes edicts en effet 

Soigneufement, me gardant de 

méfaire, ' (parfait. 

Car ie leur porte amour vrai ôc 

Tes mandemens l'enfuis en tout 

affaire: •' (ni fait 

Car quoi quei'aye onques penfé 

Tes yeux en ont connoiflance 

tres-claire. 

XXII. TaV. i 
A toi, mon Dieu,mon cri puifle 
venir, (ligence, 

Puis donne moi le don d'intel- 
Pour ta parole enuers moi main- 
tenir, (prefence 
Vienne ma voix iufqucs.cn" ta 



PS E A V M E CXIX. 6o s 

Et me deliure airifi comme jadis 

Tu m'as promis par ta grande clé- 
mence, (feront dits 
Alors par moi tes beaux faits 

A pleine bouche, ayant receu la 
grâce . . (edits. 

D'entendre bien chacun de tes 
Alors j'irai parlât dé bone audace 

De ta promeffe, ôc dirai rondemet 

Que tes edicts font droits &: fans 

fallace. • (ptement, 

le tefuppli' vouloir tout prom- 

Pour me fauuer, fur moi ta main 
eftendre, 

Car j'ai çhoifi ton faint comman- 
dement, 



Co6 P S E A V ME CXIX. 

C'efl toi duquel je veux falut 

prétendre: (plaifir 

Car je ne puis. Seigneur, aucun 

Hors de ta Loi ni pourchafler ni 

prendre. 

Pour te louer de viure i'ai defir : 

Car de ta grâce à moi toujours 

• montrée (faifir. 

Tu ne voudras, Seigneur, me def- 

Helas i je fuis la brebis égarée, 

De me chercher, Seigneur, pren 

leloifir: (meurée. 

Car en mon cœur ta Loi effc de- • 

Pseavme CXX. T. D. B. 

A Lors qu'affliction me prefle, 
Ma clameur au Seigneur 
i'adrefTe : 



P S E A V ME CXX. 607 

Car quand je viens aie femondre 
Iamais ne faut à me répondre. 

Cotre ces leures tant meteufes, 
Contre ces langues tant flateufes, 
Vueilles, Seigneur, par ta bonté, 
Mettre ma vie à fauueté.* 

Viença menteur,quel auantage 
Te viendra de ce faux langage? 
En quoi te fera profitable 
Cette langue ainfi deceuable? 

Tes mots font flèches acérées, 
DVne puiflante main tirées: 
Et tes propos enuenimez 
Charbons de genevre allumez. 

Helas 1 cobien m'eft erThuyeufe 
Cette demeure mal-heureufe 



éo8 PSEAVME CXX. 

Au deflous des tentes maudites 
Des Kedarins & Mefechites? 

Parmi ces nations cruelles > 
Qui n'aimet rien que les querellas 
l'ai trop fejourné la moitié, . 
Moi qui ne cherche qu'amitié. 

lai beau leur parler de cocorde 
Leur cœur iamais ne s'y accorde: 
Quâd ie les veux garder de battre 
Alors font-ils prefts à combattre. 

Pseavme CXXI. T.D.B. 

Ers les monts i'ai leué mes 



v 



yeux , 

Penfant auoir d'en-haut 
Le fecoiîrs qu'il me faut: 
Mais en Dieu qui a fait les cieux 



Et 



P S E AV M E CXXI. *éi 

Et cette terre ronde, 
Maintenant je me fonde. 

Marcher te fera feurement. 
Et te viendra veiller, 
Sans iamais fommeiller. 

Voici d'Ifraél voirement 
La garde toufiours veille, 
Mefme point ne fommeilîe. 

Dieu te garde & couure d'é-haut: 
Tu as preft & en main 
Le grand Dieu fouuerain. 

De iourne fens le Soleil chaud : 
La Lune morfondante 
De nui6t ne t'eft nuifante. 

•Contre tous dangers déformais 
Ton ame il gardera . 

H H H h 



rfio PSEAVM'E CXXI- 

A tes faits baillera. 

Dés maintenant Se à iamais, 
Et l'ilTue & Tentrée 
Très-bonne & afleurée. 

Pse.avme CXXII. T.D.B. 

Ncontinent que l'eus ouï , 



i 



ASus allons le lieu vifiter, 
Où le Seigneur veut habiter, 
O que mon cœur s'eft réiouï i 

* Or en tes porches entreront 
Nos pieds, ôc feiour y feront, 
Ierufalem la bien dreflee : 

Ierufalem qui t entretiens 
Vnie aueques tous les tiens , 
Comme cité bien policée. 

Là doiuent les peuples aller, 






PSEAVME CXXII. 6n 

Les peuples, dis-ie, du "Seigneur, 
Et pour célébrer Ton honneur, 
Par Ton mandement s'aflembler. 

C'eft le lieu du fiege afsigné , 
Du fiege à Dauid ordonné 
Et aux Tiens pour faire droiture. 

Prions qu'en toute feureté m 
Demeure la faînte Cité > 
Et tous ceux-là qui d'elle ont cure. 

Puiflent de paix eftre munis 
Tes forterefles ôc chafteaux : 
Tes maifons & palais tant beaux 
De tous biens fe trouuent garnis. 

Pource que rangez dedans toi 
Mes frères & prochains ie voi , 
Faut que pour toi prière faffe. 

H H H lu 




6n PSEAVME CXXIL 

A caufe aufsi du facré lieu 
De la fainte maifon de Dieu 
Il n'eft: bien que ne te pourchafle. 

PseavmeCXXIII. T.D.B. 

Toi, ô Dieu, qui es là-haut 

- aux cieux 

Nous éleuons nos yeux : 
Comme vn feruant qui prellé fe 

voiteftre 

N'a recours qu'à fon maiflrej 
Et la feruate à lœil fur fa maiftreUe 

Aufsi-tofl: qu'on la blette : 
Vers noffcre Dieu nous regardons 

ainfh 

Attendant fa merci ( nous. 
Helas 1 Seigneur, aye pitié de 



PSEAVME CXXIII. 6r 3 

Aye pitié de nous : 
Car tellement nous d'édaignent 
fes hommes ( mes : 

Que tous fouis nous en fom- 
Tant de brocards les grands fur 
nous dégorgent, 
Que nos coeurs en regorgent: 
Et sômes pleins du mépris odieux 
De tous ces glorieux. 

Pseavme CXXIV. T.D.B. 

OR peut bien dire Ifrael main- 
tenant, ( point efté, 
Si le Seigneur pour nous neuft 
Si. le Seigneur noflre droit n'euft 
porté , (reur venant 
Quand tout le monde à grand fu- 



$9% P'SEAVME CXXIV. 

Pour nous meurtrir deflus nous 
s'eft /etté. (eux, 

Pieça fufsions vifsdeuorez par 
Veu la fureur ardete desperuers: 
Pieca fufsios fous les eaux à Téuers 
Et tout ainfi qu'vn flot impé- 
tueux ; ( uerts. 
Nous enflent tous abymez & cou- 
Par deflus nous leurs grosôc forts 
torrens 
Euffent pieça paflé & repafle. 
Loué {bit Dieu, lequel n'a point 
laiflé (dents 
Le peuple fien tomber entre leurs 
Pour le manger , comme ils 
auoient penfé. 



PS E A V M E .CXXIV. 6i S 

Comme l'oifeau dufiléfe défait 
De l'oifeleur,noussomeséchapez 
Ropât le laqs no 9 qui eut attrapés 
Voila comment le grand Dieu 

qui a fait 
Et terre de ciel, nous a deuelopez. 
Pseavme CXXV. T.D.B. 

"Ont home qui fon efperance 

En Dieu afleurera, 

Iainais ne verfera : 
Mais aura fi grande afTeurance, 
Que Sion montagne très-ferme. 

N'en: point plus ferme. 
Comme Ierufalem efl ceinte 
De monts de toutes parts, 

Ainfi que de remparts: 



6i6 PSEAVME CXXV. 

Dieu autour de fa troupe fainte 
Effc 6c -fera qu'on ne l'offenfe , 

Seure deffenfe. 
Car ce n'eft à toujours qu'il laifse 
Les Tiens entre les mains 

Des tyrans inhumains : 
De peur qu'vne trop longue op- 

prefse 
Enfin ne les force de faire 

Mauuaife affaire. 
Aide toute bonne perfonne, 
Traine, ô Dieu, ces peruers 

Cheminans de trauers , 
Auec ceux dont le cœur s'adonne 
A tout mal : ôc aux tiens accorde 

Toute concorde. 

PSEAVME 



PSEAVME CXXVI. 617 

PseavmeCXXVI. T.D.B. 

A Lors que de captiuité 
Dieu mit Sion en liberté, 
Auis nous eftoit proprement 
Que nous fongions tant feulemêt : 

Bouches ôc langues à fuffire 
Auoient dequoi chanter ôc rire : 
Chacun difoit, voyans ceci, 
Dieu fait merueilles à ceux-ci. 

A dire vrai, Dieu pour ce coup 
Des biens nous ottroye beaucoup, 
Et d'icelui nous receuons 
Tout le plaifir que nous auons. 

Ramené donques toute entière 
Ta gent naguère prifonniere, 
Comme arroufant tout au trauers 

I ni 



ei8 PSEAVME CXXVI. 

Les païs plus fecs Se deferts. 

Ceux qui aueques larmes d'oeil 
Auront femé, perdront le dueil, 
Se trouuans joyeux ôc contens , 
Quand de moifTonner fera temps. 

Vrai eft que douleur bien amere 
Sèmeront leur femence chère: 
Mais tous joyeux ils porteront 
Les gerbes qu'ils en cueilliront. 

Pseavme CXXVII. T. D. B. 

ON a beau fa maifon baftir , 
Si le Seigneur ni met 1 a main, 
Cela n'eft que baftir en vain. 
Quand on veut villes garentir, 
On a beau veiller ôc guetter, 
Sans Dieu rien ne peut profiter. 



PSEAVME CXXVII. C19 

Quoi qu auant jour foyez leuez 
Et bien tard vous couchiez en 

pleurs, 
Repeus maigrement en douleurs, 
Vous mefmes en vain vous greuez: 
Mais à tout cœur Dieu bien aimât 
Dieu dône tout corne en dormant. 

Voilà,quad l'homme peut auoir 
Pour héritier quelque enfant fien, 
Oeil de Dieu que lui vient ce bie : 
C'eft Dieu qui lui fait receuoir 
Par fa grand' libéralité 
Le guerdon de pofterité. 

Puis les enfans venus en fleur 
Deuiennent gens rudes ôc forts, 
Et (i bien drfpos de leurs corps , 

I 1 1 i z 



6io PSEAVME CXXVII. 

Qu'vn traicl; décoché de roideur 
DVn bras robufte & bien adroit 
Ne frappe plus fort ni plus droit. 

Heureux qui leurs carquois aurot 
De telles flèches bien fournis : 
Car en eftans fi bien munis , 
Iamais confondus ne feront : 
Mais confondront ouuertement 
Leurs haineux en plein jugement. 

Pseavme CXXVIIL T.D.B. 

Bien-heureux effc quiconques 
Sert à Dieu volontiers , 
Et ne fe laffa onques 
De fuiure fes fentiers. 

Du labeur que fçais faire 
Viuras commodément , 



PSEAVME GXXVIII. _6i,i 

Et ira ton affaire 
Bien & heureufement. 

Quant à l'heur de ta ligne, 
Ta femme en tamaifon 
Sera comme vne vigne 
Portant fruic"f. à foifon : 

Et autour de ta table 
Seront tes enfans beaux , 
Comme vn rang délectable 
D'oliuiers tous nouueaux. 

Ce font les bénéfices 
Dont fera jouïflfant 
Celui qui fuyant vices 
Craindra le Tout-puiflant. 

De Sion Dieu fublime 
Te fera tant de bien, 



Cn P S E A V M E CXXIII. 

De voir Ierofolyme 
En tes jours aller bien. 
Et verras de ta face 
Double porter i té, 
Et fur Ifrael grâce, 
Paix, ôc félicité. 

Pseavmb CXXIX. T.D.B. 

DEs ma jeunelîe ils m'ont fait 
mille aflauts: 
Ifraël peut à cette heure biendire 
Dés ma jeunelTe ils m'ont fait mil- 
le maux , (deftruire. 
Mais ils n'ont pu me vaincre ni 
l'en porte encor les marques juf- 
qu'aux os : ( charrue 
Tant qu'à me voir femblequ'vne 



PSEAVME CXXIX. 319 

M'ait labouré tout au trauers du 
dos, (chair nue, 

Traînant le foc fur ma pauure 

Or le Seigneur qui fait tout iufte- 

ment, (dage: 

De ces méchans à coupé le cor-. 

Puiflfe périr ainfi honteufement 

Quiconque veut à Sion faire ou- 
trage. - (fembler 
Tel homme puille à l'herbe ref- 

Qu_'on voit croiffantdeflus quel- 
que muraille, (fembler 

Et y fleftrir, fans que pour l'af- 

Ni en cueillir quelque frui6t on 

trauaille. (fonneur 

Iamais d'icelle onnevidmoif- 



*i4 PSEAVME CXXIX. 

S'en retourner aueques fa brafleë, 
Encore moins emporter le gla- 
neur ( amaiîée. 
DefFous fon bras quelque refle 
Iamais aufsi ceux qui pafset 
par là (bénie: 
Ne vont difans, Le Seigneur vous 
Au Nom de Dieu puifsiez-vous 
en cela (fournie. 
Belle moiflon trouuer & bien 
Pseavme CXXX. CM. 
V fonds de ma penfée 



D 



Au fonds de tous ennuis , 
A toi s'eft adrefïée 
Ma clameur jour & nui&s. 
Enten ma voix plaintiue > 

Seigneur 



PSEAVME CXXX. Ci 5 

Seigneur, il eft faifon : 
Ton oreille ententiue 
Soit à mon oraifon. 

Si ta rigueur expreffe 
En nos péchez tu tiens , 
Seigneur, Seigneur, qui eft-ce 
Qui demeurra des tiens ?' 

Or tu n'es point feuere, 
Mais propice à merci : 
C'e/l pourquoi on reuere 
Toi, & ta Loi aufsi. 

En Dieu je me confole, 
Mon ame %y attend , 
En fa ferme parole 
Tout mon efpoir s'eftend. 

Mon ame à Dieu regarde 

K K K K 



6i6 P S E A V M E CXXX. 

Matin & fans féjour , 
Plus matin que la garde 
Afsife au poinét du iour. 

Qu'Ifraél en Dieu fonde 
Hardiment fon appui : 
Car en Dieu grâce abonde . 
Et fecours effc en lui. 

C'en; celui qui fans doute 
Ifraél iettera, 
Hors d'iniquité toute , • 
Et le rachètera. 

Pseavme CXXXI. T.D.B. 

SEigneur, ie n'ai point le cceur 
fier, 
le n'ai point le regard trop haut, 
Et à rien plus grand qu'il ne faut 



P S E AV ME CXXXI. ùt-f 

Ne voulus iamais afpirer. 

Si ie n'ai fait taire 6c dompté 
De fi prés tout mon appétit , 
Que ie femble à l'enfant petit 
Qui de fa mère eft delai&é : 

Si ie ne fuis, dis-ie, rendu , 
Pareil à l'enfant tout foiblet 
Auquel on à oflé le lai6t , 
Content fuis de n'eftre entendu. 

Atten du Seigneur" -le foulas 
Iufques à perpétuité: 
Et d'efperer en fa 'bonté 
Ifraél iamais ne foit las. 

Pseavme CXXXII. T.D.B. 

VVeilles,Seigneur,efh*e recors, 
De Dauid & de fon tourment 

K K k l i 



gig PSEAVME CXXXII. 

Lui qui à Dieu a fait ferment , 
Dieu de Iacob, le fort des forts, 
Et fait vœu folennellement. 

Voila que ie promets, dit-il, 
Iamais en ma maifon n'irai , 
Ni fur mon Ii6t ne monterai : 
le ne clorrai iamais fourcil, 
Iamais les yeux ne fermerai , 

Que ie ne treuue vn certain lieu 
Qu'au Seigneur iepuiiîeafsigner: 
Et qu'vn lieu ne voye ordonner , 
Où de Iacob le puiiTant Dieu 
Déformais vueille feiourner. 

Or voila donques,nous auons 
Maintenant entendu où c'eft , 
Sur tous lieux Ephrata te plaift > 



PSEAVME CXXXII. 619 

Et ta demeure nous trouuons 
Dedans le champ de la foreft. 

La nous irons te vifiter : 
Deuant le fiege où tu veux feoir 
De t'adorer ferons deuoir , 
Sus donc, vien pour y habiter, 
Toi, ôc TArche de ton pouuoir. 

Soient de juflice en bien'viuant 
Veftus les Preftres de la Loi : 
Tes faints (oient loin de tout émoi, 
Soufbien pour Dauid ton feruant 
Le Roi oin& ôc régnant par toi. 

P A V S E. 

Dieu a juré en vérité 
' A Dauid, voire & le fera, . 
Difant, en ton trône ferra - 



6 3 o PSEAVME CXXXII. 

Quelqu'vn de ta poflerité 
Que ma main y eflablira. 
Et fi mon contrat & mes dits, 
. Ainfi que montrez leur feront, 
Tes en fans gardent, ils auront 
Encore ce bien, que leurs fils 
Sans fin en ton trône ferront. 

Car Dieu a choifi & voulu * . 
S ion, afin de s'y loger : . 
le ne veux plus , dit-il , changer : 
Ce lieu me plaift, je l'ai éleu , . 
Afin de iamais n'en bouger. 

Ses pauures foulerai de pains , 
De tous biens ie les fournirai : 
Ses Preftes. Tenuironnerai 
Pe mon falut, & tous fes Saints 



P S E A V M E CXXXII. * 3 r 

A plein réioûir ie ferai. 

Dauid y fleurira par moi , ' 
Et fa corne y éleuera. 
Là dedans pofée fera 
La lampe appreftée à mon Roi, 
Et fa clarté y donnera.- 

le veux de honte ôc des- honneur 
Enueloper fes enuieux, 
Faifant fleurit' devant leurs yeux 
Defllis fon chefreiTfpli d'honneur 
Son diadème précieux. 

PseavmeCXXXIII.T.D.B. 

C"\ Combien eftpîaifant&fou- 
^ haitable , (amiable 

De voir enfemble en concorde 
Frères vnis s'entretenir i 



<î 3 i PSEAVME CXXXIII. 

Cela me fait de loguét fouuenir 
Tat précieux, dot parfumer ievoi 
Aaron le Preftre de la Loi. 
Et qui depuis la tefte vient def- 

cendre ' (rendre 

lufqu'à la barbe, £c enfin fe vient 
Aux bords du facré veflement. 
Comme l'humeur fe voit iouK- 

nellement # ; (courir: 
Du mont Hermon, & Sion de- 
Et le pais d'embas nourrir. 
Ainfi pour vrai cette aflemblée 

heureufe 
Sent du Seigneur la faueur plan- 

tureufe, 
Voire pour iamais ne mourir. 

PSEAVME 



PS E A V ME CXXXIV. 6ii 

Pseavme CXXXIV. T.D.B. 

OR fus 3 feruiteurs du Seigneur, 
Vous qui de nui6t en fon 
honneur 
Dedans fa maifon le feruez, 
Louez le, 8c fon Nom éleuez. 

Leuez les mains au plus haut 1 ieu 
De ce tres-faint Temple de Dieu, 
Et le los qu'il à mérité 
Soit par vos bouches recité. 

Dieu qui a fait ôc entretient. 
Et terre ôc ciel par fon pouuoir, 
Du mont Sion, où il'fe tient, 
Ses biens te falTe apperceuoir. 



Lui 



6M S E A V M E CXXXV. 

Psbavme CXXXV. T.D.B. 

""^.Hantez de Dieu le renom, 
Vous (eruiteurs du Seigneur: 
Venez pour lui faire honneur, 
Vous qui auez eu ce don 
D'efère habitans au milieu 
Des paruis de n-oftre Dieu, 

Louez. Dieu, car il efb bon : 
Pfalmodiez en fon Nom , 
Car il eu: plaifant & doux, 
Il a choifi entre tous 
Iacob , ôc Kraél pris 
Pour fon trefor de grand prix. 

Car l'Eternel , fçai-je bien , 
Eft fi grand, que tous les dieux 
Auprès de lui ne font rien : 



P.SE.AVME CXXXV. * 35 

Qui fait en terre & es cieux> 
Voire es gouffres de la mer > 
Ce qu'il Jui plaift confommer, 
Du bout de la terre en haut 
Il fait les nues monter : 
Les éclairs- quand il le faut, 
Il fait en pluye éclater y u 
Et fortir de fes trefors 
. les vents tant rudes & forts. 
, D'Egypte les premiers nez 
Il à tué de (es mains , 
Soit qu'ils fuflent les aifnez 
Du beflail ou des humains , 
Egypte, il ta fait fçauoir 
Chofes terribles à voir. H* 



Il a défait Pharaon, 



L l j A i 



CïC P S A V ME CXXXV. 

Et toutes fes légions , 

Occis Rois 6c nations 

Témoin le fort Roi Sehon 

Og le grand Roi de Bafan , 

Et tous ceux de Chanaan. 

. A fon peuple d'Ifraél 

Il a leur païs cédé , 

Duquel il fut poffedé 

En titre perpétuel , 

Ton Nom, Dieu plein de bonté, 

Dure à perpétuité. 

Pavse. 
De Dieu le Nom fleuriffant 
D'aage en aage durera 
Car l'Eternel Tout-puiflant 
Son peuple gouuernera , 



PSEAVME CXXXV, *37 

Eflant appaifé de cœur 
Vers fon pauure feruiteur. 

Les images des Gentils 
Ne font rien qu'or & argent, 
Oeuures d'hommes abrutis , 
Pour abufer mainte gent 
Bouche elles ont fans mouuoir, 
Et des yeux pour ne rien voir. 

Sans ouïr oreilles ont, 
Et ne peuuent refpirer , 
Tels feront ceux qui les font , 
Et qui les vont adorer.: *| 

Et qui eft fol jufques-là 
De fé fier en cela ? 

Vous du Seigneur les enfans, 
Chantez le los du Seigneur: 



(SjS PSEAVME CXXXV. 

Enfans d'Aaron triomphans, 
Rendez à Dieu tout honneur: 
Vous de Leui la maifon , 
Louez -le en toute faifon. 

Vous tous qui le reuerez , 
Rendez fon los folennel, 
Soit haut loué l'Eternel , 
Qu'en Sion vous adorez : 
Et qui veut pour n'en bouger 
En Ierufalem loger. îH 

PseavmeCXXXVI.T.D.B. 

LOùez.Dieu tout hautement, 
Car il efl doux ôc clément : 
Et fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 
Chantez le Dieu glorieux 



PSEAVME CXXXVI. 639 

Eleué fur tous les Dieux : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

Donnez gloire Ôc tous honneurs 
Augrad Seigneur des Seigneurs : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

Donnez louange à celui 
Qui fait grands faits fans autrui : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

Il a les hauts cieux formez 
Et par grand' art confommez : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

Il tient eftendu fur l'eau 



<j 4 o PSEAVME CXXXVI. 

De la terre le fardeau : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité 

Es cieux tant bien compofez 
Les grands flambeaux a pofez S 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. . 

Du Soleil à fait Tentour 
Pour dominer fur le jour: 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

Aftres & Lune il conduit 
Pour dominer fur la nuiéfc: 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité 

Ceux d'Egypte i| a batus, 

Et leurs 



PSEAVME CXXXVt. é 4 i 

Et leurs aifiiez abbatus : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

Il a retiré d'entreux . . 
Son Ifraél langoureux : 
Car fa grand bénignité 
Dure à perpétuité. 
. Par fa main & par l'effort 
De fon bras puiffant & fort: 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

P A V S E. 

De la rfter les flots hideux 
Il a départis en deux : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité, t 



M m m m 



C4i PSEAVME CXXXVI. 

Et par fes flots e'ntafTez 
Ses enfans il a pafTez : • 
Car fa grand' bénignité. 
Dure à perpétuité. 

En mer a verfé le Roi 
Pharaon ôc fon arr.oi : 
Car fa grand' bénignité _ 
Dure à perpétuité. 

Son peuple ainfi gouuerné 
Par le defert a mené : 
Car fa grand' bénignité- 
Dure à perpétuité. 

Il a les Rois attrapez , 
Et pour fon peuple frappez : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 



P S E A V M E CXXX'VI. 643 

Il a par fes grands efforts 
Lui mefrae occis les plus forts : 
Car fa grand' benignicé 
Dure à perpétuité. . \ 

* Sa maki a réduit à rien, 
Sehon Roi Amorrheen : 
Car fa grand' bénignité \ 

Dure à perpétuité. 

Il a par vn mefme effe6l 
Le Roi de Bafan défait: . j 

Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

Et le pais tant exquis 
Il a pour fon peuple acquis : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

M m m m z 



PSEAVME CXXXVI. 

Acquis, dis-je> à Ifraël 
En titre perpétuel : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité 

Tant plus grand mal nofts auient, 
Tant plus de lui nous fouuienf. 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

Et nous dejiure des mains 
Des ennemis inhumains: 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

C'eft lui tout feul qui de fait 
Nourrit tout ce qu'il a fait : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 



PS E A V ME CXXXVI. 645 

Bref,du grad Dieu des hauts deux 
Louez le Nom précieux : 
Car fa grand' bénignité 
Dure à perpétuité. 

PseavmeCXXXVII.C. M. 

EStas afsis aux riues aquatiques 
De Babylon, piorions mélan- 
coliques, 
Nous fouuenans du pais deSion : 
Et au milieu de l'habitation, 
Où de regrets tant de pleurs ef 
panel ifmes (pendi fines. 

Aux faules verds nos harpes nous 
Lors ceux qui là captifs nous em- 
menèrent , ( tunerent : 
De les fonner fort nous impor- 



646 P S A V M E CXXXVII. 

Et de Sion les chanfons reciter. 

Las » difmcs-nous, qui pourroit 

inciter • ( louange 

Nos triftes cœurs à chanter la 

De noftreDieu en vne terre ef- 

. trânge (dextre 

Or toucefois puifife oublier ma 

L'art de harper, auant qu'on te 

voye eftre, 

Ierufaîem, hors.demonfoviuenir: 

Ma lague puifle à m5 palais tenir: ' 

Si je t'oublie, & fi jamais j'ai joye , 

Tant que premier ta deliurance 

j'oye. (moire imprime 

Mais donc Seigneur, en tame- 

Lesfîlsd'Edo ; qui fur lerofolyme 



PSEAVME CXXXVIT. 647 

Crioient au jour que Ton la dé- 

• truifoit: (d'eux difoit 

Souuienne toi quVn chacun 

A fac; à fac qu'elle foie embrafée, 

Et jufqu au pied des fondemens 

rafée, (cendre, 

Aufsi Feras, Babvlon, mù en 

Et tres-heureux qui te fçaura bien 

rendre 
Le mal dont trop -de prés' nous 

viens toucher. 
Heureux celui qui viedra arracher 
Les tiens enfans de ta ma*nmelle 

impure, 
Pour les froifTer contre la pierre 

dure. 



<5 4 8 PSEAVME CXXXVIII. 

Psea v me CXXXVIILT.D.B. 

« 

IL faut que de tous mes efprits, 
Ton los & prix 
l'exalte & prife : - 
Deuant les grands me prefenter 
Pour te chanter 
l'ai fait emprife. 
En ton faint Temple adorerai 
Célébrerai • 
Ta renommée, 
Pour l'amour de ta grand' bonté 
Et feauté 

# 

/ïant eftimée. 
Car tu as fait ton Nom tres-grad 
: : En te montrant 
Vrai en paroles 

Dés 



"PSEAVME CXXXVIII. W 

Dés que je crie tu m'entens. 
Quand il eft temps 
Mon cœur confoles. 
Dont les Rois de chacun pais 
Fort ébahis , 
ont loue , bire , 
Apres qu'ils ont connu que c'en: 
. Vn vrai arreft 
Que de ton dire. 
Et de Dieu , ainfi que ie fais , 
Chantent les faits 
A fa mémoire: 
ConfefTant que du Tout-puifiant 
RefplandiiTant 
Grande eu: la gloire : 
De voir ci- bas tout ce qu'il faut 



N n N"n 



Cy> PS E A V M E CXXXVIII. 

De fon plus haut 

Thrône celefte : 
Et de ce qu'eftant fi lointain 

Grand Se hautain 

Se manifefle. 
Si au milieu d'aduerfité 

Suis agité, ;:, 

Vif me preferues : 
Sur mes ennemis inhumains 

Iettes les mains , 

Et me conferues. 
Et parferas mon cas tout feur , 

Car ta douceur 

Iamais n abaiffes : 
Ce qu'vne fois as commencé 

Et auancé 

Tu ne délaiffes. 



PSEAVME CXXXIX. tfu 

Pseavme CXXXIX. T.D.B. 

O Dieu , tu connois qui je fuis, 
Tu f çais tout cela que je puis: 
Soit que fois afsis ou debout, 
Tu me connois de bout en bout: 
Et n'ai nulle chofe conceuè, 
Que n'ayes de loin apperceué 
Soit que je marche ou fois couché 
le tevoi foudain approché: 
De ma vie tout le fentier 
T'effc dés log-téps tout couftumier 
le n'ai pas le mot fur la langue, 
Que déjatufçais ma harangue. 

Derrière & deuant tu me tien 
Enuironné de tes liens : 
Tu as pofé fur moi ta main : 

N n n n * 



«p, PSEAVME CXXXIX. 

To ses eft pour moi trop hautain: 
Et ne pourrais de ta fageiTe 
lamais atteindre la hauteiTe. 

Si ton efprit veut m'attraper, 
Où irai-ie pour efchapper? 
Où m'enfuirai-ie deuant toi ? 
M'enfuyant aux deux , ie t'y voi: 
Et fi dans les abyfmes i'entre, 
le t y trouuerai iufqu'au centre. 

Pofé que rattache à mon corps, 
Afin d'aller iufques aux bords 
De l'Océan faire feiour, 
Les ailes de l'aube du iour : 
Ta main s'il te plaît de l'eflendre, 
Viendra m'y pourfuiure ôc m'y 
prendre. 



PSEAVME CXXXTX. 6$ 

Si je disXariui&pour le moins 
Me couurira à tous tefmoins> 
Au lieu de iour me feruira, 
La nui6i poindt ne me couurira : 
Car la nuicfc t'effc fplendeur entière, 
Et ténèbres te font lumière; 
Car mes reins iufqu auplus profod 
Sont à toi, qui m'as dans le fond 
Du ventre dont ie fuis forti 
Couuerc toi-mefrnes&bafth 
Et certes dVn cas tant effrange 
A iamais te rendrai louange. 

P A V SE. 

Pour vrai merueilleux font tes 
faits • 
Et pour ce aufsi. de tes effets 



*54 P S.E A V M E CXXXIX. 

Mon cœur pourchaiïe le fçauoir : 
La vigueur que iepuisauoir 
Ne t'eft cachée ni fecrette , 
Car en lieu fecret tu Tas faite. 

Tu m'as tifïu & façonné 
Es cauernes dont ie fuis né : 
Tes yeux m'ont veu tout imparfait 
Vn feul membre n'en eftoit fait, 
Qu'en tonliure eftoit toute écrite 
L'œuure que le temps a produite. 

O combien me font précieux 
Tes confeils ] ô combien d'iceux 
La fomme efl forte à proietter ■ 
Car fi ie les veux tous conter , 
Il s'en trouuera dauantage 
Que de fablon fur le nuage. 



PSEAVME CXXXIX. 155 

Encor fuis-ie après ton confeil 
Vn chacun iour à mon réueil : 
O Eternel, quand tu voudras 
Tuer le méchant par ton bras, 
Alors, ô toi bande meurtrière, 
Tire toi hardiment arrière. 

le dis tes ennemis,. Seigneur, 
Qui ont blafonné ton honneur, 
Et qui s'éleuent fauflement. 
O Seigneur, je hai voirement 
Tes haineux : ôequi t'efl contraire, 
Ne 1 ai-ie pas pour aduerfaire? 

le les haï tous totalement, 
Et lc% eflime entièrement 
Pour mes ennemis à iamais, 
O Dieu,pren mon cœur & le mets 



É56 PSEAVME CXXXIX. 

A l'efpreuue afin de connoiftre 
Entièrement quel il peut eftre. 

Fai l'expérience de moi, 
Sonde bien mon coeur, & le voi : 
Voi fi ie me fuis arrefté 
Au chemin de mefchanceté : 
Que ta bonté où ie me fonde 
Me guide es fentiers de ce mode. 

Pseavme CXL. T.D.B. 

ODieu,donnemoi déliurance 
De cet homme pernicieux, 
Preferue moi de la nuifance 
De cet homme malicieux. 

Lui ôclesfiensqui lui reiïemblét 
Braflent en leur cœur mille maux, 
Et me préparent ôc aflemblent 

Tous 



P SE AV. ME CXL' <îj7 

Tous les jours combats tous nou- 

ueaux. 

Leurs faufTes langues outrageufes 
Ils affilent comme vn ferpent, 
Et fous leurs leures venimeufes 
Venin de vipef e s'efpand. 

Garde moi de la main cruelle 
Du méchant : preferue mes pas 
De l'outrageux, qui par cautelle 
Me veut précipiter en bas. 

Les orgueilleux m'ont par fineile 
Leurs pièges ôc rets eflendus , 
Et par la voye où je m'adrefle 
Leurs trebuchets ils ont tendus. 

Lors j'ai dit en ferme fiance, 
Tu es mon Dieu, ô Eternel : 

O o o o 



6 5 3 P S A V M ET CXL. 

Vueilles ottroy.er audiance 
A ma clameur, Dieu fupernel. 
' Dieu mon maiftreôc mes fortes 

armes 
Pour me garder en tout méchef, 
C'efl toi qui au jour des alarmés 
As couuert & muni mon chef. 
N'ottroye aux méchans qui me 

greuent, 
Seigneur, l'effet de 1 eurs defirs : 
Et ne fouffret point qui 1s s'éleuent, 
Amenans à fin leurs, plaifirs. 

Le chef de cette compagnie 
Qui m'encloft, puiffe receuoir 
Sur foi l'ennui Se fafcherie 
Que fa langue m'a fait auoir. 



P S E A V M E CXL 659 

Charbos leur tombét fur la tefte, 
Dieu les abyfme tellement 
Par fa foudroyante tempefte, 
Qu'ils n'en releuenc nullement.* 

L'homme peruers en fon langage 
Sur terre eftabli ne fera: 
L'homme adonné a faire outrage , 
Le mal qu'il fait le chaflera. 
• le fçai que Dieu fera juftice 
A celui qui effc affligé : 
Et qui fait au pauure injuilice, 
Vn jour- par lui fera iugé.^ (lence, 

Pour vrai tô Nom plein d'excel- 
Seigneur, les iuftes chanteront 
Et pour iamais en ta prefence 
Les droituriers habiteront. 

Oooo : 




66o PSEAVME CXLI. 

Pseavme CXLI. T.D.B. 

Seigneur, à toi ie m'écrie, 
Plaife toi donques te hafler, 
Et vueilles ma voix efcouter: 
Car c'eft; toi qu'en criant ie prie. 

Mon oraifon à toi fe rende 
Comme le parfum de l'encens : 
Reçoi mes mains que je te tends, 
Ainfi que du vefpre l'offrande. 

Serre, Seigneur, en telle forte 
De mes deux leures tout l'enclos, 
Et retien leur guichet tout clos, 
Si fermement que mal n'en forte. 

N'encline point mon cœur aux 
vices 
Pour commettre méchanceté 



PSEAVMECXLI. 6$i 

Auec ces gens d'iniquité, 

Ou pour goufter de leurs délices. 

Que fur moi le iufte tempefte, 
Si me fera-t'il toujours doux: 
Et non plus que baume fes coups 
Iamais ne blefleront ma tefle. 

Mais quoi ? encores quelque 
efpace, . ; . 
Et ie verrai ces mal-heureux 
Si miferables, que pour eux 
Il faudra que prière faite. 
Quand leurs gouuerneurs exé- 
crables 
Du haut en bas. feront iettez, ■* 
Lors feront mes dits efcoutez 
Comme bénins ôc amiables. 



!«î6i -P SEAV'ME CxLI. 

Corne en fêdat ou bois-ou pierre 
Tout vole en pièces & morceaux 
Ainfitoutioignat nos tombeaux 
Nos -os èfpars gifent par terre. 
• Mon Dieu quelque ailaut qu'on 

me baille, 
le tiens mes yeux fichez fur toi : 
Tu es mon efpoir & ma foi , 
Ne permets que le cceurme faille 
Garde moi d'eftre pris au piège 
Que ces mal-heureux m'ont tendu 
Et du rets que m'a eftendu 
La faulTe bande qui m'afsiege. 
Mais le Seigneur dVn coup at- 
trape 
En fes filets tous fes peruers, 



PSEAVME GXLI. 66} 

Et cependant tout au trauers. 
Vo.jre fain & fau£ i'en efchappe^ 

Pse.avme GXLII. T.D.B. 

'Ai de ma voix à Dieu crié , 

I'aideiiPîa voi» mon Dieu pitié. 
I'efoans totit mon cœur deuant lui, 
Et lui; déclare mon ennui. 
Quoi çjuîen moi dedouleur épris, 
S'enueJo'pent tous mes efprits,,Jt 
Tu fçabiit'énàrâtt pari où ie doi 
Sortir :d es lieux où ie me voi. 

•Parles chemins où i'ai palTé 
Lemrytrebuchet il m'ont dreiTé: 
Et quand cà .& là, i'ai Mut veù, 
Nul ami ne m'a reconnu. 

Bref,tout moyen me femble ofté 

M V A 3 i i 



66 4 FSE A V ME CXLIÏ. 

D'efchaper de quelque cofté : 
Et ne fe peut vn feul trouuer.. 
Qui ait fouei derrie fauueï*. 

Seigneur, ie t'adreûe mon cri, 
Tu' es mon efpoir ie le di : 
En tout le monde il ny a rien 
Fors que toi où gife mon biem 

Enten ma clameur, car ie fuis 
Tant accablé que plus n'en puis : 
Garde moi des malicieux 
Qui font fur moi victorieux. 

Tire moi de cette prifon , 
Afin que ie chante ton Nom-: 
Et les bons m'enuironnéront 
Quand en moi tes bies ils verront. 

PSEAVME 



PSEAVME CXLIII. 66t 

PseavmeGXLIILCM. 

SEigneur Dieu,oi î'oraiso miëne 
Iufqu'à tes oreilles paruienne 
Mon humble fupplication: 
Selon la vrave merci tienne, 
Refpon moi en affliction. 

Auec ton feruiteur n'eftriue , 
Et en plein jugement n'arriue 
Pour fes offenfes lui prouuer : 
Car deuant toi homme qui viue 
Iufte ne fe pourra trouuer. 

Las! mon ennemi m'a fait guerre 
A profterné m'a vie en terre > 
Encor ne lui eft pas aflfez: 
En obfcure foiïe il m'enferre 
Comme ceux qui font trefpaflez. 

P v pp 



666 PSEAVME CXLIII. 

Dont mon ame ainfi empreffée 
De douleur fe trouue oppreffée, 
Penfant que m'as abandonné : 
le fens dedans moi ma penfée 
Troublée, & mon cœur eftonné* 

En cette fofle obfcure 6c noirç 
Des jours paflez j'ai eu mémoire: 
Là j'ai tes œuures méditez 
Et pour confort confolatoire 
Les faits de tes mains recitez. 

La dedns à toi je foûpire, 
A toi ie tens mes mains, ô Sire, 
Et mon ame en fa g^and' clameur 
A foif de toi & te defire, 
Comme feche terre l'humeur. 
Pavse. 



PSEAVME CX LUI. C6 ? 

Hafte toi, fois moifecourabîe, 
L'efprit me faur.de moi coulpable 
Ne cache ton vifage beau: 
Autrement ie m'en vais femblable 
A ceux qu'on deuale au tombeau. 

Fai moi donc ouir de bone heure 
Ta grâce, car en toi m'afleure: 
Et du chemin que terîir doi 
Donne moi connoiffance feure, 
Car i'ai leué mon cœur à toi. 

O Seigneur Dieu,mon efperance 
Donne moi pleine deliurance 
De mes pourfuiuans ennemis, 
Puis que chez toi pour afleurance 
le me fuis à refuge mis. 

Enfeigne moi corne il faut faire 

Pppp i 



U% PS E A V M E CXLIII. 

Pour bien ta volonté parfaire, 
Car tu es mon vrai Dieu entier : 
Fai que ton efprit débonnaire 
Me guide ôc meine au droit Ren- 
tier. 

O Seigneur, en qui je me fie, 
Reftaure moi ôc viuifie 
Pour ton Nom craint ôc redouté : 
Retire de langueur ma vie, 
Pour montrer ta jufte bonté. 

Tous les ennemis qui m'affail- 
lent, 
Fai par ta merci qu'ils défaillent, 
Et ren confondus ôc deftruits 
Tous ceux qui ma. vie trauaillent, 
Car ton humble feruiteur fuis. 



PSEAVME CXLIV. c6 9 

Pseavme CXLIV. T. D. B. 

LQûé foit Dieu ma force en 
tous alarmes (armes , 

Qui duit mes mains à manier les 
Et rend mes doigts habiles aux 
combats (& bas. 

Sa grand' bonté eft fur moi haut 
C'e(t mon chafteau , mon roc , 
ma deliurance: (efperance 
C'efb mon bouclier, c'eft ma feule 
C'eft lui qui a,malgré tous ennemis 
Ce peuple mien à mon pouuoir 
fubmis. (defoneflre. 

Qu eft-ce de l'homme^ô Dieu,ôc 
Que ta bonté le daigne recon- 
noiftre? 



6 7 o P S E A V M E CXLIV. 

Qu_'efl;-ce de l'homme ôc de fa 

race aufsi , 

Pour l'eftimer digne de ton fouci? 

Tout bien contéj'hommeeftfi 

periiîable, (comparable, 

Qu'il n'eft à rien qu'à vn rien 

Et fes beaux jours,tous apparens 

qu'ils font, (s'en vont. 

Soudain &; toft comme vn ombre 

Baifle, Seigneur, tes hauts cieux 

pour defcendre, (fendre 

Frappe les monts, fai les fumer ôc 

Lance l'éclair, difsipe ces peruers, 

Lafche tes traits, romps-les tout 

au trauers. (me deliure 

T'en moi d'enhauttamainqui 



PSEAVME CXLIV. 671 

De ces grands eaux, ren moi fein 

& déliure (g ers 

D'entre les mains & terribles dan- 

De ces enfas baftards & eftragers. 

P A v S E. 

Car de leur bouche ils ont dit 

menterie, (perie, 

Et leur main eft la main de trom- 
Chanfon nouuelle, ô Dieu, je te 

dirai (nerai. 

Sur harpe &: luth ton los i'enton- 

C'eft toi ô Dieu, qui fauues & 

qui gardes (contregardes 
Les Rois puififans : c'efh toi qui 
Dauid ton ferf de ces glaiues tran- 

chans 



6 7 i PS E A V M E CXL1V. 

Qu'auoient fur lui dégainé les 

méchans (garde 

Deliure moi, & de la main me 

De cette race eftragere&bafhtrde 

Car de fa bouche elle a ditfauiTeté 

Et fa main eft la main de laf- 

cheté. (que des plantes 

Nos fils, Seigneur foient ainfi 

Dés 1 eurtendreur robuftes & puif- 

fantes : (& droits 

Nos filles foient des piliers hauts 
Tels qu'on peut voir aux mai fons 

des grands Rois. (fortent : 

De tous anglets toutes efpeces 

Quand aux brebis, par milliers 

elles portent: 

Et du 



PSEAVME GXLIV. <*73 

Et du beftail puiffent les légions 
Par les citez aller par millions. 
Nos boeufs puifîans tirent tout à 
leur aife : 
En nos cités n'y ait aucun mes-aife: 
-Ne foit befoin de fa maifon fortir, 
Nul cri d'effroi n'y puifle retentir. 
O bien-heureux le peuple à qui 
Dieu donne 
Tranquillité fi heureufe &: fi bone ! 
Heureux pour vrai fe peut biernre- 
nommer : ( nommer. 

Qui pour fon Dieu l'Eternel peut 
Pseavme CXLV. T.D.B. 

M On Dieu, mon Roi haut je 
t'éleuerai, 



67 A- P S E A V M E C X L V. 

Et ton Nom faint sas fin je bénirai: 
le veux ton los chacun iour publier 
Et pour jamais tonNom g orifîer. 
Le Seigneur eft très-grand & ad- 
mirable, (prenable: 
Et fa grandeur n'eft à nous com- 
De père en fils fes faits on magnifie, 
Et fa puiflance entre iceux fe pu- 
blie, (fplendeur 
Penferne veux qu'à la gloire ôc 
De ta hautelTe, & à cette grandeur 
Dont va parlant, ô Dieu tres-glo- 
rieux, (ueilleux. 
Tout ton ouurage exquis Se mer- 
Tes faits, Seigneur, portent feur 
témoignage 



P S E A V ME CXLV. 675 

De ta puiffance en maint terrible 

ouurage : (ceffe 

Moi donc aufsi ferai deuoir fans 

De célébrer auec eux ta hauteiTe. 

Du fouuenirdeta boté,Seigneur J 

Chacun d'iceux effc tres-prompt 

enfeigneur, ( conté 

Et tout le cours par eux nous eft 

De ta confiance 5c ferme loyauté. 

Dieu eft bénin ôc de douceur 

immenfe : (mence 

Tardif a ire, & tout plein de cle- 
Doux enuers tous : ôc fur toute fon 

œuure ( découure. 

Ses grand's pitiés à toute heure il 

: } AVSE. 



S 7 S- PSEAVME CXLV. 

Or donc, Seigneur, tout ce que 

tu as fait (parfait: 

Te donne los d'vn ouurier tout 
Mais entre tout l'ouurage de tes 

mains , 
Tu es bénit & loué de tes Saints. 
De ton royaume ils annoncent 

la gloire, 
Et publians ta puifïance notoire, 
A tous humains ta force ils font 

connoiftre, 
Et la grandeur de ton règne appa- 

roiftre. 
Ton règne, 6 Dieu, eft vn règne 
à. toujours, 
Et ton empire à jamais a fon cours: 



PSEAVME CXLV. 677 

Ta main fouftient ceux qui s'en 

vont tomber , ( comber. ■ 

Releue ceux qu'on voit ja fuc- 
A toi Seigneur 3 s'atted ta créature 
Et en fon temps tu lui donnes 

pafture : (très-grande, 

Ouurant ta main par ta faueur 

Tous animaux tu fournis deviade. 

Le Seigneur efl tres-jufte en tous 

fes faits, 
Ettres-benin es œuuresqu'il à faits: 
Il efl prochain de celui qui le quiert 
Et d'vn vrai cœur l'inuoque ôc le 

requiert, (uerence 

A ceux qui l'ont en crainte &re- 

De leurs defirsdonra l'expérience: 



<1% PS E A V M E CXLV. 

A leurs clameurs l'oreille il vien- 
dra tendre, (fendre. 
Et de tous maux les garder & de- 
Dieu pour certain garde tous fes 
amis, 
Et deflruira fes peruers ennemis , 
Ma bouche donc fa louange dira 
Et toute chair fans fin le bénira. 

Pseavme GXLVI.T.D. B. 

Vs mon ame, qu'on bénie 
Le Souuerain : car il faut , 
Tant que durera ma vie, 
Que je loue le Très-haut, 
Et tant que ie durerai , . 
Pfeaumes ie lui chanterai. 
Ne mettez voftre afleurance 




PSEÀVME CXLVI. c 79 

En nul Prince terrien/ 
N'ayez en l'homme efperance 
Qui au befoin ne peut rien: 
Quand fon fouffle s'en ira, 
En terre il retournera 

Auec lui mainte entreprife 
Séuanouïra foudain, 
Heureux auquel fauorife 
Du Dieu de Iacob la main, 
Et qui a pour tout fecours. 
A l'Eternel fon recours. 

C'eft lui qui par fa puifTance 
A fait la terre oc hs cieux, 
Et la mer & l'abondance 
De ce qui effc en iceux, 
Et maintient fa vérité 



6 8 o PSEAVME CXLVL 

lufqu'a perpétuité. 

P A v s E. 

Ceux aufquels on fait iniure 
Il vient défendre d'enhaut : 
Il donne à ceux nourriture 
Aufquels le viure défaut : 
Et par lui font déliez • 
Ceux qu'on tenoit bien liez. 
. A ceux-là qui rien ne voyent 
L'Eternel donne des yeux: 
De redrefTer ceux qui ployent 
L'Eternel effc curieux : 
L'Eternel aime & fouftient 
Qui iuftement fe maintient. 

L'Eternel deflbus fa garde 
Défend le pauure eftranger: 



Garantie 



PS E A V ME CXLVI. 6ti 

Garantit M contre-garde 
L'orphelin en tout danger: 
Enuoye aux vefues fupport , 
Gardant qu'on leur fafle tort. ' 

Les médians il fçait dsftruire 
Et renuerfer tous leurs tours : • 
L'Eternel en fon empire 
Efl permanant à toujours, 
Sion, ton Dieu voirement 
Demeure éternellement. 

PseavmeCXLVILT.DJB. 

Oûez Dieu, car c'eft chofe 



L 



>onne 



(ne: 

Qu'à noftre Dieu louange on don- 
C'eft, dis-je, vne chofe plaifante 
De le louer & bien feante : 

R R r r 



68i PSE A V M E CXLVIt. " 

• Puis que c'efl lui qui de fa grâce 
Sa Ierufalem a baftie, 
Il conuierit aufsi qu'il ramane 
Sagent ça ôc là départie. 

Il gueàra ceux qui défaillent 
Pour les grands maux qui les tra- 

uaillent, 
Et mettra deiTus leurs blelïures 
Bonnes médecines ôc feures. 

Car il fçait mefme des .eftoilles 
Entièrement toute la Comme ; 
Et n'y a pas vne d'icelles. 
Que Celon leurs noms il ne nomme. 

Pour vrai noflre Seigneur ôc 
maiftre 
Eft le plus grand qui pourroiteftre 



P S E A V M E CXLVII. <s8j 

'Et cTvne force tres-immenfe, 
Ec d'vne infinie prudence. 

L'Eternel conforte &; foulage 
Ceux qu'affliction tient en ferre, 
Et des méchans toute la rage 
RabaifTe 8c renuerfe par terre. 

Sus doncque fa louange on die, 
Qifà noftre Dieu on pfalmodie. 
Qui remplit le ciel de broûées, 
Et le couure tout de nuées : 

Et puis fa pluje goutte a goutte 
Deflus les terres en dégoûte , 
Pour faire croiftre les herbages 
lufques es monts les plus fauuages, 
P A V s e . 

Au beftail il donne pafture, 

R R R r 2 



«4 PSEAVME CX L VII. ' 

Aux corbillats leur nourriture» 
Craquetans en leur nid fans celle 
De necefsité qui les preffe. 

Dieu ne prend plaifir à Ja taille 
D'vn fort cheual pour la bataille: 
La jambe vide & diligente 
D'vn coureur point ne le cotente. 

Mais il prend Ton éjouyiTance, 
En ceux qui craignét fa puiffance, 
Et qui totalement dépendent 
De fa clémence qu'ils attendent. 

Toi Ierufalem cité fainte, 
Célèbre l'Eternel en crainte : 
Et de ton Dieu, Sion la belle, 
Chante la louange immortelle. 
Car c eft lui qui munit tes portes 



PSEÀVME GXLVII. 

De verroux ôc bàmres tres-fortes , 
Et mefme au milieu de tes places 
Fournie tes enfans de fes grâces. 
C'eit lui qui. par Tes exercites 
Nourrit la paix en Tes limites : . 
C'cft lui qui t'emplit & engraifle 
De tout le plus beau blé qui nailTe. 
•• C'eft lui qui fa parole enuoye 
Par la terre, .ôcfoudain en vove 
On voit courir deuant fa face 
Son dire tout plein d'efficace. 
C'eil lui qui couure mont ôc 
plaine 
De neige à floquets comme laine, 
Et qui vient la bruine efpandre 
Tout aufsi menu comme cendre. 



CS6 P S E A V M E CXLVII. 

C'eft lui par lequel font lancées 
A gros billots les aux glacées : 
Et qui fera de peau fi dure , 
Qu'il puifTe endurer fa froidure? 
Mais fa glace eft foudain fondue 
Qu'elle a fa parole entendue, 
Et dés la première foufflée 
De fon vent l'eau eft efdoulée. - 
Quoi plus?c '.eft lui qui mahifefte 
A Iacob fon vouloir celefte > 
Et de toute fienne ordonnance 
Donne à Ifraél connoiffance. 
Tous peuples du mode habitable 
N'ont pas vn traitemét fembl able: 
Car fes ordonnances facrées 
Il ne leur a point -déclarées. 



PSEAVME CXLVIII. clj 

Pseavme CXLVIII. T.D.B. 

VOus tous les habitas des ci eux 
Loués hautemët le Seigneur : 
Vous les habitans des hauts lieux , 
Chantés hautement fon honneur. 
Anges chantés fa renommée: 
Loués- le, toute fon armée : 
Lune & Soleil Joués fon Nom : 
EftoiHes, chantés fon renom. 
Loûez-le vous cieux les plus hauts 
Loués le, nues pleines d'eaux: 
Bref, tout Touurage fupernel 
Loue le Nom de l'Eternel.. 
Car après fa parole dite , 
Cette œuure fut faite ôc conftruite 
Et le tout il a mefuré , 



m PSEAV.ME CXLVIII. 

D'vn cours à toujours aifeuré. 
Il en a fait vn mandement 
Qui fe garde infailliblement : 
Babines aufsi auec eux, 
Loués le au profond de vos creux. 

Feux,grefle,neige & glaces foides 
Vents de tempefte forts & roides, 
Executans fa volonté , uj 

Prefchez le los de fa .bonté. 

Loués fon No monts ôccofteaux 
Arbres fruitiers, cèdres très-hauts' 
Beftes fauuages fans raifon , 
Et tout beûail de la maifon. 

Beftes fur la terre rampantes , 
Beftes parmi le ciel volantes, 
Rois & peuples de toutes parts , 

Princes 



PSEAVME CXLV1II. C%9 

Princes Ôc Gouuerneursefpars. 

Filles, enfans, jeunes ôc vieux, 
Chantez fon los à qui mieux mieux 
Car fon feul Nom eft haut leué, 
Et fur terre 5c ci eux éleué. 

De fes Saints la corne a hauflée. 
Dont leur louange eft auancée: 
DTfraél, dis- je par expiés, 
Peuple qui lui touche de prés. 

Pseavme CXLIX. T.D.B. 

C Hâtés à Dieu çhanso nouuelle 
Et fa louange folemnelle, 
Des bons parmi la compagnie 
Maintenant foit ouye. 

Ifraél s'égaye en fon cœur 
De l'Eternel fon Créateur : 

S s s s 



6<)o PS E A V M E CXLIX. 

Et dVn tel Roi forent tnomphans* 
De Sion les enfans. 

Son Nom fur la Aude s'entonne, 
Qu'au tabour chafon on lui fonne , 
Et defïus la harpe accordante 
Sa louange fe chante. 

Car Dieu en fa gent prend plaifir. 
Laquelle il a voulu choifir: 
Et les petits honorera 
Des biens qu'il leur fera. 

Vn jour auront fes débonnaires 
Plaifirs ôc joyes ordinaires , 
Voire en leurs li£ts chanter de joye 
Il faudra qu'on les oye. 

De Dieu en leur gofier auront 
Les louanges : & porter ont 



P S E A V M E CXLIX. <?<>i 

Dedas leur main chatas leurs chats 
Vu glaiue à deux trenchans : 

Afin de détruire & défaire 
Toute nation aduerfaire , 
Et punir leur outrecuidance 
D'vne jufte vengeance. 

Voire pour mener prifonmers 
Leurs Rois & Princes les plus fiers, 
Et dedans leurs feps bien ferrez 
Les tenir enferrez : 

En les puni (Tant de la forte 
Que leur fentence écrite porte, 
Telle eft de (es Saints l'excellence 
Et la magnificence. 

Pseavme CL. T. D. B. 
R (bit loué l'Eternel 



De fon faint lieu fupernel: 




6 9 x P S E A V M E CL. 

Soit, dis-je, coût hautement 
Loué de ce firmament 

Plein de fa magnificence. 
Louez-le tous fes grands faits: 
Soit loué de tant d'effets, 

Tefmoins de fon excellence. 
Soit joint aueques la voix 
Le plaifant fon de haut-bois : 
Pfalterions à leur tour , 
Et la harpe & le tambour 

Haut fa louange refonnent* 
Phifres efclatent leur ton , 
Orgues, mufette ôc bourdon 

DVn accord so los entonent. 
Soit le los de fa bonté 
Sur les cymballes chanté, 



P S E A V M E CL. Cyy 

Qui de leur fon argentin 
Son Nom fans cefle ôc fans fin 
Facent retentir & bruire. 
Bref, tout ce qui a pouuoir 
De foifffler & fe mouuoir , 

. Chante à jamais (on empire. 

Fin des Pseavmes. 
les commandemens de 

DIEV. 

. Exode XX. Cl. Ma. 

LEue le cœur ouure l'oreille, 
Peuple endurci pour efcouter 
De ton Dieu la voix nompareille , 
Et fes Commandemens goufter. 
le fuis, dit-il, ton Dieu celefte, 



£94 LES COMMAND. DE DIEV. 

Qui tai retiré hors demoi, 

Et de feruitude molefte : 

Tu n'auras autre Dieu que moi. 

Tailler ne te feras image 
De quelque chofe que ce feit : 
Si honneur lui fais & hommage, 
Ton Dieu jaloufie en reçoit. 

En vain fon Nom tant vénérable 
Ne jureras, car c efl mépris : 
Et Dieu ne tiendra incoulpable 
Qui en vain fon Nom aura pris. 

Six jours trauaille ôcaufeptiéme 
Sois du repos obferuateur, 
Toi, & les tiens : car ce jour même 
Se repofa le Créateur. 

Honneur à père & mère porte, 



LES GOMMAND*' DE DIEV: ^5 

Afin de tes jours allonger 
Sur la terre qui tout apporte, 
Là où Dieu t'a voulu loger. 

D'eftre meurtrier ne te hazarde, 
Mets toute paiilardife au loin, 
Ne fois larron donne t'en garde, 
Ne fois menteur ni faux témoin. 

De couoiterpointne t'aduienne 
La maifon ni femme d'autrui , 
Son feruant, ni la befte fienne, 
Ni chofe aucune eftant à lui. 

O Dieu ton parler d'efficace 
Sonne plus clair que fin alloi : 
En nos coeurs imprime la grâce 
De t'obeïr félon ta Loi. 




é 9 6 LE CANTIQVE DE SIMEON. 

•& *3f tp c \V •& <St •§/ *J/ ti $/&&■&&&■&&>&.■&'& tIL 

lAi *U L& • tfOMviî/U U&Utî^(*£itfSi WUi/U tf\AUN5 Wvi tfJ^J.UW 4£> wji 

LE CANTIQVE DE SIMEON. 
£/«• II. CL. MA. 

R LaiiTe, Créateur 
En paix ton feruiteur, 

En fuiuant ta promette, 

Puis que mes yeux ont eu 

Ge crédit d'auoir veu 

De ton falut l'adreiTe. 
Salut mis au deuant 

De tout peuple viuant, 

Pour l'ouïr & le croire : 

Refïource des petits, 

Lumière des Gentils, 

Et d'Ifraèl la gloire. 

Love' soit Diev. 

TABLE 



697 

TABLE DES PSEAVMES 

DE DAVID. 

A Deba contre mes 55 

A ux paroles que je veux 5 Du malin 1-e mefehanc 3$ 

A toi mon Dieu, mon 25 Dés qu'aduerficé nous 46 

Ap.'és auoir conftam. 40 Di moi, mal-heureux 52 

Ainfî qu'on oit le cerf 42 Dieu nous foit doux 6 y 

Ayés pitié,ayés pitié 57 D'où vient, Seigneur 74 

A Dieu ma voix j'ai 77 Dieu eft aifjs en l'aiTem. 82 

Auec les tiés Seigneur, 8 y Dieu pour fonder 87 

Alors qu'affliclion me 120 Du Seigneur les bont. 8? 

A toi,ô Dieu qui es là 123 Dieu e(t régnant de 93 

Alors que de captiuité 126 Donnez au Seigneur 107 

B Du Seigneur Dieu en in 

T3ien-heureufe cil la 119 Dés ma jeunefle ils 129 

Bien heureux eft 128 Du fonds de ma penfée 130 

C E 

^'eftenfàtres-faincle 48 pxauce, ô mon Dieu 55 

Ceftejiludée propre.76 Entre vous côfeillers 58 

Chantez gayement, 8i Enren à ce que je crie 61 

Chantez a Dieu chanf. 96 Enten à ce que je veux 64 

Chantez à Dieu nou. 98 Enfans qui le Seigneur 113 

Chantez de Dieu le 135 Eftans afîis aux riues 157 

Chantez a Dieu chanf. 149 H 

D LJelas! Seigneur, je te 69 

V\t tout mon cceur 9 I 

"^D où vient cela Seign.io Tufques à quand as 13 

Donne fecours Seign. 12 le t'aimerai en toute 18 

T t t c 



608 TABLE. 

l'ai mis en toi mon s 1 Mon Dieu, prefte moi 8é 

Iamais ne cefferai de 34 Mon cœur eft difpos 108 

l'ai dit en moi, De prés 39 Mon Dieu mon Roi 14 j 

l'ai mis en toi mon 71 N 

l'aime mon Dieu, car 11^ VJe vueilie pas, 6 Sire, 6 

Incontinent que j eus 122 Ne Ibis fâché h durât 57 

Il faut que de tous mes 138 Non point a nous, uon nj 

l'ai de ma voix a Dieu 142 O 

L /^Seigncur,quedegens, 3 
T e fol malin en fon 14 Onoftre Dieu &Seign.8 

Les cieux en chacun 19 O Dieu, qui es ma 28 

Le Seigneur ta prière 20 O bienheureux celui 52 

La terre au Seigneur 24 O bicn-heurcux qui 41 

Le Seigueur eft la clarté 27 Or auons nous de nos 44 

Las! en ta fureur, aiguë, 38 Or fus tous humains 47 

Le Dieu, le fort, l'Etern. 50 O Dieu tout-puiïTant 54 

Le fol malin en fon 52 O Dieu qui nous as 60 

Les gens entrez font 7? O Dieu je n ai Dieu 6$ 

L'Eternel eft régnant 97 O Dieu, la gloire qui 6% 

Louez Dieu,canl eft iotf" Or fus louez Dieu, tout 66 

Le Tout-puifTant à mon 110 O Dieu où mon efpoir 70 

Louez Dieu tout 136 O Seigneur loué fera 75 

Loué foit Dieu ma 144 O Pafteur d'Ifraél, 80 

Louez Dieu, car c'eft 147 O Dieu, ne fois plus à 8$ 

M O Dieu des armées 84 

X/on Dieu j'ai en toi 7 O Dieu Eternel mon 88 

-^ -^Mon Dieu mon Dieu 22 O que c'eft chofe belle çz 

Mon Dieu me paift 25 O Eternel, Dieu des 94 

Mifericorde au pauure 51 Or eft maintenant 99 

Mifericorde à moi 56 O Dieu mon honneur 109 

Mon Dieu l'ennemi yo O bien-heureufela 112 

Mon ame en Dieu tant ez Or peut bien dire Ifracl 124 



TAB 
On a beau fa maifon 127 
O combien eft plaifant 13s 
Orfus, feruiteurs du 154 

O Dieu,tuconnoisqui 139 
O Dieu donne moi 140 

O Seigneur, a toi je 141 

Or foit loué l'Eternel 150 

P 
pourquoi font bruit % 

A Propos exquis iaut que 45 
Peuples oyez,&i oreille 4? 

Qui au conteil des 1 

Quand je t'inuoque 4 

Qui elt-ce qui conuerl- 15 

Que Dieu (c montre 68 

Qui en la garde du pi 

Quand Ifiaél hors 114 

R 
"D ëueillez-vous chacun 53 

-* Reuenge moi, pren 43 

Rendez a, Dieu louange 118 

S 

C ois moi , Seigneur 16 
^ Seigneur, enten à mon 17 

Seigneur, le Roi s'éjouï 21 



LE. 699 

Seigneur, garde mon 26 

Seigneur,puis que mas 30 

Si elt-ce que Dieu eft 7$ 

Sois ententif, mon 78 

Sus, égayons nous au 95 

Seigneur, enten ma 102 

Sus, louez Dieu, mon 105 

Sus, fus, mon ame, il te 104 

Sus qu'vn chacun de 105 

Seigneur je n'ai point 131 

Seigneur, Dieu, oi 143 

Sus > mon ame, qu'on 146 

T 

Tes jugemens, Dieu 72 
Tu as elle, Seigneur 90 

Toutes gens, louez 117 

Tout homme qui fon 12 y 
V 

eu que du tout en il 

Vous tous Princes 20 

Vous tous qui la terre 100 

Vouloir m'eft pris de ioi 

Vers les monts j'ai nz 

Vueilles, Seigneur, 151 

Vous tous les habicans- 148 



V: 



FIN DELA TABLE. 



700 

PSEAVMES QVI SE 

chantent d'vn mefme chant. 



LE Pfeaume 5. & £4. d'vn mefrne chanr. 
Pfeaume 14. & 55. d'vn mefme chanr. 

Pfeaume 17. 63. & 70. d'vn mefme chant. 

Pfeaume 18. & 144. d'vn mefme chant. 

Pfeaume 24.^2. 95. & ni. d'vn mefme chant. 

Pfeaume 28. & 109. d'vn mefme chant. 

Pfeaume 50. -j6. & 159. d'vn mefme chant. 

Pfeaume si. & 71. d'vn mefme chant. 

Pfeaume 35. & 67. d'vn mefme chant. 

Pfeaume s 6 * & 68. d'vn mefme chant. 

Pfeaume 4^. & 82. d'vn mefme chant. 
Pfeaume 51. & 69- d'vn mefme chanr. 
Pfeaume 65. & 72. d'vn mefme chant. 
Pfeaume 66. 98. & 118. d'vn mefme chant. 
Pfeaume 74. & 116. d'vn mefme chant. 
Pfeaume 77. & 86". d'vn mefme chant. 
Pfeaume 78. & 90. d'vn mefme chant. 
Pfeaume 100. 131. &.142. d'vn mefme chant. 
Pfeaume 117. & 127. d'vn mefme chant. 
Pfeaume 140. fur le chant des Commandemcns. 



LA FORME 



701 

LA 

FORME 

DES PRIERES 

ECCLESIASTIQVES. 

PRIERE. 

. i j 

Noftre-aide foit au nom de Dieu 
qui à fait le Cicl.ôc la terre, Amen. 

EXHORTATION. 

Es frères qu'vn chacun de 
nous feprefente deuât la fa- 
ce du Seigneur auec confefsi on de 
Çq% fautes & péchez fuiuant de fon 
coeur mes paroles. 

V v v v 







701 PRIERES. 

CONFESSION. 

SEigneur Dieu, Père Eternel, ôc 
coût puiiTant,nous confelTons ôc 
recognoiffons sas feintife deuant ta 
fain&e Maiefté, que nous fommes 
pauures pécheurs, conçeus Ôc nez 
en iniquité ôc corruption,enclîns à 
mal faire inutiles à tout bien : Ôc 
que de noftre vice nous tranfgref- 
fons fans fin ôc fans ce (Tè tes fain&s 
commandemens. Enquoyfaifant 
nous acquérons par ton jufte juge- 
ment ruine ôc perdition fur nous. 
Toutefois Seigneur nous auons dé- 
plaifir en nous mefmes de t'auoir- 
orTensé, Ôc condamnons nous ôc 



PRIERES. 705 

nos vices, âuec vraye repentence, 
defiransque ta grâce fubuienne à 
noffcrè calamité. 

Vueilles donques auoirpitjéde 
nous, Dieu ôc père tres-benin &c 
plein de mifericorde, au Nom de 
ton Fils Iefus-Chrift noflre Sei- 
gneur, & en effaçant nos vices :6c 
macules eflargi-nous & augmente 
de lour en iour les grâces de ton S. 
Efprit, afin que recognoiflàns de 
tout noflre cœur noflre iniuftice, 
nous foyons touchez de vray dé- 
plaifir, qui engendre droite péni- 
tence en nous, laquelle nous mor- 
tifiant à tous péchez, produife 

Vvvv z 



704 PRIERES. 

fruicfo de iuftice 6c innocence, qui 
te foyet agréables, par iceluy Iefus- 
Chriffc noftre Seigneur , Amen. 

Dieu Tout-puiflTant, Père ce- 
lefte , tu nous as promis, de 
nous exaucer en nos requeftes, que 
nous te ferions au Nom de ton Fils 
Iefus-Chrift bien-aimé npftre Sei- 
gneur ôc aufsi nous fommes inftruits 
par la doctrine de luy &: dé fes 
Apoftres, de nous aflembler en fon 
Nom, auec promette qu'il fera au 
milieu de nous, Ôc qu'il fera noflre 
interceffeur enuers toy,pour impe- 
trer toutes chofes dont nous con- 
fentirons fur la terre. 



PRIERES» 7»J 

Premièrement nous .auons ton 
commandemet de prier pour ceux 
que tu as conftituez fur nous fupe- 
neurs & gouuerneurs:en après pour 
toutes les necefsitez de ton peuple 
ôc mefmes de tous hommes. Par- 
quoy en confiance de ta faincte 
doctrine, ôc de tes pro m eiTes, d'au- 
tant que deuanttaface, ôcaunom 
de ton Fils noftre Seigneur Iefus 
nous fommes icv afifemblez nous 
te fupplions afTe&ueufement nô- 
tre bon Dieu & père, au Nom de 
noftre Sauueur & vnique Média- 
teur, vueilles nous par ta clémence 
infinie gratuitement pardonner 



706 PRIERES. 

nos offenses, & tellement attirer 
ôc efleuer à toy nos penfées & nos 
defirs , que de tout noftre cœur 
nous te puifsionsrequerir,voire fé- 
lon ton bonplaifir ôc volontéja- 
quëlle feule eft raifonnable.. 

Nous te prions donc Père ce- 
lefte, pour tous Princes & Sei- 
gneurs tes feruiteurs,aufquels tu as 
commis le régime de ta juftice, 
& fingulierement pour le Roy 
noftre Sire, &c. 

Aufsi nous te prions, Père véri- 
table & Sauueur, pour tous ceux 
que tu as ordonnez Pafteurs à tes 
fidèles, ôc aufquels tu as commis 



PRIERES. 7 o 7 

la charge des âmes & la difpen- 
fation de ton Sacré Euangile,que 
tu les conduifes par ton Saine Ef- 
3rit,afin qu'ils foyet trouuez fidèl- 
es & loyaux Mimftres de ta gloi- 



re, ayanstou;ours ce but,que tou- 
tes les pauures brebis égarées foyét 
recuei lies âsÛtfduitQs au Seigneur 
Iefus-Chrift principal Pafteur, & 
Prince des.Èuefgue?/ afin que de 
jour en iour elles profitent '& ac- 
croiflentenluy a toute luilice & 
fainteté.D'autre part vueilles çjéli- 
urer toutes tes Eglifes delà gueule 
des loups rauiiTans,ôc de tous mer- 
çenaires,qui cherchent leur ambi- 



70S PRIERES. 

tion ou profit & non point l'exal- 
tation de ton faint Nom tant 
feulement, & le falut de ton 
troupeau. 

Après nous te prions, Dieu tres- 
benin &PeYemifericor«dieux,pour 
tous hommes généralement, que 
comme tu veux eftré recognu 
Sauueur de tout le monde par la 
redemptiofaitepafténFilsIefuS' 
Chrift : que ceux qui font encôres 
effranges de fa cognoi(Tanee>étans 
en ténèbres & captiuité d'^r¥èur 
& ignorance, par l'illumination 
de ton Sainct-Efprit,Ôtla prédi- 
cation de ton Euangiîe, foyent 

•réduits 



PRIERES. 70P 

réduits à la droite voye de falut, 
qui eft de te cognoiftre feul vray 
Dieu, & celuy que tu as enuoyé 
Iefus-Chrift , que ceux que tu as 
des-ja yifîtés par ta grâce, & illumi- 
nez par la cogrîoiflance de ta pa- 
role,croifTent journellemét en bien, 
eftans enrichis de tes bénédictions 
fpirituelles : afin que tous enfembîe 
t adorions dVn cœur ôc dVne bou- 
che ôc donnions honneur ôc hom- 
mage à ton Chrift noftre Maiftre, 
Roy , & Legiflateur. 

. Pareillement, ô Dieu de toute 
confolation , nous te recomman- 
dons tous ceux que tu mûtes ôc 

x X x x 



7io PRIERES. 

chaffcies par croix ôc tribulations : 
les peuples que tu affliges par pe- 
fte, ou guerre, ou famine, lesper- 
fonnes 'batuès de pauureté , prifon, 
maladie, ou baniflement, ou au- 
tre calamité de corps, ou affli- 
ction d'efprit, que tu leur vueilles 
faire entendre ton affection pater- 
nelle , qui en: de les chaftier pour 
leur amendement : afin que de 
tout leur cœur ils fe conuertifTent 
à toy : & eftans conuertis reçoiuenç 
entière confolation, ôcfoyent de- 
liurez de tous maux. 

Singulièrement, nous te recom- 
mandons tous nos pauures frères 
qui font efpars fous la tyrannie de 



PRIERES. 7 îi 

l'Antechrift, eftans deflituez de 
la pafture de vie, ôc priuez de la 
liberté de pouuoir inuoquer pu- 
bliquement ton Nom; mefmesqui 
font détenus prifonniers, ou per- 
fecutez par les ennemis de ton 
Euangile > qu'il te plaife ô Père de 
grâce les fortifier par la vertu de 
ton Efprit, tellement qu'ils ne dé- 
faillent jamais, mais qu'ils per- 
fiflent conftamment en ta fain&e 
vocatio : les fecourir ôc leur afsifter 
comme tu cognois qu'il en eft be- 
foin , les confoler en leurs affli- 
gions les maintenir en ta garde 
contre la rage des loups, les au- 

X x x x z 



7ii PRIERES. 

gmenter en tous les dons de ton 
Efprit, afin qu'ils te glorifient tant 
en la vie qu'en la mort. 

Finalement, ô Dieu & Pere,ot- 
troye nous aufsi à nous qui fommes 
icy afïemblez au Nom de ton Fils 
Iefus, à caufe de fa paroi e(& de 
fa fain6te Cène ) que nous reco- 
gnoifsions droitement & fans hy- 
pocrifie, en quelle perdition nous 
fommes naturellement 2c qu'elle 
condemnation nous méritons &: 
amafTons de jour en jour fur nous 
par noftre mal-heureufe & defor- 
donnnée vie, afin que voyais qu'il 
n'y a rien de bien en nous, & que 



PRIERES. 7 u 

rioftrc chair & noftrefang ne font 
point capables de poffeder en hé- 
ritage ton Royaurtie , de toute 
nôifcre atrection & en terme hance 




feul Sauueur , & rédempteur , afin 
que luy habitancen nous ; mortifie 
noftre vieil Ada nous renouuelant 
en vne meilleure vie.par la quelle. 

Nofîre Père qui es es deux, ton Ton nom 
foït fànffifié* Ton règne advienne, Ta volonté 
fait faite en la terre comme au Ciel donne nous 
autour dhuj /noflre yain quotidien , Et nous 
pardonne nos offences ainfi que nous par- 
donnons k ceux qui nous ont offencel^ & ne 
nous inàui point en tentation, ?nais nous deli- 
ure du mal, car a toj efl le règne ,la puijfahce* 
& la gloire es fie de s des fie de s, Ainfïfoit-iL 



714 PRIERES. 

Je croy en Dieu le Père Touî-ymffant , 
Créateur du Ciel & de la terre. Et en lefus- ■ 
Chrifîfon feul Fils noflre Seigneur^ Qui aejîé 
conceu du Sainéi E/prit, né de la Vierge -Ma- 
rie, qA fouffert foubs 7 once Pilate, A efte [cru- 
cifie , mort & enfeueliy E(l dépendu aux en- 
fers , Le tiers iourefi reffufcité des morts , Eji 
monté aux. deux y Efi apis a la dextre de 'Dieu 
le Père Tout-puijfant , & de la viendra iuger 
les viuants & les morts. 

Je croy au Saintt Efprit , La faincle Eglifè 
r vniuerfelle y La communion des Saincts> La re- 
mifsion des pecbé%, La refurreclion de la chair y 
La vie éternelle. Amen. 

LE IOVK QF'ON DOIT CELE^ 

brer la fainte Cène 9 on àdioufle au 

précèdent ce qui s enfuit. 

comme noitre Seigneur 




Iefus non feulement t'a vne 
fois offert en la croix fon corps 
& fon fang pour la remifsion de 



PRIERES. \ 7 i 5 

nos péchez , mais aufsi les nous 
veut communiquer pour nourri- 
ture en vie éternelle j fay nous 
cette grâce, que de vraye finceri- 
té de cœur & d'vn zeîe ardent, 
nous receuions de luyvnfi grand 
bénéfice : c'eft qu'en certaine foy, 
nous jouïfsions de Ton corps & de 
fon fang, voire de Iuy toutentie- 
rement comme luy eftant vray 
Dieu & vray homme, eil vérita- 
blement le fain6l pain celefte, 
pour nous viuifier afin que nous 
ne viuions plus en nous mefmes, 
& félon noftre nature laquelle eil 
toute corrompue & vicieufe : 



7 iç PRIERE S. 

mais que luy viue en nous , pour 
nous conduire à la vie faincte, 
bien heureufeôc permanente à ja- 
mais , par ainfi , que nous foyons 
faits vrayement participans du 
nouueau ôc éternel Teftament, à 
fçauoir l'alliance de grâce : eftans 
certains & afleurez que ton bon 
plaifir eft de nouseftre éternelle- . 
ment père propice, ne nous im- 
putant point nos fautes,& comme 
à tes enfans bien aimez, de nous 
pouruoir de toutes chofes necef- 
faires, tant au corps comme à la- 
me : afin qu'incefiamment nous 
te rendions gloire & actions de 

grâces 



PRIERES. 7Î7 

grâces , Ôc magnifions ton Nom , 
par œuures ôc par paroles. Donne- 
nous doncques en cette manière , 
Père celefte de célébrer auiour- 
d'huy la mémoire bien-heureufe 
de ton cher Fils , nous exercer en 
icelle ôc anonçer le bénéfice de fa 
mort : afin que receuans nouuel ac- 
eroiflement, Ôc fortification enfoy 
ôc en tout bien, de tant plus gran- 
de fiance nous te renommions 
noftre Père ôc nous glorifions en 
toj, Amen. 



Y y ï y 



7iS PRIERES. 

oAPRES AVOIR ACffE'rE' LA 

fainte Cène , on vji de cette aCiion de 

grâces, ou femblable. 

PEre celefte nous te rendons 
louages & grâces éternelles, que 
tu nous as eflargi vn tel bien, à nous 
pauures pécheurs, de nous auoir 
attirez à la communion de ton Fils 
Iefus-Chrift nôtre Seigneur, l'ayat 
liuré pour nous à la mort, ôc 
le nous donnant en viande Se nour- 
riture de vie éternelle. Mainte- 
nant aufsi ottroye nous ce bien, de 
ne permettre que jamais nous met- 
tions en oubly ces chofes, mais plu- 
ftot les ayans imprimées en nos 



PRIERES. 719 

cœurs, nous croissions Se augmen- 
tions afsiduellemenr en la foy, la- 
quelle befongne en toutes bonnes 
œuures : & en ce faifant,ordon- 
nions & pourfuiuions toute nofbe 
vie à l'auancement de tagloir.e,& 
édification de nos prochains , par 
iceluyIe{us-C.toFils,qui en l'vni- 
té du S. Efpiit vit & règne auec 
toy, Dieu éternellement, Amen. 

LA "BENEDICTION QV'ON FAIT 

au départ du peuple , félon que noflre Sei- 
gneur auoit ordonné en la Loi, Nombres 6. 

LE Seigneur vous benifle, & 
vous conferue. Le Seigneur 
face luire fa face fur vous, ôc vous 

. Y yy y ^ 



7iO PRIERES. 

foit propice. Le Seigneur retourne 
fon vifage enuers vous, & vous 
maintiene en bonne famé & prof- 
perité, Amen. 

mmmtmmifo nhm m mm m mmmmm m ' m mm, 

LA FORME 

D'ADMINISTRER LE BAPTESME. 

Noftre-ayde foit au nom de Dieu 
qui à fait la Ciel ôc la terre, Amen. 
Prefentez vous c'eft enfant pour 
élire baptifé ? 

NOftre Seigneur nous montre 
en qu'elle pauurete Ôc mifere 
nous naiffons tous en nous difant 
qu'il nous faut renaiflre : car s'il 



D V B A P T E S M E. 71Ï 

faut que noftre nature {oit renou- 
uellée, pour auoir entrée au Royau- 
me de Dieu c eft figne qu elle eft 
du tout peruerfc & maudite. En 
cela donc il nous admonefte de 
nous humilier, & nous defplaireen 
nous mefmes : 6c en cette manière 
il nous prépare à defirer & requérir 
fa grâce, par laquelle toute la 
peruerfité & maledi6tion de noftre 
première nature foit abolie. Car 
nous ne fommes point capables 
de la receuoir, que premièrement 
nous ne (oyons vuides de toute 
fiance de noftre vertu , fagefle & 
juftice jufques à condamner tout 
ce qui eft en nous. 



7 u D V BAPTESML 

Or quand il nous à remonftré 
noftre .mal-heur, il nous corrfole 
femblablement par fa mifericorde* 
nous promenant de nous régénérer 
par (on fain6t-Eff5rit en vne non- 
uelle vie, laquelle nous foit com- 
me vne entrée en fon Royau-me. 
Cette régénération confifte en 
deux parties : c'eft que nous re- 
noncions à nous-mefmes, ne fui- 
uant point noftre propre raifon, 
noftre plaifir & propre volonté: 
mais captiuans noftre entende- 
ment ôc noftre cœur à la fagefte 
ôc iuftice de Dieu, mortifions tout 
ce qui eft de nous & de noftre 



D V BAPTESME. 7Z3 

chair : puis après , que nous fui- 
uions la lumière de Dieu, pour 
complaire 6c obtempérer à Ton 
bon plaifir, comme il nous le 
monftre par fa parole, & nous y 
conduit par fonEfpric L'accom- 
pliflementde l'vnôcde l'autre eft 
en nofbe Seigneur Iefus, duquel 
la mort & pafsion à telle vertu 
qu'en participant à icelle, nous 
fommes comme enfeuelis à pé- 
ché, afin que nos concupifcences 
charneles loyent mortifiées. Pa- 
reillement, par la vertu defare- 
furre&ion nous refufcitons en 
nouuelle vie, qui eft de Dieu, 



7 i4 DV B A P T E S M E. 

entant que fon Efprit nous con- 
duit ôc gouuerne, pour faire en 
nous 1 es ceuures lefquelles luy font 
agréables. Toutesfois le premier 
& le principal point de noflre 
falut, c'efl que par fa mifericorde 
il nous remette toutes nos fautes, 
ne nous les imputant point,mais 
en effaçant la mémoire, afin quel- 
les ne nous vienent point en con- 
te en fon jugement. Toutes ces 
grâces nous font conférées quad 
il luy plaiffc nous incorporer en 
fon Eglife par le Baptefme:car 
en ce Sacrement il nous teflifie 
la remifsion de nos péchez. Et 

pour 



D V B A P T E S M E. m 

pour cette caufe il a ordonné le 
figne de l'eau pour nous figurer que 
comme par c'eft élément les or- 
dures corporelles font n'ettoyées 
ainfi il veut lauer ôc purifier : nos 
âmes afin qu'il n'y aparoifle plus 
aucune macule. 

• Puis après il nous y reprefente 
noftre renouuellement, lequel gift, 
comme dit a efté, en la mortifi- 
cation de noftre chair, 8c la vie 
fpirituelle laquelle il produit en 
nous. * 

Ainfi nous receuons double grâ- 
ce & bénéfice de noftre Dieu au 
Baptefme moyenant que nous 

» Zz zz 



7 i6 DV BAPTESME. 

n'aneantifsions point la vertu de 
ce Sacrement par noffcre ingrati- 
tude. C'eil; que nous y auons cer- 
tain tefmoignage que Dieu nous 
veut eftre Père propice, ne nous 
imputât point nos fautes, & orTen- 
ces. Secondemenç , qu'il nous 
afsiftera par fon fainct-Efprit, afin 
que nous puifsions batailler con- 
tre leDiable, le péché, & les con- 
cupifcences de noftre chair iuf- 
qu'à en auoir victoire, pouryiure 
en la liberté de ion règne, qui efb 
le règne de iuftice. 

Puis donc qu'ainfi efl: que ces 
deux chofes font accomplies en 



DV BAPTESME. 717 

nous par la grâce de lefus-Chrift, 
il s'enfuit que fa vertu 6c fubftance 
du Baptefme eft enluy comprife. 
Et de fait, nous h'auons. point 
d'autre lauement que fon fang, ôc 
nauons point d'autre renouuelle- 
ment qu'en fa mort & refurreclion. 
Mais comme il nous communi- 
que fes richelTes & bénédictions 
3ar fa parole, ainfi il nous les diftri- 
3iie par fes Sacremens. ; 

Or noftre bon Dieu nefe con- 
tentant point de nous auoir ado- 
ptez pour fes enfans, & receus en 
la communion de fon Eglife, à 
voulu encore eftendre plus ample- 



Z z z z i 



7iS D V B A P T E S M E. 

ment fa bonté fur nous : c'eft en 
nous promettant qu'il fera noftre 
Dieu & de noffcre lignée jufques en 
mille générations'. Pourtant, com- 
bien que .les enfans des fidèles 
foyent de la race corrompue d'A- 
dam, fi ne laiffe.il point toutefois 
de les accepter par la vertu de cet- 
te alliace,pour les aduoûer au nom- 
bre des fiens. A cette caufe il a 
voulu des le commencement , 
qu'en fon Eglife les enfans receuf- 
fent le figne de la Circoncifion» 
par lequel il reprefentoit lors tout 
ce qui nous efl aujourd'huy mon- 
ftrépar le Baptême. Et comme il 



DV B APTES ME. 719 

commandoit qu'ils fu(Tent cir- 
concis, aufsi il les aduoûoic pour 
fes enfans , & fe difoit eftre leur 
Dieu comme de leurs pères. 

Maintenant donc, puis que le 
Seigneur, Iefus eft defcendu en 
terre, non point pour amoindrir 
la grâce de Dieu fon Père, mais 
pour efpandre l'alliance de falut 
par tout le monde laquelle eftoit 
pour lors enclofe entre-le peuple 
des Iuifs: il n'y a point de doute 
que nos enfans ne foyent héritiers 
de la vie qu'il nous a promife. Et 
pourtant S. Paul dit que les enfans 
des fidèles font fain&s , pour les 



7?o D V BAPTESME. 

difcerner d'entre les enfans des 
payes & infidèles. Pour cette raifo 
noftre Seigneur lefus-CKnft; a re- 
ceu les enfans qu'on luy prefen- 
toit , comme il en: efcrit au dix- 
neufiéme chapitre de S. Mathieu: 
Lors luy furent prefentez des pe- 
tits enfans , afin qu'il mift les 
mains fur eux, ôc qu'il priaft. Mais 
les difciples les reprehoient. Et 
ïefus leur dit: laiflez les petits en- 
fans venir à moy &nelesempef- 
chez point , car à tels eft le 
Royaume des Cieux. 
Puis qu'il denoceqUe le Royau- 
me des cieux leur appartient , 



D V B A P T E S M E. 73 r 

qu'il leur impofe les mains, & les 
recommande à Dieu fon Père, il 
nous inftruit fuffifamment que 
nous ne les deuons point exclurre 
de fon Eglife. En fuiuant donc 
cette reigle, nous receuons c'eft en- 
fant en fon Eglife, afin qu'il foit 
fait participant des biens que Dieu 
a promis à. fes fidèles. Et premiè- 
rement le luy prefenterons par 
noilre oraifon , difant, tous de 
cœur humblement. v 

SEigneur Dieu, Père Eternel 
& tout-puiflant, puis qu'il t'a 
pieu par ta clémence infinie, nous 
promettre que tu feras Dieu de 



73 i D V B A P T E S M E. 

nous 6c de nos enfans , nous te 
prios qu'il te plaife confirmer cette 
grâce en l'enfant preient, engen- 
dré de père & de .mère refquels 
tu as apellez en ton Eglife comme 
il t'eft offert & confacré de par 
nous, que tu le vueilles. receuoir 
en ta fain£te protection , te décla- 
rant eftre fon Dieu & Sauueur,en 
luy remettant le péché originel, 
duquel eft coulpable toute la li- 
gnée d'Adam puis après lefan&i- 
fiant par ton Efprit afin que quand 
il viendra en âge de cognoifTance, 
il te cognoifle & adore comme 
Ton feul Dieu, te glorifiant en 

toute 



D V BAPTESME. 735 

toute fa vie, pour obtenir toujours 
detoy remifsion de fes péchez. 
Et afin qu'il puifle obtenir telles 
grâces, qu'il te plaife l'incorporer 
en la communion de noflre Sei- 
gneur lefus, pour eftr.e participant 
de tous fes biens , comme Tvn des 
membres de fon corps. Exauce- 
nous Peredemifericorde,afin que 
le Baptefme que nous luy com- 
muniquons félon ton ordonnance 
produife fon fruicSt & fa vertu,tel- 
le qu elle nous eft déclarée par ton 

Sainét EuanPlle. Noflre Père &c. 

Puis qu'il eft queftion de rece- 
uoir c'eft enfant en la compagnie 



A A a a "a 



7J4 DV BAPTESME. 

de l'Eglife Chreftienne, vous pro- 
mettez quand il viendra en aage 
de difcretion, de l'inftruire en. la 
doctrine, laquelle e(t receûe du 
peuple de Dieu comme elle en; 
fommairement comprife en la 
confefsion defoy, que nousauons 

tOUS : à fçauoir. Je croj en Dieu &c 

Vous promettez donc, de 
mettre peine de l'inftruire en toute 
cette do&rine, & généralement 
en tout ce qui effc contenu en la 
faincte Efcriture du viel & du 
Nouueau Teftament : à ce qu'il le 
reqoiue comme certaine parole 
de Dieu venante du Ciel. Item 



i 



D V B A P T E S M E. 735 

vous l'exhorterez à viure félon la 
règle que noftre Seigneur nous a 
baillée en fa Loy, laquelle fom- 
mairement confifte en ces deux 
points. Que nous aimions Dieu de 
tout noflre fens , noftre cœur ôc 
puiffance, & noflre prochain com- 
me nous mefrnes. Pareillement, 
félon les admonitions qu'il a faites 
par fes Prophètes & Apoflres , à 
ce que cet enfant renonçant à foy- 
méme & à fes propres couoitifes fe 
dédie &: confacre à glorifier le 
Nom de Dieu & de Iefus-Chrifl 
ôc à édifier fes prochains. 

A A A a a 1 




73« 

LA MANIERE 

DE CELEBRER LA SAINTE 

Cène. 

Scoutonsmes frères, comme 
Iefus-Chrift nous a inflitué 
fa faindte Cène félon que faincl: 
Paul le recite au chapitre onzième 
de la première Epiftre aux Co- 
rinthiens. 

Fay receu , dit-il du Seigneur ce 
que ie vous ai baillé : C'eft que le 
Seigneur lefus en la nuicl; qu'il fut 
liuré, print du pain, ôc après auoir 
rendu grâces, le rompit, ôc dit: 
prenez, mangez, cecy eft mon 



DE LA CENE. 757 

Corps qui eft rompu pour vous, 
faites ceci en mémoire de mov. 
Semblab] ernent après auoir fou- 
pé, il print la coupe> difant cette 
coupe eft le nouueau Teftament 
en mon fang : faites ceci toutesfois 
6c quantes que vous en boirez en 
mémoire de moy \ C'eft que quad 
vous mangerez de ce pain,&boi- 
rez de cette coupe, vous annon- 
cerez la mort du Seigneur jufqu'a 
ce qu'il vienne. Partant quicon- 
ques mangera de ce pain ou boira 
de cette coupe indignement, fera 
coulpable du corps & du Sang du 
Seignçur. QuVn chacun donc se- 



738 DE LA CENE. 

prouue foy-mefme, ôc ainfi qu'il 
mange de ce pain,& qu'il boiue 
de cette coupe.Car quiconque en 
mange & boit indignement, il 
prend fa condamnation , ne dis- 
cernant point le Corps du Sei- 
gneur. 

Nous auons ouy, mes frères, 
commet noffcre Seigneur a fait fa 
Cène entre fesdifciplesôc par ce- 
la il nous demoftre,que les eftran- 
gers , c'en: a dire ceux qui ne font 
pointde la compagnie de fes fidè- 
les y n'y doiuent point eftre admis. 
C'efl pourquoyfuiuat cette reigle, 
au No &: enl'authoritéde noftre 



DE LA CENE, 739 

Seigneur Iefus-C. j'excommunie 
tous jdolatres, blafphemateurs, 
contempteurs de Dieu héréti- 
ques^ toutes gens qui font [eëtes 
à part pour rompre IVnion de 
l'Eglife, tous periures, tous ceux 
qui font rebelles à pères & à me* 
res, & à leurs fuperieurs, tousfe- 
ditieux, mutins, bateurs , noifeux, 
adultères, paillards, larrons, aua- 
ricieux, rauifleurs, vfuriers, yuron- 
gnes, gourmans, ôctous ceux qui 
mènent vne vie fcandaleufe : leur 
dénonçât que s'ils ne fe repentet ils 
ayentàs'abftenir de cette fain6te 
table,de peur de polluer ôc conta- 



740 D E L A C E N E. 

miner les viandes facrées , que 
noftre Seigneur, I.C. ne donne 
finonàfesdomeftiques ôc fidèles. 
Pourtant félon l'exhortation de 
S. Paul, qu'vn chacun éprouue 6c 
examine fa c5fcience,pour fçauoir 
s'il a vne vraye repentace de (es 
fautes, 6c s y defplait, defirant de 4 
viure dorénauant fain£tement 6c 
felo Dieu,Sur.tout s'il a fa fiance en 
la mifericorde de Dieu, ôccerche 
entièrement fon falut en I.C. 6c re- 
nonçant à toute inimitié ôcrancu- 
ne, à bonne intention 6c courage 
de viure en concorde 6c charité 



fraternelle àuec fes prochaine 



Si 



DE LA CENE. 74* 

Si nous auons ce témoignage en 
nos cœurs deuant Dieu, ne dou- 
tons nullement qu'il ne nous ad- 
uoûe pour fes enfans&que le Sei- 
gneur Iefus n'adrefle fa parole à 
nous pour nous introduire à fa ta- 
ble, fie nous prefenter ce fainét Sa- 
crement, lequel il a communiqué 
à (es "difciples. 

Et bien. que nous Tentions en 
nous beaucoup de fragilité &. de 
mifere, comme de n'auoir point 
la foy parfaite mais d'eftre enclins 
à incrédulité fit défiance: comme 
de Ji'eftre point entièrement fi 
adonnçz à feruir Dieu Se d'vn tel 



B B B B I) 



74i D E - L A CENE. 

zèle que nous deurions: mais d'a- 
uoir à batailler journellement con- 
tre les conuoitifes de noftre chair: 
neantmoins puis que noftre Sei- 
gneur nous a fait cette grâce d'a- 
uoir fon Euangile imprimé en 
noftre cœur pour refifter à toute 
incrédulité , .& nous à donné ce 
defirôc affection de renoncer à nos 
propres defirs,pour (uiure fa iuftice 
& fes fain&s commandemens : 
foyons tous certains que les vices 
& imperfections qui font en nous, 
n'empefcheront point qu'il ne nous 
recoiue,& nous face dignes d'auoir 
part en cette table fpintuelle.KJar 



DE LA CENE. 743 

nous n'y venons point pour pro- 
tefter que nous foyons parfaits ni 
juftes en nous mefmes : mais au 
contraire, en cherchant noftre vie 
en Iefus-Ghrifl*, nous corifefïons 
que nous fommes en la mort. En- 
tendons donc que ce Sacrement 
eft vne médecine pour les pauures 
malades fpiritueîs'ôc que toute la 
dignité que nofbre Seigneur re- 
quiert de nous , c efb de nous bien 
recognoiftre pour nous déplaire en 
nos vices, & auoir tout noftre plai- 
fir joye & contentement en iuy 
feuk ... 

Premièrement donc croyons à 

B B B B b L 



744 DE LA CENE. 

ces promettes , que Iefus-Ghrift , 
qui eft la vérité infaillible à pro- ' 
noncées de fa bouche, à fçauoir 
qu'il nous veut vrayement faire 
participais de fon corps ôc de fon 
fang , afin que nous le pbfTedions 
entièrement» en telle forte qu'il vi- 
ue en nous, 6c nous en luy. Et bien 
que nous ne voyons que du pain 
ôc du vin toutesfois ne doutons 
Doint qu'il n'accomplifTe fpirituel- 
ement en nos âmes tout ce qu'il 
nous demonflre extérieurement 
par fes fignes vifibles* c'en: à dire 
qu'il eftlepain celefte, pour noes 
repaiflre ôc nourri-r a- vie éternelle. 



DE LA CENE. 74î 

Ainfi que nous lie {oyons point in- 
grats à la bonté infinie de noflre 
Sauueur, lequel déployé -toutes 
fes richeflfes 8c fes biens en cette 
table pour nous les diftribuer. Car 
en fe donnant à nous» il nous rend 
témoignage que tout ce qu'ilaefl 
noftre. Partant recelions ce Sacre- 
ment comme vn gage, que la ver 
tu de fa mort Se pafsion nous eft 
imputée à îuftice, tout ainfi que 
fi nous l'a-uions. foufferte en nos 
propres perfonnes, Que nous ne 
foyons point fi peruers de nous re- 
culer, ouIefus-Chriffcnousconuie 
(ï ^roi^cement par fa parole,mais 



74* DE LA CEN E. 

en rcputantla dignité de ce don 
précieux qu'il nous fait, prefen- 
tons nous à luy d'vn zèle ardent 
afin qu'il nous face capables de 
le receuoir. 

Pour, ce faire efleuons nos ef- 
prits & nos cœurs en haut, où effc 
lefus-ChriO: en la gloire de Dieu 
fon Père, ôc d'où nous l'atten- 
dons en noftre rédemption. Et 
ne nous amufons point à ces eîe- 
mens terriens & corruptibles, que 
nous voyons à l'œil & touchons 
à la main, pour le chercher la, 
comme s'il eftoit enclos au nain 
ou au vin. Car alors nosaipes^ie- 



DE LA CENE. .747 

ront difpoiées a eftre nourries & 
viuifiées de fa iuD{lance,quand el- 
les feront ainfiefleuéés par detTus 
routes chofes terreftres pour at- 
teindre jufques au Ciel, & entrer 
au Royaume de pieu, où il habi- 
te. Contentons nous donc d'a- 
uoir le pain & le vin pour lignes 
ôc témoignages, cherchans fpiri- 
tuellement la vérité où la parole 
de Dieu promet que nous la trou-* 
uerons. 






74» 

LA MANIERE 

DE CELEBRER LE MARIAGE. 

# 

Noftre aide foit au nom de Dieu 
qui à fait le ciel & la terre. Amen. 

• 

Dieu noflre Père après auoir 
créé le Ciel Scia terre & tout , 
ce qui eft en eux créa & forma 
l'Homme à fon image &femblan^ 
"ce, qui euft la domination ôcfei- 
gneurie fur les beftesde la terre, 
les poiffons de *Ia mer & les oi- 
feaux du Ciel, difant "après auoir 
créé l'homme : il n'eft pas borique 
l'homme foit feul, faifqns'4uy 



vni 



D V MARIAGE. 74? 

vne ayde femblableà luy. Et nô- 
tre Seigneur fit tomber vn gros 
fommeil fur Adam, & ainfi que 
Adam dormoit, Dieu print vne 
de fes codes ôc en forma Eue:don-« 
nant à entendre que l'homme ôc 
la femme ne font qu'vn corps, vne 
chair & vn fang. C'en: pourquoy 
l'homme laifle père & mère ôce/l 
ad'herant à fa femme, laquelle il 
doit aimer ainfi que Iefus aime fon 
Eglife: c'eft a dire les vrais fidè- 
les & Chrefliens pour lefquels il 
efb mort. Et aufsi la femme doit 
feruir ôc obéir à fon maiy en tou- 
te j£a"ir>f3:eté & honefteté : car elle 

C c c c c 



750 D V MARIAGE. 

eft fuiette, ôc en la puifTance du 
mary tant qu'elle vit auec luy. Et 
ce fainct mariage inftitué de Dieu 
eft de telle vertu, que par iceluy 
Le mary n'a point la puifTance de 
fon corps, mais la femme : aufsi la 
femme n'a point la puifTance de 
fon corps,mais le mary .C'en: pour- 
quoyeftans conjoints de Dieu, ils 
nepeuuent eftre feparez, Ci cen'efl 
pour quelque temps, du confente- 
ment de l'vn ôc de l'autre, pour 
vacquer à jeufne & oraifon, gar- 
dans bien d' eftre tentez de Satan 
par incontinence , & partant ils 
doiuent retourner enfembl^ . ©ar 



D-V MARIAGE. 7? 

pour éuiter la paillardife vn cha- 
cun doic auoir fa femme, 6c vne 
chacune femme fon mary: telle- 
ment que tous ceux qui n'ont point 
le don decontinence, font obligez 
par le commandement de Dieu 
de fe marier : afin que le S. tem- 
ple de Dieuceflàdire nos corps, 
ne foyent point violez & corrom- 
pus. Car puis que nos corps font les 
membres de Iefus-Chrift, ceferoit 
vn trop grand outrage d'en faire les 
mébres cTvne paiJlarde.G'eft pour- 
quoyon les doit garder en toute 
fairufteté, car fi aucun viole le 
T&plcàc Dieu, Dieu le dePcruira. 

C C C C C 2 



75 t DV M A RI. A CE. 

Vous donc , (. nommant Té- 
poux 6c l'époufe)N. ôc-N. ayans 
la cognoiffance que Dieu là ainfi 
ordonné, voulez-vous viure en ce 
fain6t eftat de mariage, que Dieu 
à fi grandement honoré ? auez vous 
vn tel- propos comme vous té- 
moignez icy deuant fa fain£te 
aflemblée, demandans qu'il (bit 
approuué ? 

Repondant. Ouy. 

f Le Mini/ire. 

m 

le vous prens tous qui eftes icy 
prefens en tefmoins , vous t prians 
d'en auoir fouuenance, toutefois 
s'il y à aucun qui y fâche quelle 



DV MARIACE. 753 

emoefchement ou qu aucun d'eux 
foit lié par mariage auec autre , 
qu'il le die. . 

Si perfonne n'y contredit , Le Minifire 
dit ainji. 

Puis qu'il n'y à perfonnequicon- 
tredife, 6c qu'il n'y à point d'em- 
pefchement, noftre Seigneur Dieu 
confirme le famél propos qu'il 
vous à donné 6c voftre commen-, 
cemenc foit au Nom de Dieu, qui 
a fait le Ciel 6c la terre, Amen, 

Le Minière variant a le/poux, dit ainfi. 

Vous N. confejTez îcy deuant 
Dieu ôc fa fain&e affemblee, que 
vooi auez pris Se prenez pourvô- 



754 DV MARIAGE. 

tre femme ôce.fpoufe N, icy pre- 
fente laquelle vous promettez 
garder, en l'aymant & . entrete- 
nant fidèlement : ainfi que le de- 
uoir d'vn vray &. fidèle mary eft 
à fa femme : viuant fainétement 
auec elle , luy gardant foy & 
loyauté en-toutes chofes félon la 
parole de Dieu & Ton S; Euangile. 

Répond, Ouy. 

Tuis variant a l'efpoufe , il dit. 

Vous N. confeflez icy douant 
Dieu &"fa faincte aflemblée.que 
vous auez pris ôc prenez N. icy 
prefent, pour voflre légitime ma- 
ry : auquel vous promettezpfar, 



I 

D V MARIAGE.- 755 

luy feruanc & eftanc fuiette,viuanc 
fain&ement , luy gardant foy & 
loyauté en toutes chofes ainfi 
qu'vne fidèle ôc loyale efpoufe 
doit à fon mary, félon la parole 
de Dieu & fon S. Euangile'. 

Refpond, Ouy. 

Puis Le Minifire dit* 

Le Père de toute mifericorde, 
qui de fa grâce vous à appelez à 
ce faindfc eftat ; pour l'amour de- 
Iefus-Chrift fon fils, qui par fa 
fain£te prefence à fanctifiéle ma- 
riage, faifant là le premier mira- 
cle 4euantfes Apoft;res,vous don- 
ne '/©n^faind Efprit, pour le feruir 



7 5« • D V MARIAGE. 

ôc honorer enfemble d'vn com- 
mun accord, Amen. 

Efcoutez l'Euangile comme 
noftre Seigneur veut queJefaincl: 
mariage foie gardé & comme il 
eft ferme & indiiïoluble , félon 
qu'il ed: eferiten faincl; Mathieu 
au 19. chapitre les Pharifiens s'a- 
procherent de Iuy le tentans, & 
difans : Eft-il loifible à l'homme 
de laifTer fa femme pour quel- 
que occafion ? Luy refpondant 
leur dit, N'auez-vous point leu, 
que celuy qui fît l'homme dés le 
commencement fît le maflefc la 
femelle & dit:Pource Thpnraie 

delaiflera 



D V M A R I A C E. 757 

delaiflfera père & mère, Sts'adioin- 
dra à fa femme, & feront deux en 
vne chair, & ainfi ils ne font plus 
deux,mais vne chair, Donc ce que 
Dieu à conioint que l'homme ne 
le fepare point. 

Croyez à ces fain&es paroles que 
noflre Seigneur Iefus a proférées , 
comme l'Euangile les recite, & 
foyez certains que noftre Seigneur 
Dieu vous à conioints au fainc% 
mariage. C'eft pourquoy viuez 
fainétement enfemble en bonne 
dile&ion, paix&vnion, gardans 
vraye charité, foy & loyauté l'vn à 
rauwe») félon la parole de Dieu. 

D D D D d 




i 758 D V MARIA G E. 

Prions tous d'vn cœur nofîre Père. 

J J 

Ieu Tout-puiflant, tout bon, 
ôc tout fage, qui dés le com- 
mencement as preueu qu'il n'eftoit 
pas bon que l'homme fuffc.feuLà 
caufe dequoy tu luy as créé vne 
ayde femblable à luy, ôc as ordoné 
que deux fuflent vn: nous te prios 
& requeros humblement puisqu'il, 
ta pieu appel 1er ceux-cy au S. eftac 
de mariagé,que de ta grâce Ôc bon- 
té tu leur vueilles donner ôc en- 
uoyer ton faincvt-Efprit, afin qu'en 
vrayeôc ferme foy>felon ta bonne, 
volonté ils y viuent fain&ement : 
furmontant toutes mauuai(es m 



D V MARIAGE. 759 ' | 

étions, edifians les autres en toute * 
honeftetéôc chafteté, leur donnant, 
ta bénédiction ainfi qu'a tes fidèles 
feruiteurs Abraham, Ifaac 8c Iacob 
qu'ayans vne fain<5te lignée ils te 
louent & feruent, l'apprenans Ôc la 
nourrilTans à ta louange & gloire,ôc 
à l'vnité du prochain à Tauance- 
mët & exaltatio de ton S. Euagile. 
Exauce-nous Père de mifericorde, 
par noftre Seigneur Iefus-Chrin; 
ton très- cher Fils Amen. 

Noffcre Seigneur vous rempliflfe 
de toutes grâces, & en tout bien 
vors donne de viure enfemble 
loi.Ju'pient &fain<5tement,Amen. 



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